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CHEZ POL 10 JUILLET

 


#Plages #Boulot #Diable #Révolution #Ombre
Chez Pol n°1760 - Réservé aux abonnés Libé

Bonjour, nous sommes le 10 juillet et c'est le bon jour pour être un winner.

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Pas Kylian. Photo Cha Gonzalez. Libération (2025)

FAIT MAISON Villepin s'apprête à passer des vacances un peu studieuses ; la fronde contre Buffet s’organise et l'exécutif regarde ailleurs

AU COMPTOIR Braun-Pivet déconseille à Macron de dissoudre avant la présidentielle ; Faure doit gérer un gros temps faible au PS ; et rien ne va plus pour Barbut

VU DE... Bruxelles : le groupe du RN sauvé par la droite ? 

L'OEIL DE LIBÉ Bardella marche à l'ombre

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI C'est le tube de l'été : une canicule = une réunion de Lecornu

L'ADDITION Jouons avec Ciotti

DÉTENDU DU GLANDAGE • Il y a des étés plus rudes que d'autres. Prenez celui de 2007 pour Dominique de Villepin : éjecté du pouvoir après la victoire de Nicolas Sarkozy, l'ex-Premier ministre avait passé ses vacances à éplucher les 27 tomes du tentaculaire dossier Clearstream, après avoir été mis en examen dans cette affaire fin juillet. 20 ans plus tard, le cru 2026 sera plus tranquille pour celui qui compte se lancer dans la bataille présidentielle. S'il a coché quelques cases sérieuses pour tout aspirant à l'Élysée, comme un passage aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence début juillet ou au Festival des idées à La Charité-sur-Loire, le chiraquien s'offre quelques moments de douceur. Après une longue interview accordée à So Foot, Villepin sera lundi prochain aux Francofolies de La Rochelle. Il parlera des chansons qui ont marqué sa vie avec Éric Fottorino, ancien patron du Monde et fondateur de l'hebdo Le 1. Histoire de ne pas glander tout l'été, celui qui se rêve en de Gaulle au-dessus-des-partis-version-2026 passera une tête sur BFM TV et dans les colonnes de La Tribune dimanche le week-end prochain. Avant de reprendre un peu de bon temps au Festival d'Avignon, le 23 juillet, et surtout au Delta Festival, deux jours plus tard, sur les plages du Prado à Marseille. Le pied ! Quant à sa déclaration de candidature officielle, Villepin n'est pas pressé. S'il participera mi-septembre à l'émission «Objectif 2027» de Darius Rochebin sur LCI, il n'entend pas sortir du bois avant la fin de l'automne. «Je regarde passer les plus pressés, éludait-il fin juin dans L'Opinion. La tortue, c'est moi cette fois-ci.» Rien ne sert de courir, il faut partir détendu. V.B.

Sur la route de Memphis des vacances. Photo Jean-François Monier. AFP (2012)

LÀ OÙ Y’A DE LA GÊNE… • Un communiqué commun lapidaire puis plus rien. Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu ne se plient pas en 4 pour faire publiquement le SAV de la candidature du très réac François-Noël Buffet au poste de Défenseur des droits, pourtant soutenue par le Président «sur proposition du Premier ministre». Interrogés hier pour connaître les raisons pour lesquelles l'exécutif envisage cette nomination du sénateur LR aux positions a priori peu compatibles avec le poste (opposé au mariage pour tous, à la PMA pour toutes et à la constitutionnalisation de l'IVG, favorable à une réforme de l'AME...), l'Élysée et Matignon ne nous ont apporté aucun élément supplémentaire. Les entourages de Macron et Lecornu se sont contentés de nous renvoyer vers la déclaration de la porte-parole du gouvernement, lors du compte rendu du conseil des ministres hier. «Le parcours de M. Buffet […] me donne toute confiance quant à sa capacité à mener cette mission avec la rigueur, l'impartialité et l'exigence nécessaires», a brièvement défendu Maud Bregeon, alors que la gauche et les assos dénoncent justement le manque de «neutralité» de Buffet vu ses combats passés mais aussi très récents. Les chefs de l'État et du gouvernement se contenteraient-ils d'un service minimum pour l'élu qui soutient Bruno Retailleau, dont la candidature semble être le fruit d'un deal avec la droite sénatoriale en échange de celle d'Emmanuel Moulin, ex-secrétaire général de l’Élysée, à la Banque de France ? Le terme n'est en tout cas pas démenti par le Château. E.B.

MARTINEAU NO NO • Selon nos infos, il n'est par ailleurs pas prévu que le gouvernement fasse de la retape auprès des parlementaires du «bloc central» qui seront amenés à auditionner Buffet puis à voter pour ou contre sa nomination, mercredi prochain en commissions des Lois de l'Assemblée et du Sénat. «Ce ne serait pas très respectueux de la séparation des pouvoirs», fait habilement remarquer une source gouvernementale. Même officieusement, aucun des élus macronistes que nous avons sondés n'a reçu de message à ce sujet de la part de l'exécutif. Il y en aurait peut-être bien besoin. Sans que cela ne mette vraiment en danger la candidature de l'ex-ministre de Michel Barnier et François Bayrou (qui peut compter sur la majo de droite au Sénat), certains députés de la coalition gouvernementale comptent bien s'opposer à cette nomination. Outre Guillaume Gouffier Valente (EPR) dont on vous parlait hier, c'est le cas d'Éric Martineau (MoDem). Co-président du groupe d'études sur les discriminations et LGBTQI-phobies, le centriste veut «faire le boulot» pour convaincre ses collègues de le suivre sur son vote contre. Car il a «un peu de mal à croire» que Buffet soit la personne idoine pour le poste où il serait «chargé de veiller au respect des libertés et des droits des citoyens» : «On ne peut pas avoir été opposé à toutes les avancées sociétales et être bienveillant envers les personnes LGBT.» Face à ce risque de fronde, un proche du Premier ministre renvoie aux «présidents de groupe» le travail de conviction des troupes. Gabriel Attal, qui met constamment en avant son incompatibilité avec LR du fait de leurs positions sociétales, notamment sur la question de l'homosexualité, peut-il décemment soutenir Buffet ? E.B.

Alors c'est comme ça qu'on me soutient ? Photo Daniel Perro. Hans Lucas; AFP (2026)

DÉFAITE EN FAMILLE • «Putain, je suis Français, c'est la classe !», avez-vous peut-être exulté au réveil façon Bruno Le Maire, toujours sous le charme de la qualif' des Bleus pour les demies de la Coupe du monde. Un enthousiasme que n'auront pas partagé pleinement certains socialistes. Olivier Faure, notamment. Le boss des roses a pour sa part été battu, pour la première fois en 8 ans, par ses opposants internes hier. Le PS a ainsi choisi de désigner son candidat à la présidentielle en interne (Raphaël Glucksmann devrait briguer l’investiture) et non d’organiser une primaire ouverte comme le souhaitait le Premier secrétaire. Mais tout n'est pas encore perdu pour ce dernier, qui refuse de démissionner et maintient le suspense sur sa propre candidature.

JAMAIS DEUX MANDATS SANS TROIS • Elle faisait mariner sa candidature et tous ceux qui l'interrogeaient dessus. Elle semble aujourd'hui prête à lever le voile. Oui, Yaël Braun-Pivet sera bien candidate. Mais aux prochaines législatives à la date incertaine, la législature actuelle s'achevant officiellement en 2029. «Je serai candidate», a confirmé la présidente macroniste de l'Assemblée, hier devant la presse parlementaire. Et de rappeler que son camp avait promis, en 2017, d'instaurer le non-cumul des mandats dans le temps. Une règle à laquelle elle souhaite s'astreindre. «15 ans maximum pour les députés», souligne Braun-Pivet, avant de développer : «Dans cette perspective, je me suis toujours dit que je ferais 3 mandats de 5 ans. Donc j'envisage de me représenter aux législatives. Quel que soit le résultat, ma voix pourra continuer à compter et je pourrai continuer à être utile à mes compatriotes et à notre démocratie.»

LES YEUX DANS LE ZBEUL • Mais quand diable auront donc lieu les prochaines législatives ? Il est fort probable que le ou la prochain(e) Président(e) souhaite dissoudre l'Assemblée pour convoquer des élections anticipées et tenter de se constituer une majorité. Le scrutin aurait donc lieu rapidement après la présidentielle, plus ou moins comme d'habitude. Mais et si Macron mettait de nouveau le bazar dans tout ça ? En privé, nombre d'élus évoquent une éventuelle dissolution décidée par le chef de l'État fin 2026 ou début 2027, sans que l'on sache bien si ces rumeurs ont un quelconque fondement factuel. Braun-Pivet a en tout cas mis les pieds dans le plat à ce sujet hier, pour déconseiller à Macron de céder à cette tentation : «C'est important, après il fait ce qu'il veut, que le Président ne fasse pas de dissolution aujourd'hui - parce que parfois on a entendu des bruits - parce que cela obérerait la capacité du nouveau Président à le faire.» Car la personne qui succéderait à Macron devrait alors attendre 1 an pour retrouver ce pouvoir. Dissoudre avant la présidentielle serait donc une manière d'empêcher, ou en tout cas de retarder, une alternance pleine et entière, et plus trivialement de mettre le zbeul. Ce qui n'est pas le genre de qui-vous-savez.

Sous surveillance. Photo Mohammed Badra. AFP (2024)

C'EST UN PÉPÉ QUI FAIT NON NON NON • Aucune équipe n'a autant dominé son sujet que celle-ci. On veut bien évidemment parler de (feu) l'UMP, lancée en 2002 en réponse à l'accession de Jean-Marie Le Pen au 2d tour de la présidentielle. La droite s'était alors dit qu'il fallait arrêter les conneries et avait réuni toutes ses chapelles sous une seule et même bannière. Toutes ? Non ! Une poignée d’irréductibles centristes résistait : François Bayrou, alors président de l'UDF, restait indépendant. 24 ans plus tard, le même film se rejoue. Édouard Philippe ambitionne de réunir à nouveau la droite et le centre. Et Bayrou dit toujours non. «Je m’y suis opposé sous Chirac, sous Sarkozy et m’y opposerai tout le temps, assure-t-il en privé selon l'Express ce matin. Des gens ne laisseront jamais faire cela.» Le maire déchu de Pau est par ailleurs occupé lui-même à fédérer sa famille centriste, éclatée entre son MoDem, l'UDI et le mouvement lancé par le monde du BTP Élisabeth Borne, Bâtissons ensemble. Selon Politico ce matin, les différentes tendances du centre se sont mises d'accord pour s'unir dans l'optique de la présidentielle et ne plus se disperser. Soit l'objectif de l'UMP en 2002. On est revenus au point de départ. C'est ce qu'on appelle une révolution.

ESCADRILLE • Monique Barbut a bien du mal à sortir de sa séquence pas franchement folichonne. D'abord critiquée pour son absence médiatique lors de la précédente canicule, la ministre de la Transition écologique (qui lutte sans grand succès contre ses baisses de crédit et en a marre d’être le bouc émissaire de tout le monde) fut ensuite tancée pour une déclaration pas très maîtrisée sur la clim'. Et hier, Barbut a connu un nouveau coup dur en étant contrainte d'annuler un point presse à son ministère faute de journalistes participant à l'événement, selon l'Opinion. Son entourage a prétexté une «contrainte d'agenda» mais la ministre aurait «préféré ne pas s'afficher dans une salle à moitié vide», assure le quotidien libéral. Quand ça veut pas...

Bruxelles : le groupe de Bardella sauvé par une «alliance des droites» ?

Mais qu'est-ce que je fous là moi ? Photo Jean-Christophe Verhaegen. AFP (2026)

Par M.M. ET P.P.

La poussière sera-t-elle mise sous le tapis ? C’est ce que craignent plusieurs sources au Parlement européen, à propos de nouveaux soupçons d’irrégularités visant les dépenses de communication du groupe Patriotes pour l’Europe (PfE), dirigé par le président du RN, Jordan Bardella. Après une alerte émise par la direction générale financière de l’instance communautaire pour de nouvelles «violations [présumées] des principes fondamentaux régissant le droit de la commande publique», le dossier est désormais entre les mains de la commission de contrôle budgétaire, un organe composé de députés européens. Celui-ci doit rendre, mardi prochain, un avis sur l’affaire. Problème : alors que le groupe d’extrême droite n’en est pas à son coup d’essai et reste dans le viseur de la justice pour des faits similaires, une alliance droite-extrême droite pourrait enterrer l’affaire. Et sauver les «Patriotes».

Rembobinons. Mi-juin, la direction financière du Parlement européen a rendu un rapport accablant pour le groupe de Jordan Bardella. Ses conclusions soulignent notamment de nombreuses violations présumées des règles applicables en matière d’appels d’offres. Les manquements soupçonnés portent tant sur l’éligibilité des prestataires (certains sont trop petits pour répondre aux exigences réglementaires) que sur des paiements «pas conformes au contenu réel des factures». Le préjudice est estimé à ce stade à près de 200 000 € par les rapporteurs de la direction générale financière.

Lettre faible

Le dossier est désormais sur le bureau de la commission de contrôle budgétaire du Parlement européen. Enfin plutôt d’un comité restreint de cet organe, note un bon connaisseur de Bruxelles : les coordinateurs de groupes politiques, un par groupe, qui ont mené leurs débats à huis clos. C’est sur cette base qu’un avis doit être rendu la semaine prochaine.

Or, souligne une autre source, «ce qui se dessine, c’est que le groupe PPE [Parti populaire européen, la droite européenne] et les groupes d’extrême droite [dont le PfE] sont en train de se mettre d’accord» au sein de la commission du contrôle budgétaire. «Le vote d’une lettre [à l’argumentation] très faible proposée par le PPE est pour l’instant prévu le 14 juillet», confirme à Libé l’eurodéputé Place publique Thomas Pellerin-Carlin, du groupe social-démocrate européen, expliquant : «Cette lettre est soutenue par l’alliance du PPE et de l’extrême droite pour passer à autre chose en protégeant le détournement d’argent public par le RN.» Membre de la commission de contrôle budgétaire, l’élu dénonce «des alliances de plus en plus fréquentes entre droite et extrême droite au Parlement». «On ne soutient pas cette lettre car elle est trop faible, notamment comparée à celle votée en septembre», ajoute-t-il.

Texte et photo Sébastien Pons. Libération

Marché de La Flèche, il est 11h30, au lendemain de la 2e condamnation de Marine Le Pen. Un nouveau point de rendez-vous est improvisé à proximité du marché pour éviter les opposants. J'arrive parmi les premiers et me glisse derrière les barrières où elle répondra aux journalistes. Les places sont chères. Appareils photo, caméras et micros se disputent le moindre angle tandis que les sympathisants attendent un selfie. Après 30 minutes sous un soleil écrasant, Le Pen arrive enfin et j'aperçois Bardella derrière elle. Son regard vide et son expression absente me frappent. Je comprends mieux son obsession pour l'énergie. Il semble condamné à rester dans l'ombre. Je cherche l'image qui traduira cette idée. Lorsqu'il prend la parole, il est à contre-jour. J'attends patiemment que Le Pen tourne la tête et prenne toute la lumière. J'ai ma photo, je peux enfin m'extraire du bain de foule et de la profusion des selfies pour réaliser le contrechamp des opposants, tenus à distance par un cordon de gendarmerie.

• Paris, depuis 10h Alors que le gouvernement a déclenché ce matin un inédit plan Orsec «chaleurs extrêmes», Lecornu préside, au ministère de l'Intérieur, une nouvelle réunion de la cellule interministérielle sur le sujet.

• Et aussi Après avoir assisté à la première étape de montagne du Tour de France, Macron reste dans les Pyrénées avec un déplacement à Loudenvielle. Puis il rentre à Paris pour recevoir Cyril Ramaphosa, le Président sud-africain. Et les députés sont encore attendus dans l'hémicycle pour continuer l'examen du projet de loi Ripost.

• Et aussi ce week-end Samedi, les militants écolos votent sur les propositions du parti pour la présidentielle ; et dimanche, Macron préside la 1e journée nationale de commémoration de la reconnaissance de l'innocence d'Alfred Dreyfus, instaurée l'an dernier, à l'occasion du 120e anniversaire de sa réhabilitation par la Cour de cassation.



On termine avec notre jeu du jour. Pour quelle raison Éric Ciotti a-t-il envoyé un SMS à François Hollande ?

• Pour lui demander l'adresse de son coiffeur
• Pour lui proposer un débat télévisé sur CNEWS
• Pour lui présenter une proposition de loi sur l'écologie
• Pour lui demander d'intervenir dans l'organisation des JO 2030
• Pour l'inviter aux commémorations des 10 ans de l'attentat de Nice
• Pour lui demander des places pour le quart de finale France - Maroc
 

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 


Absolument !

C'est ce que nous apprend l'Express

 Pour retrouver les articles de Chez Pol, c'est juste ici 
 


 


Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. En effet, Lecornu va bien effectuer son premier déplacement de Premier ministre à l'étranger au Maroc. Et non en Russie.

Sur ce, bonne journée et excellent week-end👋. Et à lundi sur les routes de l'info.


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