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CHEZ POL 29 JUILLET

 L'exécutif rattrapé par ses approximations


#Cœur #Oups #Inspi #Invisible #MasterClass 
Chez Pol n°1772 - Réservé aux abonnés Libé



Bonjour, nous sommes le 29 juillet et c'est le bon jour pour changer de cap.

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Hissez haut, Retailleau. Photo Christophe Maout. Libération (2016)

AU COMPTOIR La porte-parole du gouvernement fact-checkée par le producteur de Canadair ; Bayrou pas fan de l'idée du gouvernement inspirée de Bayrou ; et coup dur pour la campagne de Philippe Brun

LE CHIFFRE 40

VOST Les Rist du métier

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Retailleau privé de camping

L'ADDITION Jouons avec Le Pen

PAROLE CONTRE PORTE-PAROLE • Malgré tous ses efforts de com', l'exécutif ne se dépatouille définitivement pas des polémiques liées aux incendies, et notamment de celle sur le nombre et la disponibilité des Canadair. Hier sur France info, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a évoqué «un engorgement de la chaîne de production» ayant empêché de commander 2 avions bombardiers d'eau supplémentaires en 2024. Un décret du Premier ministre Gabriel Attal et des ministres Bruno Le Maire et Thomas Cazenave (actuel maire de Bordeaux) avait alors coupé quelque 53 millions € dans les budgets de la Sécurité civile. Mais auprès de TF1, le constructeur des Canadair, l’entreprise canadienne De Havilland, conteste l'argument avancé par Bregeon : «Nous n’avons connaissance d’aucun ''engorgement'' sur la chaîne de production.» Oups. «Il faut toutefois du temps pour augmenter progressivement notre cadence de production», reconnaît quand même De Havilland, évoquant une «chaîne de production pleinement mobilisée afin de livrer» les commandes actuelles «dans les délais prévus». Pas «engorgée», mais en flux tendu, donc. Et d'ajouter : «À mesure que de nouvelles commandes seront confirmées, nous pourrons envisager d’accroître notre capacité de production afin de répondre aux besoins de notre clientèle en expansion.»

Quand tu regardes un avion décoller d'un peu trop près. Photo Xose Bouzas. Hans Lucas. AFP (2025)

PAU DE BANANE • À chaque présidentielle, le RN a le même souci pour financer sa campagne et doit se tourner bien souvent vers des banques étrangères, russe ou hongroise. Rebelote cette année ? Jordan Bardella ne l'a pas exclu. Pour éviter, officiellement, toute ingérence extérieure, Matignon et le secteur bancaire planchent sur une solution permettant de prêter au parti d'extrême droite, malgré sa dette abyssale et la condamnation de plusieurs de ses cadres pour détournements de fonds publics. L'exécutif dit puiser son inspiration dans l'idée, portée jadis par François Bayrou mais jamais concrétisée, de «banque de la démocratie». Sauf que l'ex-maire de Pau ne reconnaît pas sa patte dans la manip' actuelle. «Ce n’est absolument pas l’idée que j’ai défendue», insiste-t-il auprès de Politico. Lui aurait préféré «une organisation qui soit mise en place sous le contrôle du Parlement et non du gouvernement» et qui serait rattachée à la Caisse des dépôts et consignations. L'objectif du centriste ? «Éviter le soupçon de préférences.» Entre soupçon d'ingérence et soupçon de préférence, l'exécutif va devoir trancher.

SA PRÉFÉRENCE À LUI • On vous parle régulièrement de la grande variété de candidats à la présidentielle (4 voire 5) soutenus par les ministres de Sébastien Lecornu, nous interrogeant sur la cohérence gouvernementale. Mais la diversité de leurs affiliations partisanes (Renaissance, Horizons, MoDem, LR...) peut justifier qu'ils ne roulent pas pour la même personne. La même indécision agite les députés macrono-attalistes, tous membres - eux - du même parti (avec certes des origines politiques diverses, «dépassement» oblige). Leur cœur balance entre divers prétendants alors même qu'ils en ont un officiel en la personne de Gabriel Attal. Hier, c'est Charles Rodwell qui a pris fait et cause pour Bruno Le Maire, dont il fut le conseiller à Bercy avant d’être élu député en 2022 : «S'il est candidat, ce que je souhaite, je le soutiendrai quoi qu’il arrive», a-t-il annoncé sur Cnews alors que l'ex-ministre de l'Économie fait partie de ces candidats-mais-pas-vraiment. Preuve de plus qu'Attal n’est pas prophète en son parti. Et Rodwell de souhaiter «que le candidat qui portera nos couleurs, quel qu’il soit, 1) nous rassemble, 2) porte un projet politique de rupture y compris en matière régalienne vis-à-vis de ce que nous avons porté pendant 10 ans». Un portrait qui, en creux, ne correspond peut-être pas au boss de Renaissance.

Charles Rodwell, à droite (comme toujours).

ET SINON ••• Candidat à la primaire interne du PS, Philippe Brun devait présenter son programme, intitulé Produire, aujourd'hui lors d'une conférence de presse. Mais le timing était mal choisi - Bruno Retailleau en sait aussi quelque chose [Voir Ça arrive aujourd'hui ⬇️]. Finalement, «en raison de la tragique actualité des incendies en Gironde», l'ambitieux rose a dû changer ses plans et reporter sa conf' au 19 août.

Tiffany Joncour va faire passer Yaël Braun-Pivet et les 18 photos d'elle en 30 pages pour une petite joueuse. Comme l'a noté le Canard enchaîné, la députée RN a réalisé «une master class» au «grand jeu Ma binette partout» : en effet, celle qui est par ailleurs présidente du groupe RN à la métropole de Lyon est parvenue à caler 40 fois sa tronche sur les seulement 8 pages que compte sa lettre parlementaire estivale. Mais ne dit-on pas que quand on s'aime, on ne compte pas ?

Je le sais, pourtant, que je dois tourner ma langue 7 fois dans ma bouche... Photo Henrique Campos. Hans Lucas. AFP (2026)

Les Rist du métier

En temps de crise, la clarté est sans doute la première qualité d’un message officiel. À ce titre, Bregeon n'est pas la seule à avoir eu quelques difficultés hier [Voir Au Comptoir ⬆️]. Sur France Inter, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a peut-être péché à cet égard, avec un avertissement ambigu sur les risques des fumées d’incendie et les moyens de s’en protéger.

Celle qui était députée macroniste depuis 2017 était venue évoquer les consignes sanitaires contre les fumées dans et autour des zones touchées par les méga-feux. Notamment celles de «reste[r] à l'intérieur» et de «mettre un masque FFP2 [...] si on doit sortir et qu'on a des fragilités de santé», a répété la médecin de formation avant d'indiquer : «Nous sommes évidemment très vigilants sur la pollution de l'air. Il y a eu des tests hier [...]. Il y avait un doute sur des intoxications au monoxyde de carbone qui ne sont pas confirmées.» Et Rist d'ajouter : «L'avantage, c'est que c'est quelque chose que l'on sent ou que l'on voit. C'est-à-dire que si vous sentez le brûlé ou si vous voyez un gros nuage de fumée, si vous avez des fragilités, il vaut mieux mettre un masque FFP2.»

Le problème avec ce conseil, apparemment de bon sens, est que, succédant à un long développement sur le monoxyde de carbone qu'elle a elle-même introduit, il peut laisser penser que ce gaz «se sent et se voit», et qu’un masque en protège efficacement. Raccourci ou maladresse, peut-être, mais qu’il vaut mieux dissiper : le CO est invisible et incolore, comme le rappelle une fiche consacrée aux intoxications au CO sur le site... du ministère de la Santé. Et les FFP2 sont parfaitement inutiles contre lui, puisqu'ils permettent surtout de filtrer les particules, en l'occurrence les particules fines présentes en masse dans les fumées. N’en reste pas moins, comme a sans doute voulu le dire Rist, qu’un feu de forêt reste un bon indice visuel et olfactif de la présence dans l'air de ce gaz toxique. Et que les masques sont efficaces pour se protéger contre d’autres composants toxiques de la fumée d’incendie.

• Gironde, 19h Alors qu'il avait initialement prévu de se déplacer au camping Le Rouge-Gorge en Vendée, Retailleau a dû changer ses plans. Le candidat LR pour 2027 se rend à la place en Gironde, «à l'invitation du Président de la Protection civile», pour rencontrer des sinistrés et des personnes mobilisées contre les incendies.

On termine avec notre jeu du jour. Pourquoi le député UDR Alexandre Allegret-Pilot a-t-il dû retirer sa proposition de loi qui déplaisait à Marine Le Pen ?

• Car elle était pro-immigration
• Car elle était hostile aux chats
• Car elle s'attaquait à la Russie
• Car elle était hostile aux ultra-riches
• Car elle était cosignée par des élus macronistes
• Car elle s'attaquait aux détournements de fonds publics
 

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 


Alors là, bravo.


Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. Le député LR Antoine Vermorel-Marques pense en effet que les électeurs de droite «sont en avance» sur les élus sur l'écologie. Et évidemment pas sur la taxation des ultra-riches.

Sur ce, bonne journée 👋. Et à demain sur les routes de l'info.

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