| MASTER POULET • «J'écoute ceux qui manifestent mais j'écoute aussi ceux qui ne manifestent pas», affirmait en 2006 Dominique de Villepin, alors Premier ministre, en bon homme de droite. Bruno Retailleau, lui, écoute ceux qui battent le pavé. Enfin, pas tout le monde mais il est tout ouïe quand il s'agit des flics. Avant de faire des annonces sur le pouvoir d'achat, le candidat de LR à la présidentielle va ainsi s'offrir une parenthèse régalienne en pointant le bout de son nez, à 12h30, à la manifestation des policiers devant l'Assemblée, organisée par le syndicat d'extrême droite Alliance. Cette organisation, qui défile avec le RN derrière les mêmes banderoles, a personnellement invité le sénateur vendéen, nous indique l'entourage de ce dernier. Étonnant quand on sait que les policiers exigent «des réponses et des actes», notamment sur une revalorisation de leur prime de risque, gelée depuis 2019 et alors que Retailleau a été ministre de l'Intérieur de septembre 2024 à octobre 2025. Le patron de LR s'était d'ailleurs déjà joint à leur cortège début 2025 quand il était encore à Beauvau. Ce qui inspirait à notre éditorialiste et camarade Thomas Legrand ce constat sans appel : «Entre Retailleau et les policiers d’Alliance, la grande confusion des genres.» S.T. | | Dans la manif (de droite). Photo Serge Tenani. Hans Lucas via AFP (2025) | LE PARTI À LA FLEMME • Les philippistes ont d’abord pris avec flegme la polémique «Édouard le flemmard», laissant penser à partir de propos tronqués qu’Édouard Philippe entendait filer en vacances à peine élu président de la République. Et puis ils ont commencé à s’agacer de voir le RN en faire des caisses sur le sujet, à coup de chanson et de visuels accusant d’hypocrisie le maire du Havre, qui voudrait reculer l’âge de la retraite pour les autres tout en se la coulant douce. Le genre d’étiquette qui peut finir par vous coller à la peau. Les hypocrites logeraient plutôt au RN, riposte le camp Horizons : «Ils sont à l’image de leur candidate qui s’est pris 2 mois de vacances complets, ou de Jordan Bardella qui était dans la résidence de sa compagne à Porto Cervo, en Sardaigne», renvoie un dirigeant du parti. Allusion au très long break de Marine Le Pen, qui a attendu le week-end dernier pour faire sa rentrée politique à Hénin-Beaumont, et au goût du luxe de Bardella. Et le même philippiste de se lamenter : «Il y a des polémiques qui prennent sur les autres mais pas sur le RN. Pour nous, les choses sont plus difficiles. Nous sommes un parti au pouvoir qui tente de mettre de la nuance dans l’expression. Forcément, rien ne nous est pardonné.» J.-B.D. | FALLAIT PAS L'INVITER • Nouvelle étape dans la normalisation de l'extrême droite ? Ce soir, le député UDR Charles-Henri Alloncle est l'invité de la prestigieuse conférence Berryer. Cette joute oratoire organisée par la Conférence des avocats du barreau de Paris, est une véritable institution dans l'univers juridique français. De nombreuses personnalités - et pas uniquement politiques - y ont défilé depuis 150 ans. Mais voir le député ciottiste à la Berryer défrise certains conseils. Hier, un collectif d'avocats a publié une tribune dans le Nouvel Obs pour dénoncer cette invitation. «Il est au cœur de l'actualité, se défend-on du côté de la Conférence Berryer. Ce député qui a une tête à claques a été rapporteur d'une commission de loi qui débouche sur une proposition de loi et il a réussi à faire mettre quelqu'un de Valeurs actuelles à France Inter.» Une référence à Charles Sapin, nouveau directeur adjoint de la rédaction de l'hebdo d'extrême droite, auteur d'un édito dominical dans la matinale de la radio publique. Du côté de Berryer, on martèle que c'est bien le but de cette conférence de recevoir des personnes controversées, citant les exemples de Didier Raoult et... Raquel Garrido. D’autant que l'invité n'est pas là pour être «glorifié», ajoute-t-on, mais au contraire largement malmené : «Mais quand on a invité une drag queen [La Briochée, figure de Drag Race, ndlr] on était traités de wokistes, quand on a reçu Yannick Jadot, on était des *** d'écolos. On s'attendait donc à être traités de fachos en invitant Alloncle.» De ce point de vue, c'est un énorme succès. Sy. C. | | Charles-Henri Alloncle. Photo Amaury Cornu. Hans Lucas via AFP (2026) | INCROYABLE DESTIN • Et de deux. Alors que la campagne s'accélère côté PS et Place publique, le reste de la gauche s'active aussi. Marine Tondelier peaufine son équipe pour une candidature marquée par un futur (et court) congé maternité et un éventuel retrait avant le 1er tour. Selon nos informations, la conseillère de Paris Rania Kissi sera sa nouvelle porte-parole, aux côtés de la députée Léa Balage El Mariky, déjà en poste depuis plusieurs mois. La nomination de Kissi est un petit événement au sein du parti vert tant le parcours de l'élue détonne dans le paysage politique. Enfant abandonnée et placée en famille d'accueil, étudiante obligée de dormir 3 mois dans la rue, elle est largement investie sur les thématiques de la protection de l'enfance. C'est d'ailleurs son travail dans ce domaine qui l'a amenée à rencontrer Tondelier. «On s'est battus pour qu'elle soit conseillère de Paris, glisse-t-on dans l'entourage de la secrétaire nationale des écolos. Une ancienne enfant de l’ASE porte-parole de campagne, c’est un geste fort de reconnaissance et de confiance. La représentativité en politique, c’est important pour nous.» En haut lieu vert, on loue sa solidité et sa combativité. «Elle est représentative de celles et ceux qui ne comprennent pas les certitudes de chacun et le fait que les uns et les autres soient dans leur couloir de natation, ajoute-t-on. Elle l’a dit elle-même lors du meeting de Marine aux Journées d’été : quand tu t’es nourri dans les poubelles, il y a des stratégies que tu ne peux pas entendre.» Sy. C. |
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