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CHEZ POL 22 JUILLET

 


Le 2d mandat Macron n'existe pas, la preuve !


#Bertha #Chelou #Bombinette #Caravane #Aigle
Chez Pol n°1767 - Réservé aux abonnés Libé



Bonjour, nous sommes le 22 juillet et c'est le bon jour pour être au top.

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Dans la cour des grands. Photo Albert Facelly. Libération (2026)

FAIT MAISON Villepin le jure : il n'est pas en train de rééditer 2012

AU COMPTOIR Barbut nous offre la démission la plus cheloue jamais vue ; Lecornu remet les pendules à l'Eure ; et c'est aussi rare que la gauche au pouvoir : LFI reconnaît une erreur

PASSION ARCHIVES Tous ces reculs environnementaux entérinés depuis 2022

LE MOT «Circaète»

VOST Cette com'pol qui nous fait chien

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Presque le dernier conseil des ministres avant les vacances

L'ADDITION Jouons avec les métiers

DU VILLEPIN SUR LA PLANCHE • Vouloir être candidat à la présidentielle, c'est bien, ils sont pléthore à nourrir cette ambition démesurée. Pouvoir l'être, c'est mieux. Pour être sur la ligne de départ, il faut deux choses : des sous et des parrainages. Et pour Dominique de Villepin, qui a déjà entamé sa campagne sur le terrain sans pour autant se déclarer officiellement, ce sont justement les signatures qui font pour l'instant défaut. «Aux derniers pointages de ses équipes, il n'aurait réussi à rassembler qu'entre 220 et 240 promesses de signature», révèle le Canard enchaîné. On est donc encore loin des 500 paraphes nécessaires pour concourir à l'Élysée, ce qui lui avait déjà manqué en 2012. Mais dans l'entourage de l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac, on assure n'avoir «aucune inquiétude» ni «aucune pression» sur ce sujet et on juge même ce chiffre «plutôt positif» : «On est largement au-dessus de la moyenne, même Raphaël Glucksmann n'en est pas encore là.» Le camp Villepin mise aussi sur son passage dans Objectif 2027 sur TF1 et LCI en septembre pour l'aider à décoller et motiver les élus locaux. Début juillet, alors que le compteur oscillait entre 150 et 180 promesses, ce même entourage se voulait déjà rassurant : «On n'a pas encore envoyé la grosse Bertha.» Ces difficultés à décrocher les précieux sésames pourraient toutefois expliquer en partie la prudence de Villepin, qui se garde bien de sauter le pas officiellement. Elles expliquent aussi sa petite musique du moment qui consiste à appeler «au rassemblement» tout en distillant, dans ses dernières interviews, l'idée qu'il pourrait finalement renoncer pour éviter «le pire» c'est-à-dire un affrontement final entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. S.T.

Vu au téléphone. Photo Joel Saget. AFP (2026)

BARBUT D'ANTHOLOGIE • On est sans doute sur la démission ministérielle la plus cheloue jamais vue. Et pourtant, on a connu Nicolas Hulot se barrant sans prévenir sur France Inter, ou Marlène Schiappa annonçant qu'elle n'était plus ministre en live sur BFMTV. Le «scénario le plus probable», vendu en off par l'entourage de Monique Barbut depuis plus de 24h (déjà pas banal), se concrétise donc de manière fort surprenante ce matin : ce n'est ni de vive voix ni par communiqué officiel, mais dans un post Linkedin (oui) que la ministre de la Transition écologique confirme qu'elle compte «présenter sa démission au Président aujourd'hui», après avoir «annoncé hier» son intention «au Premier ministre». Après tout, de nos jours, les gouvernements sont parfois annoncés par simple communiqué sans présentation sur le perron du Château par le secrétaire général de l'Élysée... Mais attention : Emmanuel Macron peut encore refuser qu'elle parte. Or, malgré tous ses désaccords et en particulier le dernier sur l'acétamipride, Barbut est prête à rester si le Président parvient à la convaincre, comme elle l'a confié en petit comité ces dernières heures : «Si ma décision est acceptée, je pars. Si ma démission est refusée, ça dépendra de ce qui est dit, et comment c’est dit.» Et sachant que le principal superpouvoir du chef de l'État est de séduire ses interlocuteurs et les convaincre de faire ce qu'il leur demande...

Une com'pol aussi ubuesque que cette photo. Photo Gaizka Iroz. AFP (2026)

IL ATTEND SON EURE • Sébastien Lecornu creuserait-il son petit sillon en vue de 2027, prêt à enfiler la cape de sauveur le costume de candidat ? Les rumeurs se sont dernièrement ré-intensifiées sur le «recours» que le Premier ministre pourrait représenter pour le «bloc central» si Gabriel Attal et Édouard Philippe ne s'imposaient pas, avec qui plus est la petite musique sur la préférence qu'aurait Macron pour son fidèle moine-soldat. Lecornu a pourtant toujours contesté toute ambition élyséenne, ce qu'il fait derechef dans une interview-photo à Paris Match - un move de... présidentiable. À la question «si on vous dit ''27'', vous pensez à quoi ?», le PM répond par une habile référence à son département d'élection : «À l’Eure.» Il jure encore, comme pour mieux se distancier de la meute des candidats : «Je ne me mêle pas de l'élection présidentielle. En revanche, je demande en retour aux candidats à la présidentielle de ne pas entraver l’action du gouvernement.» Mais personne n'est obligé de le croire.

C'EST POUR VOTRE BIEN • D'ailleurs, dans la même interview, Lecornu détaille les réformes structurelles qu'il faudrait mener, évoque la planification et la «confiance qu'il faut reconstruire» avec «les Français»… Bref, des mots de candidat. Il parle aussi du Budget qui - joie, bonheur - reviendra dès la rentrée et qui «sera un moment de vérité pour les candidats à la présidentielle». «Chacun devra sortir des slogans et assumer ses choix, prévient le PM. Bas les masques.» Se projetant sur le début du prochain quinquennat, Lecornu anticipe un premier «véritable budget» seulement «en septembre ou en octobre 2027». Si la prochaine loi de Finances n'est pas votée, «le Président élu aurait alors déjà perdu l’essentiel de sa première année avant même d’avoir pu commencer à appliquer son programme», alerte-t-il en ne pensant évidemment pas du tout à lui-même. Il poursuit : «Le prochain Président a intérêt à commencer son mandat sur une base budgétaire qu’il pourra modifier pour lui permettre de tenir ses engagements.» D'où cette mise en garde, presque une imploration : «Les candidats qui chercheraient à empêcher tout Budget à l’automne prendraient la responsabilité de condamner leur propre première année de quinquennat.»

Ne faites pas les cons - et moi le premier ! Photo Dimitar Dilkoff. AFP (2026)

SANS SUITE MAIS À SUIVRE • C'était prévisible, c'est désormais officiel : la pétition «Contre la présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre» ne fera pas l'objet d'un débat dans l'hémicycle de l'Assemblée. Malgré plus de 700 000 signatures, la pétition a été classée hier soir par la commission des Lois, par 35 voix contre 21, comme le rapporte LCP. «Scandale démocratique», a fustigé le député LFI et rapporteur du texte, Ugo Bernalicis, qui ajoute : «Le RN et la macronie viennent de rejeter la pétition. [...] Leur message est clair : peu importe l'ampleur de la mobilisation citoyenne, ils refusent d'entendre la voix de centaines de milliers de citoyens.» Mais, prévient l'insoumis, «le bras de fer ne fait que commencer».

MINI CULPA • Improbable mais vrai : le camp LFI a reconnu une petite erreur ce matin. Cela s'est passé sur BFMTV. Mathilde Panot, la cheffe des députés LFI, a admis que le tract diffusé par son camp contre la venue de l'artiste Barbara Butch à Grenoble était «mauvais». C'est peut-être un détail pour vous mais pour les observateurs de LFI, ça veut dire beaucoup. Sur ce flyer, distribué dès la mi-juillet, le mouvement ciblait la DJ, posée devant un drapeau LGBT floqué d'une étoile de David et taché de sang. Et ce message : «Barbara Butch censure la voix palestinienne. Mairie complice.» Les insoumis reprochaient à l'artiste d'avoir signé une tribune de défense de la loi Yadan et d'avoir joué dans les jardins de l’ambassade de France à Tel-Aviv. Et samedi, le concert de l'artiste, cible d'insultes et de jets de projectiles, a finalement été interrompu au bout de quelques minutes. Un tract «mauvais» pour Panot, donc, «mais il n'y a pas d'antisémitisme» car le drapeau affiché est celui de la Pride de Tel-Aviv. L'élue LFI avance un autre argument pour rejeter tout soupçon d'antisémitisme contre BB : LFI a largement soutenu l'artiste queer quand elle avait fait l'objet d'un «harcèlement en ligne absolument ignoble de la part de l'extrême droite au moment des Jeux olympiques» de Paris 2024. La dernière fois que les insoumis avaient reconnu une erreur sur un document de com' controversé, c'était pour l'affiche dépeignant Cyril Hanouna avec les codes antisémites des années 30.

Allez les (billets) verts. Photo Simon Wohlfahrt. AFP (2026)

Des pas vertes et des ratures

«La politique que je mènerai dans les 5 ans à venir sera écologique ou ne sera pas.» Vous aussi, vous vous souvenez de cette promesse de campagne formulée par Macron depuis Marseille, en avril 2022. Cela avait bien commencé avec notamment la création d'un Secrétariat général à la planification écologique, sous la tutelle de Matignon. Et puis l'engagement a été remisé par Attal - nommé une semaine avant le début d'une large crise agricole. À peine installé à Matignon, l'ancien socialiste donnait des gages avec notamment, dès février 2024, la suspension du plan Écophyto 2030, qui visait à réduire de 50% l'usage de pesticides d'ici 2030. Les reculades ont été si nombreuses que France nature environnement, la fédé des assos de protection de la nature, a dénoncé une «déplanification écologique» sous Attal.

Tout cela s'est amplifié après la dissolution. Michel Barnier est resté quelques heures ou plus à Matignon mais il est néanmoins parvenu à poser sa marque en matière de politique anti-écolo. Jusqu'ici, le secrétaire général à la planification écologique, Antoine Pellion, était également le chef du pôle vert de Matignon. Une double-casquette qui lui permettait d'être très influent. Mais Barnier a mis fin à ce cumul de fonctions. Et ce n'est pas un détail. «Si le SGPE propose quelque chose et que le chef du pôle vert n’est pas aligné, ça ne passe pas», expliquait en juillet 2025 Marine Braud, ex-conseillère écolo du président de la République et de la Première ministre, Élisabeth Borne, à France 24. Barnier prévoyait aussi dans son Budget 2025 de grosses coupes budgétaires en matière écolo, avec par exemple le fonds vert amputé d'1,5 Mds € de crédits. Le Budget n'est pas passé. Barnier non plus d'ailleurs. Mais la suite n'a rien arrangé.

43 reculs en 6 mois

François Bayrou à Matignon ? Une catastrophe pour l'écologie. «Il a complètement sabré les avancées actées précédemment», estimait Anne Bringault, directrice des programmes du Réseau Action Climat, dans Reporterre. Et encore, on ne parle pas de l'amour immodéré du Palois pour l'avion ou de sa défense du chantier de l'A69. En juillet 2025, le réseau listait ainsi 43 reculs sur l’environnement depuis le début de l’année 2025, comme la coupe du budget Ma Prime Renov' de 1 Md €. 

La décision la plus symbolique aura été la loi Duplomb qui réautorisait l'usage de 3 néonicotinoïdes tueurs d'abeilles. La loi a finalement été en partie censurée, par le Conseil constitutionnel, «au regard des exigences de la charte de l’environnement», mais le sujet n'est pas enterré. Rebelote en effet avec le gouvernement Lecornu, bien décidé à réintroduire l'usage de certains pesticides dans le cadre de la loi d’urgence agricole, ce qui devrait entraîner la démission de Barbut et la désignation d’un(e) 9e ministre de l'Écologie depuis 2017… Qui aurait pu prédire que la parole du candidat Macron ne serait pas respectée ?

On a beaucoup aimé cette fulgurance d'Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), dans le Parisien ce matin : l'ancien journaliste décerne à Barbut, la ministre démissionnaire de la Transition écologique, le prix du «circaète d'or», du nom de cet «aigle chasseur de serpent qui raffole d’avaler des couleuvres», précise le quotidien. Il faut dire qu'avec tous les reculs environnementaux du second quinquennat Macron [voir Passion archives ⬆️], Barbut n'a que l'embarras des raisons de claquer sa dém'. Mais en dépit de cette dimension politique et de fond, l'ex-patronne de WWF France se voit aussi attaquée sur sa supposée fragilité personnelle, un état psychologique décrit comme instable dernièrement, ou un soi-disant manque de solidité pour affronter la dureté du monde politique... Barbut elle-même reconnaît un profil pas forcément adapté à la fonction, citée par le Figaro : «J’ai passé une grande partie de ma vie à l’international. Le microcosme politique français, je ne connais pas.» De là à dépolitiser son départ pour en faire un sujet personnel lié à ses failles humaines... Delphine Batho, virée du même poste par François Hollande en 2013 pour avoir critiqué la baisse du budget de son ministère, prend donc la défense de Barbut dans le Parisien, en remettant la politique au centre de la démission : «Chaque fois qu'un ministre démissionne, on en fait des tartines sur sa personnalité. La réalité, c'est qu'après Nicolas Hulot, c'est la 2e ministre de l'Environnement à jeter l'éponge en l'espace de deux quinquennats, suite à une nouvelle capitulation du gouvernement.»

Ras-le-pol

Depuis que Valéry Giscard d'Estaing a convié 30 millions d'amis à l'Élysée en 1978 pour communiquer sur la présence de chiens au Palais, les canidés présidentiels (majoritairement des labradors, pour info) sont devenus un élément récurrent de la geste élyséenne.

Le suivi de l'actu animalo-républicaine est nettement monté en intensité avec l'arrivée de Philae sous Hollande puis de Nemo aux côtés de Macron. Les bêtes humanisent les présidents. Ceux qui le sont ne s'y trompent pas, tout comme ceux qui veulent le devenir : on n'oublie pas les dobermans et les chats des Le Pen père et fille.

À tel point qu'aujourd'hui, même les Premiers ministres font allègrement leur com' sur leur amour pour leurs compagnons à 4 pattes et leur présence dans les lieux de pouvoir. Attal, pensant peut-être déjà à la présidentielle, avait ~officiellement~ présenté son chien Volta sur Instagram, sur les marches de Matignon en tenue du week-end. Aujourd'hui, c'est au tour de Lecornu. Le Premier ministre, qui a fait de sa discrétion médiatique une stratégie élaborée, se livre à une rarissime (et extrêmement longue) interview dans Paris Match. Deux photos accompagnent l'article et le chef du gouvernement y apparaît - évidemment - en compagnie de Tiga, qui le suit depuis le ministère des Armées. Lui aussi dans l'escalier du jardin primo-ministériel, mais en costard. Deux styles, deux ambiances.

Honnêtement ? On n'en peut plus de cet artifice daté, vu et revu depuis un demi-siècle. On se permet donc d'aboyer un bon coup avant le passage de la caravane des candidats en 2027 et leur cortège d'animaux de compagnie.

• Paris, dès 10h Signe que les vacances approchent à grands pas : Macron préside l'avant-dernier conseil des ministres avant la pause estivale. Avec un programme chargé : . un projet de loi et 

. un décret sur les ingérences étrangères, 

. un projet de loi sur la Nouvelle-Calédonie, 

. deux ordonnances relatives à Mayotte et Saint-Pierre-et-Miquelon mais aussi 

. un décret sur les agences régionales de Santé.

On termine avec notre jeu du jour. Quelle était la profession du nouveau maire de Gandrange, Quentin Bigot ?

• Trapéziste
• Haltérophile
• Dresseur d'ours
• Joueur de bolas
• Lanceur de marteau
• Chasseur d'éléphants
 

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 


Alors là, bravo.


Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. En effet, c'est bien Squeezie qui a été entendu lundi à l'Assemblée et non pas Zinédine Zidane, même si on a hâte de l'entendre. 

Sur ce, bonne journée 👋. Et à demain sur les routes de l'info.





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