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🟨🟧 Les fantômes américains en photo

À Washington, une photo Reuters a saisi l’envers des festivités du 4 juillet. Alors que l’Amérique célébrait le 250e anniversaire de son indépendance, ses vieux démons ont défilé. Masqués.

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Hi everyone, c’est Zeitgeist.

J’ai d’abord relu pour vous un article publié il y a dix ans exactement. JD Vance y décrivait Trump comme une drogue politique, une euphorie, une fuite, une “héroïne culturelle” pour une Amérique blessée. Aujourd’hui, il est le vice-président de l’homme qu’il avait ainsi diagnostiqué.

Je vais ensuite vous raconter “l’arnaque la plus monumentale de tous les temps”, comme l’a titré un bandeau de Fox News. Oui, la fortune amassée par Trump depuis son retour à la Maison Blanche. Des cryptos aux deals lucratifs avec des États étrangers qui achètent ainsi la bienveillance de l’homme le plus puissant du monde. Les relevés officiels qui viennent d’être publiés montrent que la présidence américaine est devenue une machine à faire du cash. Et le plus troublant n’est peut-être pas ce qui est caché, mais ce qui est assumé.

Mais d’abord, une image qui restera dans toutes celles des célébrations du 250e anniversaire de l’indépendance.

Oh, non, pas cette image, absurde et parfaite, samedi soir sur Fox News. Comme un jeu de miroirs dans un stand d’illusions de la grande foire trumpienne.

Le président s’était mis à l’abri avec son épouse en attendant que la pluie d’orage cesse pour qu’il puisse enfin prononcer son discours solennel sur le National Mall.

Fox News a capté Donald Trump en train de regarder Fox News couvrir Donald Trump.

Le président était dans une petite salle, devant une grande télévision. Sur l’écran, Fox parlait de lui. À l’antenne, les présentateurs commentaient sa présence. Et lui, comprenant qu’on le voyait en train de les regarder, a fait un signe de la main.

“Oh, il nous fait signe !”, s’est exclamé Bret Baier, en lui rendant son salut.

“On vous voit ! Bonjour, Monsieur le Président !”, a ajouté Harris Faulkner.

On ne savait plus très bien qui regardait qui. Trump regardait Fox. Fox regardait Trump. Trump regardait Fox regarder Trump. L’Amérique, elle, était quelque part entre les deux, peut-être encore dehors sous la pluie, peut-être déjà rentrée chez elle ou couchée.

Cette scène raconte davantage qu’une bizarrerie télévisuelle. Comme une présidence devenue boucle fermée. Un pouvoir qui se nourrit de sa propre représentation. Comme je le racontais dans mon livre Armes de destruction massive, paru au début de l’année, chez Trump, le pouvoir compte moins que la représentation du pouvoir.

Ce qui compte, c’est le plan. Le direct. Le reflet.

Donald Trump qui regarde Fox News regarder Donald Trump.

L’Amérique, l’empire du miroir.

Mais ce n’est pas cette image-là que je voulais mettre en avant ce matin dans Zeitgeist.

Plutôt une photo qui dit mieux qu’un discours ce qu’un pays tente de cacher sous les fanfares.

Celle prise par Cheney Orr de Reuters, samedi matin, dans le métro de Washington, est de celles-là.

Une passagère noire est assise dans une rame.

Autour d’elle, des hommes masqués, presque tous blancs, en uniforme improvisé style milice, avec casquettes beiges, lunettes noires, chemises sombres, pantalons kaki, visages recouverts de masques blancs. Ils appartiennent ou semblent appartenir à Patriot Front, le Front Patriotique, un groupe suprémaciste blanc et néofasciste.

Ils viennent de défiler dans la capitale américaine avec des drapeaux confédérés (donc des drapeaux des Sudistes pendant la guerre de Sécession), des drapeaux américains, parfois retournés, et des bannières frappées de leur emblème.

Mark Sherman/Associated Press

La femme ne fait rien. Elle est là. Elle regarde. Et l’Amérique, en ce jour où elle célèbre ses 250 ans, tient soudain tout entière dans cette rame de métro.

Ce 4 juillet 2026, c’est le jour où les États-Unis célèbrent le quart de millénaire de leur indépendance. Le jour où Washington se couvre de drapeaux, de feux d’artifice, de discours, d’une grande roue patriotique, de musique militaire et de promesses de “Golden Age”. Le jour où Donald Trump doit parler à la nation en plein air avant le plus grand feu d’artifice de l’histoire, dans une capitale mobilisée pour raconter une grande histoire américaine, 1776, la liberté, la République, la puissance, le destin.

Et puis, dans le matin lourd de chaleur, sont arrivés les fantômes.

Je vous raconte pourquoi cette image est l’une de celles qui resteront des célébrations du 250e anniversaire.

Plusieurs centaines d’hommes masqués marchent dans Washington, notamment autour de Capitol Hill, d’Eastern Market et de Union Station. Ils scandent “Reprendre l’Amérique”, “Vie, liberté, victoire”. Certains portent le drapeau de la Confédération, celui de l’Amérique esclavagiste vaincue en 1865, ressuscité ici au cœur de la capitale fédérale le jour même de la fête nationale. D’autres arborent des drapeaux américains à l’envers. Beaucoup portent les signes distinctifs de Patriot Front.

Leur apparition est brève, mais elle suffit à marquer les esprits, à sidérer tout le monde.

Laura Ingraham, présentatrice emblématique de Fox News, est tellement stupéfaite qu’elle affirme sur X que c’est une mise en scène montée par l’extrême-gauche.

Je crie au fake. Ça ressemble plus à des Antifas en costume. Personne ne devrait avoir le droit de couvrir son visage.”

Comme souvent avec Patriot Front, la manifestation a quelque chose de chorégraphié. Une esthétique de clip de propagande. Des corps alignés. Des slogans courts. Des masques identiques. Une marche-éclair. Des images prêtes à circuler.

Le groupe, né en 2017 après le rassemblement meurtrier “Unite the Right” de Charlottesville (qui avait fait scandale pendant la première année du premier mandat de Trump), a fait de cette discipline visuelle une signature. Il ne cherche pas seulement à occuper l’espace. Il cherche à produire des images. Samedi, il en a produit une que l’Amérique aura du mal à oublier.

Patriot Front n’est pas un groupe folklorique de nostalgiques sudistes. Il appelle depuis longtemps à transformer les États-Unis en ethno-État blanc. Le groupe est issu d’une scission avec Vanguard America, une autre organisation nationaliste blanche, après Charlottesville. Ses militants apparaissent régulièrement dans les villes américaines selon le même rituel. Ils veulent donner une impression de force, de nombre, d’ordre. Ils veulent aussi effacer les visages individuels pour fabriquer un seul corps politique. C’est une variante 2.0 du Ku Klux Klan

Le choix du 4 juillet n’est évidemment pas innocent. Toute l’extrême droite américaine se dispute depuis des années le vocabulaire du patriotisme. Le drapeau, les Pères fondateurs, la liberté, la frontière, le peuple, le pays réel. Patriot Front pousse cette captation jusqu’à la caricature. Il s’appelle “Front patriotique” tout en brandissant le drapeau des États qui ont fait sécession pour défendre l’esclavage. Il chante “liberty” en rêvant d’une démocratie raciale. Il invoque l’Amérique pour en exclure une partie des Américains.

C’est là que la photo du métro devient si puissante. Et les autres de la série de Cheney Orr de Reuters.

Elle ne montre pas une bagarre. Elle ne montre pas même une violence explicite. Elle montre une coexistence impossible. Une femme noire, seule dans un espace public, cernée par des hommes qui portent dans leur mise en scène politique la négation de sa place dans l’histoire nationale. Aucun coup n’est porté. Aucun cri n’est nécessaire. Tout est dans la distance entre les corps, dans l’évidence du malaise, dans cette question muette.

À qui appartient l’Amérique que l’on célèbre à l’occasion de ce 250e anniversaire ?

La police de Washington a répondu qu’elle suivait des “First Amendment activities”, des activités relevant du Premier Amendement, qui garantit la liberté d’expression, et qu’elle reconnaissait le droit des individus à exprimer pacifiquement leurs opinions tout en assurant la sécurité des habitants et des visiteurs. Dans une démocratie libérale, même les ennemis du pluralisme peuvent se réclamer de la liberté d’expression. C’est à la fois sa grandeur et son vertige.

La scène aurait déjà été marquante n’importe quel 4 juillet. Elle l’est davantage encore pour le 250e anniversaire des États-Unis. Car tout semble construit autour de la célébration officielle d’une Amérique éternelle. La Maison Blanche a fait du semiquincentennial une grande mise en scène nationale. Washington est censée raconter la continuité, la Révolution, la Constitution, la guerre civile surmontée, les droits civiques, les victoires militaires, l’immigration, les promesses non tenues mais toujours relancées.

Patriot Front est venu rappeler que l’histoire américaine n’est pas une ligne droite vers la liberté. C’est un champ de bataille qui ne ferme jamais vraiment.

Alors, oui, ces hommes n’étaient que quelques centaines. Ils ne représentent pas à eux seuls l’Amérique. Pas non plus à eux seuls l’Amérique qui vote Trump, loin de là.

C’est vrai. Mais ils représentent quelque chose d’américain. Une tentation ancienne, persistante, toujours capable de se recouvrir des mots les plus nobles. “Reclaim America.” Reprendre l’Amérique. À chaque génération, quelqu’un revient avec cette phrase. Elle suppose toujours qu’un vrai pays aurait été volé.

C’est pourquoi la photo Reuters restera comme l’une des images les plus frappantes de ce 4 juillet 2026.

Non parce qu’elle résume toute l’Amérique. Mais parce qu’elle en révèle l’ambiguïté centrale.

Les États-Unis célèbrent la liberté.

Mais dans une rame de métro de la capitale fédérale, une femme noire semblait regarder passer le vieux cauchemar que le pays promet d’avoir vaincu.

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🟨🟧 Ce que JD Vance savait

Le magazine The Atlantic a décidé de republier ce week-end un article vieux d’une décennie, qui est devenu en quelques heures le plus lu de son site, et qui l’est encore ce matin.

Je ne le découvre pas, je l’ai déjà cité dans l’un de mes livres, mais c’est intéressant de le relire à tête reposée, et c’est pour cela que j’ai décidé d’en faire mon 📚 Food for Thought de ce numéro de Zeitgeist.

Le 4 juillet 2016, alors que Donald Trump n’était encore que le candidat inattendu du Parti républicain, The Atlantic publiait un essai signé JD Vance.

Le jeune auteur venait de sortir son livre Hillbilly Elegy, un récit personnel sur son enfance qui allait faire de lui l’interprète médiatique de l’Amérique blanche pauvre, désindustrialisée, humiliée, droguée, abandonnée.

Vance n’était pas encore sénateur. Il n’était pas encore vice-président. Il n’était pas encore l’homme qui défendrait vigoureusement Trump sur Fox News, dans les meetings, dans les crises internationales, dans les compromis les plus acrobatiques et les retournements les plus spectaculaires.

Il était alors un observateur lucide de la douleur de middle America, l’Amérique du milieu, pour les médias traditionnels des côtes, comme le New York Times ou The Atlantic, qui lui commandaient ainsi des articles.

Et ce qu’il disait de Trump en 2016 est intéressant à lire aujourd’hui. Surtout depuis que son auteur est devenu vice-président.

Le titre disait déjà tout. “Opioid of the Masses”. L’opioïde des masses. Les opioïdes et les opiacés sont ces antidouleurs qui font des ravages dans l’Amérique rurale, où tant de gens sont devenus accros.

Vance y racontait deux Amériques séparées par un gouffre. D’un côté, San Francisco, où il vivait alors, les jardins communautaires, les brunchs, les galeries d’art, les escapades dans la Napa Valley. De l’autre, Middletown, Ohio, sa ville natale, où quatre personnes venaient de faire une overdose à l’héroïne en vingt-quatre heures. Une journée normale, là aussi.

L’héroïne, écrivait-il, n’était pas arrivée comme une armée étrangère. Elle était entrée lentement, “non par invasion, mais par invitation”.

Vance savait de quoi il parlait. Sa mère avait fait une overdose. Son grand-père avait été alcoolique. Sa communauté connaissait depuis longtemps, écrivait-il, “une grande faim d’anesthésie”.

Et cette douleur, ajoutait-il, venait de partout. De l’économie. Des usines fermées. Des rues commerçantes remplacées par des prêteurs sur gage et des enseignes de crédit express. Des familles brisées. D’un gouvernement qui ne parlait plus aux gens ordinaires. Des guerres perdues. Du sentiment que le pays vous avait remplacés, méprisés, oubliés.

Alors, écrivait Vance, l’Amérique avait trouvé un nouvel antidouleur.

“Pendant cette campagne électorale, il semble que beaucoup d’Américains aient cherché un nouvel antidouleur.

Lui aussi promet une échappatoire rapide aux soucis de l’existence, une solution facile aux problèmes sociaux grandissants des communautés et de la culture américaines.

Il n’exige rien et ne demande guère plus qu’une présence minimale, avec peut-être quelques facilitateurs.

Il entre dans les esprits non par les poumons ou par les veines, mais par les yeux et par les oreilles.

Et son nom est Donald Trump.”

Tout était là. Trump n’était pas seulement un candidat. Il était une substance. Un produit. Un shoot politique. Il n’entrait pas dans le corps “par les poumons ou par les veines”, mais par les yeux et les oreilles. Il anesthésiait, donnait un instant de puissance à ceux qui se sentaient impuissants. Il offrait une revanche symbolique à ceux qui avaient l’impression de vivre depuis des décennies dans le déclin.

Vance comprenait cette attraction. Il ne la méprisait pas entièrement. Il écrivait que les électeurs de Trump n’étaient pas tous des caricatures. Beaucoup étaient de braves gens, généreux, travailleurs, attachés à leur famille, à leur communauté, à leur pays. Mais il voyait aussi ce qui les liait. Ils venaient souvent de lieux cassés.

“Pourtant, un fil commun relie les fidèles de Trump, y compris ceux dont la situation personnelle est restée intacte : ils viennent de communautés brisées. Des lieux où les bons emplois sont introuvables. Où les gens ont perdu la foi et déserté les églises de leurs parents et de leurs grands-parents. Où le taux de mortalité des Blancs pauvres augmente alors que celui de tous les autres groupes recule. Où trop de jeunes passent leurs journées défoncés au lieu de travailler et d’apprendre.”

Le diagnostic était brutal.

Pas parce qu’il venait d’un adversaire de cette Amérique, mais parce qu’il venait de l’intérieur. Vance ne disait pas que ces gens étaient mauvais. Il disait que ces gens souffraient, et que Trump transformait leur souffrance en dépendance.

Puis il frappait encore plus fort.

“Ce que Trump offre, c’est une échappatoire facile à la douleur.

À chaque problème complexe, il promet une solution simple. Il peut faire revenir les emplois simplement en mettant au pas les entreprises qui délocalisent. Comme il l’a dit devant une foule dans le New Hampshire, des gens qui connaissent trop bien le fléau des opioïdes, il peut guérir l’épidémie d’addiction en construisant un mur à la frontière mexicaine et en empêchant les cartels d’entrer. Il épargnera aux États-Unis l’humiliation et la défaite militaire par des bombardements aveugles. Peu importe qu’aucun chef militaire crédible n’ait approuvé son plan. Il ne donne jamais de détails sur la façon dont ces plans fonctionneront, parce qu’il ne le peut pas.

Les promesses de Trump sont l’aiguille plantée dans la veine collective de l’Amérique.”

Ce n’est pas une formule de commentateur de gauche. Ce n’est pas une attaque de campagne démocrate. C’est JD Vance. Le futur vice-président de Donald Trump. L’homme qui, dix ans plus tard, expliquera que Trump est l’homme providentiel, le seul à comprendre le peuple, le seul à protéger l’Amérique contre ses ennemis.

En 2016, Vance savait que Trump ne proposait pas un remède. Il proposait une euphorie. Une fuite. Une dose.

Et il écrivait cette phrase qui, aujourd’hui, se retourne contre lui comme une accusation :

“Trump est une héroïne culturelle.

Il fait du bien à certains pendant un moment.

Mais il ne peut pas guérir ce qui les ronge, et un jour ils s’en rendront compte.”

Ce texte est sévère. Le trumpisme n’était pas un remède, mais une intoxication. Et c’est JD Vance qui l’écrit. Comme s’il avait compris avant d’autres la nature du danger. Il avait vu que Trump exploitait des souffrances réelles avec des solutions fausses. Il avait vu que la crise américaine n’était pas seulement économique, mais sociale, familiale, morale, spirituelle.

Puis l’ambition est passée par là.

C’est peut-être ce qui rend cette histoire si américaine.

Le jeune Vance de Hillbilly Elegy s’était construit comme un homme qui voulait échapper aux démons de son enfance, le chaos, la violence, l’addiction, le mensonge, le déni.

The Atlantic rappelle une autre phrase de Vance, publiée dans son livre :

“Rien ne ressemble à la peur de devenir le monstre caché dans son placard.”

Vance a su regarder en face ce qu’il savait être une illusion, mais il a finalement décidé de la servir.

JD Vance n’a pas découvert Trump après coup. Il l’avait décrit. Il l’avait nommé. Il l’avait compris. Il avait vu l’aiguille, la veine, la dose, l’euphorie, puis le manque.

Et il a quand même choisi de devenir son premier promoteur.

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🟨🟧 “L’arnaque la plus monumentale de tous les temps”

Le Zeitgeist spécial 250e anniversaire m’a empêché de vous parler du rapport financier annuel de Donald Trump pour 2025, publié par l’Office of Government Ethics. Il compte 927 pages. À titre de comparaison, celui de JD Vance en compte 17. Celui de Joe Biden, pour sa dernière année de mandat, en comptait 11.

Il a été signé par le président Trump le 29 juin.

Je pensais passer à autre chose, mais j’ai changé d’avis en lisant cet éditorial au lance-flammes publié par le Wall Street Journal.

Il a même été cité par Fox News (oui, oui, Fox News), qui a mis en bandeau une phrase entre guillemets : “biggest grift of all time”.

Ça veut dire “l’arnaque la plus monumentale de tous les temps”.

Le titre de cet éditorial du Wall Street Journal dit presque tout.

“The Trump Family and ‘Honest Graft’.” La famille Trump et le “honest graft”. L’expression vient de George Washington Plunkitt, figure de Tammany Hall, la machine démocrate new-yorkaise du XIXe siècle. Le “honest graft”, c’était l’art de s’enrichir grâce à sa position politique sans forcément enfreindre la loi. On connaît les projets publics avant les autres. On sait où la ville va construire. On achète le bon terrain au bon moment. Ce n’est peut-être pas illégal. C’est seulement indécent.

Le Wall Street Journal ne dit pas que Trump a violé la loi. Il dit quelque chose de plus politique, de plus solennel, peut-être de plus dévastateur.

Le président et sa famille profitent de la présidence “de façon massive et douteuse”, et cela “rabaisse la fonction”.

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