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CHEZ POL 2 SEPTEMBRE

 




#Gaillard #Rejoneadora #Pétard #Classe #Silence
Chez Pol n°1777 - Réservé aux abonnés Libé



Bonjour, nous sommes le 2 septembre,
et c'est le bon jour pour faire tapisserie.

Quand tu as envie de faire le mur. Photo Ian Langsdon. AP (2021)

FAIT MAISON Le passé gênant du nouveau patron des jeunes RN

AU COMPTOIR Le comportement de Lisnard énerve jusqu'au patron du Medef, le RN fait des économies sur le dos des pauvres et encore une manif anti-Macron empêchée

VOST Glucksmann se met déjà tout le PS à dos

ON POSE ÇA LÀ Les difficultés de Mélenchon pour 2027 ; Hollande demande à tous les petits candidats d'arrêter de prendre exemple sur lui

LE MASQUE ET LA POL Et si ça avait été Lombard ?

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI XMacron file à Londres

L'ADDITION Jouons avec Olivier Faure 

COMPOSER AVEC LE PASSÉ • Gérer les jeunes du RN est une gageure qui peut mener loin politiquement. Certains anciens patrons des jeunesses lepénistes ont ainsi grimpé les échelons du pouvoir, à l'image d'un Jordan Bardella. La nomination samedi dernier de Tony Bonalair au poste de président du RNJ était donc un petit moment politique. Le gaillard de 25 ans, qui remplace l'eurodéputé Pierre-Romain Thionnet à ce poste, a même eu droit pour l'occasion à son article dans le JDD de Bolloré, qui revient brièvement sur le parcours du jeune homme : études de finance, emploi comme conseiller bancaire et un engagement très tôt au RN. Il est d'ailleurs collaborateur parlementaire du député de Seine-et-Marne Julien Limongi. Ce que le JDD omet, c'est le passé politique de Bonalair. Aujourd'hui, le nouveau patron du RNJ glorifie le programme de Marine Le Pen et particulièrement «la préférence nationale». Mais selon nos infos, Bonalair a d'abord tenté sa chance chez Éric Zemmour. Entre janvier et mai 2022, soit en pleine campagne présidentielle où l'ancien journaliste a mordu les mollets de la cheffe de l'extrême droite française, Bonalair était membre de Génération Zemmour, le mouvement jeune de Reconquête. Un parcours que nous confirme l'intéressé après avoir tenté de le nier. «Mais je n'ai jamais milité», s'empresse-t-il d'ajouter. «J'ai eu un passage chez eux, ce n'est pas un crime, précise le président des jeunes RN. J'appréciais le journaliste Zemmour mais j'ai beaucoup moins apprécié l'homme politique.» Bonalair raille le manque de volonté de rassembler du multicondamné, chose qu'il assure ne pas avoir retrouvée au RN. Il parle, au contraire, d'«une grande famille». Une «grande famille» en effet, la famille Le Pen pour être exact, et gare à ceux qui l'oublieraient. La crédulité de la jeunesse a parfois quelque chose de touchant. Sy. C. et N.M.

Pas Éric Zemmour et Tony Bonalair. DR

EST-CE QUE CE PARTI EST SÉRIEUX ? • Au RN, la protection des animaux ne fait pas toujours bon ménage avec la défense des sacro-saintes traditions locales. En mars, le candidat à la mairie de Marseille, Franck Allisio, avait pourtant défendu «le bien-être de nos amis les animaux» et voulait en faire la «grande cause» de son mandat, comme l'assurait un tract illustré d'un chaton aux yeux pétillants. Au verso, le prétendant promettait la nomination d’un adjoint au maire chargé du sujet, l’ouverture d’une «maison des animaux» et la création d’une unité de protection animale. Ces doux accents jurent avec la récente désignation de Marie-Pierre Callet, 5e vice-présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône dirigé par la LR Martine Vassal, comme tête de liste du RN pour les sénatoriales de septembre. Un beau CV auquel s’ajoute une ligne inattendue : Callet est aussi une torera accomplie. Ou plutôt rejoneadora, puisqu’elle est accompagnée d’un cheval et équipée d’un javelot. Dans un message publié le 26 août, la candidate en a elle-même fait témoignage. «Le 12 août 2000, aux Saintes-Maries-de-la-Mer, je me préparais à vivre l’un des moments les plus forts de ma vie : recevoir l’alternative de rejoneadora [cérémonie qui consacre le passage à un niveau confirmé] des mains du maestro Manuel Vidrié. […] 26 ans ont passé… la passion, elle, est toujours intacte», écrit-elle. À l’appui, une image de l’affiche de cet événement, et des photos du combat. Sur l’une d’elles, la cavalière ajoute une banderille au dos d’un taureau ensanglanté. Pas très raccord avec «le bien-être de nos amis les animaux» vanté par Allisio qui, comme Callet, n’a pas donné suite aux sollicitations de Libé. V.M.

PAS DE FUMEL SANS FEU • Dans sa volonté de tout «dépolitiser», l'Élysée a-t-il voulu neutraliser une mobilisation syndicale pas franchement amicale ? Celle-ci accompagnait la venue d'Emmanuel Macron dans un lycée de Lozère hier matin, pour vanter l'interdiction des portables dans le secondaire. Dans Midi Libre, Hervé Fumel, représentant de la FSU, s'étonne que leur mobilisation conjointe avec la CGT, autorisée par la préfecture de la Lozère une semaine plus tôt, ait finalement été interdite 30 minutes avant son début prévu. Et allume : «On pense que le service de protection du Président a demandé à ce que la manifestation n'ait pas lieu. Ils ne voulaient pas que Macron croise un seul drapeau syndical.» «La musique et certaines pancartes ont été interdites», ajoute le journal local, auprès de qui une élève affirme aussi avoir été contrainte de supprimer un message sur son portable (ô, ironie) disant «Macron tu n'es pas le bienvenu» : «2 hommes dans une voiture m'ont dit que je risquais une contravention.» Midi Libre rapporte encore : «Un surveillant de l'établissement a également été empêché d'entrer après avoir participé à la manifestation.» L’Élysée nous assure qu'il s'agit du «même dispositif» mis en place à chaque déplacement présidentiel et renvoie vers la préfecture pour les détails pratiques. Cette dernière ne nous a pas répondu.

Qu'est-ce que j'entends ? Des opposants qui s'opposent ? Photo Guillaume Horcajuelo. AFP (2026)

L'HOMME LE MOINS CLASSE DU MONDE • Le petit entre-soi de droite adoooooore David Lisnard, candidat libertarien qui, pourtant, peine à décoller. Mais le maire de Cannes se démène pour dégoûter les gens, y compris ceux qui, a priori, pourraient défendre ses idées, comme le président du Medef Patrick Martin. La semaine dernière, Lisnard a tout fait pour être invité au débat entre présidentiables organisé par le syndicat patronal à Roland-Garros. L'édile n'avait pas été convié au motif, officiel, qu'il n'est pas testé dans les sondages. Mais selon le Canard enchaîné, l'attitude de Lisnard, qui a multiplié les appels à Martin et son entourage, a aussi pesé. «Personne ne m'a jamais aussi mal parlé que lui», a constaté le patron du Medef, cité par l'hebdomadaire. Mais l'étonnement de Martin ne s'est pas arrêté là. Le même n'a vraiment pas apprécié l'attitude du Javier Milei de la Riviera : «Quand j'ai vu son débat avec [Fabien] Roussel, je me suis dit que Roussel avec vraiment de la classe, et pas lui. Et je me suis dit aussi : "Mais pour qui il se prend, ce type ?"» Un communiste qui trouve plus grâce qu'un ultralibéral aux yeux du patron des patrons, on aura vraiment tout vu. 

LES PAUVRES À LA CAISSE • Ceux qui pour se rassurer de pencher vers l'extrême droite prétendent qu'on n'a jamais essayé le RN devait jeter un coup d'œil aux villes dirigées par des lepénistes. L'expérience peut être éclairante. À Saint-Savin (Gironde), la maire RN Frédérique Joint vient de balancer un sacré pétard en mettant fin à la gratuité de la cantine et du périscolaire pour les plus modestes. «Je suis désolée, mais où qu’on aille, même chez soi, on paye pour se nourrir. Ça n’est pas gratuit. De toute façon, il y a toujours quelqu’un, in fine, qui paye», se justifie auprès de Rue 89 Bordeaux l'édile d'extrême droite qui maintient toutefois un tarif social à 1€. Évidemment, l'opposition s'étrangle. Le socialiste Jean-Luc Besse met en parallèle cette augmentation des tarifs de la cantine et du périscolaire avec l’augmentation des indemnités des élus décidée par la nouvelle majorité. «J’ai juste pris le montant auquel ils [les élus] ont droit», se défend Joint. Saint-Savin alloue désormais 120 780€ par an aux indemnités des élus, contre 62 151€ sous le mandat de son prédécesseur PS Alain Renard. C'est légal, en effet, mais comme le dit si bien Joint elle-même, «il y a toujours quelqu’un, in fine, qui paye».

Quand tout le monde te réclame trois débats. Photo Magali Cohen. Hans Lucas via AFP (2026)

Mauvais plan à 3 débats

Par S.T.

«Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes…» Raphaël Glucksmann pourrait presque reprendre à son compte cette célèbre maxime de Brice Hortefeux. Le leader de Place publique a en effet accepté hier un seul débat, sur France Télévisions, pour la primaire du «pôle socialiste», quand ses rivaux, eux, en réclament 3. «Le service public demande l'exclusivité des débats de notre primaire. Quand on est de gauche, on débat sur le service public. Surtout par les temps qui courent, où il est menacé de toutes parts. Nous répondons donc favorablement à l'invitation de France 2, début octobre», explique à l'Opinion Alexandre Ouizille, le dircom' de campagne de Glucksmann. Surprenant de la part de celui qui a fait sa déclaration de candidature… au 20h de TF1. Une stratégie qui a aussi le don d'agacer les autres prétendants à l'investiture socialiste, alors même qu'on ignore encore qui décrochera ses parrainages et se retrouvera officiellement sur la ligne de départ.

«C'est un coup de force du camp Glucksmann», dénonce auprès de Chez Pol Luc Carvounas, artisan de la campagne de Ségolène Royal, qui trouve ce timing pour le moins étrange. «Un premier comité d'organisation de la primaire doit avoir lieu la semaine prochaine avec des représentants du PS, de Place publique et des candidats. C'est dans ce cénacle que ça doit se décider», poursuit le maire d'Alfortville, qui continue de «souhaiter plusieurs débats» et assure que sa championne ira ferrailler «partout où on va [l’]inviter». «C'est une chance de débattre et que les médias s'intéressent à cette primaire. Si on a peur des débats, il faut arrêter de faire de la politique», peste Royal sur BFMTV ce matin.

L'exemple Dati

Autre challenger qui a tout intérêt à multiplier les joutes cathodiques pour tenter de faire chuter le favori des sondages : Philippe Brun, qui milite lui aussi pour l'organisation de 3 débats. «J'apprends avec consternation que Glucksmann refuse de débattre le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFM avec les autres candidats. De quoi a-t-il peur ? Comment peut-on prétendre battre Le Pen et avoir peur de débattre avec des socialistes ? Pour ma part je participerai aux 3 débats. Nos électeurs ont besoin de candidats capables d'aller au combat», flingue le député dans un communiqué. Avant d'embarquer les autres candidats dans sa charge, sur X : «Je sais que mes camarades Olivier Faure, Ségolène Royal et Jérôme Guedj n'auront, eux, pas peur d'un débat apaisé et respectueux !» «J'irai à tous les débats où je suis invité et je ne peux pas imaginer que Glucksmann s'enferme dans son refus. Il faut qu'il y ait le plus de débats possibles. Si certains préfèrent ne pas le faire, tant pis pour eux», fustige de son côté Guedj, ce matin sur LCI.

Le camp Faure refuse lui aussi «l'exclusivité» accordée à France TV par le patron de Place publique en mode cavalier seul. «Glucksmann ou pas, il y aura 3 débats d'ici au 1er tour. On laissera sa chaise vide s'il décide de ne pas participer», balance l'entourage du Premier secrétaire des roses, auprès de l'Opinion. La technique de la chaise vide, c'est celle qu'avait choisie, avec le succès que l'on sait, Rachida Dati pour les débats pour les municipales à Paris, rappelle Carvounas. L'ex-ministre avait séché plusieurs confrontations, préférant souvent se faire représenter face à ses concurrents. «Bouder les débats n'a pas tellement réussi à Dati. Il devrait s'en souvenir», approuve d'ailleurs Brun.

ÇA GALÈRE • Selon France Info, Jean-Luc Mélenchon n'a récolté, depuis juin, qu'entre 200 et 250 parrainages de maire sur les 500 nécessaires pour se présenter à la présidentielle. «Ils craignent des représailles, notamment concernant les subventions qu'ils perçoivent du département ou de la région», croit savoir un député LFI, citée par la radio publique. Va falloir s'activer. 

INDÉCIS • Ministre des Relations avec le Parlement au lointain passé socialiste, Laurent Panifous tergiverse. Qui soutiendra-t-il pour la présidentielle ? Après avoir dit tout le bien qu'il pensait de Bernard Cazeneuve, mais aussi de… Sébastien Lecornu, son n+1, Panifous a expliqué, hier sur France Info, qu'il soutiendrait «le moment venu le candidat social-démocrate» qui correspond à son «idéal».  

AMALGAME • Le RN n'aime ni la liberté d'expression ni la liberté de la presse. Régulièrement, des médias (dont Libé) sont interdits de leurs événements médiatiques. Mais pour sa rentrée parlementaire au Touquet, le parti d'extrême droite ne fait pas dans la demi-mesure et a tout bonnement fermé l'accès à toute la presse, pour la première fois depuis 2022. Histoire, pour une fois, de ne pas faire de discrimination.

EXCLUSIF • Nombreux sont les politiques qui, pour se rassurer, rappellent l’exemple de François Hollande, parti de 3% dans les sondages pour finir à l’Élysée. Marine Tondelier l’a encore fait ce matin sur France Info. Oui eh bien merci d’arrêter de prendre cette réf, demande l’intéressé, hilare sur France Inter : «Ça, ça vaut pour moi exclusivement.»

Éric Lombard. Photo Ian Langdson. AFP (2026)

Et si ça avait été lui ?

Par J.-B. D.

Macron a-t-il jamais cru aux chances de réussite de Michel Barnier à Matignon ? On se doutait que la réponse est non, et c'est bien ce que confirme Éric Lombard. Dans son livre Dis pas ça, tu vas finir par te faire virer (Albin Michel), à paraître demain, le ministre de l'Économie et des Finances du gouvernement Bayrou raconte les coulisses de la composition des gouvernements après la dissolution ratée de 2024. Pressenti pour Matignon dans la «case techno de gauche» - dixit le secrétaire général de l'Élysée de l'époque, Alexis Kohler -, Lombard relate ses échanges estivaux avec Macron et Kohler. «Qu'est-ce que tu ferais, si tu étais Premier ministre ?», l'interroge le président de la République. Lombard plaide alors pour un accord avec le PS fondé sur des «inflexions» sur les retraites et «l'équité fiscale». Le Président le rappelle quelques jours plus tard pour lui demander de composer un gouvernement. Puis silence radio jusqu'à ce que Kohler le prévienne de la nomination de Barnier. Avec ce commentaire très encourageant pour ce dernier : «Reste disponible, on aura les mains libres la prochaine fois.» Barnier a bien été censuré au bout de trois petits mois mais Lombard ne l'a pas remplacé pour autant. 

• Londres, après-midi Après un passage à Eindhoven, aux Pays-Bas, dans la matinée pour une visite consacrée à la souveraineté technologique européenne autour du leader néerlandais des semi-conducteurs ASML, Macron est attendu dans l'après-midi au Royaume-Uni. Une image symbolique et l'amorce d'un dialogue : le président français se rend à Londres afin de dévoiler la tapisserie de Bayeux prêtée au British Museum et faire la connaissance du nouveau Premier ministre Andy Burnham.

• Paris, 19h À 8 mois du 1er tour, Libé lance «Libé 2027» avec une première série de rencontres en public pour débattre du futur politique du pays, après 10 ans de macronisme. Premier rendez-vous : ce soir de 19h à 20h30 pour un débat entre François Ruffin, député de la Somme, président de Debout ! et candidat à la présidentielle, et Dominique de Villepin, ancien Premier ministre et fondateur de la France Humaniste. L’événement est déjà complet, mais une retransmission en direct sera accessible sur les chaînes Twitch et YouTube de Libé et sur BFM2.

• Et aussi Tout ce que la France compte de candidats déclarés à la présidentielle se retrouve à la Foire de Châlons. Aujourd'hui, vous pourrez y croiser Tondelier mais aussi Dupont-Aignan ou Lisnard.

On termine avec notre jeu du jour. Mais au fait, comment s'appelle le prochain livre d'Olivier Faure, qui sort le 17 septembre ?

• Le collectif
• La loi du plus juste
• Résistance à la pluie
• Petit précis socialiste
• La gauche et ses fantômes
• Comment perdre une primaire sans perdre la face

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus.


C'est exactement ça. 

 Bravo, vous êtes aussi fort qu'Olivier Faure.




Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. En effet, le groupe Lambrini Girls a bien affiché un grand «Fuck Marine Le Pen» lors de son concert à Rock en Seine. Et non pas «Olivier Faure-ever». À croire que la popularité du patron du PS n'a pas encore franchi la Manche.

Sur ce, bonne journée 👋. Et à demain sur les routes de l'info.

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