| | ÇA CHAUFFE • Les polémiques politiciennes s'embrasent parfois aussi vite qu'un feu dans une forêt de pins. Surtout en temps de catastrophe naturelle où la recherche de bouc émissaire devient un sport national. Et ça tombe souvent, croyez-le ou non, sur les écolos. Mais en ce moment, la droite en prend aussi pour son grade. Après Gabriel Attal, accusé d'avoir empêché l'achat de 2 Canadairs, c'est au tour de Bruno Retailleau d'être ciblé. En mai 2025, celui qui était alors ministre de l'Intérieur avait refusé l'installation d'une nouvelle base aérienne pour Canadairs à Mont-de-Marsan (Landes). Une décision, moins de 3 ans après d'importants incendies à La Teste-de-Buch, qu'avait du mal à digérer le président PS du département des Landes, Xavier Fortinon : «Cela en dit long sur l’intérêt réel que portent ce gouvernement et ses soutiens à la protection du massif forestier landais et à la sécurité de nos concitoyens.» Un an plus tard, c'est le RN qui a ressorti l'archive pour taper sur le candidat LR à la présidentielle, alors que la Gironde et les Landes crament à nouveau. «En 2025, Retailleau a refusé la création d'une base de Canadairs à Mont-de-Marsan, promise par Darmanin en 2023. Les promesses n'éteignent pas les incendies», a ainsi balancé la députée lepéniste de Gironde Edwige Diaz, sur France info. | | This is fine. Photo Quentin de Groeve. Hans Lucas via AFP (2025) | VOUS N'AVEZ PAS LES BASES • Du côté de LR, on défend le patron. Vice-président du parti, Julien Aubert a répliqué à Diaz. Elle «ne connaît rien à la protection incendie, brasse de l’eau et elle en est fière», défouraille ce proche de Retailleau. Et de rappeler que le Vendéen «a installé à Libourne [aussi en Gironde, ndlr] la 4eme unité militaire de sécurité civile qui est en train justement d’être utilisée». Il ajoute également : «En matière de feux de forêt, ce qui compte, c’est la rapidité d’intervention des avions prépositionnés dans le ciel, pour frapper vite. Pas d’avoir une flotte dispersée à terre dans une multiplication de bases coûteuses et qui attend qu’on l’utilise.» Ainsi, s'en prendre à Retailleau, «qui a modernisé la flotte et fait en sorte qu’elle soit à un haut niveau de disponibilité», est pour Aubert «malhonnête, inconvenant et pas glorieux». Et puis le RN devrait le savoir : on est toujours le coupable de quelqu'un. | RATELIERS • Bientôt 5 candidats à la présidentielle soutenus par le gouvernement, dont 2 par un seul et même homme ? C'est l'exploit qu'est en passe de réaliser l'équipe Lecornu, et plus spécifiquement le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous. Ce dernier, parti du PS en 2022 par refus de la Nupes, a déjà indiqué sa préférence pour Bernard Cazeneuve. Il redit d'ailleurs toute son admiration pour l'ex-Premier ministre dans le Point. Mais lorsqu'on l'interroge sur l'éventualité d'une candidature présidentielle de son boss, Sébastien Lecornu, l'ex-président du groupe Liot à l'Assemblée la trouve fort à son goût également : «Oui, Lecornu ferait un très bon candidat. Il a été capable de construire des compromis pour servir l’intérêt général. Lui, le Premier ministre de droite, moi, le social-démocrate, nous ne sommes pas d’accord sur tout. Mais [il] a su rassembler et initier une nouvelle manière de faire de la politique.» Venir de la gauche mais participer à un gouvernement de droite et être prêt à soutenir un candidat ~de gauche~ comme un autre de droite : ne serait-on pas sur l'incarnation pure et parfaite du centrisme ? | |
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