Mauvais plan à 3 débats
Par S.T.
«Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes…» Raphaël Glucksmann pourrait presque reprendre à son compte cette célèbre maxime de Brice Hortefeux. Le leader de Place publique a en effet accepté hier un seul débat, sur France Télévisions, pour la primaire du «pôle socialiste», quand ses rivaux, eux, en réclament 3. «Le service public demande l'exclusivité des débats de notre primaire. Quand on est de gauche, on débat sur le service public. Surtout par les temps qui courent, où il est menacé de toutes parts. Nous répondons donc favorablement à l'invitation de France 2, début octobre», explique à l'Opinion Alexandre Ouizille, le dircom' de campagne de Glucksmann. Surprenant de la part de celui qui a fait sa déclaration de candidature… au 20h de TF1. Une stratégie qui a aussi le don d'agacer les autres prétendants à l'investiture socialiste, alors même qu'on ignore encore qui décrochera ses parrainages et se retrouvera officiellement sur la ligne de départ.
«C'est un coup de force du camp Glucksmann», dénonce auprès de Chez Pol Luc Carvounas, artisan de la campagne de Ségolène Royal, qui trouve ce timing pour le moins étrange. «Un premier comité d'organisation de la primaire doit avoir lieu la semaine prochaine avec des représentants du PS, de Place publique et des candidats. C'est dans ce cénacle que ça doit se décider», poursuit le maire d'Alfortville, qui continue de «souhaiter plusieurs débats» et assure que sa championne ira ferrailler «partout où on va [l’]inviter». «C'est une chance de débattre et que les médias s'intéressent à cette primaire. Si on a peur des débats, il faut arrêter de faire de la politique», peste Royal sur BFMTV ce matin.
L'exemple Dati
Autre challenger qui a tout intérêt à multiplier les joutes cathodiques pour tenter de faire chuter le favori des sondages : Philippe Brun, qui milite lui aussi pour l'organisation de 3 débats. «J'apprends avec consternation que Glucksmann refuse de débattre le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFM avec les autres candidats. De quoi a-t-il peur ? Comment peut-on prétendre battre Le Pen et avoir peur de débattre avec des socialistes ? Pour ma part je participerai aux 3 débats. Nos électeurs ont besoin de candidats capables d'aller au combat», flingue le député dans un communiqué. Avant d'embarquer les autres candidats dans sa charge, sur X : «Je sais que mes camarades Olivier Faure, Ségolène Royal et Jérôme Guedj n'auront, eux, pas peur d'un débat apaisé et respectueux !» «J'irai à tous les débats où je suis invité et je ne peux pas imaginer que Glucksmann s'enferme dans son refus. Il faut qu'il y ait le plus de débats possibles. Si certains préfèrent ne pas le faire, tant pis pour eux», fustige de son côté Guedj, ce matin sur LCI.
Le camp Faure refuse lui aussi «l'exclusivité» accordée à France TV par le patron de Place publique en mode cavalier seul. «Glucksmann ou pas, il y aura 3 débats d'ici au 1er tour. On laissera sa chaise vide s'il décide de ne pas participer», balance l'entourage du Premier secrétaire des roses, auprès de l'Opinion. La technique de la chaise vide, c'est celle qu'avait choisie, avec le succès que l'on sait, Rachida Dati pour les débats pour les municipales à Paris, rappelle Carvounas. L'ex-ministre avait séché plusieurs confrontations, préférant souvent se faire représenter face à ses concurrents. «Bouder les débats n'a pas tellement réussi à Dati. Il devrait s'en souvenir», approuve d'ailleurs Brun.
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