Nous sommes à 230 jours du 1er tour de la présidentielle. Que s'est-il passé, aussi loin de l'échéance, lors des derniers scrutins ? Chez Pol remonte le temps et se souvient de ces époques que les moins de 5, 10, 20 voire 60 ans ne peuvent pas connaître.
En 2006, ça bougeait déjà à J-230. Lionel Jospin tentait d'apparaître comme le seul recours possible d'une gauche mal en point. Juste avant la pause estivale, l'ancien Premier ministre, retiré de la vie politique depuis le 21 avril 2002, revenait par la fenêtre et invitait ses copains socialistes à bien voter à l'occasion de la primaire prévue à l'automne - sous-entendu, pas pour Ségolène Royal. «S'il apparaissait que je suis le mieux placé pour rassembler les socialistes, la gauche, le pays, pour assumer la charge de l'État, pour exercer la fonction présidentielle dans la situation difficile de la France d'aujourd'hui, et pour proposer des orientations [...], alors je me poserais la question», expliquait-il sur TF1. Soit exactement le message que François Hollande diffuse depuis des semaines. L'histoire se répète, «la première fois comme une grande tragédie, la seconde fois comme une farce sordide», écrivait ce gauchiste de Karl Marx.
La lettre de 2006
Son retour n'ayant suscité qu'un intérêt modéré, le même Jospin laissait passer l'été. Et ce 4 septembre 2006, 230 jours avant le 1er tour de la présidentielle 2007, il se disait, sur France Inter, «capable d'assumer la charge de chef de l'État». Dans «un monde extraordinairement incertain et inquiétant», le promeneur de l'île de Ré se voulait «apte à assumer cette mission» et jugeait que contrairement aux candidats à la primaire, il était celui qui avait «approché cette fonction de plus près». Et en plus, tous les autres avaient été «ses» ministres, preuve s'il en fallait une qu'il était le meilleur.
Mais le train était passé. En cette rentrée, plus aucun socialiste n'attendait quelque chose de celui qui les avait abandonnés un soir d'avril. Le 28 septembre, Jospin renonçait, dans une lettre publiée par le Nouvel Obs puis en interview sur RTL. «J'avais mis comme condition à ma candidature possible de pouvoir rassembler ou en tout cas d'opérer un rassemblement suffisant pour qu'un choix clair soit possible», expliquait-il, estimant avoir pris «la décision la plus sage» en renonçant.
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