Le Canada dans l'Europe... La nouvelle alliance anti-trump ?
Le Canada, futur premier « membre associé de l’UE » ?
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a fait mercredi la proposition au Premier ministre canadien, Mark Carney, devant les députés européens réunis à Strasbourg, lors de son discours sur l’état de l’Union. « Le Canada accueille favorablement cette ambition, et je peux vous dire que les sondages montrent qu’une écrasante majorité de Canadiens soutient des liens beaucoup plus étroits avec l’Europe », a salué ce jeudi le chef du gouvernement canadien. « L’Europe et le Canada sont plus forts ensemble », a-t-il ajouté ce jeudi devant le Parlement européen à Strasbourg, insistant sur les « valeurs communes » liant les deux blocs.
Mais avec cette proposition, la présidente de la Commission européenne a créé la stupeur jusque dans les rangs européens. L'idée n’aurait pas été soumise aux capitales au préalable.
Alors que recouvrirait concrètement ce statut de « membre associé » ?
Pour l’heure, la notion reste très floue. Mais cette perspective n’a pas manqué de faire réagir outre-Atlantique. Donald Trump a menacé, mercredi 16 septembre, de rompre les échanges commerciaux avec l’Union européenne en représailles.
« Je trouve cela ridicule », a déclaré le président américain. Une réaction qui intervient alors que Donald Trump a lui-même répété à de nombreuses reprises ces derniers mois qu’il souhaitait faire du Canada le « 51e État américain ».
Cette proposition européenne intervient dans un contexte particulièrement tendu entre Washington et Ottawa. Cet été, les États-Unis de Donald Trump ont durci leur bras de fer commercial avec le Canada, après l’échec des négociations entre les deux pays. L’administration américaine a notamment décidé d’imposer des droits de douane de 50 % sur de nombreux produits canadiens, parmi lesquels l’acier. Le Canada est en effet le premier exportateur d’acier vers les États-Unis. Ottawa a riposté en mettant en place ses propres droits de douane. Ces mesures de représailles, allant de 15 % à 50 %, concernent environ 20 milliards de dollars d’importations américaines, notamment dans les secteurs de l’acier, de l’électronique, de l’ameublement et de l’habillement.
Et comme si le front commercial ne suffisait pas, une autre mauvaise nouvelle est venue contrarier Donald Trump. Face à une inflation qui reste supérieure à son objectif de 2 %, la Réserve fédérale américaine a relevé mercredi ses taux d’intérêt d’un quart de point. Elle envisage également une nouvelle hausse d’ici à la fin de l’année afin de contenir la progression des prix. Une décision qui va à l’encontre des demandes répétées du président américain. Donald Trump réclame, au contraire, une forte baisse du coût de l’argent. Sur Truth Social, il a demandé que les taux descendent « RAPIDEMENT » à « 1 %, ou moins ». Le président américain s’en est également pris au conseil de la Réserve fédérale, qu’il juge « hostile », sans toutefois attaquer directement Kevin Warsh, qu’il a lui-même choisi cette année pour diriger l’institution. Kevin Warsh a, de son côté, justifié la décision de relever les taux en estimant que l’inflation est « trop élevée, depuis trop longtemps ».
Les chiffres officiels publiés récemment montrent que l’indice des prix à la consommation a augmenté de 3,4 % sur un an en août. Une hausse notamment portée par l’envolée des prix des carburants depuis le début de la guerre contre l'Iran, durement ressentie par les ménages américains qui placent la question du pouvoir d'achat au cœur de leurs préoccupations à deux mois des élections de mi-mandat.
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