« L’Odyssée » : pourquoi il ne faut pas manquer le nouveau chef-d’œuvre de Christopher Nolan
Respectant l’esprit et le déroulé du récit d’Homère, magistralement filmé, remarquablement interprété, le nouveau film du cinéaste britannique en salles ce mercredi va faire date.

Il n’est pas facile de faire tenir dans un seul long-métrage le poème épique d’Homère : peu de cinéastes ont osé s’y attaquer, et sans marquer l’histoire du 7e art. On ne pourra plus le dire : « L’Odyssée » de Christopher Nolan, en salles ce mercredi, devrait rester comme l’un de ses chefs-d’œuvre.
Le réalisateur parvient, en 2 h 50, à respecter l’esprit et le déroulé du récit antique, celui du retour, depuis Troie jusqu’à son royaume, d’Ulysse, souverain de l’île d’Ithaque qui s’est mis au service, avec ses soldats, du puissant chef de guerre Agamemnon. Traumatisé par la prise de Troie (grâce à l’ingénieux cheval qu’il a inventé), Ulysse va mettre sept ans à regagner Ithaque où, dans le même temps, sa femme Penelope, aidée par leur fils Télémaque, doit résister aux assauts de nombreux prétendants ayant envahi son palais.
Que d’embûches sur le chemin maritime du retour : le roi guerrier et ses soldats vont devoir affronter un cyclope mangeur d’hommes, la magicienne Circé qui transforme les humains en animaux, des monstres marins, de dangereuses sirènes, des géants anthropophages, des combattants revenus d’entre les morts... Avant qu’Ulysse ne tombe sous le charme de Calypso, qui efface la mémoire de ceux qu’elle recueille.
Un Agamemnon aux faux airs de Dark Vador
Avec ce récit où les dieux antiques sont omniprésents, Nolan nous rappelle en premier lieu tout ce que les narrations modernes - et le 7e art - doivent à Homère, qui a imaginé des concepts tels que les super héros, les super vilains, les monstres, les revenants... Son Agamemnon ressemble à Dark Vador, ses spectres à des zombies de cinéma : que de parallèles époustouflants !
Il livre aussi une approche psychologique très moderne des personnages de son poème épique. Ainsi d’Ulysse, hanté par le traumatisme de la violente et sanglante prise de Troie : Freud n’a rien inventé !
Sur la forme, Nolan réussit un pari fou : truffer ses images d’effets spéciaux très réussis mais en filmant tout le reste avec un réalisme sidérant. Les scènes marines, les séquences de dialogues, les batailles, souvent filmées de nuit, semblent avoir été tournées à l’époque, éclairées à la bougie, à la lanterne ou flambeau - un éblouissement constant.
Un casting audacieux
Le réalisateur a par ailleurs opéré des choix audacieux pour sa distribution en confiant, tout d’abord, des rôles essentiels à la jeune garde d’Hollywood : Zendaya épatante en déesse Athéna, Mia Goth très juste en servante traitresse de Penelope, Tom Holland qui campe un remarquable Télémaque.
Pour ce qui est des comédiens cadors, on est encore mieux servis. Entre esprit combatif, autorité naturelle, doutes et traumatismes, Matt Damon, exceptionnel en Ulysse, livre une performance qui devrait l’emmener jusqu’aux Oscars Pratiquement au même niveau, Anne Hathaway (Penelope) et Robert Pattinson (Antinoos) font merveille.
Même les troisièmes rôles impriment durablement la rétine : Charlize Theron bluffante en nymphe Calypso, Samantha Morton impressionnante en Circé, John Leguizamo formidable en Eumaeus, le fidèle servant aveugle du héros...
Enfin, il y a le format voulu par Christopher Nolan, cet Imax 70 mm qui complexifie tant les tournages mais qui donne un rendu exceptionnel à l’écran. On recommande de voir le film dans une salle Imax ou équipée d’un projecteur 70 mm : cela en vaut la peine pour profiter d’un tel chef-d’oeuvre...
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