| | JEAN MOULIN, AU SECOURS ! • La mode printemps-été 2026 est à la réappropriation des mots de l'adversaire. Après les insoumis qui ont scandé «on est chez nous» lors du meeting de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis, voici Marine Le Pen qui pioche dans un classique de la gauche. En conclusion de son meeting à Liévin hier et alors qu'elle saura demain si elle reste inéligible, elle a cité le Chant des partisans pour adouber Jordan Bardella : «Ami, si tu tombes, un ami sort de l'ombre à ta place.» La récupération de cette chanson, hymne de la Résistance écrit en 1943, par l'extrême droite a évidemment fait bondir à gauche. «Le Pen, héritière en ligne directe des fondateurs d'un parti issu de la collaboration avec le nazisme, se permet de détourner misérablement le Chant des partisans. C'est un outrage, un crachat», a pesté l'écolo Benjamin Lucas. «Les partisans [...] se battaient contre les ordures qui fondèrent le FN, avant qu'il ne devienne RN...», a rappelé Anthony Gonçalves, adjoint PCF à la mairie de Marseille. Mais le malaise a largement débordé des frontières de la gauche. «Laissez le Chant des Partisans tranquille», a réagi la philippiste Nathalie Loiseau. Et l'eurodéputée, qui a flirté dans sa jeunesse avec l'extrême droite, d'ajouter : «Mon père était résistant et je n'oserais pas comparer mon courage au sien. Votre père a fondé le parti qu'il vous a légué avec d'anciens SS. N'imaginez pas qu'on a oublié.» | | Eh, imagine la tête des fondateurs du parti quand j'ai cité le Chant des partisans. Photo Bastien Ohier. Hans Lucas. AFP (2026) | C'EST NON • Mais qui écoute encore François Bayrou ? Revenu sur la scène médiatique après une courte mise en retrait post-départ de Matignon et perte de la mairie de Pau, le centriste semble plus que jamais prêcher dans le désert. Et pas juste quand il parle de la dette. La semaine dernière, il vantait ainsi en long, en large et en travers une possible candidature à la présidentielle de Thierry Breton. Problème : l'ex-Commissaire européen n'est pas chaud du tout. Il l'a dit hier sur BFMTV : «Moi, je suis là où je suis, ce n'est pas la question du tout.» L'ex-PDG d'Atos et de France Telecom a toutefois ajouté : «La question qui est posée, à juste titre, par Bayrou, c'est quel type de profil [pour le futur Président].» Mais ce ne sera donc pas lui, qui juge par ailleurs que «les Français ne sont pas du tout encore dans la campagne présidentielle», focalisés sur «leurs préoccupations quotidiennes». Transmis à qui de droit / Est-ce à dire que Bayrou serait déconnecté ? | GAME OVER • Candidat à la présidentielle depuis bientôt 2 ans, Édouard Philippe voulait faire de son meeting d'hier le «lancement officiel de [sa] campagne». Il était temps. Et pour ses soutiens, l'effet libérateur est à la hauteur de l'attente. Dans le Parisien, l'ex-ministre Charlotte Parmentier-Lecocq se montre ainsi pleine de confiance face au rival Gabriel Attal qui, quant à lui, a ~tout naturellement~ passé son dimanche au Mondial de pétanque à Marseille, où il a tenté de faire comme les Marseillais. «C’est nous qui sommes en train de plier le match», affirme donc déjà Parmentier-Lecocq. La partie vient pourtant à peine de commencer. La peau, l'ours, tout ça… | | C'est à la fin de la foire qu'on compte les boules. Photo Thibaud Moritz. AFP (2026) | ON SE SENT MOINS SEUL AU PLURIEL • La gauche non-mélenchoniste est aujourd'hui un panier de crabes dans lequel socialistes, écolos et communistes se marchent dessus. Et ne se mettent que rarement d'accord. Au PS, on n'a peut-être plus beaucoup de militants mais on a des idées. Comme celle du secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, pour dépasser ce joyeux bololo : créer un «grand parti de la social-écologie» qui regrouperait tout ce beau monde dans un même bateau, comme le rapporte l'Opinion. Une sorte d'UMP - ce parti créé par Jacques Chirac pour regrouper le RPR et l'UDF après la présidentielle de 2002 - de gauche. «Quand le PS était fort, il l’était parce qu’à sa droite, il y avait Dominique Strauss-Kahn et à sa gauche, Jean-Luc Mélenchon, a développé le bras droit d'Olivier Faure au Festival des idées à la Charité-sur-Loire. Il y avait Gérard Filoche d’un côté et Jean-Marie Bockel de l’autre, et ça débattait.» Voilà qui donnera, une nouvelle fois, du grain à moudre à l'aile droite social-démocrate du parti à la rose, toujours prompte à dénoncer l'effacement du PS sous Faure. |
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