| | IL Y VA BRANCO • Le PS, c'est un peu Retour vers le futur, avec la résurgence 10 ans après des frondeurs. Hier, malgré une décision collective de ne pas voter la motion de censure écolo contre Sébastien Lecornu, 20 députés roses sur 68 ont quand même soutenu le texte. Dont le chef du parti Olivier Faure himself. Et ce, deux jours avant le vote des militants sur la stratégie présidentielle des socialistes. L'occasion rêvée pour ses opposants internes de réclamer sa tête. «On est à un niveau d'irresponsabilité jamais atteint par un Premier secrétaire du PS. Comment prétendre diriger et fédérer un parti lorsqu'on ne respecte même pas la discipline de vote dans son groupe à l'Assemblée ? Faure doit se soumettre ou se démettre», exigeait dans l'Opinion le vice-président du Lot, Rémi Branco, avant même que Faure ne passe à l'acte. Ce proche du patron du groupe à l'Assemblée, Boris Vallaud, en a remis une louchée dans le Parisien après le vote, en précisant parler, assure-t-il, à titre personnel : «Quand on ne respecte pas la discipline de son propre parti, on démissionne.» | | Les socialistes qui se tapent sur les bancs publics, bancs publics ♫. Photo Magali Cohen. Hans Lucas via AFP (2025) | LE MINOFAURE • Mais, en dépit des coups de pression, Faure ne compte pas rendre son tablier. «La France brûle et je refuse de regarder ailleurs. [...] Ne confondez pas minorité et légitimité. Parfois, il faut être en avance, faire des choix difficiles, prendre des risques», a-t-il assumé, sur France 2, en réponse à ses détracteurs. Lors d'une réunion zoom dimanche, rapportée par l'Opinion, le Premier secrétaire s'expliquait sur sa décision de censurer Lecornu II. «Si nous ne censurons pas, nous allons passer pour des zigotos car le Premier ministre n'accorde rien. Il faut vraiment ne pas avoir d'amour-propre pour être aussi maltraité et ne pas censurer», balançait-il, avant de se justifier longuement sur X. Sympa pour ses «camarades» et leur supposé manque d'amour-propre. Voilà qui devrait contribuer à apaiser les tensions au sein du parti (non). | CARTON ROUGE • Ce n'est pas une nouvelle, Emmanuel Macron se veut proche de Kylian Mbappé. En témoignent ces images très gênantes du Président consolant l'attaquant français quelques secondes après la défaite en finale de Coupe du monde 2022. Rien d'étonnant donc à ce que le chef de l'État apporte son soutien au n°10 des Bleus quand celui-ci est victime de racisme de la part d'une sénatrice paraguayenne, Celeste Amarilla. On vous épargne les propos de cette dernière mais disons, pour vous donner un ordre d'idée, qu'elle aurait tout à fait pu être candidate RN aux législatives. Le Kyk's lui a finalement répondu hier soir. «Vous ne représentez pas le Paraguay, ce pays qui a transpiré la passion et l’honneur tout au long de la compétition», a-t-il commencé, qualifiant Amarilla de «dame incompétente donnant la pire image possible de son pays». «Je ne laisserai jamais aux gens comme elle, la liberté de laisser propager leur haine et leur racisme à travers le monde», a conclu le capitaine de l'équipe de France. Un message qui a beaucoup plu à notre Président à nous. «Un but de plus pour Mbappé. Contre le racisme cette fois. Tout mon soutien. Quand les mots salissent, nos valeurs répondent : dignité, respect, fraternité», a commenté Macron. On oublie les mots du chef de l'État sur les kwassa-kwassa ou les «Mamadou» qui remplissent les urgences : quand c'est bien, il faut aussi le dire. | | 2027. Et si c'était lui ? DR | ALLIÉS MAIS PAS AMIS • Même le gouvernement paraguayen s'est désolidarisé des propos de l'élue Amarilla, «contraires aux valeurs et aux principes qui inspirent la coexistence pacifique et le respect de la dignité humaine que notre pays promeut». Une dénonciation dont notre ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a pris «acte» ce matin. Logique, d'autant qu'Amarilla est une élue d'opposition. Elle appartient au Parti libéral radical authentique (PLRA), alors que le Sénat est composé majoritairement d'élus du Parti colorado (conservateur). Un détail est tout de même à souligner : le PLRA fait partie de Liberal international, «la fédération mondiale des partis politiques et organisations citoyennes libérales et démocratiques», comme elle se décrit elle-même sur son site internet. Et devinez quel autre parti figure parmi les 104 membres de cette fédé ? Renew Europe évidemment, groupe de Renaissance au Parlement européen présidé par l'attaliste Valérie Hayer. Ils ont le même maillot mais pas la même passion. | LE TEMPLE SO LR • Ça ne va pas mieux entre Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez. Le second «n'a jamais été un soutien», rit jaune le premier sur BFMTV ce matin. Quelques minutes plus tôt, le chef des députés LR en avait apporté une nouvelle preuve sur CNEWS, en expliquant : «Mon candidat [pour 2027] sera celui du rassemblement de la droite. Je n'ai pas l'intention de soutenir une secte qui aboutit à ce qu'on échoue tous. […] La droite, c'est pas le sectarisme de la gauche, ça ne doit pas être ça.» Son parti et son chef apprécieront forcément d'être qualifiés de «secte» et de gourou. Wauquiez tient sa ligne, intimant à tous les candidats de droite d'avoir, «à l'automne», la responsabilité d'«accepte[r] de se retirer» et de «soutenir le mieux placé» pour s'assurer d'une place au 2d tour (aujourd'hui hypothétique) et d'en priver Jean-Luc Mélenchon (ce qui n'est pas moins hypothétique). | | Mais pourquoi est-il aussi méfiant ? PARCE QUE. Photo Thomas Samson. AFP (2026) | TOUT EST PARDONNÉ • Raison pour laquelle Wauquiez est prêt, le moment venu, à se ranger derrière Édouard Philippe qu'il a gratifié la semaine dernière d'un adoubement de principe mais pas encore d'un véritable soutien officiel. Et ce même s'il a pu, dans un passé très récent, jurer qu'il n'accepterait «jamais» de s'allier à l'ancien Premier ministre dont il ne partageait pas les «convictions» ni le projet. Un revirement dont l'ex-mais-toujours-un-peu-président-de-région se justifie, toujours sur CNEWS ce matin : «Est-ce que j'ai tout aimé dans ce qu'a fait Philippe par le passé ? Non, je l'ai exprimé à de multiples reprises. J'ai dit toutes les différences que j'ai eues avec lui. [...] Est-ce que ces différences valent la peine de prendre ce risque de qualifier Mélenchon, ou non ?» Mais «Philippe devra clarifier ses positions s'il veut convaincre […] qu'il portera un projet de droite et pas la prolongation du macronisme», ajoute-t-il, songeant «notamment» aux «sujets régaliens» et à «la laïcité». Et Wauquiez de juger qu'il «serait absurde qu'aujourd'hui, LR dise qu'il est hors de question de travailler avec Philippe et Horizons» puisque le parti «le fait déjà» via ses alliances aux dernières municipales et aux sénatoriales de septembre. |
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