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CHEZ POL 13 JUILLET

 


#Sillon #Prince #Fantôme #Trône #Ogre
Chez Pol n°1761 - Réservé aux abonnés Libé

Bonjour, nous sommes le 13 juillet et c'est le bon jour pour être soudés.

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Zelensky et Macron. Photo Ludovic Marin. AFP (2026)

FAIT MAISON Les verts se dotent d'un programme massif 

AU COMPTOIR Bardella recycle son livre pour sa campagne de Premier ministre ; Bergé met des bâtons dans les roues de la fin de vie ; et les eurodéputés RN veulent empêcher Le Pen d'être candidate (enfin presque)

LE MOT «Avantage»

PASSION ARCHIVES L'hôpital Pécresse se moque de la charité Rajoy

L'ŒIL DE LIBÉ Ruffin fait dune pierre deux coups

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI La der' de Macron face aux Armées ; Lecornu régale

L'ADDITION Jouons avec les rapports 

ON TOUCHE LE FOND • Et si on débutait cette newsletter avec un sujet d'actualité, par exemple l'écologie ? Les verts s’efforcent de tracer leur sillon sur le fond. Le parti s’apprête à ratifier, ce lundi, un nouveau programme, sur le modèle de l’Avenir en commun, le livret de référence de LFI - dont l’actualisation est prévue pour la rentrée -, ou du projet du PS présenté en avril. 8 parties découpées en 66 chapitres sur plus d’une centaine de pages : le document que Libé a pu consulter en avant-première s’avère consistant. Avec un niveau d’ambition revendiqué comme «inédit» par la direction verte, et des dizaines de propositions plus ou moins précises, souvent assez techniques, qui couvrent une variété de sujets de façon quasi exhaustive. Comme pour le PS, les mesures manquent encore toutefois d’un chiffrage susceptible d’asseoir leur crédibilité, à l’heure où l’équation des finances publiques est particulièrement délicate. L’ensemble a été confectionné par les élus et les commissions thématiques du parti, en auditionnant des experts et des associations, mais aussi en intégrant l’apport de 50 000 contributions recueillies sur une plateforme en ligne ouverte en décembre. Inspirés du bréviaire traditionnel des défenseurs de l’environnement, ou de travaux parlementaires récents, certains pans du programme semblent naturellement familiers. Mais d’autres objets mis dans le débat apparaissent complètement nouveaux. Comme l’instauration d’une «Première République écologique et citoyenne», à l’issue «d’un processus constituant transparent, participatif, et indépendant», afin «d’abolir la monarchie présidentielle» et «d’intégrer véritablement les limites planétaires et la participation des citoyens dans les institutions». Ou la création d’une «clause de conscience» pour tous les salariés, sur le modèle de celle qui existe en droit de la presse pour les journalistes. Lu. A.

Avoir un programme ? Mais quelle bonne idée. Photo Ludovic Marin. AFP (2026)

JOURNAL D'UN RELÉGUÉ • Vous faisiez quoi, vous, à 30 ans pendant vos vacances d'été ? Eh bien Jordan Bardella, lui, écrira déjà son 3e livre pendant ses congés. Une graphomanie quasi Bruno-Le-Mairesque puisque les 2 précédentes œuvres du président du RN, Ce que je cherche et Ce que veulent les Français, sont sorties en novembre 2024 et en octobre 2025. Une 3e rentrée littéraire en 3 ans en plus de son boulot : pas mal ! L'eurodéputé fantôme l'annonce au Figaro : «L'été, pour moi, lorsque le tumulte de la vie politique se calme, est un temps précieux et nécessaire pour penser et réfléchir. Je vais donc écrire cet été un 3e livre sur la façon nouvelle, que je crois nécessaire, de gouverner la France en 2027. Je partirai ensuite sur les routes, à la rencontre des Français.» Ce nouveau tome de ses mémoires précoces était, selon toute vraisemblance, prévu dans le cadre de sa candidature à la présidentielle finalement avortée mais est habilement recyclé au service de celle de Marine Le Pen. Rien ne se perd, tout se transforme.

Quand tu as écrit un livre de candidat mais que tu n'es pas candidat. Photo Alejandro Martinez Gonzalez. Hans Lucas via AFP (2026)

BUT CONTRE SON CAMP • Si on écoutait ce que Le Pen disait sur la probité dans le passé (et si elle avait eu le pouvoir), la candidate du RN à la présidentielle serait aujourd'hui peut-être derrière les barreaux et sûrement pas prétendante au trône élyséen. Les archives démontrant cette incohérence ont pullulé depuis sa condamnation pour détournement de fonds publics. Mais un autre fait passé mérite qu'on s'y arrête, tant il frise le cocasse. Comme l'a rappelé un journaliste de Mediapart, le Parlement européen a adopté, pas plus tard que le 26 mars dernier, une directive pour lutter contre la corruption. Un texte qui dispose que les États membres peuvent sanctionner d'une inéligibilité temporaire les personnes condamnées pour trafic d'influence, corruption ou - roulement de tambours - détournement de fonds publics. Et qui donc a soutenu cette directive ? Vous l'avez dans le mille : les 29 eurodéputés RN, dont leur chef de file, un certain Bardella. Un vote que le parti d'extrême droite n'a pas daigné justifier auprès de Mediapart après la condamnation de Le Pen pour le même motif en appel.

UN BÂTON DANS LES ROUES • La loi fin de vie doit être définitivement adoptée à l'Assemblée mercredi. Un texte qui légalise l’aide à mourir et aura profondément divisé les pros et les antis, y compris au sein des différents camps politiques. Même la macronie ne sera ainsi pas unie comme un seul homme derrière cette loi pourtant finalement voulue et soutenue par Emmanuel Macron après des années d'atermoiements. Sur Cnews ce matin, la ministre de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, annonce ainsi qu'elle s'y opposerait si elle était députée : «Je ne voterais pas ce texte. […] C'est l'un des votes les plus importants qu'on ait à faire dans une vie.» L'élue venue de la droite estime que «les garde-fous ne sont pas suffisants», citant «l'absence de collégialité des médecins, le délai de réflexion extrêmement court, les critères [pour les] personnes qui pourraient accéder à ce qui est appelé un droit». «Je considère que ça va trop loin», ajoute Bergé, rappelant que «le Président et le Premier ministre ont laissé une totale liberté aux membres du gouvernement» pour se positionner sur un sujet qui en appelle à la conscience de chacun.

Elle est contre. Photo Simon Wohlfahrt. AFP (2026)

Jeune et ambitieux, parfois vicieux, Gabriel Attal avait tout prévu pour devenir le prochain prince de la ville Président. Notamment son opposition avec Bardella, autre trentenaire aux dents longues. Estimant que son duel avec le président du RN était un match déjà «imprimé dans l'image rétinienne des Français (sic)» (et semblant oublier un peu vite les autres candidats), le boss de Renaissance vantait auprès du Parisien, fin avril, les vertus pour lui-même de cette opposition : «On a débattu 10 fois ensemble depuis 2022, il y a un côté naturel pour les gens. En plus, ça dévitalise les critiques sur mon âge, je pense que ça ancre l'idée d'un saut générationnel dans cette élection, je vois bien l'avantage pour moi à ce moment-là.» La candidature Bardella aurait donc été un plus pour Attal. Pas de bol, ce sera finalement Le Pen. L'ex-Premier ministre ne s'est pas démonté et a vite changé de pied, attaquant la leader d'extrême droite sur son manque de «probité» et «d'exemplarité» qui serait rédhibitoire pour la «nouvelle génération politique» qui est la sienne - même si voir un macroniste parler d’exemplarité peut laisser songeur après 2 quinquennats pas très convaincants de ce côté-là. Et, toujours auprès du Parisien, Attal maintient son angle d'attaque générationnel en le retournant au gré de l'adversité : «Je deviens le seul candidat d'une nouvelle génération dans cette campagne, ça prend une tournure supplémentaire en étant le seul.» Un argument comme une bonne clim' : réversible, ça soulage sur le moment mais est-ce que ça règle vraiment le problème de fond définitivement ?

L'hôpital Pécresse se moque de la charité Rajoy

Il a pris notre recette ? Pirate ! Photo Francois Lo Presti. AFP (2026)

On ne sait pas ce que vous ferez demain soir mais nous, si. Nous serons comme tous les mardis suspendus au bureau national du PS pour… non on déconne, on sera devant la télé comme des millions de Français pour encourager les Bleus face à l'ogre espagnol. Un match qui, avant même de se jouer, a pris une tournure politique. La faute à Mariano Rajoy, ancien Premier ministre ibère, membre du parti conservateur (PP). Dans une tribune et alors qu'on ne lui demandait rien, Rajoy a donc estimé que l'équipe de France disposait «d'un effectif de très haut niveau», mais «sans Français». Une déclaration raciste qui vient s'ajouter à la longue litanie de propos xénophobes lâchés sans retenue contre les Bleus depuis le début du Mondial. Fort heureusement, ces mots ont provoqué le dégoût mérité, et ce des deux côtés des Pyrénées.

Parmi les réponses, une retient notre attention, celle de Valérie Pécresse. «La France elle se choisit, parce qu'elle est plus qu'un pays, elle est un idéal, écrit-elle sur X. Avec son racisme minable, Rajoy montre son incompréhension totale ce qui fait l'âme du peuple français. Et qui fera mardi sa victoire !» En voilà un message enamouré à la diversité de la France. C'est remarquable, surtout que Pécresse n'a pas toujours été à la pointe sur ce terrain-là. Et certains le lui ont volontiers rappelé en diffusant des propos tenus à l'occasion de la présidentielle 2022. Lors de son meeting à Paris, la candidate LR avait repris la théorie complotiste et raciste du «grand remplacement». Puis elle avait fait un distinguo entre les «Français de cœur» et les «Français de papier».

«Dans le même bateau»

Depuis hier, beaucoup rappellent à Pécresse ses mots passés. L'expression «Français de papier» est une formule forgée dans les milieux nationalistes pour faire la distinction avec les «Français de souche». En 1995, en meeting à Carpentras, Jean-Marie Le Pen - oui, celui qui trouvait qu'il y avait trop de noirs en équipe de France - lançait à la foule : «Parviendrons-nous à faire des électeurs plus vite que l’immigration ou que les naturalisations ne parviennent à faire des Français de papier ?» Un peu plus loin dans le temps, il y a aussi les mots d'Édouard Drumont qui, dans son pamphlet antisémite La France juive, en 1886, décrit les juifs comme des «Français de nom et non de cœur».

Pécresse a donc beau jeu de critiquer aujourd'hui Rajoy après avoir participé à la diffusion de ses idées. La députée LFI Nadège Abomangoli, vice-présidente de l'Assemblée, le lui a d'ailleurs fait remarquer. «Vous êtes dans le même bateau que l’ancien Premier ministre espagnol raciste qui crache sur l’équipe de France», a écrit l'élue née en 1975 à Brazzaville, en rappelant à la présidente du conseil régional d'Île-de-France ses anciens mots. La VAR est formelle : ça joue.

Texte et photo Victorine Alisse. Hors Format pour Libération

Mercredi dernier. C’est au célèbre camping de la dune du Pilat, les Flots bleus (Pyla-sur-Mer), que François Ruffin est attendu. Il arrive, décontracté, muni d’un sac à dos. Des vacanciers s’interrogent en le voyant passer… encore plus en voyant mes appareils photo. Le réalisateur Fabien Onteniente, à qui l’on doit la comédie mythique Camping, vient signer sur place son autobiographie. Leur rencontre tombe à pic pour la tournée d’été de Ruffin, qui a qualifié le long métrage de «grand film de gauche». L’atmosphère rappelle les vacances. La journée du lendemain se poursuit à la dune du Pilat, où nous avons rendez-vous pour une visite avec la directrice du syndicat mixte de la grande dune et une chargée de projets de médiation. Deux options s’offrent à nous pour gravir la dune : les escaliers ou le sable. L’ex-insoumis n’hésite pas et se lance, déterminé à atteindre le sommet. Je ne pourrai pas le devancer mais je me réserve ce point de vue pour le retour, en espérant qu’il n’opte pas pour la seconde option.

• Paris, 11h30 S'il a un piètre 2/10 pour les interviews et allocutions du 14 Juillet, Macron est beaucoup plus assidu pour son discours aux Armées à l'hôtel de Brienne. Le Président accueille ensuite le président ukrainien Zelensky, le Premier ministre britannique Starmer et le chancelier allemand Merz en ouverture du sommet de la Coalition des volontaires avant un dîner officiel à l'Élysée. 

• Et aussi Lecornu invite à Matignon (et au défilé demain) tous les maires et parlementaires de son fief électoral de l'Eure ; et les écolos s'apprêtent à ratifier leur programme, qui converge plutôt avec LFI sur les questions fiscales et davantage avec le PS sur l’Europe, pour la présidentielle.

• Et demain Pour les 10 ans de l'attentat de la Promenade des Anglais, des commémorations ont lieu à Nice ; Macron préside, entouré d'une trentaine de chefs d'États et de gouvernements de la Coalition des Volontaires, son tout dernier défilé militaire du 14 Juillet ; et Mélenchon prononce aussi un discours pour la fête nationale, à Paimpont (Ille-et-Vilaine).

On termine avec notre jeu du jour. À qui le Haut-commissaire au Plan, Clément Beaune, a-t-il confié un rapport ?

• À un ancien de Greenpeace
• À un ancien Premier ministre
• À un ancien patron du Medef
• À un ancien leader de la CGT
• À un ancien camarade de l'ENA
• À un ancien consultant chez McKinsey
 

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 


C'est bien ça !

Selon La Tribune dimanche, Beaune a confié à Geoffroy Roux de Bézieux un rapport sur les dépendances inversées

Et enfin, les résultats de notre jeu de vendredi. En effet, Ciotti a bien envoyé un SMS à Hollande pour l'inviter personnellement aux commémorations des 10 ans de l'attentat de Nice. Et non pas pour lui demander l'adresse de son coiffeur.

Sur ce, bonne journée, bon 14 Juillet et allez les Bleus👋. Et à mercredi sur les routes de l'info.





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