Marc Bloch au Panthéon

Les préparatifs de la panthéonisation de l’historien et résistant Marc Bloch, prévue ce mardi soir.
Les préparatifs de la panthéonisation de l’historien et résistant Marc Bloch, prévue ce mardi soir.  Louis Hausalter / Le Figaro
C’est un grand historien et un résistant qui entrera au Panthéon ce soir. Marc Bloch s’est battu lors de la Première Guerre mondiale, a bâti une œuvre intellectuelle impressionnante, a combattu une seconde fois en 1940, a été torturé par la Gestapo puis fusillé par les Allemands.
Le président aura organisé six panthéonisations : Simone Veil (avec son mari Antoine) en 2018, Maurice Genevoix en 2020, Joséphine Baker en 2021, les époux Manouchian en 2024, Robert Badinter en 2025, et désormais Marc Bloch. À noter que la famille a déclaré que le RN n’était pas le bienvenu à la cérémonie. Une décision étrange dans un hommage national.
« Dilexit veritatem » («J’ai chéri la vérité») est l’épitaphe de Marc Bloch.
 Sans doute est-ce la motivation qui a poussé Cédric Perrin, président de la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat, à nous écrire que « le gouvernement choisit d’honorer Marc Bloch sans l’écouter ». Alors qu’une menace gronde à l’est et que le pays est déstabilisé par l’immigration, le sénateur nous propose de relire l’historien : « On n’en avait pas assez dit pour nous faire peur ; pas assez et pas dans les termes qu’il eût fallu. »



Le 16 juin 1944, près de Lyon, Marc Bloch était fusillé sans jugement par la Gestapo de Lyon pour sa participation active à la Résistance. Avant d’être victime de la folie sanglante de l’été 1944, le grand historien avait déjà été frappé par le statut des Juifs, puis soumis à la grâce humiliante d’une dérogation administrative que Vichy réservait aux universitaires importants, pour finir révoqué en mars 1943 après l’invasion de la zone sud. Dans un émouvant essai sur ses derniers jours, l’historienne Alya Aglan a parlé à juste titre de sa « double mort ».

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