| | BARBUT D'ANTHOLOGIE • On est sans doute sur la démission ministérielle la plus cheloue jamais vue. Et pourtant, on a connu Nicolas Hulot se barrant sans prévenir sur France Inter, ou Marlène Schiappa annonçant qu'elle n'était plus ministre en live sur BFMTV. Le «scénario le plus probable», vendu en off par l'entourage de Monique Barbut depuis plus de 24h (déjà pas banal), se concrétise donc de manière fort surprenante ce matin : ce n'est ni de vive voix ni par communiqué officiel, mais dans un post Linkedin (oui) que la ministre de la Transition écologique confirme qu'elle compte «présenter sa démission au Président aujourd'hui», après avoir «annoncé hier» son intention «au Premier ministre». Après tout, de nos jours, les gouvernements sont parfois annoncés par simple communiqué sans présentation sur le perron du Château par le secrétaire général de l'Élysée... Mais attention : Emmanuel Macron peut encore refuser qu'elle parte. Or, malgré tous ses désaccords et en particulier le dernier sur l'acétamipride, Barbut est prête à rester si le Président parvient à la convaincre, comme elle l'a confié en petit comité ces dernières heures : «Si ma décision est acceptée, je pars. Si ma démission est refusée, ça dépendra de ce qui est dit, et comment c’est dit.» Et sachant que le principal superpouvoir du chef de l'État est de séduire ses interlocuteurs et les convaincre de faire ce qu'il leur demande... | | Une com'pol aussi ubuesque que cette photo. Photo Gaizka Iroz. AFP (2026) | IL ATTEND SON EURE • Sébastien Lecornu creuserait-il son petit sillon en vue de 2027, prêt à enfiler la cape de sauveur le costume de candidat ? Les rumeurs se sont dernièrement ré-intensifiées sur le «recours» que le Premier ministre pourrait représenter pour le «bloc central» si Gabriel Attal et Édouard Philippe ne s'imposaient pas, avec qui plus est la petite musique sur la préférence qu'aurait Macron pour son fidèle moine-soldat. Lecornu a pourtant toujours contesté toute ambition élyséenne, ce qu'il fait derechef dans une interview-photo à Paris Match - un move de... présidentiable. À la question «si on vous dit ''27'', vous pensez à quoi ?», le PM répond par une habile référence à son département d'élection : «À l’Eure.» Il jure encore, comme pour mieux se distancier de la meute des candidats : «Je ne me mêle pas de l'élection présidentielle. En revanche, je demande en retour aux candidats à la présidentielle de ne pas entraver l’action du gouvernement.» Mais personne n'est obligé de le croire. | C'EST POUR VOTRE BIEN • D'ailleurs, dans la même interview, Lecornu détaille les réformes structurelles qu'il faudrait mener, évoque la planification et la «confiance qu'il faut reconstruire» avec «les Français»… Bref, des mots de candidat. Il parle aussi du Budget qui - joie, bonheur - reviendra dès la rentrée et qui «sera un moment de vérité pour les candidats à la présidentielle». «Chacun devra sortir des slogans et assumer ses choix, prévient le PM. Bas les masques.» Se projetant sur le début du prochain quinquennat, Lecornu anticipe un premier «véritable budget» seulement «en septembre ou en octobre 2027». Si la prochaine loi de Finances n'est pas votée, «le Président élu aurait alors déjà perdu l’essentiel de sa première année avant même d’avoir pu commencer à appliquer son programme», alerte-t-il en ne pensant évidemment pas du tout à lui-même. Il poursuit : «Le prochain Président a intérêt à commencer son mandat sur une base budgétaire qu’il pourra modifier pour lui permettre de tenir ses engagements.» D'où cette mise en garde, presque une imploration : «Les candidats qui chercheraient à empêcher tout Budget à l’automne prendraient la responsabilité de condamner leur propre première année de quinquennat.» | | Ne faites pas les cons - et moi le premier ! Photo Dimitar Dilkoff. AFP (2026) | SANS SUITE MAIS À SUIVRE • C'était prévisible, c'est désormais officiel : la pétition «Contre la présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre» ne fera pas l'objet d'un débat dans l'hémicycle de l'Assemblée. Malgré plus de 700 000 signatures, la pétition a été classée hier soir par la commission des Lois, par 35 voix contre 21, comme le rapporte LCP. «Scandale démocratique», a fustigé le député LFI et rapporteur du texte, Ugo Bernalicis, qui ajoute : «Le RN et la macronie viennent de rejeter la pétition. [...] Leur message est clair : peu importe l'ampleur de la mobilisation citoyenne, ils refusent d'entendre la voix de centaines de milliers de citoyens.» Mais, prévient l'insoumis, «le bras de fer ne fait que commencer». | MINI CULPA • Improbable mais vrai : le camp LFI a reconnu une petite erreur ce matin. Cela s'est passé sur BFMTV. Mathilde Panot, la cheffe des députés LFI, a admis que le tract diffusé par son camp contre la venue de l'artiste Barbara Butch à Grenoble était «mauvais». C'est peut-être un détail pour vous mais pour les observateurs de LFI, ça veut dire beaucoup. Sur ce flyer, distribué dès la mi-juillet, le mouvement ciblait la DJ, posée devant un drapeau LGBT floqué d'une étoile de David et taché de sang. Et ce message : «Barbara Butch censure la voix palestinienne. Mairie complice.» Les insoumis reprochaient à l'artiste d'avoir signé une tribune de défense de la loi Yadan et d'avoir joué dans les jardins de l’ambassade de France à Tel-Aviv. Et samedi, le concert de l'artiste, cible d'insultes et de jets de projectiles, a finalement été interrompu au bout de quelques minutes. Un tract «mauvais» pour Panot, donc, «mais il n'y a pas d'antisémitisme» car le drapeau affiché est celui de la Pride de Tel-Aviv. L'élue LFI avance un autre argument pour rejeter tout soupçon d'antisémitisme contre BB : LFI a largement soutenu l'artiste queer quand elle avait fait l'objet d'un «harcèlement en ligne absolument ignoble de la part de l'extrême droite au moment des Jeux olympiques» de Paris 2024. La dernière fois que les insoumis avaient reconnu une erreur sur un document de com' controversé, c'était pour l'affiche dépeignant Cyril Hanouna avec les codes antisémites des années 30. | |
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