Wauquiez a la mémoire qui flanche facilement. Il n'est ainsi pas rare de voir le patron des députés LR se contredire tout seul dans la même interview. Alors imaginez à quelques mois d'intervalle. En tendant la main à Philippe, le chantre du bullshit médiatique a ainsi jeté à la poubelle tous ses engagements pris durant la campagne interne pour la présidence de LR, l'an dernier face à Bruno Retailleau.
Il fallait alors s'opposer au ministre de l'Intérieur d'Emmanuel Macron et vilipender tout rapprochement avec la macronie ou ses supplétifs. En mai 2025, sur le plateau de CNEWS, Wauquiez pointait ainsi «le risque» d'une alliance entre LR et Philippe. Et il estimait que, sur ce point, Retailleau n'était pas très clair. «En tout cas, pour moi et avec moi, ce ne sera jamais le cas et je n’en veux pas, assurait-il. Ma réponse, elle est d’une clarté totale. Il n’y a pas d’ambiguïté.» Eh bien apparemment, la clarté de Wauquiez a une date de péremption. Et depuis les annonces d'hier, les partisans de Retailleau diffusent à l'envi cet extrait.
Cette promesse de Wauquiez n'était pas une sortie isolée, balancée comme ça sans réfléchir et que l'on regrette, une fois l'euphorie passée. Le 14 mai, sur France 2, il jugeait durement Philippe, faisant d'Horizons du «macronisme sans Macron». L'ancien président du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes dressait un bilan peu amène de l'ex-Premier ministre : «C'est lui qui a fait les 80 km/h, qui a fermé Fessenheim, qui a capitulé à Notre-Dame-des-Landes, qui a augmenté la CSG sur les retraités… Quand il était Premier ministre, le déficit a explosé. C'est la première fois où il a été aussi grave. Bah moi, ce ne sont pas mes convictions.» Un inventaire peu chatoyant pour l'homme de droite qu'est Wauquiez, dégoûté à l'époque par le chemin proposé par Philippe avec «un peu de gauche, un peu de centre, un peu de droite, beaucoup de rien du tout».
Deux jours plus tard, sur LCI cette fois, il expliquait pourquoi il ne croyait pas au projet de Philippe. «C'est la même chose que ce qui nous a mené dans le mur au cours de ces 10 dernières années, assénait-il pour critiquer la présence de son adversaire Retailleau au gouvernement. [...] Si le président de notre famille politique est dans un gouvernement avec la macronie, eh bien on nous expliquera que c'est tout naturel qu'en 2027, on soutienne Philippe. Moi je le dis, je ne ferai pas la béquille d’un projet du macronisme sans Macron.» La béquille, non, mais le marchepied, pourquoi pas ? Bigre, et il s'en est passé des choses en un an.
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