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CHEZ POL 21 JUILLET







Là où le Tour passe, le RN se tasse

#Éléphant #Danger #Déni #Bicyclette #Croisade
Chez Pol n°1766 - Réservé aux abonnés Libé



Bonjour, nous sommes le 21 juillet et c'est le bon jour pour couper court.

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Une future ex-ministre ? Photo Quentin de Groeve. Hans Lucas. AFP (2026)

FAIT MAISON Habemus accord au PS

AU COMPTOIR Cette ministre veut démissionner après le vote d'un texte anti-écolo grâce aux voix d'extrême droite (ce dont se défend le gouvernement) ; le Tour de France permet de lutter contre le RN

YOUPOL La laïcité pour les Chenuls

BO BO BONUS IAttention

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Rush au Parlement avant les vacances

L'ADDITION Jouons avec les personnalités

TOUT ARRIVE • On vous annonçait hier matin la tenue EX-CEP-TION-NEL-LE d'un bureau national du PS dans la soirée - exceptionnelle parce que d’ordinaire, ce genre de petite sauterie a lieu le mardi, sinon pas de quoi se relever la nuit. Les socialistes se sont donc réunis pour discuter d'un éventuel accord pour les sénatoriales et miracle : habemus accord pour que le PS fasse listes communes avec les écolos et le PCF. De quoi redonner le sourire à la direction du parti, favorable à une telle union. «Cet accord devait être battu puisque les opposants à Olivier Faure sont en force au BN, souffle-t-on dans l'entourage du Premier secrétaire ce matin. Mais leurs tentatives de mise en minorité successives ont abouti à une explosion en vol. Ils ne voulaient pas passer pour ceux qui refusent l'union de la gauche.» Sy. C.  

BARBOUT ? • Monique Barbut ira-t-elle au bout de sa logique ? La ministre de la Transition écologique avait dit publiquement son opposition au projet de loi d'urgence agricole, notamment du fait de la réintroduction de 2 insecticides interdits en France, dont l’acétamipride. Malgré la division des voix de la coalition gouvernementale au cours d’une séance houleuse à l'Assemblée, le texte a finalement été adopté hier soir. Conséquence : Barbut serait prête à démissionner en guise de protestation contre cette mesure voulue par la droite sénatoriale et adoubée par Matignon. Une dém' est même «le scénario le plus probable», avance son entourage auprès de TF1, évoquant un désaccord avec Sébastien Lecornu «sur le fond comme sur la forme». D'après Politico, la ministre a carrément «annoncé» sa décision dès «hier au Premier ministre et à ses équipes» - contactés, Matignon et l'entourage de Barbut ne nous ont pas encore répondu. Mais la ministre a annulé un point presse prévu à la mi-journée. Si elle devait être remplacée, son ou sa successeur(e) serait le/la 9e ministre de l'écologie d'Emmanuel Macron en un peu plus de 9 ans au pouvoir. Soit une moyenne d'un par an. Il y a quelques semaines, Barbut avait assuré qu'elle n'hésiterait pas à claquer la porte si le budget de son ministère était raboté. Une hypothèse qui semblait écartée ce week-end, la même se félicitant d'avoir finalement «obtenu plusieurs arbitrages importants», notamment une hausse du fonds vert de 163 millions € par rapport à l'an dernier (mais en baisse de 60% par rapport à 2024). C'est finalement l'autre éléphant dans la pièce qui aura cassé la vaisselle gouvernementale.

Maud Bregeon et Monique Barbut. Photo Magali Cohen. Hans Lucas via AFP (2026)

DÉJÀ VU • Mais si elle était isolée au gouvernement sur le texte d'urgence agricole, notamment face à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard (qui ne lui a pas demandé de ne pas démissionner, sur France Inter ce matin), Barbut est très loin de l'être dans le «socle commun». Parmi les groupes de la coalition au pouvoir, il a manqué 55 voix (29 pour et 26 abstentions) lors du vote d'hier soir. On compte 15 contre et 16 abstentions chez les macrono-attalistes d'EPR, 11 et 6 du côté du MoDem et même 3 et 4 dans les rangs Horizons. On peut même ajouter 4 contre et 11 abstentions venus des indépendants de Liot, qui sont plus ou moins des soutiens du gouvernement. Sans surprise, les groupes LR, RN et UDR d'Éric Ciotti se sont exprimés en faveur du texte. Sachant que le projet de loi a été adopté par 296 voix pour et 224 contre, 37 suffrages contre supplémentaires auraient conduit à son rejet. C'est donc encore une fois grâce à une alliance des voix de la droite et de l'extrême droite que l'exécutif a fait passer un texte pas exactement progressiste sur la question environnementale. Toujours aussi ~surprenant~ de la part d'un Président élu 2 fois pour faire barrage au RN et qui clamait vouloir «make our planet great again». Indéfectible macroniste, le député Pieyre-Alexandre Anglade a sans doute résumé le sentiment des siens en revendiquant sur X son opposition et «regrett[ant] l’adoption ce texte qui met en danger notre biodiversité au nom d’une vision court-termiste pour notre agriculture».

NI RESPONSABLE NI COUPABLE • Sans confirmer cette possible démission de Barbut, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon s'est montrée fort sceptique à ce sujet, sur France 2 ce matin. «Qu'on démissionne sur un arbitrage gouvernemental qu'on perd, on peut en débattre ; sur un vote au Parlement qui ne va pas dans notre sens, c'est à mon avis un peu plus complexe», a estimé la macrono-philippiste. Eh oui car, a-t-elle martelé, la dérogation sur l'acétamipride n'est vraiment pas la faute de l'exécutif. «Le gouvernement n'a jamais souhaité l'introduction de cette mesure, elle n'était pas dans le texte initial, elle n'était pas proposée par le gouvernement et elle n'a pas été introduite avec l'avis favorable du gouvernement.» Noooon, le gouvernement ne s'y est juste pas opposé alors qu'il aurait pu, en déposant lui-même ou en soutenant l'un des amendements de suppression de cette mesure portés par certains de ses députés, hier soir - ce que Lecornu a refusé de faire après avoir réuni les présidents de groupes de sa coalition dans l'après-midi. Bregeon se réfugie derrière l'idée que tenter de supprimer cet article aurait été «un manque de respect du Parlement» après l'accord en commission mixte paritaire. Et c'est vrai que ce n'est absolument pas le genre des gouvernements de Macron que de manquer de respect au Parlement…

Le gouvernement.

IRRESPONSABLE ET COUPABLE • Ex-ministre de la Transition écologique, mais aussi déléguée à l'Agriculture, Agnès Pannier-Runacher ne partage clairement pas l'analyse de Bregeon. Redevenue simple députée, elle s'est abstenue sur le projet de loi d'urgence agricole, un choix qu'elle justifie sur France Info par le «passage en force du gouvernement sur la réintroduction des néonicotinoïdes». Le ton monte même d'un cran. Elle accuse Lecornu de «déni de démocratie» et d'être «sous la tutelle de la majorité LR du Sénat». «C'est un indice d'impuissance», dézingue-t-elle encore, visiblement remontée contre ce nouveau recul environnemental, qu'elle juge en totale contradiction avec les engagements du Premier ministre aux agriculteurs. Sans pour autant conseiller à Barbut de rester ou de démissionner, l'ancienne ministre prévient également que ce «type de passage en force est inquiétant» et «donne le sentiment» que tout le bilan macroniste en matière d'écologie part petit à petit à la poubelle verte.

DOPAGE RÉPUBLICAIN • Comment faire baisser le RN, alors qu'il ne cesse de progresser d'élection en élection ? La question obsède tous ses opposants, sans qu'aucun, ni à droite ni à gauche, n'ait trouvé la formule magique. Mais une étude relevée par Paul Cébille, rédacteur en chef d'Hexagone (un observatoire qui se donne pour mission de «compendre la France grâce aux chiffres»), apporte un élément de réponse aussi inattendu que d'actualité : le Tour de France. Selon cette étude de 2025, les communes traversées par les coureurs de la Grande Boucle verraient le vote RN reculer légèrement. Rien de spectaculaire mais la baisse est bien là : en 2022, on parle de -1,3 point pour l'extrême droite à la présidentielle et -1,7 aux législatives dans les villes où la caravane a distribué ses goodies et où Tadej Pogačar a fait traîner sa bicyclette. C'est toujours ça de pris mais ça ne semble pas suffisant pour inverser la tendance d'une extrême droite de plus en plus implantée.

La laïcité pour les Chenuls

Les historiens du futur, s'ils peuvent vivre, auront sûrement plein d'interrogations sur notre civilisation. Entre les canicules à répétition et les bombardements tout aussi nombreux entre les États-Unis et l'Iran, cet été 2026 n'est pas des plus apaisés. Mais pour certains, cela passe après d'autres sujets. Le RN est ainsi totalement concentré sur… le voile. Une manière pour l'extrême droite de démontrer que même si le monde court à sa perte, elle n'en oublie pas ses fondamentaux. S'il arrive au pouvoir l'an prochain, le parti présidé par Jordan Bardella veut ainsi organiser un référendum sur l'interdiction du port du voile, vieille antienne du RN. Hier sur TF1, le vice-président lepéniste de l'Assemblée, Sébastien Chenu, a réaffirmé que l'objectif est «qu'on ne voit plus le voile symbole de l'islamisme dans notre pays». Une position en contradiction totale avec le principe de laïcité qui garantit la liberté de conscience à tous - on rappelle pour ceux du fond qui n'ont pas écouté depuis 1905 que c'est l'État qui est laïc, pas les gens. Mais peu importe pour le RN donc, qui repart en croisade. Et à ce petit jeu, Chenu n'est pas le combattant le moins zélé. Sur BFMTV hier soir, l'élu du Nord en a remis une couche, avec une analogie historique légèrement dangereuse quand on appartient à un parti fondé par d'anciens SS. «On va définir ce qu'est l'islamisme, ce qui le caractérise, commence-t-il. Vous savez, on sait définir des idéologies. On l'a défini et on n'a pas le droit de se revendiquer du nazisme. Par exemple, vous n'avez pas le droit d'afficher une croix gammée.» Il aurait fallu prévenir cette candidate RN aux dernières législatives, dites. Mais attention, Chenu assure ne «jamais» faire un parallèle entre le voile et la croix gammée - c'est pourtant exactement ce qu'il fait. Il poursuit : «Je ne mets pas un signe égal. Ce sont deux idéologies mortifères, différentes, qui sont des dangers. Nous les éprouvons ici sur notre sol.» Heureusement qu'il ne fait pas de parallèle, qu'est-ce que ça serait sinon. 

I-A pas moyen

On réfléchit depuis pas mal de temps à la création d'une rubrique sur l'intelligence artificielle et les errements qu'elle peut provoquer chez les politiques. En voici un bel exemple avec Julie Garnier, oratrice nationale de LFI, qui a pris ses rêves pour la réalité (la photo ci-dessous a été générée par IA)

• Sénat, dès 11h Grosse journée au Parlement pour évacuer les derniers sujets et partir en vacances. Ça commence par l'audition de François-Noël Buffet par la commission des Lois (11h), dont la nomination comme Défenseur des droits fait polémique. Puis l'après-midi sera consacrée à plusieurs votes : celui sur la proposition de loi relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel ; puis on se dirige vers l'adoption définitive de la proposition de loi pour une montagne vivante et souveraine ; et enfin l'ultime scrutin sur le projet de loi d'urgence agricole.

• Assemblée, après-midi La chambre basse n'est pas en reste. Tout d'abord, la commission des Lois se dote d'un nouveau président après le départ de Florent Boudié. Ensuite, les députés doivent voter définitivement l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans avant de valider le projet de loi sur la protection des enfants et celui baptisé Ripost sur les troubles à l'ordre public.

• Et aussi Macron se déplace à 11h au centre d'appui de l'enfance Astérya, «pionnier pour les soins des enfants confiés à l'aide sociale à l'enfance» ; 3e réunion du comité de liaison du «bloc central» ; et Olivier Faure passe son grand oral au Village du Off du Festival d'Avignon.

On termine avec notre jeu du jour. Quelle personnalité a été entendue à huis clos, hier, par l'Assemblée nationale ?

• Inoxtag
• Squeezie
• Tibo Inshape
• Barbara Butch
• Zinédine Zidane
• Didier Deschamps
 

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 

Mais oui ! 



Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. En effet, la mairie RN d'Orange a décidé d'annuler un concert hommage à Queen par 1000 choristes amateurs pour des raisons financières. Amusant, l'extrême droite est moins regardante sur l'argent public quand il s'agit de payer le garde du corps de Le Pen.

Sur ce, bonne journée 👋. Et à demain sur les routes de l'info.





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