Par Sy. C.
Et si vous profitiez de l'été pour réduire votre consommation d'écran ? Creux aoûtien et coupure estivale de votre newsletter d'amour : c'est le moment idéal. L'expérience a été tentée l'été dernier par Najat Vallaud-Belkacem : arrêter les écrans le temps d'une semaine. Une épreuve que l'ancienne ministre de l'Éducation nationale compare à une forme de Dry January, manière explicite de dire que le numérique est une drogue aussi forte que l'alcool. Mais la tentative s'est soldée par… un échec retentissant, «NVB» replongeant au bout de 5 petits jours.
Elle raconte cela dans son livre paru cette année, Sevrage numérique. Enquête sur notre rapport aux écrans et comment nous en libérer, mais propose aussi - et surtout - des pistes pour réduire notre dépendance. Alors que l'Assemblée vient de voter l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, c'est plus que d'actualité, et pas seulement pour les jeunes. Oui, papi et mamie qui vous informez via Facebook, c'est aussi valable pour vous. Mais pas seulement. Que celui qui n'a jamais relayé un post validant sa pensée sans en vérifier la véracité jette la première pierre…
«Numi-Score» et «sanctuaires»
Vallaud-Belkacem dresse d’abord un constat, l'influence négative des écrans et des réseaux sur le développement cognitif, la santé mentale, la concentration ou encore le débat démocratique. Vu la séquence politique qui s'annonce à partir de septembre, réfléchir à tout ça n'est pas du luxe - coucou Elon. Et puis l'ex-ministre formule des idées précises pour lutter contre l'emprise des Gafam, comme changer le statut juridique des plateformes pour les rendre responsables éditorialement des contenus publiés, la mise en place d'un «Numi-Score», la création de «sanctuaires» dont les smartphones sont totalement exclus ou l'instauration d'un vrai droit à ne pas être dérangé. Avec une réflexion intéressante : que nous apporterait la régulation, que d'aucuns ne manqueraient pas d'attaquer comme une atteinte la liberté individuelle ?
«Convaincre l'opinion publique doit aussi insister sur une autre liberté : celle qui est retrouvée, écrit-elle. Et c'est là, sans doute, une source de motivation indéniable. Que gagne-t-on quand on se détourne de la fascination et de l'emprise de nos smartphones ? Le sommeil, la concentration et la productivité, bien sûr. Le ralentissement de phénomènes de dégradation physiologiques très concrets. La pratique d'activités physiques et le retour au lien social, aux échanges réels, à l'intensité des interactions humaines. Mais aussi et peut-être surtout, notre capacité à vivre ensemble, tout simplement. Car il faut saisir à quel point ces usages excessifs viennent, au fond, abîmer la manière même dont nous faisons société.»
Allez, coupez.
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