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CHEZ POL 30 JUILLET

 


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Ces ministres qui soutiennent un candidat qui ne l'est pas



#Pignon #Villa #Flamme #Passing #Débauche
Chez Pol n°1773 - Réservé aux abonnés Libé



Bonjour, nous sommes le 30 juillet et c'est le bon jour pour ne pas trop s'exposer.

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Under the spotlight. Photo Denis Allard. Libération (2023)

FAIT MAISON Les médias LVMH attendus au tournant sur Fedorova

AU COMPTOIR Lecornu fait du zèle, Cazeneuve fait du surplace, le Medef fait des déçus et Odoul fait une boulette

LE MOT «Horloge»

BO BO BONUS Une candidature qui décoiffe

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Bouamrane s'en mêle

L'ADDITION Jouons avec les conseils

DIS-MOI QUI TE SOUTIENT... • La petite bombe est tombée hier, révélée par Libé : la propagandiste russe Xenia Fedorova, devenue figure médiatique du groupe Bolloré, est visée par un arrêté d’expulsion. La preuve que l'exécutif durcit le ton face aux ingérences étrangères. «Ce sera assez intéressant de voir comment les médias LVMH vont réagir à ça», en salivait presque, hier après-midi, un proche d'Emmanuel Macron en allusion au pacte de non-agression entre Bernard Arnault (qui possède le Parisien, les Échos, Challenges, Paris Match et Radio Classique) et Vincent Bolloré évoqué par le Monde ces derniers jours. Sur CNews, Europe 1 ou sur le site du JDD, la discrétion journalistique semblait de mise hier dans les médias bolloréens. Mais les groupes Canal + et Lagardère, qui emploient Fedorova, se sont fendus d’un virulent communiqué corporate apportant leur «plein soutien» à leur salariée et dénonçant «une atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression et au pluralisme des opinions». Une blague quand on connaît la capacité de ces médias à présenter des plateaux où ne s'affrontent que la droite extrême et l'extrême droite et où la gauche est systématiquement placée sur le banc des accusés. Les soutiens à Fedorova exprimés publiquement depuis l'annonce de l'arrêté d'expulsion ne trompent pas : que des figures de l'extrême droite médiatique et politique (élus RN, Philippot, Dupont-Aignan). «Enfin ! [...] Fini l’impunité pour les agents du Kremlin ayant pignon sur rue sur Cnews», s'est, à l'inverse, réjoui le député PS Arthur Delaporte. «Il était grand temps que cette impunité cesse», a même tweeté le parti à la rose qui réclamait cette mesure depuis plusieurs mois. «Le RN se couche devant les ingérences de la Russie. Fedorova n'est pas une journaliste, elle est la propagandiste du Kremlin», a également réagi le député macroniste Pieyre-Alexandre Anglade. Chez Pol.

Photo Myriam Renaud. Hans Lucas via AFP (2026)

ANNULE ET REPORTE • À «situation historique», congés reportés. Si le chassé-croisé des vacances se profile ce week-end, Sébastien Lecornu a décidé de décaler son propre départ pour se concentrer sur la gestion des incendies qui font rage sur le territoire. Une évidence «compte tenu du contexte», selon son entourage cité par le Figaro, une nouvelle canicule s'ajoutant aux feux de forêts. Évidence qui avait d'abord échappé à la ministre démissionnaire-mais-en-fait-non de l'Environnement, Monique Barbut, dont le Canard enchaîné rapportait hier que, la semaine précédente, sitôt après son départ avorté du gouvernement et en pleine saison des incendies, elle avait filé pour quelques jours de repos dans sa villa du Var (département où Macron est lui parti une dernière fois en vacances cette semaine au Fort de Brégançon), assistant en visio aux réunions de crise. Lecornu, toujours selon le Canard, a ensuite dû s'opposer à ce que sa ministre s'envole pour 3 semaines vers le Maroc. Attention, elle va encore démissionner…

Quand tu vois tes collègues partir en vacances. Photo Umit Donmez. Anadolu via AFP (2025)

SURPLACE • On préfère vous en parler nous-mêmes pour vous éviter de découvrir ça par hasard sur les internets, sans personne pour vous épauler dans l'épreuve : non, Bernard Cazeneuve n'est toujours pas officiellement candidat à la présidentielle. On sait, nous aussi on a été déçus. Il faut dire que le titre de son interview à Marianne fait naître les espoirs les plus fous : «Mon objectif, c’est de devenir président de la République.» Mais ils sont aussitôt douchés par l'hebdomadaire, qui écrit : «Cazeneuve ''se prépare'' [...] en attendant de savoir s'il se lance vraiment.» La dure réalité se confirme dès la première réponse de l'ex-Premier ministre : «Bien entendu, l’ensemble des démarches accomplies depuis plusieurs mois sont destinées à préfigurer une candidature, si toutefois le projet rencontre les circonstances.» Il faut croire que ces dernières ne lui sont toujours pas favorables, en tout cas pas plus qu'avant la publication de sa «lettre aux Français» de 85 pages, il y a 2 semaines, dans laquelle il «présent[ait] sa candidature» mais pas vraiment. D'où - logique imparable - cette nouvelle sortie médiatique estivale pour ne rien dire de plus.

GÉNÉRATION LECORNU SPONTANÉE • Pendant que certains candidats ne se déclarent toujours pas, d'autres qui déclarent ne pas l'être se trouvent de plus en plus pressés de se présenter. Ainsi Lecornu, en réaffirmant solennellement dans Paris Match la semaine dernière qu'il «ne [se] mêle pas de la présidentielle», a (in)volontairement provoqué l'émergence de soutiens publics à sa candidature. Notamment au sein de son gouvernement. Lundi, c'est le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous (également supporter de Cazeneuve), qui voyait en son n+1 «un très bon candidat». Ce matin, c'est son collègue du Logement Vincent Jeanbrun qui déclare sa flamme électorale au Premier ministre dans le Figaro : «Il ferait un excellent candidat de rassemblement.» Issu de LR mais pas franchement en phase avec son candidat Bruno Retailleau (qui l'a suspendu du parti pour sa participation au gouvernement), l'ex-maire de L’Haÿ-les-Roses chante allègrement les louanges de Lecornu, de son équipe et donc accessoirement les siennes : «[Sur le terrain], il y a une reconnaissance du côté ''moine soldat" : c’est imprimé. Son gouvernement est reconnu comme étant à la tâche et faisant de son mieux.» Selon le Fig', un 3e ministre (Serge Papin, chargé des PME) soutiendrait lui aussi la candidature de Lecornu - qui n'en est pas une à ce stade, on le rappelle pour ceux qui n'ont pas tout suivi.

Tu veux vraiment pas être candidat ? Photo Daniel Perron. Hans Lucas via AFP (2026)

TROU DANS LA RAQUETTE • C'est le Medef qui remporte le premier set. Le patronat, en partenariat avec LCI, va organiser fin août sur le Central de Roland-Garros le tout premier débat de la présidentielle, avec au programme les candidats déclarés Marine Le Pen, Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, Marine Tondelier et Jean-Luc Mélenchon. Mais aussi avec le pas-encore-candidat Raphaël Glucksmann. En revanche, Nathalie Arthaud, elle aussi officiellement candidate, n'a pas reçu son carton d'invitation. La porte-parole de Lutte ouvrière est donc montée au filet, non sans ironie : «Pas invitée au débat du Medef pourtant présenté comme le 1er grand débat de la présidentielle. C'est vrai qu'entendre parler d'expropriation des grands groupes capitalistes aurait pu gâcher l'ambiance…» Pas sur la ligne de départ lui-même, mais soutien de Mélenchon, Olivier Besancenot n'a pas résisté à placer un petit passing-shot : «La campagne présidentielle s'ouvrira donc médiatiquement durant la rencontre organisée par le Medef depuis Roland-Garros. Ça commence bien ! Le présidentialisme de la Vè République, éternel ramasseur de balles du patronat ?»

UN PORTE-PAROLE NE DEVRAIT PAS DIRE ÇA • Julien Odoul a-t-il raté le petit événement qu'a constitué l'entrée en campagne présidentielle de Le Pen au détriment de Jordan Bardella qui s'y préparait depuis des mois ? Non, évidemment. Et pourtant, on pourrait presque le croire. Hier, sur X, le député et porte-parole du RN a réagi à des propos du maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko, selon qui «il est possible qu'un candidat héritier de l'immigration soit Président». Visiblement désireux de montrer son amour sélectif envers les descendants d'étrangers, Odoul a alors répondu : «Effectivement, Bardella, héritier de l’immigration italienne, sera président de la République.» Alors bien sûr, l'élu condamné pour détournement de fonds publics (il s'est pourvu en cassation) pourra se défendre en assurant qu'il ne parlait pas de 2027 mais des futures présidentielles, auxquelles pourrait concourir le président du parti d'extrême droite. Mais en attendant, il y a une élection dans moins d'un an, pour laquelle le RN a une candidate. Qui a, on imagine, été ravie de voir un de ses porte-voix vanter le destin élyséen d'une autre personne qu'elle.

😬 Photo Ludovic Marin. AFP (2023)

Rarement une campagne présidentielle n'aura démarré aussi tôt. Tous les candidats du «bloc central», de Philippe à Attal en passant par Retailleau, ont déjà laissé quelques euros en route et lancé la saison des meetings, presque un an avant l'échéance, quand Mélenchon et Le Pen, eux, déroulent tranquillement leur campagne. Cette précocité interroge, à commencer par David Amiel. Le ministre des Comptes publics et soutien affiché du patron de Renaissance a trouvé une formule qu'il répète partout depuis 2 mois pour décrire cette étrange séquence où la tactique l'emporte sur la technique, la forme sur le fond. Il la réutilise dans l'Opinion : «La présidentielle est une horloge montée à l'envers.» Et de déplorer l'absence de débats structurants : «On a aujourd'hui des débats tactiques de fin de campagne sans avoir les discussions programmatiques du début. Ce n'est que dans la dernière ligne droite qu'on devrait parler de barrage ou de vote utile.» Pas très sympa pour son candidat Attal qui, pourtant, essaye par une grosse débauche d'énergie estivale de faire entendre ses propositions.

Élys'hair

Capture d'écran la Dépêche 

• Saint-Ouen, 11h15 Le maire PS de la ville (et accessoirement candidat à la présidentielle) Karim Bouamrane et Valérie Pécresse, la présidente d'Île-de-France, organisent une conférence de presse pour annoncer une initiative commune destinée à aider les maires de France à faire face aux incendies et à soutenir les communes sinistrées.

• Et aussi Comme Lecornu, les ministres sont sur le pont sur le sujet des incendies : le boss de Bercy, Roland Lescure, réunit en visio les acteurs économiques pour faire le point sur la situation ; et son collègue de l'Intérieur, Laurent Nuñez se rend au centre opérationnel de la gestion interministérielle des crises à Beauvau.

On termine avec notre jeu du jour. Quel conseil Nicolas Hulot a-t-il donné à Monique Barbut, en octobre dernier après sa nomination ?

• «Bon courage»
• «Fais gaffe avec Bercy»
• «Ferme-la et tout ira bien»
• «Passe directement par le Président»
• «Essaye de tenir le plus longtemps possible»
• «Si tu veux démissionner, je connais quelqu’un très bien à France Inter»
 

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 


Eh oui.

C'est ce que nous apprend le Point.


Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. Le député UDR Alexandre Allegret-Pilot a bien dû retirer une proposition de loi qui déplaisait à Marine Le Pen car elle était hostile aux chats. Et non pas car elle s'attaquait à la Russie, évidemment.

Sur ce, bonne journée 👋. Et à demain sur les routes de l'info.

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