C JEUDI C ZEITGEIST !

  

🟧 JD in Paris

Dans mon 🎈Bring me Joy du jour, je reviens sur Vance. Ce n’est pas lui à proprement parler qui fait surgir la joie, mais je dois dire que l’une de ses vidéos cette semaine m’a fait sourire.

Quand il ne chausse pas les souliers couleur rubis de Dorothy du Magicien d’Oz pour aller faire campagne au Kansas, il regarde Emily in Paris et compare cette série à l’eau de rose à Shakespeare !

Bon, autant l’avouer, j’ai lâché Emily in Paris après la première saison, et je me souviens de l’agacement de mon mari new yorkais qui prédisait que la série ferait autant de mal à la capitale française que Sex and the City (par le même créateur) à Manhattan (je vous l’avais déjà raconté ici l’an passé).

Lundi, dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, le vice-président a livré sa “méta-analyse” d’Emily in Paris. Pour lui, la série portée par Lily Collins est un “chef-d’œuvre de la télévision américaine”. Et même “au risque d’exagérer, le Shakespeare de notre époque”.

En apparence, raconte-t-il, c’est l’histoire d’une jeune Américaine pétillante qui débarque à Paris, trouve un travail formidable, boit du bon vin et multiplie les expériences. Mais sous cette vie enviable, Vance (qui se pique toujours d’être un intello et pas un pur politique) y voit une critique des millennials, sa propre génération.

Qu’est-ce que ce raisonnement ? À l’entendre, Emily et Gabriel sont manifestement faits l’un pour l’autre. Ils devraient s’aimer, se marier, fonder une famille. Mais ils perdent leur temps à batifoler, à butiner, à profiter de la vie. Ils pensent à leur travail, à l’amitié, à la romance, autant de décisions que Vance semble juger atroces.

Le génie de la série, selon Vance, c’est le talent d’Emily pour passer à côté du bonheur.

Je n’avais jamais vu Emily in Paris comme une démonstration des ravages de l’indécision.

Oui, je sais, tout cela peut vous paraître ridicule. Mais Vance est un personnage plus intéressant que beaucoup de ses compères MAGA, quoi qu’on pense de ses positions politiques. C’est pour cela que je prête attention à ce qu’il dit et écrit.

Et même sur Emily in Paris son analyse mérite mieux qu’un haussement d’épaules.

Carrie Bradshaw, à la table près de la fenêtre, pourrait écrire sur son Mac quelque chose comme ceci : À force de garder toutes ses possibilités ouvertes, est-ce qu’on finit par ne construire aucune vie ?

Paris, miroir des illusions, abondance de plaisirs, de rencontres et d’occasions. Mais ce qui manque à Paris, ce serait la capacité de choisir quelque chose de durable.

Car Paris aux yeux de Vance n’est qu’une métaphore de sa vision de l’Amérique. Il défend le mariage, la parentalité et parle souvent de la natalité.
Le conservateur retrouve dans les hésitations d’Emily le problème qu’il dénonce dans la société. La difficulté à faire de la famille une priorité. Les expériences de la vie sont des distractions qui repoussent la construction d’un foyer.

La sixième et dernière saison est annoncée pour Noël. Nous saurons alors si Emily suit les recommandations du vice-président des États-Unis.


🟧 Kushner, ou la diplomatie du dollar

Quand Jared Kushner entre dans une salle de négociation, au Moyen-Orient, en Ukraine ou en Russie, qui représente-t-il ? La première puissance du monde, dont son beau-père lui confie certains des dossiers les plus sensibles ? Ou son fonds d’investissement, généreusement alimenté par des gouvernements étrangers ?

C’est une confusion qu’explore un long article dont j’ai décidé de faire mon 📚Food for Thought de ce numéro.

Une enquête signée Dexter Filkins dans le New Yorker, titrée “Jared Kushner’s Dollar Diplomacy”.









 








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Son papier raconte comment il est devenu difficile de démêler dans la diplomatie américaine les relations personnelles, les intérêts nationaux et les ambitions d’enrichissement.


Filkins présente ainsi Monsieur gendre :

Tout au long de l’ère Trump, Kushner a fait carrière en mêlant affaires et politique. Il affirme que son statut d’homme d’affaires facilite ses efforts diplomatiques, en lui permettant de trouver des solutions inventives à des problèmes habituellement traités par des bureaucrates sans imagination. Mais, à mesure qu’il parcourait le monde pour Trump, il s’est retrouvé de plus en plus impliqué dans les affaires commerciales des pays où il intervient. Il incarne un nouveau type de personnage à Washington, pour qui l’exercice de fonctions publiques constitue un moyen d’amasser une fortune extraordinaire.

Au cours des deux dernières années, toute une série de personnes liées à la Maison-Blanche, parmi lesquelles les fils de Witkoff, le conseiller chargé des cryptomonnaies David Sacks et d’autres membres de la famille Trump, ont utilisé leurs fonctions officielles pour engranger des milliards de dollars à leur profit.

“Je connais tous ces types”, m’a confié un ancien responsable américain ayant servi au Moyen-Orient. “Ils participent à ces réunions et y font des affaires en même temps que de la diplomatie. “Bon, assez parlé du cessez-le-feu. Nous avons cet hôtel que nous voudrions construire.” Voilà à quoi ressemble aujourd’hui la politique étrangère américaine.”
L’expertise ? Mais enfin, c’est un handicap. La preuve, ces experts n’ont pas été capables de résoudre les conflits.






L’enquête s’ouvre sur les discussions avec les Iraniens, avant l’entrée en guerre de février. Selon Filkins, aucun conseiller technique n’accompagnait les deux négociateurs dans la salle (ce que dément la Maison-Blanche). Un ancien responsable américain qui travaillait sur le nucléaire iranien décrit au New Yorker le problème. Les Iraniens arrivent avec une proposition. Qu’est-ce qu’elle signifie, exactement ? De combien retarde-t-elle réellement leur programme : deux mois ou deux ans ? Quels moyens permettent de la contourner ? Sans conseillers techniques, comment évaluer la sincérité des concessions iraniennes ?




Après le premier mandat de Trump, Kushner a créé Affinity Partners. En 2021, il sollicite deux milliards de dollars auprès du fonds souverain saoudien. Le comité est sceptique. Comme le résume un ami de Kushner cité par le New Yorker, “Jared n’avait jamais investi dans autre chose qu’un plan d’épargne-retraite.”

Mais qui présidait le fonds souverain ? Le prince héritier Mohammed ben Salmane. Un ami de Kushner.

Une relation tissée lors du premier mandat Trump. Selon d’anciens responsables interrogés par le New Yorker, Kushner l’avait notamment défendu après l’assassinat de Jamal Khashoggi.

Et quand Trump revient au pouvoir, et que le beau-père confie à nouveau à son gendre des missions diplomatiques, qui donc aperçoit-il de l’autre côté de la table ? Oh, quelle belle surprise. Ses investisseurs !

Les gouvernements étrangers imaginent-ils qu’ils peuvent facilement acheter un accès au pouvoir en investissant auprès de Jared Kushner ?

Mais le New Yorker reconnaît que Kushner a permis d’obtenir des résultats. Les accords d’Abraham. Les négociations qui ont permis la libération des derniers otages du Hamas. Il a aussi œuvré pour un cessez-le-feu à Gaza. Un ancien haut responsable de l’administration Biden le décrit auprès du journaliste comme un interlocuteur “franc et non partisan”.

Mais cela ne balaie pas cette apparence de corruption à ciel ouvert.

Comme le dit une juriste citée par le New Yorker :

“Si Kushner n’était pas le gendre du président, il ferait l’objet d’une enquête du FBI. Personne d’autre ne pourrait se permettre cela en toute impunité.”
















🟨🟧 “Donnez-nous une nouvelle chance”


Une vague démocrate menace de déferler sur les midterms. Trump et Vance, à court d’arguments sur leur bilan, doivent défendre des bastions républicains depuis près d’un siècle.

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Hi everyone, c’est Zeitgeist.

À suivre également, une enquête sur la diplomatie de Jared Kushner, qui négocie pour les États-Unis tout en gérant l’argent de gouvernements étrangers.

Et une analyse métapolitique du vice-président Vance qui compare Emily in Paris au “Shakespeare de notre époque”.



Nous sommes à moins de 50 jours des élections de mi-mandat.

Les derniers sondages indiquent que la vague bleue démocrate en train de monter pourrait déferler encore plus fort que prévu (j’y reviens dans un instant).

Les prix à la pompe continuent à grimper. J’ai lu hier dans le Wall Street Journal une estimation de chercheurs de l’université Brown selon laquelle les Américains ont dépensé au total 107 milliards de dollars supplémentaires en essence et en pétrole depuis le début de la guerre, il y a sept mois.

Les nombreux Américains qui ont placé leurs retraites en Bourse regardent avec inquiétude les coups de mou de Wall Street, échaudée par l’enlisement de la guerre déclenchée par Trump et les derniers débats sur la régulation de l’intelligence artificielle (voir le dernier Zeitgeist) dont le président ne veut absolument pas entendre parler, alors que c’est l’un des thèmes qui émergent en cette fin de campagne marquée par une fronde contre les data centers (je vous l’avais raconté ici).

En janvier, 72 % des républicains estimaient que l’économie américaine allait mieux qu’un an plus tôt. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 29 %.

La Fed vient de relever hier soir ses taux d’intérêt pour la première fois depuis trois ans, Donald Trump est furieux que le nouveau président Kevin Warsh qu’il vient de nommer affirme ainsi son indépendance.

Et pendant ce temps-là, le président Trump occupe les antennes depuis deux jours pour justifier qu’il ferme brutalement la grande salle de spectacle de la capitale fédérale, le Kennedy Center, s’il ne peut obtenir que son nom y soit ajouté de façon définitive. Le feuilleton dure depuis un an et demi et lasse les Américains. J’y reviens un peu plus bas.

La Maison-Blanche semble à court d’arguments pour convaincre les Américains.

Il suffit d’écouter ce que disait il y a quelques heures le vice-président Vance, invité de All-In, un podcast coprésenté par un soutien et donateur du président Trump.

Question posée :

“Vous aviez promis de ne pas déclencher de guerre à l’étranger. Vous aviez promis, précisément, de ne pas déclencher de guerre au Moyen-Orient. Les Américains, et tout particulièrement ceux qui ont voté pour vous, Monsieur le Vice-président, sont très mécontents que vous ayez déclenché cette guerre. Quel message leur adressez-vous ?”

La question est presque une softball, comme on dit en anglais, une question facile, attendue, à laquelle l’interviewé peut dérouler pépère son message sans être mis en difficulté.

Et pourtant le vice-président botte en touche. Même dans ce balado favorable à son camp, Vance peine à répondre à une question évidente qu’il pouvait anticiper.

“Nous accueillons dans notre coalition des personnes qui ne sont pas d’accord avec nous. Vous n’avez pas à partager nos positions sur tous les sujets.”

L’animateur lui demande quel est son message aux électeurs avant ces élections de mi-mandat qui s’annoncent difficiles pour le parti du président.

Nouvelle réponse étonnante de Vance :

“Donnez-nous une nouvelle chance. Donnez-nous encore deux ans pour poursuivre le travail extraordinaire que nous accomplissons depuis deux ans.”

“Donnez-nous une nouvelle chance” ? On dirait l’argument ultime d’un mari infidèle pour supplier son épouse de ne pas divorcer.

Bien entendu, les plus trumpôlatres espèrent que leur champion va réussir une nouvelle fois à inverser la vapeur dans les dernières semaines de campagne et donner tort à ceux qui prédisent sa défaite. Ce n’est pas impossible.

Mais en attendant, Trump et Vance voient bien la vague monter.

Pour mesurer l’inquiétude (pardon, la panique) de la Maison-Blanche avant le scrutin, il faut regarder où ils consacrent du temps et de l’argent.

L’argent ? Je vous ai parlé il y a quelques jours du choix étonnant de Trump d’entrouvrir pour la première fois ses réserves de donations pour financer des publicités pour un candidat républicain… au Texas, là où aucun démocrate n’a gagné au niveau de l’État depuis plus de 30 ans.

Le temps ? Regardez où J. D. Vance va faire campagne. À ce stade d’une élection, le temps d’un vice-président est précieux. Il est envoyé mobiliser les électeurs dans les États qui devraient déterminer la majorité au Congrès.
Et, lundi, à cinquante jours du scrutin, où était-il ? Au Kansas.

Il est allé soutenir le sénateur républicain Roger Marshall.

Le Kansas, dans les Grandes Plaines, un État où Donald Trump a devancé Kamala Harris de seize points en 2024. La dernière fois qu’un démocrate du Kansas a été élu au Sénat, c’était… en 1932.

Je vous raconte.

Pourquoi Marshall, élu en 2020 avec onze points d’avance, a-t-il besoin à la dernière minute d’un renfort de poids ? Soyons prudents, le déplacement de Vance n’est pas la preuve absolue que le Kansas va forcément connaître un basculement historique. On n’en est pas là. Mais il nous fait comprendre que les républicains ne peuvent plus se permettre de considérer ce siège dans cet État comme acquis avec certitude.

La course est plus serrée que prévu et donne des sueurs aux républicains.

Et ce déplacement n’est pas isolé. Au Texas, dans l’Ohio, dans l’Iowa, des sièges emportés largement par des républicains sont devenus des cibles du parti démocrate qui pense vraiment avoir une chance d’emporter le Sénat, ce qui semblait improbable il y a encore quelques mois.

L’inflation, la guerre, l’impopularité croissante de Trump compliquent la campagne de son parti.

Le Kansas ne sera pas le premier à tomber, mais pourrait être emporté par la vague.

C’est précisément pour cela que je vous en parle, c’est cela qui rend cette visite au Kansas intéressante. L’inquiétude des républicains gagne jusqu’aux territoires où ils devraient pouvoir économiser leurs forces. Leur temps et leur argent.

Cette nervosité s’explique aussi par le candidat choisi par les démocrates.

Adam Hamilton se présente pour la première fois à une élection, mais il est loin d’être inconnu dans son État. C’est un pasteur qui a fondé la Church of the Resurrection, la plus grande église méthodiste unie du pays. Implantation locale. Ancrage religieux. Ce qui lui permet de faire tendre l’oreille à des électeurs conservateurs auxquels les démocrates peinent habituellement à parler. Y compris un électorat âgé, rural, anti-avortement et anti-immigration.

Surtout que le sénateur sortant Roger Marshall, soutien de Trump, a un CV plus contrasté. Cet obstétricien a poursuivi plus de 700 patients pour des factures impayées. 81 d’entre eux ont été arrêtés après avoir manqué des audiences judiciaires. Des comptes bancaires et des salaires ont été saisis. Il appliquait un taux de 18 % aux patients qui tardaient à payer leurs factures. Lui défend des pratiques commerciales courantes, mais se fait huer quand il va sur le terrain.

Le président n’arrange pas ses affaires. Dans cet État rural, les agriculteurs et les éleveurs sont dépassés par la flambée du diesel et grognent contre la baisse des droits de douane sur les importations de bœuf (je vous l’avais raconté dans Zeitgeist au printemps, Trump espère faire baisser le prix des burgers).

Donc bon courage au vice-président Vance, dépêché au Kansas pour venir défendre le médecin contesté contre le populaire pasteur, en reprochant à Hamilton ses sermons sur le racisme, ses appels à réduire la consommation de viande pour le climat et le soutien de son église à une fête des fiertés LGBT. Il essaye de replacer le pasteur dans les guerres culturelles, dans le camp d’une gauche wokiste bien éloignée des valeurs du Kansas, où son statut d’homme d’Église brouille les appartenances partisanes.

Le sénateur républicain reste favori.

Mais chaque heure et chaque dollar consacrés par les républicains à le défendre montrent que le parti du président est fébrile.

Dézoom

Justement, à quoi ressemble cette vague en train de se former ?

Le chiffre que je vous citais au début de ce numéro de Zeitgeist (les 29 % de républicains qui pensent que l’économie américaine va mieux qu’il y a un an, contre 72 % en janvier), je l’ai lu dans un nouveau sondage New York Times/Siena, mené du 8 au 13 septembre auprès de 1 503 électeurs.
Il ne fait pas que confirmer la tendance perçue ces derniers mois dans de nombreuses enquêtes d’opinion.


Il montre surtout que cette vague est en train de prendre de l’ampleur, et que le président Trump va devoir déployer des trésors de créativité pour renverser la tendance.

Selon l’étude, parmi les électeurs susceptibles de voter, 51 % choisiraient le candidat démocrate de leur circonscription, contre 43 % le républicain. Cela fait un écart de 8,5 points si on prend en compte les arrondis. Pas loin des 8,6 points d’avance que les démocrates ont obtenus lors des élections de mi-mandat en 2018 dont le président Trump a gardé un mauvais souvenir.

Il faut regarder de plus près les questions sur le coût de la vie. 71 % des sondés désapprouvent la manière dont le président Trump gère ce sujet, pourtant au cœur de sa campagne victorieuse de 2024.

Et quand on ausculte dans le sondage le cœur de l’électorat trumpiste, c’est-à-dire les Blancs sans diplôme universitaire (oui, dans les sondages électoraux aux États-Unis, les données sont classées par communautés ethniques), les mécontents devancent les satisfaits de 21 points.

Pourquoi ? La guerre en Iran, évidemment. Plus des trois quarts des indépendants (qui ne se classent ni comme démocrates ni comme républicains) et près d’un quart des électeurs de Trump en 2024 désapprouvent sa conduite du conflit.

La tendance est particulièrement marquante dans plusieurs groupes dans lesquels Trump avait nettement progressé en 2024. Les démocrates devancent les républicains de 35 points chez les moins de 30 ans, de 43 points chez les Latinos et de 23 points chez les indépendants.

Autre chiffre qui m’a intéressé. Si vous prenez les électeurs qui gagnent moins de 50 000 dollars par an, donc en bas de la classe moyenne, ils préfèrent les démocrates par 63 % contre 31 %. Trump avait remporté cet électorat en 2024.

On lit même dans cette enquête (oui, attention, ce n’est qu’un sondage, même s’il est considéré comme l’un des plus sérieux) que les démocrates devancent même les républicains sur… l’immigration.

Autre chose que j’ai notée, qui donne une idée de ce que beaucoup d’électeurs cherchent dans cette élection. 49 % préfèrent un candidat qui serve de contre-pouvoir au président, contre 26 % un candidat qui le soutienne. On devine l’un des principaux ressorts de cette élection. Beaucoup d’Américains veulent limiter le pouvoir de Trump.

Et tout cela alors que les Américains qui s’expriment dans cette enquête n’ont pas une opinion très flamboyante des démocrates. La moitié des sondés les jugent trop à gauche.
Mais, lorsqu’il leur est demandé lequel des deux partis est le plus extrême, les sondés désignent davantage les républicains, par 48 % contre 40 %.

La marge d’erreur annoncée est de 2,9 points, donc il faut rester prudent. À sept semaines du scrutin, l’ampleur de la vague reste incertaine. Le précédent de 2022 devrait inciter tout le monde à la prudence. La vague rouge républicaine annoncée ne s’est jamais matérialisée au-delà de quelques vaguelettes.

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🟨🟧 Au Kennedy Center, le chantage à la façade

Je l’ai évoqué rapidement un peu plus haut. Il faut quand même que je vous raconte le dernier épisode dans le feuilleton du Kennedy Center qui faisait la une du journal télévisé de NBC mardi soir.

Mardi après-midi, les haut-parleurs de la grande salle de spectacle de la capitale fédérale ont annoncé aux visiteurs qu’il fallait partir. À l’extérieur, les écrans qui affichent habituellement les spectacles ont diffusé une alerte rouge. Des agents de sécurité ont accompagné le public vers la sortie. Des employés se prenaient dans les bras. Le bâtiment principal de la grande institution culturelle de Washington a fermé ses portes.

Depuis son retour à la Maison-Blanche, Trump a pris la présidence du conseil d’administration. Il y a installé ses fidèles. Des artistes ont annulé leurs représentations, les équipes de l’Opéra national de Washington sont parties. Les ventes de billets et les dons ont plongé. En décembre, le conseil a fait ajouter le nom de Trump à celui de Kennedy. Décision du président.

Mais la dénomination relève du Congrès. Donc recours en justice. En mai, un juge fédéral a ordonné le retrait du nom de Trump.
La Maison-Blanche a cherché une solution. 

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