C DANS L'AIR 23 SEPTEMBRE

Iran, Cuba, Groenland… Trump choisit “la loi de la jungle”



"America First". 

Donald Trump a profité de la tribune de l’ONU, mardi, pour vanter la puissance américaine et multiplier les menaces contre ses ennemis, à rebours de l’objectif de paix qui régit l’institution depuis sa création.

« L’Amérique est de retour », s’est félicité le locataire de la Maison-Blanche, reprenant l’un de ses slogans de campagne pour débuter son discours.


Enlisé dans sa guerre avec l’Iran, il a ensuite une nouvelle fois menacé d’« anéantir la République islamique », tout en annonçant une reprise du dialogue effective, puisque le chef de la diplomatie iranienne et l’émissaire américain Steve Witkoff se sont rencontrés pour discuter des conditions de la réouverture du détroit d’Ormuz, stratégique pour le transit du pétrole.


Le Groenland et Cuba ont également occupé une place importante dans son discours. Donald Trump a annoncé la construction de deux « très grandes bases militaires » américaines au Groenland et prédit la chute du gouvernement communiste cubain. Deux annonces qui illustrent sa volonté de réaffirmer les intérêts stratégiques américains, de l’Arctique aux Caraïbes.


S’exprimant dans la soirée pour la dernière fois devant l’Assemblée générale des Nations unies en tant que président de la République française, Emmanuel Macron a, de son côté, exhorté l’ONU à faire rempart contre ceux qui voudraient instaurer un monde régi par la "loi de la jungle".


Autre sujet qui s’impose désormais au plus haut niveau : l’intelligence artificielle.

Donald Trump a rejeté « toute tentative de bâtir un projet mondialiste pour contrôler l’intelligence artificielle ». Derrière cette formule, un refus clair : celui d’un cadre international contraignant pour réguler une technologie devenue stratégique.


Car la question n’est plus seulement économique. Elle est aussi militaire et sécuritaire. Aux États-Unis, les alertes venues de la Silicon Valley se multiplient. Avec une inquiétude : celle de voir les systèmes d’intelligence artificielle devenir progressivement plus difficiles à contrôler.

À la tribune, António Guterres a pris le contre-pied du président américain. S’appuyant sur un nouveau rapport scientifique de l’ONU, qui évoque un risque faible mais réel de dommages catastrophiques et irréversibles, le secrétaire général a plaidé pour davantage de contrôle.

« Décidons une bonne fois que les décisions de vie ou de mort ne doivent jamais être abandonnées aux machines. Les robots tueurs n’ont aucune place dans notre avenir », a-t-il déclaré dans son discours d’adieu aux dirigeants mondiaux.

La question va désormais entrer dans le dur : le Conseil de sécurité doit poursuivre ce mercredi les discussions sur la régulation de l’IA, notamment dans les domaines militaire et de la cybersécurité.


Et puis il y a le front intérieur. 

Celui des médias américains.

 À son arrivée au siège de l’ONU, Donald Trump a été interpellé par Kaitlan Collins, journaliste de CNN. Elle lui a rappelé qu’un sondage publié par la chaîne montrait que les Américains ne pensaient pas que les États-Unis étaient en train de gagner la guerre contre l’Iran. La réponse du président américain a été immédiate : « Je suis surpris que CNN soit ici pour me couvrir. Vous ne devriez pas être là. »


Une nouvelle passe d’armes qui intervient quelques jours après une décision très politique : l’interdiction d’accès à la Maison-Blanche pour CNN, MS NOW et Politico. Les trois médias ont engagé des poursuites contre le gouvernement. Et le conflit dépasse désormais ces seules rédactions. En soutien, CBS, ABC, NBC et Fox News, qui constituent le « pool » présidentiel, ont décidé de cesser leur participation à ce dispositif.



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