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CHEZ POL 17 JUILLET

Cazeneuve réussit à pondre 85 pages sans être candidat...


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Cazeneuve réussit à pondre 85  sans être candidat







#Breloque #OldSchool #Surprise #Tonton #Mégalo
Chez Pol n°1764 - Réservé aux abonnés Libé



Bonjour, nous sommes le 17 juillet et c'est le bon jour pour prendre la route.

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Ouvrir l'œil et le bon. Photo Carine Schmitt. Hans Lucas. AFP (2026)

FAIT MAISON Retailleau trouve un nouveau moyen de s'en prendre au Conseil constit' ; une ex-députée PS refuse la Légion d'honneur de Macron

AU COMPTOIR La pétition contre la présomption de légitime défense des policiers examinée mais vouée à être enterrée ; le but contre son camp de Lisnard ; et une sénatrice sanctionnée pour avoir mis ses collaborateurs au service de son compagnon 

VOST Après le Roman de Renart, le roman de Bernard

LE CHIFFRE 18

BO BO BONUS Larcher fait son cinéma

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Macron reste en Allemagne

L'ADDITION Jouons avec Wauquiez

MERCI MAIS NON MERCI • Le monde politique se divise en deux camps : ceux qui cherchent les honneurs quoi qu'il en coûte ; et ceux qui font un bras d'honneur aux breloques et, notamment, à la Légion d'honneur. L'ex-députée PS (de 1997 à 2002 puis de 2007 à 2022) Laurence Dumont fait partie de la 2e catégorie. Hier, celle qui a été promue dans la dernière cuvée du 14 Juillet d'Emmanuel Macron a annoncé dans un texte sur Facebook ne pas vouloir du petit ruban rouge. «J’ai appris ma nomination dans l’ordre de la Légion d’honneur. J’ai décidé de la refuser. J’assume ce choix en cohérence avec les combats que je mène depuis toujours», écrit l'ancienne élue du Calvados. Avant de justifier son refus par un cinglant réquisitoire contre le double quinquennat Macron et sur la légitimité de l'exercice : «Cette distinction est attribuée sur décision du Président, alors même que je me suis opposée à une politique qui a profondément aggravé les injustices sociales et affaibli les principes qui devraient guider l’action publique.» Dumont estime par ailleurs qu'il «n’incombe pas au gouvernement de décider qui est honorable» puisque, selon elle, «en démocratie, seuls les citoyens sont légitimes pour juger de l’engagement et du travail accomplis, a fortiori quand il s’agit d’élus». Elle rappelle également son combat politique pour «la défense des droits de l'enfant». Un sujet sur lequel «le pouvoir actuel ne peut revendiquer un bilan à la hauteur des enjeux». Arthur Delaporte, député PS qui lui a succédé et dont elle était la suppléante de 2022 à 2024, confie à Chez Pol «respecter son choix» et «en comprendre les motivations». «Les raisons qu'elle invoque, comme la protection de l'enfance et les enfants sans identité, sont aussi celles qui lui ont valu cette distinction républicaine», poursuit-il. Dumont n'est pas la première à snober l'Élysée cette année. La comédienne et écrivaine Rachida Brakni avait déjà «poliment» décliné la promotion, écrivant sur ses réseaux sociaux : «J’apprends avec surprise que l’on me décerne la Légion d’honneur. Indépendamment du fait qu’elle [soit] attribuée à tour de bras pour le meilleur et souvent pour le pire, la question de l’honneur se pose… Le mien se situe ailleurs.» S.T.

Laurence Dumont. Photo Sameer Al-Doumy. AFP (2022)

PRIS POUR CIBLE • Sébastien Lecornu mercredi, Gérard Larcher hier, et sans doute bientôt un bataillon de 60 sénateurs... Saisi de toutes parts 2 jours à peine après l'adoption définitive de l'aide à mourir par l'Assemblée par 50 voix d'écart, le Conseil constitutionnel va avoir du boulot. Sauf que tout le monde n'a pas forcément vocation à plancher sur le dossier, selon Bruno Retailleau. Le patron de LR, candidat à la présidentielle et toujours sénateur, a une idée de qui devrait se mettre en retrait. Mercredi sur BFMTV, il a balancé : «Je demande solennellement aux membres du Conseil qui ont déposé des propositions de loi pour favoriser l'aide à mourir, de se déporter. On ne peut pas être juge et partie.» Dans son viseur, les centristes Jacques Mézard et Laurence Vichnievsky. Dans l'entourage d'un Retailleau farouchement hostile au texte, comme la majorité de droite du Sénat, on a fait ses devoirs et fouillé les archives. Pour Vichnievsky, on ressort qu'elle siégeait encore au groupe d'étude Fin de vie jusqu'en juin 2024. On rappelle aussi qu'elle a voté, la même année, «l'amendement supprimant la mention "respect de la vie" dans la définition des soins d'accompagnement à l'article 2 du projet de loi», et qu'elle s'est dite «favorable à l'ouverture d'un droit à l'aide à mourir» dans la Montagne. Pour Mézard, c'est plus old school. C'est son activité parlementaire entre 2012 et 2015 qui pose question à Retailleau. L'ex-ministre de la Cohésion des territoires avait d'abord déposé en 2012 «avec 12 autres sénateurs du groupe RDSE la proposition de loi n° 735 relative à l'assistance médicalisée pour mourir». Avant de voter en 2015 contre la loi Claeys-Leonetti qui encadrait jusque-là la fin de vie. Contacté pour savoir si Mézard et Vichnievsky allaient être récusés sur les saisines sur le sujet, le Conseil constit' ne nous a pas répondu. S.T.

PERDU D'AVANCE • C'est la pétition du moment et non, on ne vous parle de celle pour rejouer le match France - Espagne. La pétition lancée fin juin «contre la présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre» a recueilli près de 670 000 signatures sur la plateforme de l'Assemblée. Mardi, le texte passera encore un cap puisqu'il sera présenté devant la commission des Lois qui statuera sur son avenir. D'après LCP, la commission a nommé le député LFI Ugo Bernalicis rapporteur de la pétition. Vu l'orientation politique du bonhomme, il devrait proposer l'examen du texte en vue d'un éventuel débat dans l'hémicycle. Mais on préfère vous prévenir d'emblée, il y a peu de chances que ça arrive. Au contraire, la commission risque de voter le classement direct de la pétition - manière polie de dire «vu et s'en tape». «Si tout le monde est présent, le vote sera négatif, prédit déjà Bernalicis à LCP. C'est pourquoi j'invite les citoyens à continuer de se mobiliser pour signer la pétition et interpeller les députés du bloc central.» Et même si les députés votent l'examen de la pétition, cette dernière devra encore passer le cap de la conférence des présidents, seule habilitée à inscrire un débat à l'ordre du jour de l'hémicycle, qui de toute façon n'aurait pas lieu avant la rentrée.

Ugo Bernalicis. Photo Xose Bouzas. Hans Lucas via AFP (2026)

DAVID IGNARE • CSC (contre son camp) est le meilleur buteur de la Coupe du monde, devant Lionel Messi et Kylian Mbappé. Un prestige que ne peut pas revendiquer David Lisnard, pourtant lui aussi adepte des buts dans sa cage. Sniper sur les réseaux sociaux, le très libéral maire de Cannes et candidat à la présidentielle a flingué hier le Haut-commissaire au Plan Clément Beaune, qui proposait sur France Inter des «refuges climatiques» à «moins de 10 minutes de tout Français». «Voilà un commissariat à fermer (alors qu'il en manque tant dans certains quartiers)», a balancé Lisnard, sûrement fier de son jeu de mots. Mais quand on monte au créneau et au cocotier, mieux vaut avoir vérifié ses arrières. Beaune a ainsi répondu à celui qui veut le mettre au chomdu : «Lisnard ne sait même pas lire son propre programme, ça promet !» Le tout accompagné d'une capture d'écran du programme présidentiel de Lisnard dans lequel il mentionne «la préparation et la prise des grandes décisions (en s'appuyant sur le Haut-commissariat au Plan)». Oups. Et ce n'est pas la première fois que Lisnard se tire une balle dans le pied. En 2024, ne trouvant «nulle part mention» de l’alliance entre nazis et communistes dans un livre d'histoire, Lisnard avait interpellé les éditions Hatier pour qu’elles lui indiquent où se trouve la leçon selon lui disparue sur le pacte germano-soviétique. C’était page 70.

RATTRAPÉE PAR LA PATROUILLE • La sénatrice du groupe Union centriste Christine Herzog a été sanctionnée par le bureau du Sénat, nous apprenait hier le média parlementaire Projet Arcadie. La peine est lourde : censure avec exclusion temporaire et invitation ferme à être accompagnée par un professionnel pour au moins un an dans ses fonctions d’employeur, pour sanctionner «un détournement de fonds publics et un manquement grave au principe de probité et à l’obligation de faire prévaloir l’intérêt général sur tout intérêt privé». Traduction : Herzog faisait travailler ses collaborateurs au profit de son compagnon. L'élue ne peut donc plus venir au Palais du Luxembourg pendant 15 jours et son indemnité parlementaire sera ponctionnée d'un tiers pendant 6 mois. Son indemnité de fonction est, elle, retenue en totalité pour la même période. Dans un communiqué, l'association de gauche des collaboratrices et collaborateurs parlementaires prend acte «avec satisfaction de la décision rendue par le Bureau du Sénat». «Les sénateurs-employeurs ne sont pas au-dessus des règles, ajoute l'Agap. Comme tout employeur, ils et elles sont tenus de respecter le droit du travail, de garantir des conditions de travail dignes et de protéger la santé physique et mentale de leurs collaborateurs.» Manquerait plus que ceux qui font les lois ne les respectent pas… 

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Cazeneuve écrit 85 pages de programme… mais n’est toujours pas candidat

Par A.L.

Bien sûr que non, Bernard Cazeneuve n’a pas rédigé 85 pages (!) de Lettre aux Françaises et aux Français pour «ajouter [son] nom à la liste des prétendants» pour 2027. Tout juste, «[sa] lettre dit le projet [qu’il soumet] aux Français et qui [l’]engage. C’est donc par un contrat qui [le] lie aux Français [qu’il] présente [sa] candidature, non par des habiletés tactiques, moins encore par la projection d’un "moi" de plus…», embrouille-t-il dans une interview au Parisien publiée hier. Une vraie-fausse annonce de candidature dans un flou cazeneuvien, qui s’accompagne au moins d’une information : il ne passera pas par la case primaire et ne demande pas le soutien du PS. «La vraie question est de savoir si on peut être encore [candidat] avec lui tel qu’il est et qu’il manœuvre.» Nous n’en saurons pas plus, et le suspense plane toujours.

Comment pourrait-on croire que le long document transmis aux rédactions la veille et rendu public ce matin par l’ancien Premier ministre est un pas de plus franchi vers une candidature à la présidentielle ? Après tout, ce document n’est jamais qu’un recueil de pensées sur l’état de la France, de son jeu politique et de son avenir, accompagné de propositions sur 30 sujets différents.

Cazeneuve se prend pour un tonton flingueur

Trêve d’ironie. L’ancien ministre de l’Intérieur de François Hollande semble bel et bien lancé sur la route de l’Élysée. Dans ce texte que d’aucuns pourraient facilement qualifier d’interminable, surtout lorsqu’il est rédigé dans un style très cazeneuvien, le patron de la Convention se pose en recours - «Si je peux être utile, je le serai» - dans une République qui «s’affaisse» après dix ans d’«ego-présidentialisme» macronien. Instabilité gouvernementale, État qui ne protège plus, présidence affaiblie : Cazeneuve se prend pour un tonton flingueur. Il «disperse» et «ventile» aussi LFI et le RN qui «se nourrissent l’un de l’autre».

Le ton est grave, l’heure aussi. «Les problèmes décrits dans ces pages ne se sont pas formés en un mandat. Ils ne se résoudront pas en un mandat», prévient-il. Mais il faut quand même y répondre, et l’ex-maire de Cherbourg veut bien s’y coller, à coups de formulations qui ont tout de celles d’un candidat : «Je veux», «Nous donnerons», «Il faudra». Pour ce qui est du fond, Cazeneuve voit large et aborde une kyrielle de sujets. Septennat présidentiel et proportionnelle aux législatives, réforme des retraites axée sur la durée de cotisation avec un retour à la loi Touraine, réindustrialisation appuyée sur le nucléaire, grand plan de rénovation thermique des bâtiments, aides ciblées pour les étudiants les plus précaires, tout y passe. Mais non, il n'est toujours pas officiellement candidat. 

C'est le nombre de photos de Yaël Braun-Pivet qui ornent le dossier de presse édité par la présidence de l'Assemblée pour dresser le bilan de la session parlementaire 2025/2026, et distribué aux médias la semaine dernière. Sur une trentaine de pages, cela peut paraître beaucoup. On compte notamment 3 clichés pleine page et 10 en demi-page, avec un petit côté albums de Martine : on admire la présidente macroniste de la chambre basse avec des interlocuteurs officiels, lors de déplacements de terrain (sur un bateau, dans un entrepôt) ou de visites de l'Assemblée... Le Canard enchaîné a gentiment charrié ce document un brin mégalo. «C'est un dossier de presse incarné», rétorque-t-on au cabinet de YBP auprès de Chez Pol. Le 4e personnage de l'État a tout de même moins bien pris les tweets émanant de comptes pas forcément recommandables reprenant la brève du Canard. Une «journaliste citoyenne» relaye notamment un post contenant une photo (pas présente dans le dossier de presse) manifestement posée et retouchée, montrant Braun-Pivet sous son meilleur jour. «Où peut-on consulter vos notes de frais sur ces prestations de photographie ?», interroge cette internaute. «Il s’agit d’une photo de presse réalisée dans le cadre d’une interview, cela n’a donc pas coûté 1€ aux Français», rétorque la très éphémère ministre des Outre-mer. Le cliché illustrait en réalité cet entretien de Braun-Pivet à Gala en octobre 2024.

Absolute cinema

• Allemagne, depuis 9h Quoi de mieux pour débuter le week-end que de se rendre sur la base aérienne de Nörvenich, près de Cologne ? C'est la vie qu'a choisie Macron qui y sera pour la journée. Tout d'abord pour participer, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, au conseil de sécurité franco-allemand. Puis, à partir de 11h20, pour présider avec son camarade d'outre-Rhin, le 26e Conseil des ministres franco-allemand.

• Et aussi À l'Assemblée, les séances se suivent pour continuer l'examen du projet de loi relatif à la protection des enfants ; et à la veille de la petite finale du Mondial de foot entre la France et l'Angleterre, la ministre de la Culture Catherine Pégard se déplace au British Museum de Londres.

• Et aussi ce week-end Samedi, comme chaque année depuis 2016, LFI envoie sur les routes de France ses Caravanes populaires parties pour 48 étapes et Édouard Philippe fait une halte campagne à la Baule avant la quille estivale. Et dimanche, surtout le soir, rien à signaler. Vraiment rien à signaler, en politique ni ailleurs.

On termine avec notre jeu du jour. Laurent Wauquiez a convoqué la presse hier pour l'installation exceptionnelle de…

• 1 ventilateur au lycée du parc à Lyon
• 2 frigos américains au siège de LR
• 3 climatiseurs à l'hôpital de Vienne
• 4 brumisateurs dans les bus de St-Etienne
• 5 pédiluves au siège de la région
• 6 éventails au groupe LR à l'Assemblée
 

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 


Mais oui !

Avec un magnifique autocollant de la région sur chacun des climatiseurs. 


Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. En effet, ce sont bien les frontières de la France qui ont été modifiées hier par les députés, une première depuis 400 ans. Et non les paroles de la Marseillaise, qui n'a tout de même pas 4 siècles pour les moins attentifs d'entre vous.

Sur ce, bonne journée et bon week-end 🫣. Et à lundi sur les routes de l'info.





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