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🟨🟧 La CIA ne croyait pas au complot iranien visant l’avion de TrumpOn apprend que les services américains jugeaient la menace "invraisemblable" et "impossible". Pourquoi Trump a-t-il malgré tout été exfiltré ? De nouvelles révélations dignes d’un roman d’espionnage.
Hi everyone, c’est Zeitgeist, depuis Chicago ce matin. Dans le Wisconsin, la gauche de la gauche découvre les limites de sa vague. Une candidate largement favorite a-t-elle perdu parce qu’elle voulait “supprimer Thanksgiving” ? Dans la guerre entre l’aile gauche et l’establishment du parti, “les couteaux sont sortis”. 12,5 milliards de dollars pour les Lakers ! Jamais une équipe n’avait été vendue aussi cher. Ça s’est fait en 3 jours ! À la manœuvre, l’ancien patron de Disney Bob Iger et le beau-frère d’Ivanka Trump, Josh Kushner, qui voulait investir dans la FIFA il y a quelques jours. Donald Trump a-t-il joué un rôle dans ce rachat record ? On se demandera aussi s’il faut supprimer les notes pour protéger la santé mentale des étudiants. Et pourquoi, de New York au reste de l’Amérique, cet été semble ressusciter une chose que l’on croyait disparue : la joie simple d’être ensemble. Je n’ai pas besoin de vous faire un dessin. Vous avez entendu parler depuis deux jours de cette exfiltration clandestine de Donald Trump depuis la Turquie. Je vous avais raconté début juillet dans Zeitgeist que le président n’était pas reparti du sommet de l’OTAN avec son nouvel Air Force One offert par le Qatar et équipé à grands frais, mais dans un autre avion, un ancien Air Force One. Or, le Washington Post a révélé avant-hier qu’en réalité, le président était reparti dans un troisième avion militaire, plus petit, un Air Force C-32A, escorté par des F-16 jusqu’en Grande-Bretagne. Le Secret Service a décidé de l’exfiltrer en le faisant sortir par un chariot de restauration utilisé pour charger les repas. Depuis, les mèmes pullulent sur les réseaux. Ce qui a fait polémique ici, depuis deux jours, c’est que le Boeing présidentiel a servi de leurre avec des journalistes et des membres de la Maison-Blanche à bord. Mais cette nuit, le même Washington Post révèle quelque chose de très intéressant. La CIA ne croyait pas à cette menace. Et tient à le faire savoir avec cette fuite.
Ces informations sur un projet iranien d’assassinat contre le président n’avaient pas été recueillies par des services américains. Elles avaient été transmises par le gouvernement israélien à la CIA. Or, les analystes américains ne les jugeaient pas convaincantes et avaient fait part de leur scepticisme aux responsables de l’administration Trump. Un responsable cité par le Washington Post décrit un renseignement “d’origine israélienne, non produit par les États-Unis” et évalué avec un “faible degré de confiance”. Autrement dit, la CIA ne pouvait pas démontrer que l’information était fausse. Mais elle ne disposait pas d’éléments solides pour la considérer comme fiable. Le Secret Service a choisi de ne courir aucun risque. Depuis l’assassinat du président Kennedy, c’est le Secret Service qui décide, pas le président. C’est pour cela qu’à la fin du sommet de l’OTAN à Ankara, Trump est monté devant les caméras dans l’ancien Air Force One, avant de le quitter secrètement. Cette opération spectaculaire, on la connaissait depuis les premières révélations du Post, et le récit a fait le tour du monde. Mais ce qui change aujourd’hui, c’est que la CIA n’y croyait pas… et qu’elle tient à le faire savoir publiquement. Pourquoi ? Pourquoi donc la CIA tient-elle ainsi à faire savoir que les informations transmises par Israël n’étaient pas forcément aussi solides qu’on l’a cru ? Selon un responsable actuel et un ancien responsable du renseignement cités par le Washington Post, certains officiels américains ont vu dans l’alerte israélienne une tentative destinée à influencer Trump. C’est digne d’un roman d’espionnage. Je vous raconte. Attention, cela ne signifie pas que le danger iranien est imaginaire. Il faut se souvenir de l’assassinat, dans les premiers jours de 2020, du général des Gardiens de la Révolution, Soleimani. Sur ordre du président Trump. Depuis, Washington redoute que l’Iran cherche à tuer le président ou d’anciens responsables américains. Ces inquiétudes se sont renforcées depuis l’exécution du guide suprême iranien et de nombreux dirigeants du régime depuis le début de la guerre contre l’Iran. Trump a aussi été visé par trois projets d’assassinat connus depuis la campagne de 2024. Même si aucun lien avec Téhéran n’a été établi officiellement, des soutiens du président sont convaincus qu’au moins celui de Butler, quand une balle avait touché son oreille, a été commandité par le régime iranien. Mais une menace générale et persistante, ce n’est pas la même chose qu’un complot précis et imminent en Turquie. Et c’est cette distinction que des responsables américains tiennent à rendre publique. En faisant fuiter leurs doutes… dans le même journal qui a publié les révélations deux jours plus tôt. Un grand classique de la presse américaine, souvent nourrie par des fuites des services de renseignement qui s’assurent ainsi de trouver un large écho. Le Washington Post livre une autre piste, plus politique encore. L’information transmise par le gouvernement israélien visait-elle en réalité à influencer le président américain, comme l’affirment au Washington Post un responsable actuel et un ancien responsable du renseignement ? Israël considère l’Iran comme son danger le plus urgent. Mais il voit aussi la Turquie comme une menace à moyen ou long terme et s’inquiète du rapprochement entre Washington et Ankara, favorisé par la relation personnelle entre Trump et le président turc Recep Tayyip Erdogan. L’idée, c’est que présenter la Turquie comme le théâtre possible d’un attentat iranien contre Trump pouvait influer sur la manière dont le président américain perçoit à la fois Téhéran et Ankara. Le Post cite plusieurs sources qui suspectent que cette alerte faisait partie d’un schéma plus large. Des renseignements israéliens transmis aux Américains pour orienter les décisions de Donald Trump. Pourquoi des sources au sein des services américains tiennent-elles à révéler aujourd’hui leur scepticisme ? Ces sources anonymes n’expliquent pas précisément leurs motivations. Elles veulent d’abord protéger la CIA. Avec un dispositif de sécurité de cette ampleur, on pourrait croire que la sécurité du président américain était menacée de façon imminente. Les services souhaitent faire savoir que ce n’était pas le cas. Oui, d’accord, le Secret Service a agi selon sa propre logique. Un danger, même improbable, avec des conséquences potentiellement catastrophiques, ne peut pas être balayé d’un revers de main. Ceinture et bretelles. Avion leurre et chariot de nourriture. La décision du Secret Service prouve qu’il n’a voulu prendre aucun risque. Mais pas que la CIA croyait à l’information israélienne. Et la CIA a bien l’intention de le faire savoir. Et puis, ces fuites permettent aussi d’empêcher par avance toute instrumentalisation politique du renseignement. Si cette alerte devait être invoquée pour justifier de nouvelles frappes contre l’Iran. Ou une stratégie plus agressive. Ou une prise de distance avec la Turquie. Pour éviter de se retrouver dans cette situation, les services font savoir qu’ils n’y croyaient pas. Et qu’ils avaient fait part de leurs réserves depuis le départ. Une manière de faire connaître leur désaccord avant qu’une version officielle ne s’impose. Et un détail transmis au Post renforce ce scepticisme. Le secrétaire d’État Marco Rubio aurait été informé de l’alerte israélienne et du plan du Secret Service. Il a pourtant choisi d’embarquer dans l’ancien Air Force One. Celui qui aurait été ciblé dans un éventuel attentat. Ces révélations ne démontrent pas qu’Israël a inventé une menace ni que le Secret Service a réagi de manière excessive. Il était sans doute raisonnable de protéger Trump comme si le complot était réel. Mais cela ne signifie pas (que la CIA pensait) qu’il l’était. 🟨🟧 La défaite qui révèle les limites de la gauche de la gaucheJe vous ai raconté dans les deux précédents numéros de Zeitgeist la victoire d’El-Sayed, un candidat de la gauche de la gauche, dans une primaire sénatoriale du Michigan, qui a secoué la classe politique et réjoui le président Trump, qui le traite désormais de “djihadiste”. La réplique de cette victoire devait sonner mardi, à nouveau dans le Midwest, sur les bords du lac Michigan, dans l’État du Wisconsin. Francesca Hong devait gagner largement. Elle a finalement perdu d’un cheveu. 3000 voix sur plus de 600 000 votants. Cette élue locale du Wisconsin, membre des Democratic Socialists of America, abordait la primaire démocrate pour le poste de gouverneur avec une avance a priori impossible à combler. Une enquête la plaçait même avec vingt points d’avance. Quelques jours après la victoire d’Abdul El-Sayed dans la primaire sénatoriale du Michigan, le Wisconsin devait être une nouvelle étape dans la progression de la gauche de la gauche, en guerre contre l’establishment centriste du parti. C’est raté. Le Wisconsin sonne même comme un avertissement. Hong avait construit une machine de terrain efficace, avec des milliers de volontaires, un discours centré sur la couverture santé universelle, la taxation des plus riches et un moratoire sur les nouveaux data centers, un sujet qui fait tilt dans plusieurs élections à travers le pays (j’y reviendrai dans un prochain Zeitgeist). Mardi soir, c’est pourtant le candidat de l’establishment du parti qui l’a battue de quelques milliers de voix. Comment une favorite donnée vingt points devant a-t-elle pu perdre ? Bon, d’abord, une nouvelle fois, tout cela nous confirme que les sondeurs ont bien du mal à mesurer les intentions de vote de l’électorat populaire du Midwest. La semaine dernière, dans le Michigan voisin, ils avaient annoncé une victoire confortable d’El-Sayed. Il ne l’avait finalement emporté que de justesse. Et on l’a constaté, côté républicain, en 2016, en 2024 et même en 2020, les intentions de vote en faveur de Trump dans ces États déterminants avaient été sous-estimées. À chaque fois, c’est l’électorat populaire, plus rural et plus traditionnel, qui est mal mesuré. Ça promet pour 2028… Deuxième explication. Au moment où beaucoup d’électeurs ont seulement commencé à s’intéresser à la campagne, Hong a passé ses derniers jours à parler de tout sauf de son programme. D’anciens messages ont refait surface. Elle y réclamait notamment l’abolition de la police et proposait de “supprimer Thanksgiving”, une fête qui célébrerait selon elle le colonialisme. Bon courage pour se faire élire dans le Midwest traditionnel en dénigrant la fête préférée des Américains… Comme le résumait le jour du vote Fox News, “La candidate qui dénigrait Thanksgiving face aux électeurs du Wisconsin.” Lorsqu’elle a été interrogée sur CNN à ce sujet la semaine dernière, au lieu de balayer cette prise de position d’il y a quelques années, elle a péniblement tenté d’expliquer que cette journée pouvait être douloureuse pour certaines communautés. Ces contorsions laborieuses ont pu faire douter des électeurs qui auraient pu être séduits par ses propositions économiques mais qui n’étaient plus certains de ses chances de survivre à une élection face aux républicains. Les sondages qui la donnaient gagnante de la primaire la présentaient aussi comme la candidate démocrate la plus faible face au républicain. Même Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez avaient pris soin de ne pas appeler à voter pour elle. Ils sentaient bien qu’elle risquait de perdre l’élection en novembre si elle était désignée candidate. Or, l’enjeu de cette élection au poste de gouverneur est gigantesque. Car le Wisconsin n’est pas un État comme les autres. Trump y a battu Hillary Clinton de 22 748 voix en 2016. Biden l’a emporté de 20 682 voix en 2020. Trump a ensuite devancé Kamala Harris de 29 397 voix en 2024. Cinq des sept dernières présidentielles s’y sont jouées à moins d’un point. C’est l’État-bascule par excellence. Le gouverneur élu en novembre sera toujours en fonction lors de la présidentielle de 2028. Ce serait donc à lui de certifier les résultats de l’État. Or, le républicain n’est pas juste un candidat trumpiste. Il est un ultra-MAGA, qui s’est opposé à la certification de la victoire de Biden en 2020. Si les résultats de la présidentielle étaient contestés, le sort de la démocratie américaine pourrait se jouer dans le Wisconsin… et dans la décision que prendrait le gouverneur. La défaite de Hong ne signifie pas que la vague de gauche s’est brisée. Elle montre qu’elle peut être moins forte que prévu quand elle se fracasse sur le récif Trump. Dézoom Je vous ai présenté dans le dernier numéro l’influence du twitcheur Hasan Piker auprès d’un électorat à la gauche de la gauche. La défaite de Francesca Hong l’a fait sortir de ses gonds en direct. Il avait fait campagne avec elle. Alors que les premiers résultats montraient Hong très en dessous des sondages, Piker a lancé en direct : “Interdisez Thanksgiving et interdisez les boomers.” La formule faisait référence aux anciens messages de la candidate appelant à supprimer la fête américaine, mais surtout au rôle que le streamer attribuait aux électeurs âgés dans sa défaite. Il a ensuite prévenu que, désormais, “les couteaux seront sortis” contre les “démocrates socialistes” de l’aile gauche. Selon lui, l’establishment démocrate va tout faire pour les arrêter. 🟨🟧 Les Lakers, 3 jours et 12,5 milliardsÀ Los Angeles, même le sport ressemble à un scénario de film. L’ancien patron de Disney Bob Iger avait signé en 2019 le plus gros rachat de studio de l’histoire d’Hollywood en dépensant 71 milliards de dollars pour avaler presque tout l’empire Fox à Murdoch (sauf la chaîne généraliste Fox, Fox News, Fox Business et les chaînes locales). Iger entre à nouveau dans l’histoire du business en signant le plus gros rachat d’une équipe sportive de l’histoire. Il rachète pour 12,5 milliards les Lakers, club légendaire de la NBA. À peine un peu plus d’un an après avoir été vendue 10 milliards de dollars, l’équipe change de nouveau de mains. Et les acheteurs forment un tandem que Hollywood aurait pu inventer. Car Bob Iger n’est pas seul. L’homme fort de l’empire Disney pendant près d’un quart de siècle, qui a réuni Pixar, Marvel et Lucasfilm avec Mickey, s’est associé à Josh Kushner, milliardaire de la tech, frère de Jared, donc beau-frère d’Ivanka Trump. L’histoire de ce rachat est dingue. Elle commence à Las Vegas, il y a quelques jours seulement. Iger et Kushner s’intéressaient à une éventuelle franchise créée par la NBA dans la ville du Nevada. Puis, au cours du week-end, quelqu’un leur suggère que le propriétaire des Lakers, Mark Walter, pourrait être disposé à vendre l’équipe qu’il vient pourtant de racheter l’an passé. Ils abandonnent la piste du désert et foncent sur le joyau de Los Angeles, comme le raconte Bob Iger au California Post.
“Simple”, vraiment ? Comment pourrait-il être “simple” de racheter une institution du sport américain, aux 17 titres NBA, et revendue deux fois en un peu plus d’un an ? Mark Walter avait acquis en juin 2025 la majorité des parts, ce qui valorisait les Lakers à 10 milliards. Le patron de Guggenheim Partners possédait déjà la grande équipe de baseball de la ville, les Dodgers. Là où l’affaire devient intrigante, c’est que cette revente-éclair se passe alors que l’empire financier de Walter est visé par des enquêtes du parquet fédéral de Manhattan et de la SEC, l’organisme fédéral de contrôle des marchés financiers. 2,5 milliards de plus en un an ? On n’a pas le détail de la transaction. Bob Iger vient de quitter pour la seconde fois la direction de Disney. La NBA, c’est déjà son monde, puisque Disney possède ABC et ESPN, qui détiennent les droits de diffusion du championnat. Iger connaît aussi bien le sport et la télé, puisque l’ancien présentateur météo a fait ses classes dans le groupe ABC dans les années 80 et 90 et s’y est fait particulièrement remarquer en révolutionnant la couverture du sport. Son idée, alors très iconoclaste, ne plus le raconter uniquement comme du sport pour les passionnés de sport, mais comme une histoire humaine, avec des héros, de la gloire, du désespoir. Bref, comme un spectacle. Selon le California Post, c’est lui qui devrait être le plus actif dans la gestion des Lakers. Josh Kushner est moins connu qu’Iger. Moins connu aussi que son épouse, la mannequin Karlie Kloss, l’une des BFF de Taylor Swift. C’est le fils du promoteur Charles Kushner, actuel ambassadeur des États-Unis en France. Mais il n’a pas rejoint l’empire immobilier familial. En 2009, il a fondé Thrive Capital, devenu un poids lourd du capital-risque grâce à des paris sur Instagram, Spotify, OpenAI, SpaceX, SKIMS (les gaines moulantes de Kim Kardashian), ou le studio à succès A24. L’achat va se faire via la structure Thrive Eternal… quelques jours après l’effondrement d’un autre projet spectaculaire de Kushner. Oui, oui, oui, c’est lui qu’Infantino voulait faire entrer, pour plus de 4 milliards, dans une nouvelle entité commerciale de la FIFA. Face à la fronde du football mondial, Gianni Infantino a retiré sa proposition. Et puis, avec le nom Kushner sur la table, voici la question inévitable. Donald Trump a-t-il joué un rôle ? Josh est le frère cadet de Jared, mari d’Ivanka Trump et ancien conseiller de Trump à la Maison-Blanche. Leur père Charles a été gracié par Trump en 2020 avant de devenir ambassadeur en France et à Monaco. Mark Walter, lui, a été reçu à la Maison-Blanche en juin avec les Dodgers, honorés pour leur victoire aux World Series. Ajoutez les enquêtes fédérales et le projet FIFA porté avec Infantino, proche de Trump. Tout cela suffirait à faire naître un soupçon. Mais rien n’indique à ce stade que Trump ait facilité la vente, discuté des Lakers avec Walter, pesé sur les enquêtes ou servi d’intermédiaire. Et puis Josh Kushner est politiquement très éloigné du beau-père de son frère. Kushner est un soutien des démocrates, comme Iger, dont le nom a parfois circulé dans le passé pour une éventuelle candidature à la Maison-Blanche. |
🟨🟧 La CIA ne croyait pas au complot iranien visant l’avion de Trump
On apprend que les services américains jugeaient la menace "invraisemblable" et "impossible". Pourquoi Trump a-t-il malgré tout été exfiltré ? De nouvelles révélations dignes d’un roman d’espionnage.
Hi everyone, c’est Zeitgeist, depuis Chicago ce matin.
Dans le Wisconsin, la gauche de la gauche découvre les limites de sa vague. Une candidate largement favorite a-t-elle perdu parce qu’elle voulait “supprimer Thanksgiving” ? Dans la guerre entre l’aile gauche et l’establishment du parti, “les couteaux sont sortis”.
12,5 milliards de dollars pour les Lakers ! Jamais une équipe n’avait été vendue aussi cher. Ça s’est fait en 3 jours ! À la manœuvre, l’ancien patron de Disney Bob Iger et le beau-frère d’Ivanka Trump, Josh Kushner, qui voulait investir dans la FIFA il y a quelques jours. Donald Trump a-t-il joué un rôle dans ce rachat record ?
On se demandera aussi s’il faut supprimer les notes pour protéger la santé mentale des étudiants.
Et pourquoi, de New York au reste de l’Amérique, cet été semble ressusciter une chose que l’on croyait disparue : la joie simple d’être ensemble.
Je n’ai pas besoin de vous faire un dessin. Vous avez entendu parler depuis deux jours de cette exfiltration clandestine de Donald Trump depuis la Turquie.
Je vous avais raconté début juillet dans Zeitgeist que le président n’était pas reparti du sommet de l’OTAN avec son nouvel Air Force One offert par le Qatar et équipé à grands frais, mais dans un autre avion, un ancien Air Force One.
Or, le Washington Post a révélé avant-hier qu’en réalité, le président était reparti dans un troisième avion militaire, plus petit, un Air Force C-32A, escorté par des F-16 jusqu’en Grande-Bretagne.
Le Secret Service a décidé de l’exfiltrer en le faisant sortir par un chariot de restauration utilisé pour charger les repas. Depuis, les mèmes pullulent sur les réseaux.
Ce qui a fait polémique ici, depuis deux jours, c’est que le Boeing présidentiel a servi de leurre avec des journalistes et des membres de la Maison-Blanche à bord.
Mais cette nuit, le même Washington Post révèle quelque chose de très intéressant.
La CIA ne croyait pas à cette menace. Et tient à le faire savoir avec cette fuite.
"Certains responsables américains estimaient que ce prétendu complot était irréalisable, invraisemblable, et même impossible."
Ces informations sur un projet iranien d’assassinat contre le président n’avaient pas été recueillies par des services américains. Elles avaient été transmises par le gouvernement israélien à la CIA. Or, les analystes américains ne les jugeaient pas convaincantes et avaient fait part de leur scepticisme aux responsables de l’administration Trump.
Un responsable cité par le Washington Post décrit un renseignement “d’origine israélienne, non produit par les États-Unis” et évalué avec un “faible degré de confiance”.
Autrement dit, la CIA ne pouvait pas démontrer que l’information était fausse. Mais elle ne disposait pas d’éléments solides pour la considérer comme fiable.
Le Secret Service a choisi de ne courir aucun risque. Depuis l’assassinat du président Kennedy, c’est le Secret Service qui décide, pas le président. C’est pour cela qu’à la fin du sommet de l’OTAN à Ankara, Trump est monté devant les caméras dans l’ancien Air Force One, avant de le quitter secrètement.
Cette opération spectaculaire, on la connaissait depuis les premières révélations du Post, et le récit a fait le tour du monde.
Mais ce qui change aujourd’hui, c’est que la CIA n’y croyait pas… et qu’elle tient à le faire savoir publiquement.
Pourquoi ? Pourquoi donc la CIA tient-elle ainsi à faire savoir que les informations transmises par Israël n’étaient pas forcément aussi solides qu’on l’a cru ?
Selon un responsable actuel et un ancien responsable du renseignement cités par le Washington Post, certains officiels américains ont vu dans l’alerte israélienne une tentative destinée à influencer Trump.
C’est digne d’un roman d’espionnage.
Je vous raconte.
Attention, cela ne signifie pas que le danger iranien est imaginaire.
Il faut se souvenir de l’assassinat, dans les premiers jours de 2020, du général des Gardiens de la Révolution, Soleimani. Sur ordre du président Trump.
Depuis, Washington redoute que l’Iran cherche à tuer le président ou d’anciens responsables américains. Ces inquiétudes se sont renforcées depuis l’exécution du guide suprême iranien et de nombreux dirigeants du régime depuis le début de la guerre contre l’Iran.
Trump a aussi été visé par trois projets d’assassinat connus depuis la campagne de 2024. Même si aucun lien avec Téhéran n’a été établi officiellement, des soutiens du président sont convaincus qu’au moins celui de Butler, quand une balle avait touché son oreille, a été commandité par le régime iranien.
Mais une menace générale et persistante, ce n’est pas la même chose qu’un complot précis et imminent en Turquie.
Et c’est cette distinction que des responsables américains tiennent à rendre publique. En faisant fuiter leurs doutes… dans le même journal qui a publié les révélations deux jours plus tôt. Un grand classique de la presse américaine, souvent nourrie par des fuites des services de renseignement qui s’assurent ainsi de trouver un large écho.
Le Washington Post livre une autre piste, plus politique encore. L’information transmise par le gouvernement israélien visait-elle en réalité à influencer le président américain, comme l’affirment au Washington Post un responsable actuel et un ancien responsable du renseignement ?
Israël considère l’Iran comme son danger le plus urgent. Mais il voit aussi la Turquie comme une menace à moyen ou long terme et s’inquiète du rapprochement entre Washington et Ankara, favorisé par la relation personnelle entre Trump et le président turc Recep Tayyip Erdogan.
L’idée, c’est que présenter la Turquie comme le théâtre possible d’un attentat iranien contre Trump pouvait influer sur la manière dont le président américain perçoit à la fois Téhéran et Ankara.
Le Post cite plusieurs sources qui suspectent que cette alerte faisait partie d’un schéma plus large. Des renseignements israéliens transmis aux Américains pour orienter les décisions de Donald Trump.
Pourquoi des sources au sein des services américains tiennent-elles à révéler aujourd’hui leur scepticisme ?
Ces sources anonymes n’expliquent pas précisément leurs motivations.
Mais leur message, transmis via le Washington Post, paraît assez clair.
Elles veulent d’abord protéger la CIA. Avec un dispositif de sécurité de cette ampleur, on pourrait croire que la sécurité du président américain était menacée de façon imminente.
Les services souhaitent faire savoir que ce n’était pas le cas.
Oui, d’accord, le Secret Service a agi selon sa propre logique. Un danger, même improbable, avec des conséquences potentiellement catastrophiques, ne peut pas être balayé d’un revers de main. Ceinture et bretelles. Avion leurre et chariot de nourriture.
La décision du Secret Service prouve qu’il n’a voulu prendre aucun risque. Mais pas que la CIA croyait à l’information israélienne. Et la CIA a bien l’intention de le faire savoir.
Et puis, ces fuites permettent aussi d’empêcher par avance toute instrumentalisation politique du renseignement.
Si cette alerte devait être invoquée pour justifier de nouvelles frappes contre l’Iran. Ou une stratégie plus agressive. Ou une prise de distance avec la Turquie. Pour éviter de se retrouver dans cette situation, les services font savoir qu’ils n’y croyaient pas. Et qu’ils avaient fait part de leurs réserves depuis le départ.
Une manière de faire connaître leur désaccord avant qu’une version officielle ne s’impose.
Et un détail transmis au Post renforce ce scepticisme.
Le secrétaire d’État Marco Rubio aurait été informé de l’alerte israélienne et du plan du Secret Service.
Il a pourtant choisi d’embarquer dans l’ancien Air Force One. Celui qui aurait été ciblé dans un éventuel attentat.
Ces révélations ne démontrent pas qu’Israël a inventé une menace ni que le Secret Service a réagi de manière excessive. Il était sans doute raisonnable de protéger Trump comme si le complot était réel.
Mais cela ne signifie pas (que la CIA pensait) qu’il l’était.
🟨🟧 La défaite qui révèle les limites de la gauche de la gauche
Je vous ai raconté dans les deux précédents numéros de Zeitgeist la victoire d’El-Sayed, un candidat de la gauche de la gauche, dans une primaire sénatoriale du Michigan, qui a secoué la classe politique et réjoui le président Trump, qui le traite désormais de “djihadiste”.
La réplique de cette victoire devait sonner mardi, à nouveau dans le Midwest, sur les bords du lac Michigan, dans l’État du Wisconsin.
Francesca Hong devait gagner largement. Elle a finalement perdu d’un cheveu.
3000 voix sur plus de 600 000 votants.
Cette élue locale du Wisconsin, membre des Democratic Socialists of America, abordait la primaire démocrate pour le poste de gouverneur avec une avance a priori impossible à combler.
Une enquête la plaçait même avec vingt points d’avance.
Quelques jours après la victoire d’Abdul El-Sayed dans la primaire sénatoriale du Michigan, le Wisconsin devait être une nouvelle étape dans la progression de la gauche de la gauche, en guerre contre l’establishment centriste du parti.
C’est raté. Le Wisconsin sonne même comme un avertissement.
Hong avait construit une machine de terrain efficace, avec des milliers de volontaires, un discours centré sur la couverture santé universelle, la taxation des plus riches et un moratoire sur les nouveaux data centers, un sujet qui fait tilt dans plusieurs élections à travers le pays (j’y reviendrai dans un prochain Zeitgeist).
Mardi soir, c’est pourtant le candidat de l’establishment du parti qui l’a battue de quelques milliers de voix.
Comment une favorite donnée vingt points devant a-t-elle pu perdre ?
Bon, d’abord, une nouvelle fois, tout cela nous confirme que les sondeurs ont bien du mal à mesurer les intentions de vote de l’électorat populaire du Midwest. La semaine dernière, dans le Michigan voisin, ils avaient annoncé une victoire confortable d’El-Sayed. Il ne l’avait finalement emporté que de justesse. Et on l’a constaté, côté républicain, en 2016, en 2024 et même en 2020, les intentions de vote en faveur de Trump dans ces États déterminants avaient été sous-estimées. À chaque fois, c’est l’électorat populaire, plus rural et plus traditionnel, qui est mal mesuré. Ça promet pour 2028…
Deuxième explication. Au moment où beaucoup d’électeurs ont seulement commencé à s’intéresser à la campagne, Hong a passé ses derniers jours à parler de tout sauf de son programme.
D’anciens messages ont refait surface. Elle y réclamait notamment l’abolition de la police et proposait de “supprimer Thanksgiving”, une fête qui célébrerait selon elle le colonialisme. Bon courage pour se faire élire dans le Midwest traditionnel en dénigrant la fête préférée des Américains…
Comme le résumait le jour du vote Fox News, “La candidate qui dénigrait Thanksgiving face aux électeurs du Wisconsin.”
Lorsqu’elle a été interrogée sur CNN à ce sujet la semaine dernière, au lieu de balayer cette prise de position d’il y a quelques années, elle a péniblement tenté d’expliquer que cette journée pouvait être douloureuse pour certaines communautés.
Ces contorsions laborieuses ont pu faire douter des électeurs qui auraient pu être séduits par ses propositions économiques mais qui n’étaient plus certains de ses chances de survivre à une élection face aux républicains. Les sondages qui la donnaient gagnante de la primaire la présentaient aussi comme la candidate démocrate la plus faible face au républicain.
Même Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez avaient pris soin de ne pas appeler à voter pour elle. Ils sentaient bien qu’elle risquait de perdre l’élection en novembre si elle était désignée candidate.
Or, l’enjeu de cette élection au poste de gouverneur est gigantesque.
Car le Wisconsin n’est pas un État comme les autres. Trump y a battu Hillary Clinton de 22 748 voix en 2016. Biden l’a emporté de 20 682 voix en 2020. Trump a ensuite devancé Kamala Harris de 29 397 voix en 2024. Cinq des sept dernières présidentielles s’y sont jouées à moins d’un point.
C’est l’État-bascule par excellence.
Le gouverneur élu en novembre sera toujours en fonction lors de la présidentielle de 2028.
Ce serait donc à lui de certifier les résultats de l’État. Or, le républicain n’est pas juste un candidat trumpiste. Il est un ultra-MAGA, qui s’est opposé à la certification de la victoire de Biden en 2020.
Si les résultats de la présidentielle étaient contestés, le sort de la démocratie américaine pourrait se jouer dans le Wisconsin… et dans la décision que prendrait le gouverneur.
La défaite de Hong ne signifie pas que la vague de gauche s’est brisée.
Elle montre qu’elle peut être moins forte que prévu quand elle se fracasse sur le récif Trump.
Dézoom
Je vous ai présenté dans le dernier numéro l’influence du twitcheur Hasan Piker auprès d’un électorat à la gauche de la gauche.
La défaite de Francesca Hong l’a fait sortir de ses gonds en direct. Il avait fait campagne avec elle.
Alors que les premiers résultats montraient Hong très en dessous des sondages, Piker a lancé en direct : “Interdisez Thanksgiving et interdisez les boomers.” La formule faisait référence aux anciens messages de la candidate appelant à supprimer la fête américaine, mais surtout au rôle que le streamer attribuait aux électeurs âgés dans sa défaite.
Il a ensuite prévenu que, désormais, “les couteaux seront sortis” contre les “démocrates socialistes” de l’aile gauche. Selon lui, l’establishment démocrate va tout faire pour les arrêter.
🟨🟧 Les Lakers, 3 jours et 12,5 milliards
À Los Angeles, même le sport ressemble à un scénario de film.
L’ancien patron de Disney Bob Iger avait signé en 2019 le plus gros rachat de studio de l’histoire d’Hollywood en dépensant 71 milliards de dollars pour avaler presque tout l’empire Fox à Murdoch (sauf la chaîne généraliste Fox, Fox News, Fox Business et les chaînes locales).
Iger entre à nouveau dans l’histoire du business en signant le plus gros rachat d’une équipe sportive de l’histoire. Il rachète pour 12,5 milliards les Lakers, club légendaire de la NBA. À peine un peu plus d’un an après avoir été vendue 10 milliards de dollars, l’équipe change de nouveau de mains.
Et les acheteurs forment un tandem que Hollywood aurait pu inventer. Car Bob Iger n’est pas seul.
L’homme fort de l’empire Disney pendant près d’un quart de siècle, qui a réuni Pixar, Marvel et Lucasfilm avec Mickey, s’est associé à Josh Kushner, milliardaire de la tech, frère de Jared, donc beau-frère d’Ivanka Trump.
L’histoire de ce rachat est dingue.
Elle commence à Las Vegas, il y a quelques jours seulement. Iger et Kushner s’intéressaient à une éventuelle franchise créée par la NBA dans la ville du Nevada. Puis, au cours du week-end, quelqu’un leur suggère que le propriétaire des Lakers, Mark Walter, pourrait être disposé à vendre l’équipe qu’il vient pourtant de racheter l’an passé. Ils abandonnent la piste du désert et foncent sur le joyau de Los Angeles, comme le raconte Bob Iger au California Post.
“Le deal s’est fait en trois jours. C’est aussi simple que cela.”
“Simple”, vraiment ? Comment pourrait-il être “simple” de racheter une institution du sport américain, aux 17 titres NBA, et revendue deux fois en un peu plus d’un an ?
Mark Walter avait acquis en juin 2025 la majorité des parts, ce qui valorisait les Lakers à 10 milliards. Le patron de Guggenheim Partners possédait déjà la grande équipe de baseball de la ville, les Dodgers.
Là où l’affaire devient intrigante, c’est que cette revente-éclair se passe alors que l’empire financier de Walter est visé par des enquêtes du parquet fédéral de Manhattan et de la SEC, l’organisme fédéral de contrôle des marchés financiers.
2,5 milliards de plus en un an ? On n’a pas le détail de la transaction.
Bob Iger vient de quitter pour la seconde fois la direction de Disney. La NBA, c’est déjà son monde, puisque Disney possède ABC et ESPN, qui détiennent les droits de diffusion du championnat. Iger connaît aussi bien le sport et la télé, puisque l’ancien présentateur météo a fait ses classes dans le groupe ABC dans les années 80 et 90 et s’y est fait particulièrement remarquer en révolutionnant la couverture du sport. Son idée, alors très iconoclaste, ne plus le raconter uniquement comme du sport pour les passionnés de sport, mais comme une histoire humaine, avec des héros, de la gloire, du désespoir. Bref, comme un spectacle.
Selon le California Post, c’est lui qui devrait être le plus actif dans la gestion des Lakers.
Josh Kushner est moins connu qu’Iger. Moins connu aussi que son épouse, la mannequin Karlie Kloss, l’une des BFF de Taylor Swift.
C’est le fils du promoteur Charles Kushner, actuel ambassadeur des États-Unis en France. Mais il n’a pas rejoint l’empire immobilier familial. En 2009, il a fondé Thrive Capital, devenu un poids lourd du capital-risque grâce à des paris sur Instagram, Spotify, OpenAI, SpaceX, SKIMS (les gaines moulantes de Kim Kardashian), ou le studio à succès A24.
L’achat va se faire via la structure Thrive Eternal… quelques jours après l’effondrement d’un autre projet spectaculaire de Kushner. Oui, oui, oui, c’est lui qu’Infantino voulait faire entrer, pour plus de 4 milliards, dans une nouvelle entité commerciale de la FIFA. Face à la fronde du football mondial, Gianni Infantino a retiré sa proposition.
Et puis, avec le nom Kushner sur la table, voici la question inévitable.
Donald Trump a-t-il joué un rôle ?
Josh est le frère cadet de Jared, mari d’Ivanka Trump et ancien conseiller de Trump à la Maison-Blanche. Leur père Charles a été gracié par Trump en 2020 avant de devenir ambassadeur en France et à Monaco. Mark Walter, lui, a été reçu à la Maison-Blanche en juin avec les Dodgers, honorés pour leur victoire aux World Series. Ajoutez les enquêtes fédérales et le projet FIFA porté avec Infantino, proche de Trump. Tout cela suffirait à faire naître un soupçon.
Mais rien n’indique à ce stade que Trump ait facilité la vente, discuté des Lakers avec Walter, pesé sur les enquêtes ou servi d’intermédiaire.
Et puis Josh Kushner est politiquement très éloigné du beau-père de son frère. Kushner est un soutien des démocrates, comme Iger, dont le nom a parfois circulé dans le passé pour une éventuelle candidature à la Maison-Blanche.
🟨🟧 Supprimer les notes pour protéger la santé mentale des étudiants ?
Un 📚 Food for Thought de pré-rentrée, en cette mi-août, à partir d’un papier du New York Times qui m’a laissé songeur.
J’ai découvert que l’Université du Michigan va renoncer aux notes traditionnelles pour préserver la santé mentale des nouveaux étudiants.
Elle remplacera les notes traditionnelles du premier semestre par un système de type “validé” ou “aucun crédit”, afin de faciliter leur arrivée dans l’enseignement supérieur, de les encourager à essayer des matières nouvelles et de réduire une pression académique jugée néfaste pour leur santé mentale.
Selon le récit de Mark Arsenault dans le New York Times, l’expérience ne concernera pas toute l’université. Elle s’appliquera au College of Literature, Science and the Arts, la plus grande faculté du Michigan, qui accueille environ 3 500 étudiants de première année sur les quelque 8 000 que compte l’université.
Les notes ne disparaîtront pas complètement. L’université continuera à les enregistrer en interne, notamment pour ses obligations administratives et l’attribution des distinctions académiques. Mais elles ne figureront pas sur les relevés remis aux étudiants et n’entreront pas dans le calcul de leur moyenne générale. Pour chaque cours du premier semestre, le relevé indiquera simplement “pass” ou “no credit”.
Donc l’évaluation ne va pas disparaitre. Les examens ne seront pas accordés automatiquement aux étudiants. Mais l’université veut éviter les conséquences psychologiques d’une note moyenne ou faible.
Elle explique au New York Times vouloir aider les étudiants à “s’acclimater aux exigences de l’université” et à endiguer la crise de santé mentale qui touche cette génération.
L’hypothèse derrière cette initiative, c’est que, si les étudiants sont libérés momentanément de la course à la meilleure note, ils pourraient choisir un cours, une discipline ou un domaine inconnu sans craindre qu’un premier échec ait des conséquences à long terme.
Le New York Times rappelle que le très respecté MIT (Massachusetts Institute of Technology) applique déjà un système comparable. Les résultats du premier semestre y apparaissent sous la forme “pass” ou “no record”.
À Brown, prestigieuse université de l’Ivy League, de nombreux cours permettent aux étudiants de choisir un système qui repose sur un principe un peu similaire.
Ces établissements estiment que les notes qui comparent les étudiants entre eux ont tendance à accroître l’anxiété.
Mais derrière cette réforme, la question que je me pose, c’est est-ce qu’on ne protège pas exagérément les jeunes adultes en évitant, ou en repoussant, leur première expérience de la difficulté ou de l’échec ? Est-ce qu’on ne les fragilise pas davantage ?
Le New York Times cite un spécialiste de l’éducation dans un think tank plutôt conservateur, qui juge que c’est “exactement le mauvais diagnostic”. Selon lui, envelopper les étudiants dans du coton n’améliore pas leur santé mentale. Cela renforce encore le sentiment de tout mériter.
Un psychothérapeute reconnaît qu’une mauvaise note peut être douloureuse et provoquer de l’anxiété, “mais se sentir mal n’est pas la même chose qu’aller mal”. Apprendre à supporter ces déceptions et à continuer prépare à la vie adulte.
Le débat est d’autant plus intéressant que Harvard a choisi le chemin inverse. Pour lutter contre l’inflation des notes, sa faculté des arts et des sciences a décidé de limiter les meilleures notes. Pas plus de 20 % de A.
Donc, d’un côté, l’Université du Michigan suspend les notes et la hiérarchie entre élèves pour les nouveaux étudiants. De l’autre, Harvard rétablit de la rareté et donc davantage de compétition.
Pour l’une, la pression de la note empêche les étudiants d’apprendre, d’explorer et de trouver leur équilibre. Pour l’autre, une note qui ne distingue plus suffisamment les performances perd sa valeur.
Alors, renoncer aux notes, est-ce une capitulation devant l’anxiété ? Ou une manière intelligente de redonner à l’apprentissage la priorité sur le classement ?
Dites-moi ce que vous en pensez.
Y a de la joie !
Je ne sais pas si c’est parce que j’ai encore l’esprit en congé pour quelques jours. Ou si le ciel en Amérique du Nord semble, pour une fois, plus clément qu’en Europe.
Bon, à part un jour où j’étais à New York la semaine passée avec un niveau d’humidité digne de l’Amazonie, prévenait Al Roker, le célèbre présentateur météo du Today Show sur NBC. Et une alerte aux tornades il y a deux jours à Chicago, où je suis cette semaine (j’ouvre une parenthèse, j’ai visité hier la bibliothèque présidentielle Obama, qui vient d’ouvrir, aussi réussie que celle de JFK à Boston ou celle de Ronald Reagan dans les montagnes au nord de Los Angeles. À Trump de faire mieux dans sa future tour à Miami…)
Mais on sent bien qu’il y a quelque chose dans l’air, ici, cet été.
Et je ne suis pas le seul à le penser.
“It’s the Summer of New York”, s’enthousiasmait récemment Associated Press dans un style loin des canons du style AP, d’ordinaire plus austère.
“New York est une ville où la séduction livre un combat permanent aux difficultés du quotidien, où l’excitation de trouver une place assise dans le métro se heurte à la découverte que la rame est vide parce que son unique passager y projette des détritus dans tous les sens. Les trajets interminables, les files d’attente, les boîtes de céréales à 9 dollars, les hamburgers à 32 dollars, les appartements minuscules aux loyers titanesques, les monceaux d’ordures sur les trottoirs, le rat éventré sur lequel on manque de marcher dans la rue : tout cela peut finir par former un trop-plein qui, le temps d’une saison, sépare ceux qui ne font que passer à New York de ceux qui y resteront toute leur vie.”
“Et puis il y a ces jours où les rues semblent sorties d’un livre d’images, déployant toute la splendeur éclectique et utopique dont Richard Scarry aurait pu rêver ; où, en sortant d’une fromagerie incroyablement petite et infiniment charmante, on tombe sur un concert de musique classique improvisé sur le perron d’un immeuble. Les voisins échangent des regards entendus devant l’absurdité du spectacle qui se déroule sous leurs yeux, les parcs se déploient comme des tableaux, la mosaïque humaine paraît vibrer à l’unisson, les lumières scintillent, les raviolis ne coûtent presque rien, la pizza est parfaite, les bagels sortent du four et tous les rêves se réalisent.”
Tout a commencé avec la victoire des Knicks en mai, qui a rassemblé la ville, comme le vantait dans le New York Times Spike Lee, légendaire fan de l’équipe de NBA. Même quand elle désespérait tout le monde et faisait rire le reste du pays.
“C’est vraiment Fun City qui renaît !”
Puis la Coupe du monde. Les fans norvégiens qui mimaient à Times Square les coups de rame des drakkars vikings ? Même si les matchs avaient lieu de l’autre côté de l’Hudson, donc dans le New Jersey… Mais c’est quand même bien le stade des New York Giants, non ? Times Square, le carrefour du monde, comme disent les New-Yorkais.
Times Square, où Madonna a rassemblé ses fans pour la sortie de son nouvel album qui ravive l’esprit de Danceteria, la boîte des années 80 près du Flatiron Building ?
Elle fait même la une d’Interview, le magazine d’Andy Warhol.
Faut-il ajouter les noces de la décennie, la Tay-Tay Taylor Swift de “Welcome to New York” et Travis Kelce des Kansas City Chiefs, la cheerleader et le quarterback, mythologie des lycées américains, qui ont choisi pour convoler le temple du Madison Square Garden, le Garden comme l’appellent les New-Yorkais, bâti au-dessus de la gare de Penn Station refaite à neuf et qui a enfin retrouvé un peu d’éclat en envahissant l’ancien bureau de poste central ?
Les New-Yorkais les plus à gauche y voient un esprit Mamdani, même si la lune de miel avec les New-Yorkais est en train de s’effilocher avec les premières déconvenues politiques, mais cet esprit rassemble tous les camps politiques, observe AP :
“Cette ville a connu des saisons de toutes sortes, depuis cet automne de deuil qui suivit le 11-Septembre jusqu’à ce printemps de solitude et d’appréhension où la pandémie de Covid-19 commençait à se manifester. Elles finissent toujours par passer. La ville poursuit sa marche en avant. Mais aussi longtemps que se prolongera cet ‘été de New York’ et que la ville vibrera d’ondes positives, les New-Yorkais en savoureront chaque instant.” (…)
“Dans cette ville meurtrie par le terrorisme, plongée dans le noir par une panne géante et submergée par les tempêtes, aucun New-Yorkais ne serait assez naïf pour croire que tout cela durera. Les loyers augmenteront. Les récriminations reprendront. Les odeurs et la foule redeviendront insupportables.”
“Mais que l’on se souvienne de ceci : pendant un merveilleux moment de l’été 2026, la joie régnait ici.”
Oui c’est bien cela que l’on sent. De la joie.
“Wait a minute”, vient de répondre le Wall Street Journal. Ce n’est pas qu’à New York que souffle cet air particulier.
“L’été a commencé par le parcours haletant des New York Knicks jusqu’au titre de champion NBA. La ferveur était particulièrement intense à New York, où chaque rue ou presque semblait s’être transformée en écran géant à ciel ouvert, mais l’engouement pour Jalen Brunson et Karl-Anthony Towns s’est propagé dans tout le pays. Peu après, la Coupe du monde a fait de joueurs comme l’Espagnol Lamine Yamal et le Norvégien Erling Haaland de véritables célébrités, convertissant au football des personnes qui, jusque-là, ignoraient tout de la règle du hors-jeu.”
Et l’explication de cet été particulier, ce n’est pas seulement New York.
C’est “l’été du grand retour de la monoculture”, titre le WSJ.
“La fin de la monoculture a été largement annoncée.”
“Au début de l’année, dans ce journal, Ben Fritz écrivait que la ‘monoculture’, ces divertissements consommés par tous, ‘se meurt à toute vitesse’. La preuve, selon lui : ‘nous regardons et écoutons tous des choses différentes, servies par des algorithmes conçus pour nous diviser en consommateurs individuellement comblés’.”
“Cet été a pourtant laissé entrevoir autre chose : les gens aspirent toujours à retrouver cette sensation qui consiste à regarder, à acclamer et à commenter la même chose au même moment. On dirait que la monoculture tente, à tout le moins, de s’accrocher désespérément. De la Coupe du monde à ‘L’Odyssée’ en passant par ‘Spider-Man: Brand New Day’, nous voilà enfin tous à regarder les mêmes choses, à exulter ensemble devant des buts et des héros légendaires, qu’ils soient dotés de super-pouvoirs ou non. Nous avons vu les passionnés de football stimuler les économies locales, et Spider battre des records au box-office. C’était formidable.”
“Cet été, il semble effectivement que nous ayons, le plus souvent, la même conversation, comme cela ne nous était plus arrivé, me semble-t-il, depuis la pandémie de Covid.”
Alors, si, comme mon mari, vous êtes secrètement impatients de voir dans les magasins les rayons Halloween se garnir (oui, il chantonne toute la journée Nat King Cole, “The falling leaves drift by the window / The autumn leaves of red and gold”), en pensant à l’arrivée imminente de l’automne, la saison la plus glorious dans le Nord-Est aux couleurs dorées de l’été indien, que le retour de l’arôme “épice de potiron” chez Starbucks dès la fin août vous ravit, j’espère que les New-Yorkais garderont en mémoire, comme Esther Zuckerman du Wall Street Journal, que quelque chose a changé cet été :
“On sent très nettement que les gens recherchent ces moments de communion. J’ai adoré les signes de connivence échangés avec ceux qui, eux aussi vêtus aux couleurs des Knicks, allaient chercher leur café du matin. Entendre des acclamations depuis le trottoir et comprendre qu’une foule était réunie pour regarder un match avait quelque chose d’électrisant. J’ai trouvé réconfortant de voir les cinémas multiplexes pris d’assaut, même si cela signifiait que leurs sols étaient encore plus collants à cause des sodas renversés. J’ai même savouré ce week-end où nous n’avons cessé d’actualiser nos téléphones pour voir si Swift allait publier des photos de sa robe Dior.”
“La monoculture ne nous oblige pas à être d’accord, mais elle nous impose de partager quelque chose. Et, grâce à ce partage, j’ai aimé me sentir cet été un peu plus proche de mes semblables.”
Thank you and goodbye.
PhC
Y a de la joie !
Je ne sais pas si c’est parce que j’ai encore l’esprit en congé pour quelques jours. Ou si le ciel en Amérique du Nord semble, pour une fois, plus clément qu’en Europe.
Bon, à part un jour où j’étais à New York la semaine passée avec un niveau d’humidité digne de l’Amazonie, prévenait Al Roker, le célèbre présentateur météo du Today Show sur NBC. Et une alerte aux tornades il y a deux jours à Chicago, où je suis cette semaine (j’ouvre une parenthèse, j’ai visité hier la bibliothèque présidentielle Obama, qui vient d’ouvrir, aussi réussie que celle de JFK à Boston ou celle de Ronald Reagan dans les montagnes au nord de Los Angeles. À Trump de faire mieux dans sa future tour à Miami…)
Mais on sent bien qu’il y a quelque chose dans l’air, ici, cet été.
Et je ne suis pas le seul à le penser.
“It’s the Summer of New York”, s’enthousiasmait récemment Associated Press dans un style loin des canons du style AP, d’ordinaire plus austère.
“New York est une ville où la séduction livre un combat permanent aux difficultés du quotidien, où l’excitation de trouver une place assise dans le métro se heurte à la découverte que la rame est vide parce que son unique passager y projette des détritus dans tous les sens. Les trajets interminables, les files d’attente, les boîtes de céréales à 9 dollars, les hamburgers à 32 dollars, les appartements minuscules aux loyers titanesques, les monceaux d’ordures sur les trottoirs, le rat éventré sur lequel on manque de marcher dans la rue : tout cela peut finir par former un trop-plein qui, le temps d’une saison, sépare ceux qui ne font que passer à New York de ceux qui y resteront toute leur vie.”
“Et puis il y a ces jours où les rues semblent sorties d’un livre d’images, déployant toute la splendeur éclectique et utopique dont Richard Scarry aurait pu rêver ; où, en sortant d’une fromagerie incroyablement petite et infiniment charmante, on tombe sur un concert de musique classique improvisé sur le perron d’un immeuble. Les voisins échangent des regards entendus devant l’absurdité du spectacle qui se déroule sous leurs yeux, les parcs se déploient comme des tableaux, la mosaïque humaine paraît vibrer à l’unisson, les lumières scintillent, les raviolis ne coûtent presque rien, la pizza est parfaite, les bagels sortent du four et tous les rêves se réalisent.”
Tout a commencé avec la victoire des Knicks en mai, qui a rassemblé la ville, comme le vantait dans le New York Times Spike Lee, légendaire fan de l’équipe de NBA. Même quand elle désespérait tout le monde et faisait rire le reste du pays.
“C’est vraiment Fun City qui renaît !”
Puis la Coupe du monde. Les fans norvégiens qui mimaient à Times Square les coups de rame des drakkars vikings ? Même si les matchs avaient lieu de l’autre côté de l’Hudson, donc dans le New Jersey… Mais c’est quand même bien le stade des New York Giants, non ? Times Square, le carrefour du monde, comme disent les New-Yorkais.
Times Square, où Madonna a rassemblé ses fans pour la sortie de son nouvel album qui ravive l’esprit de Danceteria, la boîte des années 80 près du Flatiron Building ?
Elle fait même la une d’Interview, le magazine d’Andy Warhol.
Faut-il ajouter les noces de la décennie, la Tay-Tay Taylor Swift de “Welcome to New York” et Travis Kelce des Kansas City Chiefs, la cheerleader et le quarterback, mythologie des lycées américains, qui ont choisi pour convoler le temple du Madison Square Garden, le Garden comme l’appellent les New-Yorkais, bâti au-dessus de la gare de Penn Station refaite à neuf et qui a enfin retrouvé un peu d’éclat en envahissant l’ancien bureau de poste central ?
Les New-Yorkais les plus à gauche y voient un esprit Mamdani, même si la lune de miel avec les New-Yorkais est en train de s’effilocher avec les premières déconvenues politiques, mais cet esprit rassemble tous les camps politiques, observe AP :
“Cette ville a connu des saisons de toutes sortes, depuis cet automne de deuil qui suivit le 11-Septembre jusqu’à ce printemps de solitude et d’appréhension où la pandémie de Covid-19 commençait à se manifester. Elles finissent toujours par passer. La ville poursuit sa marche en avant. Mais aussi longtemps que se prolongera cet ‘été de New York’ et que la ville vibrera d’ondes positives, les New-Yorkais en savoureront chaque instant.” (…)
“Dans cette ville meurtrie par le terrorisme, plongée dans le noir par une panne géante et submergée par les tempêtes, aucun New-Yorkais ne serait assez naïf pour croire que tout cela durera. Les loyers augmenteront. Les récriminations reprendront. Les odeurs et la foule redeviendront insupportables.”
“Mais que l’on se souvienne de ceci : pendant un merveilleux moment de l’été 2026, la joie régnait ici.”
Oui c’est bien cela que l’on sent. De la joie.
“Wait a minute”, vient de répondre le Wall Street Journal. Ce n’est pas qu’à New York que souffle cet air particulier.
“L’été a commencé par le parcours haletant des New York Knicks jusqu’au titre de champion NBA. La ferveur était particulièrement intense à New York, où chaque rue ou presque semblait s’être transformée en écran géant à ciel ouvert, mais l’engouement pour Jalen Brunson et Karl-Anthony Towns s’est propagé dans tout le pays. Peu après, la Coupe du monde a fait de joueurs comme l’Espagnol Lamine Yamal et le Norvégien Erling Haaland de véritables célébrités, convertissant au football des personnes qui, jusque-là, ignoraient tout de la règle du hors-jeu.”
Et l’explication de cet été particulier, ce n’est pas seulement New York.
C’est “l’été du grand retour de la monoculture”, titre le WSJ.
“La fin de la monoculture a été largement annoncée.”
“Au début de l’année, dans ce journal, Ben Fritz écrivait que la ‘monoculture’, ces divertissements consommés par tous, ‘se meurt à toute vitesse’. La preuve, selon lui : ‘nous regardons et écoutons tous des choses différentes, servies par des algorithmes conçus pour nous diviser en consommateurs individuellement comblés’.”
“Cet été a pourtant laissé entrevoir autre chose : les gens aspirent toujours à retrouver cette sensation qui consiste à regarder, à acclamer et à commenter la même chose au même moment. On dirait que la monoculture tente, à tout le moins, de s’accrocher désespérément. De la Coupe du monde à ‘L’Odyssée’ en passant par ‘Spider-Man: Brand New Day’, nous voilà enfin tous à regarder les mêmes choses, à exulter ensemble devant des buts et des héros légendaires, qu’ils soient dotés de super-pouvoirs ou non. Nous avons vu les passionnés de football stimuler les économies locales, et Spider battre des records au box-office. C’était formidable.”
“Cet été, il semble effectivement que nous ayons, le plus souvent, la même conversation, comme cela ne nous était plus arrivé, me semble-t-il, depuis la pandémie de Covid.”
Alors, si, comme mon mari, vous êtes secrètement impatients de voir dans les magasins les rayons Halloween se garnir (oui, il chantonne toute la journée Nat King Cole, “The falling leaves drift by the window / The autumn leaves of red and gold”), en pensant à l’arrivée imminente de l’automne, la saison la plus glorious dans le Nord-Est aux couleurs dorées de l’été indien, que le retour de l’arôme “épice de potiron” chez Starbucks dès la fin août vous ravit, j’espère que les New-Yorkais garderont en mémoire, comme Esther Zuckerman du Wall Street Journal, que quelque chose a changé cet été :
“On sent très nettement que les gens recherchent ces moments de communion. J’ai adoré les signes de connivence échangés avec ceux qui, eux aussi vêtus aux couleurs des Knicks, allaient chercher leur café du matin. Entendre des acclamations depuis le trottoir et comprendre qu’une foule était réunie pour regarder un match avait quelque chose d’électrisant. J’ai trouvé réconfortant de voir les cinémas multiplexes pris d’assaut, même si cela signifiait que leurs sols étaient encore plus collants à cause des sodas renversés. J’ai même savouré ce week-end où nous n’avons cessé d’actualiser nos téléphones pour voir si Swift allait publier des photos de sa robe Dior.”
“La monoculture ne nous oblige pas à être d’accord, mais elle nous impose de partager quelque chose. Et, grâce à ce partage, j’ai aimé me sentir cet été un peu plus proche de mes semblables.”
Thank you and goodbye.
PhC




























































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