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CHEZ POL 1er JUILLET

 Maud Bregeon risque d'être sanctionnée par Renaissance pour avoir soutenu Édouard Philippe plutôt que le candidat du parti, Gabriel Attal, pour la présidentielle.

Mathieu Lefèvre annonce aussi son soutien à Philippe, impliquant des conséquences potentielles similaires.

Marine Tondelier lance une consultation militante (jusqu'au 6 juillet) pour sa candidature Écologiste, mais le Conseil fédéral la requalifie en "enquête d'opinion interne".

Le règlement de l'Assemblée, réformé par Braun-Pivet, est jugé "décevant" par Balanant (MoDem) et Panot (LFI) car jugé "a minima".

François Bayrou préfère Thierry Breton comme candidat idéal au "bloc central", s'opposant à Philippe et Attal.

Macron a choisi les dates de la présidentielle pour le 18 avril et le 2 mai, ce qui inquiète Retailleau (LR) et Royal (PS) en raison de la proximité avec le 1er mai.


#Représailles #Jumelles #JogaBonito #Litote #Mordor
Chez Pol n°1753 - Réservé aux abonnés Libé

Bonjour, nous sommes le 1er juillet et c'est le bon jour pour préparer sa sortie.

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Tintin rentre chez lui. Photo Manon Cruz. AFP (2026)

FAIT MAISON Bregeon sera punie par Renaissance pour son soutien à Philippe

AU COMPTOIR Braun-Pivet déçoit tout le monde, Bayrou a enfin trouvé son candidat pour 2027 et Ruffin sur les traces de Franck Dubosc (et de Fabien Roussel)

LE MOT «Tutrice»

VOST Retailleau et Royal alertent sur le calendrier de la présidentielle

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Macron et la tournée du Grand Duc

L'ADDITION Jouons avec le PS

PARTIR UN JOUR SANS RETOUR • En ralliant Édouard Philippe pour la présidentielle (dont on connaît enfin les dates, au fait) et non Gabriel Attal, le candidat de son parti, Maud Bregeon s'est semble-t-il coupée de ses origines purement macronistes. Selon nos infos confirmant celles de Politico, la porte-parole du gouvernement et députée Renaissance des Hauts-de-Seine depuis 2022 ne serait pas réinvestie par le parti macrono-attaliste aux prochaines législatives. «Il y a des processus de décision collectifs, il faut a minima les respecter pour espérer être soutenu par le parti en retour», justifie un ponte de Renaissance, ajoutant : «Quand on s'assoit sur les règles du parti, il ne faut pas être étonné que le parti réagisse.» «C'est normal qu'on défende nos intérêts, abonde un second cadre. Le parti a décidé d'un candidat. Elle fait un autre choix, très bien. Ce n'est pas un choix sans conséquence.» Les représailles sont immédiates et ont été préparées en amont : un remplaçant lui aurait même déjà été trouvé. Il faut dire que le changement de crémerie de cette proche de Gérald Darmanin était écrit. Même en cas de défaite (ou d'abandon) d'Attal à la présidentielle et d'accord législatif avec un autre camp, Bregeon et tout autre macroniste qui l'imiterait devraient se débrouiller pour leur investiture. «Nous n'apporterons pas notre soutien à ceux qui se seraient affranchis des décisions collectives du parti», prévient notre première source. Avis aux amateurs... comme Mathieu Lefèvre. Cet autre darmaniste convaincu, député Renaissance depuis 2022 et ministre (Transition écologique) de Sébastien Lecornu, annonce sur TF1 ce matin qu'il sera lui aussi présent au grand meeting du maire du Havre dimanche, ce qui vaut «bien sûr» soutien pour la présidentielle. E.B. et Sy. C.

Image d'archives. Photo Ludovic Marin. AFP (2024)

EFFACER NOTRE AMOUR • Pour Bregeon, la rupture sonne comme un symbole de la fin de cycle du macronisme : militante et ex-candidate aux municipales mais illustre inconnue, l'ingénieure spécialiste du nucléaire chez EDF avait été nommée porte-parole du parti alors nommé LREM (souvenirs-souvenirs) en 2020, en même temps que Prisca Thévenot. Deux «nouvelles stars» venues de la société civile, sélectionnées sur CV après appel à candidatures. Des fausses jumelles : aujourd'hui, la seconde est aussi députée, ex-porte-parole du gouvernement mais l'une des principales lieutenantes d'Attal. Et dans le camp de ce dernier, on est particulièrement sévère avec la néo-philippiste : «Son timing est incompréhensible et malaisant. On ne l'a pas entendue de la canicule. J'ai passé mon week-end à écouter les pompiers me parler des morts à cause de la chaleur et là elle fait une interview pour dire qu'elle soutient Philippe...» Ceci étant dit, le dérèglement climatique risque d'offrir d'autres télescopages de ce genre. E.B. et Sy. C.

PERSONNE N'Y COMPREND RIEN • Les adeptes du beau jeu ont été servis mais une telle équipe ne pouvait pas décevoir. On veut bien évidemment parler des verts, évidemment les meilleurs en matière de joga bonito politique. Marine Tondelier a lancé ce matin et jusqu'au 6 juillet une consultation des militants pour acter qu'en cas d'échec de la primaire, la campagne des Écologistes se poursuivra autour de sa candidature. Mais hier soir, à quelques heures de l'ouverture de la consultation, un conseil fédéral extraordinaire s'est tenu pour contester plusieurs points de cette consultation. Vous avez déjà mal à la tête comme si vous étiez un défenseur suédois ? C'est normal. La discussion a été plutôt fluide mais un point de la consultation a posé particulièrement problème : le vote nominal des militants, voulu par la direction mais rejeté par une partie des verts. Il ne faudrait tout de même pas voter avec quelqu'un qui zieute par-dessus son épaule. Finalement, le conseil statuaire a indiqué que le vote secret était possible. Et tout ça pour quoi, nous direz-vous ? Eh bien pour pas grand-chose à vrai dire. En effet, le conseil statuaire des écolos a déjà acté que la consultation lancée par Tondelier n'en était pas vraiment une. Dans une délibération du 23 juin : 1) il estime que «la consultation annoncée est irrégulière faute de base légale émanant du Conseil fédéral» et 2) il «requalifie ladite consultation en "enquête d'opinion interne" à caractère purement indicatif». Autrement dit, le vote lancé ce matin ne pourra pas s'imposer aux instances délibératives des verts mais servira uniquement de document de travail. Tout ça pour ça. Sy. C.

MESSAGE À CARACTÈRE DÉCEPTIF • Quel est le comble pour un consensus ? De faire l'unanimité contre lui-même. Ce n'est pas tout à fait le cas de la réforme du règlement de l'Assemblée proposée par Yaël Braun-Pivet, mais pas loin. La présidente de la chambre basse n'a retenu que quelques mesures, pas primordiales mais approuvées par tous, pour s'assurer que son texte serait adopté. Résultat : personne ne s'y oppose, certes, mais personne ne trouve ça fou non plus. Devant la presse hier, le député MoDem Erwan Balanant, très impliqué sur le sujet, a fait part de toute sa frustration devant cette réforme «a minima» après des mois de travail transpartisan et d'innombrables réunions. «On n'avance pas beaucoup, en fait. C'est dommage […]. On est sur quelque chose qui a peut-être un petit caractère déceptif», a critiqué le centriste avec une certaine maîtrise de l'art subtil de la litote. Le ton était, comme toujours, encore plus offensif côté LFI : «Le fait d'avoir choisi une méthode où, par absence de consensus, on enlève beaucoup de choses, fait qu'il n'y a quasiment plus rien d'intéressant dans cette réforme», a aussi cartonné la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot.

On ne s'attendait à rien et on est quand même déçus. Photo Kenzo Tribouillard. AFP (2026)

ÉNIÈME HOMME PROVIDENTIEL • «Les gens de notre sensibilité, surtout ceux qui ne font pas de politique, ne sont ni pour Philippe ni pour Attal. Philippe ne touche pas les gens et Attal n'a pas l'expérience nécessaire.» Lors de la Fête de la démocratie de Jean-Noël Barrot ce week-end, François Bayrou a rhabillé pour l'été les deux principaux prétendants du «bloc central», comme le rapporte le Canard enchaîné. Et alors que bruisse l'idée que le Palois pourrait soutenir François Hollande le moment venu, il a dressé, hier sur LCI, le portrait de son candidat idéal. Et il a un nom et un visage : Thierry Breton. Même s'il apprécie Jean Castex - qui «a l'expérience et un style particulier» -, c'est bien l'ex-Commissaire européen que l'éphémère Premier ministre aimerait voir à l'Élysée. «Il a quelque chose que personne d'autre n'a et qui est incroyablement significatif, a développé Bayrou. Il est le seul responsable politique en Europe qui ait résisté à Trump et Poutine.» Et de poursuivre l'hagiographie de l'ancien pédégé d'Atos et de France Telecom et ex-ministre de Chirac : «Il a eu la responsabilité du renforcement des armées en Europe, a été à la tête d'une machine diplomatique et commerciale de résistance à la Chine. Il est capable de rassembler large et a la reconnaissance d'une partie de la gauche.» Ce qui reste à prouver.

SABLE RUFFIN • Si les Bleus poursuivent leur parcours à la Coupe du monde, les Italiens eux sont déjà en vacances. Et peut-être même au camping pour certains. Ce qui leur ferait un point commun avec le patron des cocos Fabien Roussel, qui y passe régulièrement ses congés. Mais aussi avec François Ruffin. Le député-reporter-réalisateur se rendra le 8 juillet près de la dune du Pilat au célèbre camping des Flots Bleus, immortalisé par le film Camping avec Franck Dubosc et détruit par un incendie en 2022. Le candidat à la présidentielle y échangera avec le réal' du film, Fabien Onteniente, et la directrice du camping. «Camping, c'est un vrai film de gauche. C’est l'histoire d’un chirurgien plein de préjugés qui arrive dans un camping et qui finit par s’intégrer à la sociabilité populaire», appuie auprès de l'AFP l'initiateur du Nouveau front populaire et ex-insoumis, à propos de ce carton du box-office qui a engendré deux suites.

ET SINON ••• Pendant que la France éparpillait hier soir la Suède, les socialistes se déchiraient et actaient leurs désaccords sur la stratégie présidentielle. C'est désormais aux militants roses de trancher, le 9 juillet, entre une primaire PS-Place publique ouverte à tous avec une participation fixée à 2€ et une désignation interne limitée aux seuls membres à jours de cotisation du PS et de Place publique.

Dans une semaine, telles les troupes du Mordor, les militants RN sauront. Marine Le Pen sera-t-elle condamnée en appel et frappée d'inéligibilité ? Si ce scénario devait advenir, le candidat d'extrême droite et donc potentiel Président serait Jordan Bardella. Mais la fille de Jean-Marie Le Pen ne serait pas mise à la retraite pour autant dans le nouveau pouvoir. «Elle aurait évidemment un rôle. Elle sera une tutrice», avançait sur France info hier soir le député RN Philippe Ballard. Le locataire de l'Élysée pourrait donc être placé sous tutelle ? Voilà une façon intéressante d'envisager la campagne qui s'annonce. Ballard a alors tenté de se raccrocher aux branches, demandant à la journaliste du service public de «comprendre le mot tel [qu'il l'a] employé». Ah oui, on aimerait bien parce que selon le Larousse, une tutrice est une personne qui exerce une tutelle. Et une tutelle, c'est un «régime de protection de la personne et des biens des mineurs et des incapables majeurs, qu'il importe de représenter dans les actes de la vie civile». Ballard a donc finalement nuancé : «Si Bardella est élu président de la République, évidemment que Marine Le Pen sera une figure - enfin, vous la connaissez depuis de nombreuses années - dans la vie politique française. On ne peut pas gommer une personne comme elle.» Cela signifie donc que les deux se parleront et que Bardella écoutera. Parce que voyez-vous, «un Président qui n'écoute personne, on en a un en ce moment à l'Élysée et on voit où ça a mené la France». Trop tard, le mal était fait. Manuel Bompard a notamment sauté sur l'occasion. «Bardella n’est tellement pas au niveau que, selon ce député du RN, il aurait besoin d’une tutrice, a commenté le coordinateur de LFI. Et il y a des gens qui pensent qu’il peut être Président ?»

Bruno Retailleau. Photo Xose Bouzas. Hans Lucas via AFP (2026)

Veillée d'armes

Emmanuel Macron avait le choix dans la date : organiser la prochaine présidentielle les 11 et 25 avril ou le 18 avril et le 2 mai. Il a tranché pour la seconde option, qui sera officialisée ce matin en conseil des ministres, avec un 2d tour qui tombe pendant les vacances scolaires et, surtout, au lendemain du 1er mai. Un contexte ultra-politique alors que la campagne officielle aura pris fin la veille au soir à minuit. Et c'est ce point qui chagrine sérieusement Bruno Retailleau. Le candidat de LR estime que «ce choix n'est pas neutre».

«Je m'inscris totalement contre ce choix-là qui n'est pas normal, dit-il sur Europe 1. Le 1er mai, ça sera le samedi. Qu'on ne me fasse pas croire que dans les cortèges, les prises de position, il n'y aura aucun écho politique. Il y a peu de 1er mai qui se passent calmement. Vous imaginez ? La veille d'un 2d tour ?» Pour le très droitier Vendéen, c'est évidemment la faute à Macron et à la gauche. «Une fois de plus, le gouvernement a obtempéré», fustige l'ex-ministre de l'Intérieur, qui enfonce : «Le choix du gouvernement, c'est le choix de la gauche parce que la gauche pense que le 2d tour après le 1er mai, ça l'avantagera.» Encore faut-il que la gauche soit au 2d tour. Ce qui, aujourd'hui, est loin d'être joué.

Ségolène Royal, qui rêve d'être à nouveau candidate, est bien d'accord avec le chef de LR, mais pour des raisons inverses. «Ce n'est pas responsable», dénonce-t-elle, estimant, à l'opposé de Retailleau, que ces dates pourraient désavantager la gauche «s'il y a du chaos et des provocateurs dans les manifestations du 1er mai». Et Royal de conclure : «Ce besoin de sérénité dans une élection forcément tendue, n'est pas compatible avec les manifestations du 1er mai. Le conseil des ministres qui doit en décider ce matin doit revoir cette date ou expliquer ce choix insuffisamment réfléchi.»

• Élysée, 10h Avant de recevoir le Grand Duc Guillaume de Luxembourg puis Antonio José Seguro, le nouveau président portugais, Macron préside un conseil des ministres lors duquel sera officialisé le calendrier électoral 2027.

• Assemblée, dès 14h C'est parti pour la copieuse session extraordinaire du Parlement. Les députés la débutent par les traditionnelles questions au gouvernement avant de se prononcer sur les conclusions de la commission mixte paritaire sur le projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030.

On termine avec notre jeu du jour. Où le PS a-t-il présenté hier son programme présidentiel ?

• À côté de l'Élysée
• À côté des Invalides
• À côté du siège de LFI
• À côté de la Recyclerie
• À côté du Cirque d'hiver
• À côté de la Comédie française
 

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 


Alors là, bravo.

Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. En effet, selon le député RN Jean-Philippe Tanguy, «le bardellisme ne peut pas exister parce que c'est du marinisme». Et non parce que «c'est du grand n’importe quoi». Cela dit, l'un n'empêche pas l'autre.

Sur ce, bonne journée👋. Et à demain sur les routes de l'info.

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