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CHEZ POL 31 JUILLET

 


#Rideau #Plage #Sommeil #Apéro #Coupure
Chez Pol n°1774 - Réservé aux abonnés Libé




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Allez, des bisous. Photo Serge Tenani. Hans Lucas. AFP (2024)


Bonjour, nous sommes le 31 juillet et c'est le bon jour pour déconnecter.


Chers lectrices, chers lecteurs de Chez Pol,

Et voilà, la saison 8 de Chez Pol s'achève. C'est autant que Game of Thrones, Desperate housewives ou Dexter, excusez du peu. Une saison sans dissolution mais avec des municipales et deux Premiers ministres différents seulement. La saison 9 - qui reprendra dès le 31 août avec vos serviteurs frais et dispos - s'annonce pour le moins mouvementée. Cette année nous mènera tout droit à la présidentielle, avec l'arrivée assurée d'un nouveau Président à l'Élysée, et, vraisemblablement, des législatives dans la foulée. Autant dire qu'il faudra se mouiller la nuque aussi abondamment que pour aller piquer une tête après le goûter sur la plage. D'ici là, on vous souhaite à toutes et à tous de prendre du bon temps et du repos. Merci beaucoup de nous lire. Bel été.

L'équipe de Chez Pol 😘

AU COMPTOIR L'astuce des macronistes pour s'éviter des législatives partielles risquées ; Ferrand motivé pour ses devoirs de vacances ; et, insultée, Tondelier réclame des excuses à un syndicat agricole

LE MOT «Cacahuète»

LE MASQUE ET LA POL Vallaud-Belkacem a tenté la déconnexion

BO BO BONUS Et Lecornu ne déconnecte pas

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Ça sent déjà les vacances

L'ADDITION Jouons avec les comparaisons

VACANCES CONSTITUANTES • Pendant que certains siroteront un cocktail sur la plage et que d'autres étrenneront leurs chaussures de rando dans les Alpes, les membres du Conseil constitutionnel seront, eux, au boulot. Avec 14 saisines en juillet et 7 textes de loi sur lesquels statuer avant la rentrée (notamment la loi d'urgence agricole, la loi fin de vie, l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans ou encore la loi Ripost), les Sages ne vont pas avoir le temps de s'ennuyer. Mais leur président, Richard Ferrand, s'en réjouit. C'est, à ses yeux, «un signe de confiance dans notre institution», confie-t-il à Ouest-France. Une institution régulièrement critiquée, notamment par la droite et l'extrême droite qui la jugent trop politisée. Quelle idée aussi de vouloir vérifier la constitutionnalité de lois parfois écrites un peu trop à la va-vite, avec des arrière-pensées plus politiques que juridiques... Ce que ne manque pas de souligner le macroniste et ex-président de l'Assemblée qui, avec toute l'ironie qui le caractérise, balance : «Parfois, il est pittoresque - et rassurant - de constater que ceux-là mêmes qui nous critiquent un jour, nous saisissent le lendemain…» Suivez son regard. Et ce grognard macroniste de la première heure d'ajouter que «vouloir disqualifier le Conseil constitutionnel, c’est s’attaquer à la démocratie».

Ferrand monte sur ses grands chevaux escabeaux. Photo Stéphane de Sakutin. AFP (2022)

ASTUCE • C'est la petite technique bien rodée pour lâcher son siège de député sans provoquer une législative partielle hasardeuse pour son camp : se voir confier une «mission» par le gouvernement puis la faire prolonger au-delà des 6 mois pendant lesquels il est possible de la cumuler avec son mandat. Vous êtes alors automatiquement remplacé par votre suppléant. Pratique en ces temps électoraux incertains. La manip' est vieille comme les fins de règne et bien en vogue en ce crépuscule macronien, certains élus EPR préférant quitter la scène avant même que le rideau ne tombe l'an prochain. Après le président de la commission des Lois Florent Boudié, c'est au tour d'Hervé Berville. C'était attendu depuis quelques semaines même s'il avait démenti toute volonté de départ, cela s'est confirmé hier comme l'a repéré LCP : la mission sur le «développement et la mobilisation du secteur financier et bancaire» en Afrique, confiée à l'ex-secrétaire d'État à la Mer et à la Biodiversité en février, a bien été prolongée «au-delà du 3 août». «Comme lorsqu'il était au gouvernement, c'est sa suppléante Chantal Bouloux qui va lui succéder», ajoutent nos confrères. Cela évite au moins au groupe de Gabriel Attal le risque de perdre un 10e siège depuis 2024.

NOMS D'OISE-AUX • Une fois, ça peut être un dérapage. Deux fois, ça ressemble à un schéma qui se répète. Marine Tondelier et Sandrine Rousseau s'étaient déjà entendues dire «grosse salope» par des vignerons dans l'Aude, en juin 2023. La patronne des écolos a de nouveau été insultée dans les mêmes termes par le président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) de l’Oise, Régis Desrumaux, comme le rapportait notamment le Courrier Picard hier. Desrumaux n'a pas supporté que Tondelier dénonce «les agro-industriels de la FNSEA [qui] fêtent au champagne le vote de la loi d’urgence agricole». Sur Facebook, il a donc dit le fond bien vaseux de sa pensée : «Je n’ai qu’un seul mot qui me vient immédiatement en tête... Grosse salope. Ah mince ça fait deux.» Réclamant sur X «des excuses publiques» sans lesquelles elle engagera «des poursuites judiciaires», la cheffe écolo s'étrangle : «Imaginez si un responsable de n'importe quel syndicat avait qualifié ainsi un dirigeant politique. Les chaînes d'info seraient en boucle sur ce sujet. Et le syndicat condamnerait, bien sûr. [...] Mais pour un dirigeant de la FDSEA, c'est visiblement ok. La FNSEA va-t-elle condamner ?» Concluons avec ces mots de Stromae dans Déclaration : «Et si être féministe est devenu à la mode / C'est toujours mieux vu d'être un salaud qu'une salope.» Ça date de 2022 mais c'est toujours d'actualité.

Marine Tondelier. Photo Daniel Perron. Hans Lucas via AFP (2026)

DANS TES RÊVES • On ne se moque pas impunément du PRG sans s'attirer les foudres de son président, Guillaume Lacroix. Aux propos d'un président de conseil départemental socialiste qui s'inquiétait dans l'Opinion que son parti soit «en voie de PRGisation», en cas de déroute en 2027, Lacroix réplique : «Quand je lis que le cauchemar d’un socialiste serait de devenir le PRG, je me marre car même cela leur serait inatteignable !» Et ce soutien de Bernard Cazeneuve d'ajouter : «Il faudrait quelques principes comme notamment d’avoir refusé la Nupes et le NFP. Au PRG on va peut-être mourir pour des idées… mais au moins elles auront été claires. Je laisse le trouble aux autres.» Fallait pas l'énerver.

ET SINON ••• Visée par un arrêté d'expulsion, la propagandiste russe Xenia Fedorova voit ses avoirs gelés en France pour six mois. Un arrêté paru cette nuit au Journal officiel acte une mesure de rétorsion renouvelable contre la figure de la bollosphère et qui vise «à prévenir la commission d’actes d’ingérence».

On vous contait hier le petit gimmick de David Amiel, ministre du Budget et soutien d'Attal, qui répète à l'envi qu'«on a aujourd'hui des débats tactiques de fin de campagne sans avoir les discussions programmatiques du début». «La présidentielle est une horloge montée à l'envers», aime-t-il répéter. Mais Édouard Philippe ne partage pas ce constat et ne se sent pas à contretemps en retardant la présentation de son «projet massif» pour la France. Pour le maire du Havre, avant l'heure, c'est pas l'heure et les Français n'ont pas la tête à la campagne élyséenne. C'est pourquoi il montre sa volonté plus que ses promesses de campagne, de peur de griller inutilement des cartouches. «La durée de vie d'une proposition, c'est la durée de vie d'une cacahuète dans un apéritif», image-t-il dans le Figaro. Et l'été est plus propice aux apéros qu'aux débats sur les propositions des trop nombreux prétendants au trône (républicain) de France.

Ne faites pas ça chez vous. Photo Stéphane de Sakutin. AFP (2017)

Écran total et totalement pas d'écran

Par Sy. C.

Et si vous profitiez de l'été pour réduire votre consommation d'écran ? Creux aoûtien et coupure estivale de votre newsletter d'amour : c'est le moment idéal. L'expérience a été tentée l'été dernier par Najat Vallaud-Belkacem : arrêter les écrans le temps d'une semaine. Une épreuve que l'ancienne ministre de l'Éducation nationale compare à une forme de Dry January, manière explicite de dire que le numérique est une drogue aussi forte que l'alcool. Mais la tentative s'est soldée par… un échec retentissant, «NVB» replongeant au bout de 5 petits jours.

Elle raconte cela dans son livre paru cette année, Sevrage numérique. Enquête sur notre rapport aux écrans et comment nous en libérer, mais propose aussi - et surtout - des pistes pour réduire notre dépendance. Alors que l'Assemblée vient de voter l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, c'est plus que d'actualité, et pas seulement pour les jeunes. Oui, papi et mamie qui vous informez via Facebook, c'est aussi valable pour vous. Mais pas seulement. Que celui qui n'a jamais relayé un post validant sa pensée sans en vérifier la véracité jette la première pierre…

«Numi-Score» et «sanctuaires»

Vallaud-Belkacem dresse d’abord un constat, l'influence négative des écrans et des réseaux sur le développement cognitif, la santé mentale, la concentration ou encore le débat démocratique. Vu la séquence politique qui s'annonce à partir de septembre, réfléchir à tout ça n'est pas du luxe - coucou Elon. Et puis l'ex-ministre formule des idées précises pour lutter contre l'emprise des Gafam, comme changer le statut juridique des plateformes pour les rendre responsables éditorialement des contenus publiés, la mise en place d'un «Numi-Score», la création de «sanctuaires» dont les smartphones sont totalement exclus ou l'instauration d'un vrai droit à ne pas être dérangé. Avec une réflexion intéressante : que nous apporterait la régulation, que d'aucuns ne manqueraient pas d'attaquer comme une atteinte la liberté individuelle ?

«Convaincre l'opinion publique doit aussi insister sur une autre liberté : celle qui est retrouvée, écrit-elle. Et c'est là, sans doute, une source de motivation indéniable. Que gagne-t-on quand on se détourne de la fascination et de l'emprise de nos smartphones ? Le sommeil, la concentration et la productivité, bien sûr. Le ralentissement de phénomènes de dégradation physiologiques très concrets. La pratique d'activités physiques et le retour au lien social, aux échanges réels, à l'intensité des interactions humaines. Mais aussi et peut-être surtout, notre capacité à vivre ensemble, tout simplement. Car il faut saisir à quel point ces usages excessifs viennent, au fond, abîmer la manière même dont nous faisons société.»

Allez, coupez.

On se permet d'insister : ne faites pas ça chez vous

Capture d'écran le Parisien

• France, toute la journée À l'approche d'août, l'agenda politique se fait de plus en plus léger. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, se déplace à Marseille et ses collègues Françoise Gatel, Sébastien Martin et Anne Le Hénanff se déplacent sur le site de Schneider Electric à Chartres-de-Bretagne. Pendant ce temps, Attal continue de faire campagne et visite un refuge SPA, à Plaisir dans les Yvelines.

On termine avec notre jeu du jour. Avec qui les Jeunes LR ont-ils comparé Bruno Retailleau dans un visuel finalement supprimé sur X ?

• Ulysse
• Napoléon
• Buzz l'Éclair
• François Fillon
• Zinédine Zidane
• Charles de Gaulle
 

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 


Mais oui !

Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. Le conseil de Nicolas Hulot à Monique Barbut au moment de sa nomination était bien : «Essaye de tenir le plus longtemps possible.» Et non «Si tu veux démissionner, je connais quelqu’un très bien à France Inter», alors qu'elle aurait bien eu besoin de guidance en matière de démission.

Sur ce, bonne journée et bon mois d'août 👋. Et à la rentrée sur les routes de l'info.





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