Le 4 juillet 1776, treize colonies britanniques signaient la Déclaration d’indépendance des États-Unis et donnaient naissance à une nouvelle nation. Deux cent cinquante ans plus tard, le pays est devenu la première puissance mondiale, mais aussi l’une des démocraties occidentales les plus polarisées.
Larry David et Barack Obama dans Life, Larry and The Pursuit of Unhappiness, dès ce 27 juin 2026 sur HBO Max. Courtesy of Art Streiber/HBO
Produite par Barack et Michelle Obama et incarnée par l’humoriste Larry David, la série à sketchs célèbre à sa manière, un brin satirique, deux cent cinquante ans d’indépendance américaine.
Dans la famille des objets télévisuels non identifiés, à tout le moins inattendus (et pour beaucoup d’autant plus appréciés), cette minisérie à sketchs HBO fait parler d’elle. Barack et Michelle Obama, aujourd’hui producteurs, entre autres, de documentaires historiques et sociétaux, nourrissaient l’ambition d’un contenu original autour du 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis (4 juillet 1776).
Restait à trouver le format, l’angle, le ton et l’incarnation, de sorte à sortir du champ de l’ordinaire du document d’archive et de son commentaire. Qui de mieux, alors, que Larry David ? « Ce 4 juillet marquera le 250e anniversaire de l’Amérique. Et nous voulions revenir sur les hommes et les événements qui ont dessiné, façonné et consolidé nos libertés, nos droits, notre indépendance, notre démocratie. (…) Ce qui rend l’Amérique vraiment unique, c’est qu’elle ne cesse jamais d’évoluer. Et ce qu’il la rend plus unique encore, ce sont ses acteurs mêmes, autant de grands hommes que de sales caractères. (…) Je me suis assis à la table de quelques-uns des dirigeants les plus difficiles au monde. Je me suis battu pour tenter de résoudre quelques-unes des crises les plus délicates au monde. Mais rien ne m’avait préparé à travailler avec Larry David », déclare en préambule l’ancien président.
Relectures satiriques
Il n’empêche, celui dont le nom même induit le continuum de l’Histoire et le créateur des grinçantes Seinfeld ou Larry et son nombril ont choisi la satire pour raconter ce qu’ils ont d’emblée baptisé Life, Larry and the Pursuit of Unhappiness : an Almost History of America (« La vie, Larry et la poursuite du malheur, une presque histoire de l’Amérique »), sept épisodes, une trentaine d’événements historiques et autant de relectures drolatiques, largement improvisées, portées par Larry David, protagoniste multirôles, mais aussi Jon Hamm et Sean Hayes dans la peau des frères Wright ou Kathryn Hahn, exceptionnelle en Mary Todd Lincoln.
Heureux mélange de documents d’archive, de fiction, de rigueur historique et d’anecdotes transgressives, on y apprend par exemple que, contrairement au discours établi, Thomas Jefferson n’est pas à l’origine, en 1776, de la toute première version du texte de la Déclaration d’indépendance, mais Robert Livingston. Et que ce dernier ne supportait pas l’idée d’avoir à partager son parapluie, de ne pas être informé par avance du plan de table des dîners auxquels il était invité et souhaitait l’interdiction aux hommes de l’éventail par forte chaleur.
Larry David campe Livingston. Il est intempestif, autocentré, truculent, lâche, irrespectueux et râleur et survole chaque saynète de son style politiquement très incorrect. Et s’il est aussi question de l’invention du téléphone, de l’intervention de l’armée américaine dans la Première Guerre mondiale, de Martin Luther King, du rachat de la Louisiane - vaste territoire s’étendant sur près de 16 États - à la France en 1803, de la Grande Dépression ou encore des grands amendements de la Constitution, il apparaît également clair que le sous-texte de certaines lignes de dialogues égratigne les dérives impérialistes actuelles.
Le dernier sketch du deuxième épisode est édifiant. Cerise sur le gâteau de cette folle histoire des États-Unis à la gloire de nos démocraties, Barack Obama, lui-même, apparaît dans un sketch. La réalisation est de Jeff Schaffer, un vieil ami de Larry David, assigné à toutes ses créations.
Comment le pays a-t-il bâti sa puissance et affirmé son influence ? Quels sont les récits collectifs et les valeurs qui ont permis de façonner une identité commune ? Que reste-t-il aujourd’hui de cet héritage ?
Cette semaine, ne manquez pas notre fresque documentaire de Ken Burns ainsi que d’autres documentaires et reportages autour de l’indépendance américaine, entre regards sur l’histoire et décryptages des défis d’aujourd’hui
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