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CHEZ POL 30 JUIN

 



L'effet waouf

Une com' qui a du chien.

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Croiser les doigts, level expert. Photo Simon Wohlfahrt. AFP (2026)




#Bus #Pompes #Boutiquiers #Pastille #Body
Chez Pol n°1752 - Réservé aux abonnés Libé



Bonjour, nous sommes le 30 juin et c'est le bon jour pour ne pas se rater.


FAIT MAISON Les socialistes se déchirent sur leur seul point d'accord

AU COMPTOIR Brun, premier candidat à la primaire PS ; Bouamrane accuse son propre parti de racisme ; et le maire de Vichy dit les thermes

VOST La peur n'évite pas le danger, l'aveuglement non plus

L'OEIL DE LIBÉ Le vent climatisé de Glucksmann à Hollande

BO BO BONUS Effet waouf

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Darmanin tente de sortir du bourbier

L'ADDITION Jouons avec le RN

LE JUSTE PRIX • C'est l'événement de la soirée, le moment que tout le monde attend, point de départ d'une toute nouvelle compétition. Oui, tout commence ce soir : le conseil national du PS se réunit afin de débattre de «la situation politique et la stratégie du PS pour la présidentielle». Bah quoi ? Vous pensiez à autre chose ? Pourrait-il sérieusement y avoir un événement aussi important que cette réunion où sera décidée la question soumise au vote des militants le 9 juillet concernant le processus de désignation du futur candidat PS à l'Élysée ? Les socialistes et leurs alliés sont - incroyable mais vrai - divisés sur le sujet et plus particulièrement sur l'éventuelle primaire et ses contours. Olivier Faure plaide pour une primaire ouverte quand le camp Raphaël Glucksmann souhaite, au contraire, une primaire fermée. Cela se traduit dans leurs propositions respectives. Le Premier secrétaire du PS souhaite une participation à la primaire à 1€ symbolique, permettant de rembourser les frais d'organisation. Alors que, du côté de Place publique, on milite pour une participation plus conséquente, de l'ordre de 20€ minimum par exemple, afin de limiter les ingérences extérieures. «Glucksmann veut être le candidat de la démocratie mais il souhaite n'être désigné que par les adhérents PS et Place publique, souffle un cadre de la direction rose. On est dans une prise de risque proche de 0. C'est quand même fantastique d'être candidat à la présidentielle et d'avoir peur de tout.» Du côté du chantre de la «ligne claire», on craint en effet qu'une primaire ouverte ne soit perturbée par des insoumis votant par bus entiers pour l'un des adversaires de Glucksmann. Du grand n'importe quoi pour certains membres de la direction PS. Et quand bien même ? Selon notre interlocuteur cité plus haut, Jean-Luc Mélenchon aurait d'ailleurs tout intérêt à faire élire Glucksmann afin de ramener dans son giron les électeurs de gauche vaccinés contre les affres de la social-démocratie. Une donnée que l'on n'a visiblement pas intégrée du côté de Place publique. Sy. C.

Des sourires de façade. Photo Stéphane de Sakutin. AFP (2026)

RENFLOUEMENT BRUN • Il faut une sacrée dose de confiance en soi pour vouloir être Président. Et Philippe Brun n'en manque visiblement pas. Le député PS s'est déclaré ce matin sur RMC «candidat à la primaire interne du PS», qui devrait donc être validée ce soir [voir Fait maison⬆️] mais restons sur nos gardes avec les socialistes. L'objectif affiché de Brun, qui a recruté le porte-parole des députés socialistes, Romain Eskenazi, comme directeur de campagne ? «Que la gauche ne soit plus à côté de ses pompes» et que «les salariés ne soient plus les vaches à lait du système». Une ligne qu’il estime être «le seul à porter», puisque même Mélenchon «a fait un meeting à Saint-Denis sans parler de salaires». Pour y remédier, il souhaite, un peu comme Gabriel Attal, aller «droit au brut» en le rapprochant du salaire net. Mais à la différence du macroniste, Brun veut mettre «davantage à contribution les rentiers, les revenus du capital» ou taxer plus lourdement les gros héritages. Sa proposition phare ? «Baisser la CSG pour les salariés qui gagnent moins de 4000€/mois», explique-t-il, faisant au passage la promo de son site salairebrun[.]fr qui permet de calculer combien sa réforme rapporterait à chacun. Une personnification de la mesure qui en dit long, elle aussi, sur une certaine dose d'estime de soi.

Brun ne compte pas pour des prunes. Capture d'écran RMC

SEUL EN SEINE • Un autre socialiste a, en tout cas, décidé de ne pas passer par la case primaire. Karim Bouamrane, maire PS de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) est donc candidat à l'Élysée, directement. Voilà qui devrait déplaire à la direction PS qui, selon l'intéressé, invité de France info ce matin, le «méprise»: «Quand vous êtes une femme ou un responsable politique fils d'ouvrier, arabe, noir et musulman, ça leur pose problème.» Ou comment accuser son propre parti d'être raciste sans pour autant le quitter. Mais et la primaire alors ? «C'est une tactique de boutiquiers pour éviter d'attaquer en frontal Mélenchon et s'auto-persuader que le meilleur candidat, c'est Faure, déballe-t-il. [...] Moi quand je me promène en Bretagne ou dans les Landes, on ne me parle pas de primaire, on me parle de lutte contre le narcotrafic.» Bouamrane estime donc que ce sont les sondages qui vont «départager» les impétrants. L'édile a pour lui un programme vraiment novateur qui devrait, à n'en pas douter, bousculer l'ordre établi - ou au moins changer le «mindset», comme il le répète lui-même, des cadors de gauche. «Nous sommes de plus en plus majoritaires à vouloir plus de sécurité, plus de santé, plus d'éducation et plus de souveraineté», clame celui qui se présente comme l'homme qui «a failli devenir Premier ministre» mais a «refusé». On aimerait beaucoup rencontrer ces candidats qui prônent moins de sécurité, de santé, d'éducation et de souveraineté.

IL DIT LES THERMES • Les Vichyssois, et leurs élus, ont du mal à avaler la pastille. Depuis trop longtemps selon eux, on abuse de l'expression «régime de Vichy» pour désigner la France sous Pétain. Un crève-cœur pour les locaux, qui s'est rejoué cette année avec le brevet des collèges. Le sujet demandait aux élèves de présenter «les caractéristiques du régime de Vichy». Le maire de la ville thermale, Frédéric Aguilera, n'a guère goûté la formulation et a pris la plume pour signer une lettre ouverte sur cette fâcheuse question. «Une fois encore, l'Éducation nationale choisit une expression qui ne permet pas d'enseigner correctement cette période essentielle de notre histoire. Car ce régime avait un nom : l'État français. Ce n'était pas un détail administratif. C'était un choix politique», écrit-il. Il réclame que le gouvernement fasse «évoluer les programmes et les sujets d'examen». Et l'édile d'ajouter, auprès d'Ici Pays d'Auvergne : «Ce n'est jamais très agréable pour les Vichyssois d'être associés et que leur nom soit associé effectivement à ce régime qui a été un régime antisémite et collaborationniste.» On ne dira pas le contraire.

Pas content ! Photo Nicolas Guyonnet. Hans Lucas via AFP (2024)

ET SINON ••• Yaël Braun-Pivet a bien envoyé aux groupes de l'Assemblée sa proposition de réforme du règlement de la chambre basse. Comme on vous l'a déjà raconté ici, ce sera bien moins ambitieux qu'initialement imaginé, avec tout de même quelques évolutions techniques et procédurales significatives. Pour le détail de ces mesures consensuelles, c'est sur LCP que ça se passe.

ET ENCORE ••• On vous disait hier qu'il y avait, après le retrait de Philippe Poutou, 2 candidats d'extrême gauche déclarés pour 2027 : Anasse Kazib et Nathalie Arthaud. Ils sont en réalité 3. Non, on ne parle toujours pas de Mélenchon, mais de Selma Labib, candidate du NPA Révolutionnaires, l'une des multiples branches sécessionnistes du NPA originel.

Attention derrière toi, un ministre qui fait de la politique ! Photo Bastien Ohier. Hans Lucas via AFP (2026)

La peur n'évite pas le danger, l'aveuglement non plus

La question se pose depuis la création du «socle commun» sous Michel Barnier : comment garantir une cohabitation sereine dans un gouvernement composé d'adversaires déguisés en alliés, à savoir des macronistes plus ou moins de droite et des droitos plus ou moins macronistes ? Et le risque que les relations entre ministres soient polluées par les enjeux politiciens augmente encore depuis qu'ils sont amenés à choisir entre Gabriel Attal, Édouard Philippe et Bruno Retailleau pour la présidentielle, comme l'a fait hier la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon en faveur du maire du Havre.

Mais à Matignon, on ne voit pas le problème, ou du moins on fait comme s'il n'y en avait pas. «Rien de nouveau : il y avait déjà des ministres dans les meetings d'Attal ou Philippe. Il y en aura sans doute aussi chez Retailleau», fait savoir le cabinet de Sébastien Lecornu. 3 écuries présidentielles qui se disputent un créneau partiellement partagé, censées collaborer comme si de rien n'était... What could possibly go wrong ? Un conseiller du Premier ministre balaie nos interrogations : «Parce que vous voudriez que le gouvernement soutienne un seul et même candidat ? Ça paraît compliqué avec des ministres LR, Horizons et Renaissance à bord. C’est la promesse même du gouvernement.» Et c'est bien le sujet.

«Début 2027, on verra bien» 

Outre Bregeon, on attend a minima le ralliement à Philippe de Mathieu Lefèvre (délégué à la Transition écologique et lieutenant de Gérald Darmanin) sans oublier les ministres membres d'Horizons (Naïma Moutchou et Anne Le Hénanff). Tandis que Roland Lescure (Économie), David Amiel (Comptes publics), Stéphanie Rist (Santé) et Éléonore Caroit (Francophonie) roulent pour Attal. Reste à savoir ce que feront les 5 ministres issus de LR mais toujours suspendus du parti par Retailleau, jusqu'à ce qu'ils quittent l'équipe Lecornu. Matignon semble se rassurer avec la nouvelle consigne officielle («pas de rôle dans la campagne, pas de prise de parole dans les meetings pour éviter tout mélange des genres, on est ministre à plein temps»), censée préserver la sérénité de l'action gouvernementale.

Cela peut suffire pour le moment, si loin du scrutin présidentiel. Mais en fin d'année ou au début de la prochaine, quand la campagne et les antagonismes atteindront leur paroxysme ? Surtout si les 3 candidats concurrents tardent (voire se refusent) à se désister en faveur du mieux placé pour représenter le centre et la droite ? Un ministre qui soutient l'un des prétendants se veut d'abord rassurant : «Connaissant le Premier ministre et sa conviction sur le sujet, je pense que ça va rester contenu au moins un certain temps.» Puis beaucoup moins : «Après, début 2027, on verra bien.» Et c'est bien le sujet (bis).

Texte et photo Sébastien Pons. Hans Lucas pour Libération

Dès le début de la «journée débats» organisée par Stéphane Le Foll samedi, la chaleur s'impose comme principale invitée. Dans la salle Henri Salvador de Coulaines, près du Mans, les militants PS venus écouter les potentiels futurs candidats à l'Élysée essuient déjà les effets de la canicule. Une équipe dédiée distribue de l'eau fraîche sans discontinuer alors qu'une dizaine de ventilateurs inefficaces brassent l’air chaud. Lorsque François Hollande descend de voiture, je comprends rapidement où se trouve mon image. Lui qui apparaît toujours en costume retire sa veste avant même d'entrer dans la salle. Après avoir salué des dizaines de personnes, vient le moment de la photo du trio avec Bernard Cazeneuve et Glucksmann mais ce dernier esquive en invitant d'autres personnes sur la photo. Le climat politique est, lui aussi, loin d'être apaisé. Le vent climatisé adressé par Glucksmann n’a visiblement pas suffi. Je vois Hollande s’emparer d’une bouteille d'eau et sa chemise ample, presque trop grande, attire mon regard. Je déclenche. Je souris à imaginer qu'il a peut-être commencé la préparation de son «candidat body».

L'effet waouf

Une com' qui a du chien.

• Paris, 16h Alors que la peine de mort revient dans le débat au RN et même à LR, Macron se rend au 9e congrès mondial contre la peine de mort à la Maison de la Radio. Pendant ce temps, Lecornu reçoit le rapport annuel de la Commission nationale consultative des droits de l’homme consacré au racisme, à l’antisémitisme et à la xénophobie.

• Assemblée, dès 16h Après les questions au gouvernement, dernière étape pour le projet de loi sur la fin de vie, avant le vote définitif du texte le 15 juillet. Mais avant, les députés doivent se prononcer, en 3e lecture, sur le texte après l'avoir déjà adopté en mai 2025 puis en février 2026. Ensuite, c'est un Darmanin fragilisé par l'affaire Lyhanna qui défend son projet de loi sur la justice criminelle, après le rejet du texte en commission.

• Et aussi 7 députés et 7 sénateurs sont réunis en commission mixte paritaire pour trouver un accord sur le projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 ; les écolos, divisés, tiennent un conseil fédéral extraordinaire qui pourrait faire payer la facture à Tondelier ; le PS, après avoir présenté son projet adopté par les militants, se retrouve en conseil national ; et le RN dévoile enfin son fumeux «plan clim».

On termine avec notre jeu du jour. Complétez cette phrase du député RN Jean-Philippe Tanguy : «Le bardellisme ne peut pas exister parce que ___»

• «c'est du vide»
• «c'est du lepénisme»
• «c'est du marinisme»
• «c'est du patriotisme»
• «c'est du grand n’importe quoi»
 

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 


Absolument !


Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. En effet, le 7 juillet, date du délibéré dans le procès du FN et de Marine Le Pen, aura également lieu l'ouverture du sommet de l'Otan en Turquie. Et non les épousailles de Bardella et de la princesse Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles.

Sur ce, bonne journée👋. Et à demain sur les routes de l'info.

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