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CHEZ POL 21 SEPTEMBRE

 




#Vide #Camaraderie #Ceinture #Colossal #Majesté


Chez Pol n°1790 - Réservé aux abonnés Libé



Bonjour, nous sommes le 21 septembre
et c'est le bon jour pour s'effacer.

Un ex se cache sur cette photo. Photo Cha Gonzalez. Libération (2026)

FAIT MAISON Ciotti fait traîner sa succession à l'Assemblée

AU COMPTOIR En attaquant Glucksmann, Royal braque le reste du PS ; Retailleau prend encore un râteau de Lisnard ; et pour une fois, Hollande va se faire discret

LE CHIFFRE 82,2%

VOST Darmanin veut le beurre de la campagne et l'argent du beurre du gouvernement

ON POSE ÇA LÀ Macron déprogramme Philippe

BO BO BONUS Candidature spontanée

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Rendez-vous Macron / Trump à New York

L'ADDITION Jouons avec les faux amis

SUCCESSION • L'élection d'Éric Ciotti comme maire de Nice, à l'occasion des dernières municipales, finira par laisser un grand vide à l'Assemblée. Non pas que les interventions du Milei de Paca seront regrettées, non ça va, on arrivera à vivre sans. Mais au sein du groupe UDR, on attend un nouveau chef désormais. Et comme à l'extrême droite, on aime bien les chefs, l'attente fait désordre. Le favori pour reprendre la présidence du groupe est le seul député médiatique du clan, le désormais célèbre Charles Alloncle. Mais même lui ne sait pas - ou feint de ne pas savoir - quand Ciotti (lui) passera la main. Une chose est sûre : cela ne devrait pas intervenir avant quelques jours, nous souffle-t-on au sein du groupe. Et pour cause, le tribunal administratif examine le 6 octobre un recours concernant des irrégularités lors des municipales à Nice. Si celui-ci est rejeté et l’élection validée, Ciotti pourra alors délivrer ses ouailles. Sy. C.

LA QUERELLE DES ANCIENS ET DES MODERNES • Raphaël Glucksmann ? Un «stagiaire» qui n'a jamais dirigé «ne serait-ce qu’une collectivité locale ou une structure étatique» et qui préparerait une alliance «avec le centre et la droite». 3 jours avant le 1er débat de la primaire PS/Place publique, Ségolène Royal a sorti l'artillerie lourde dans Libé contre le favori du scrutin. «Au moment où la France traverse des crises, où l'extrême droite est aux portes du pouvoir, Mme Royal décide que je suis sa première cible. Très bien. C'est pas du tout au niveau», a répliqué Glucksmann, ce matin sur France Info. Et l'intéressé de poursuivre tout en ironie : «Elle a raison de souligner que je ne suis pas, moi, en politique depuis 45 ans, que je n'ai pas quémandé des postes depuis 45 ans, que je n'ai pas quémandé de postes auprès d'Emmanuel Macron.» Un angle d'attaque également utilisé par les lieutenants du leader de Place publique, qui ont rappelé le CV et les accointances macronistes de Royal depuis 2017, entre vote pour LREM contre Delphine Batho aux législatives 2017, son poste d'ambassadrice des pôles de Macron ou encore son offre de service pour entrer au gouvernement Barnier. Et Glucksmann de conclure : «Royal, dans une sorte de tour de piste, ne gagnera pas cette primaire. Ce type d'attaques avilit l'ensemble de la classe politique.»

Si elle pense m'embêter, elle se met le doigt dans l'œil. Photo Ed Jones. AFP (2026)

ILS LUI DEMANDENT DE S'ARRÊTER • Mais il n'y a pas que le camp Glucksmann qui a manifesté son irritation face aux saillies de l'ex-finaliste de la présidentielle 2007. Patrick Mennucci, président de la commission d'organisation de la primaire, s'est aussi fendu d'un communiqué pour rappeler Royal à l'ordre et qu'elle avait «signé une charte qui lui impose un comportement éthique et lui interdit les attaques personnelles». Mennucci lui reproche d'avoir attaqué son rival avec «des moqueries inadmissibles sur sa personne». Et d'insister : «Nous demandons fermement à Royal de revenir à une attitude respectueuse à l'égard du processus démocratique de la primaire ainsi qu'à tous de se conformer à un esprit de camaraderie.» Même dans le camp Faure, pourtant pas le dernier à taper sur Glucksmann, on a trouvé la sortie de Royal un peu too much. Ainsi Luc Broussy a-t-il déploré les «outrances contre-productives» de Royal et ses déclarations «navrantes et dangereuses». Y'a pas à dire : le groupe vit bien.

PAS LE FOLL LA GUÊPE • Quand un tenant de l'aile droite du PS a quelque chose à dire, il le fait souvent au très droitier hebdo le Point. Et ça n'a pas manqué avec Stéphane Le Foll. L'ex-ministre de l'Agriculture et proche de François Hollande y a annoncé son soutien - ô surprise - à Glucksmann pour la primaire. Pourtant, le maire du Mans n'a pas toujours été un grand fan du leader de Place publique. Loin de là. En 2019, quand Olivier Faure et le PS désignaient Glucksmann comme leur tête de liste aux européennes, Le Foll avait tout simplement quitté le bureau national du PS pour protester contre ce choix et dénoncer l'effacement de son parti. «Le PS se met derrière Place publique, mais pourquoi ? Sur quelle base politique ? On ne sait pas», fustigeait-il dans l'Obs. Et de qualifier alors à l'AFP le choix de Glucksmann de «mauvaise plaisanterie» et son petit parti de «mouvement inconnu de tous» qui «n'a ni ligne, ni portée, ni consistance»

Je retourne ma veste, et alors ? Photo Pascal Lachenaud. AFP (2016)

MOSCOUPE BUDGÉTAIRE • Faut-il arrêter d'aider l'Ukraine face à l'agression russe ? C'est l'avis de Louis Aliot, vice-président du RN, même si Jordan Bardella et Marine Le Pen ont publié samedi un communiqué inhabituellement sévère vis-à-vis de Poutine. Et l'idée, comme beaucoup d'autres venues de l'extrême droite, fait aussi son chemin à LR. Sur BFMTV samedi, le vice-président du parti de droite Julien Aubert, membre de la task force initiale autour Bruno Retailleau pour 2027, a ainsi considéré qu'il ne fallait «pas couper le robinet [l'expression d'Aliot, ndlr] mais le réduire, sans doute». Et ce au nom d'un impératif financier domestique : «Parce que nous avons aujourd'hui des problèmes budgétaires, la question du soutien à l'Ukraine doit être mise sur la table. […] Il est évident que nous ne pourrons pas justifier le maintien d'une aide à un pays étranger alors que les Français se serrent la ceinture.» Le très conservateur ex-député estime que «la Russie s'attaque à nous parce que nous faisons partie des soutiens à l'Ukraine»... tout en jugeant «normale» la position de la France, en tant qu'«alliée» de Kiyv et «membre du conseil de sécurité de l'ONU».

NON-CROYANT • Retailleau a beau espérer et demander le ralliement rapide de David Lisnard à sa candidature, cela n'emballe vraiment pas l'hyper libéral maire de Cannes. Tenant de «l'union des droites» à laquelle Retailleau s'oppose, le patron de l'Association des maires de France (AMF) rejette ainsi sèchement l'idée dans la Tribune dimanche : «Dans le spectre politique, Retailleau est proche de moi, bien sûr, mais je n'y crois pas. Sinon, je serais derrière lui ! Je propose autre chose.» La semaine dernière, Lisnard aurait maintenu son idée de primaire incluant Reconquête alors que Retailleau évoquait la nécessité de «trouver une solution» pour que leurs candidatures ne se cannibalisent pas. Mais Lisnard, déjà candidat à sa succession à l'AMF, ne cache pas vraiment qu'il n'est candidat que temporairement et finira bien par arrêter les frais de campagne. «Je peux pousser jusqu'en janvier ou février», a-t-il expliqué en privé cette semaine, toujours selon l'hebdo. Après quoi il lui faudra bien soutenir quelqu'un. Et comme il «ne croit pas» à la réussite du patron de LR, se tournera-t-il encore plus à droite ?

David Lisnard. Photo Carine Schmitt. Hans Lucas via AFP (2026)

REPOS BIEN MÉRITÉ • Ça devrait faire du bien au PS vu le déroulé des dernières années, et encore plus après ce début officiel et chaotique de campagne pour la primaire : François Hollande aurait l'intention de se faire un peu plus discret dans un futur proche. Pas candidat mais omniprésent, l'ex-Président voudrait maintenant lever le pied, selon un membre de son équipe dans le Parisien dimanche : «On va arrêter les séquences médiatiques pour ne pas lasser. Il a quand même fait une très grande séquence politique depuis le mois d'avril. C'est colossal de mobilisation, de présence, de débats, de livres. Maintenant, il va laisser tranquillement se dérouler le débat du PS.» On jurerait entendre un immense «aaaaaaaaaah» de soulagement venu des QG de tous les candidats à la primaire.

C'est aujourd'hui que débute, en commission à l'Assemblée, l'examen de la proposition de loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes. Et on connaît le nombre d'amendements déposés sur ce texte : 780, avant que certains ne soient jugés irrecevables. Et LCP a fait les comptes : sur ces 780 amendements, 641 sont signés par des députéEs. «Soit 82,2%», note la chaîne parlementaire, qui précise : «Au total, sur les 78 députés, tous sexes confondus, qui ont déposé des amendements sur ce texte, 55 sont des femmes (soit 70,5%). Sachant que, dans l'hémicycle, les femmes ne représentent que 36% des effectifs parlementaires.»

Le beurre de la campagne et l'argent du beurre du gouvernement

Quand tu fais campagne mais en ASMR. Photo Telmo Pinto. NurPhoto via AFP (2026)

Maud Bregeon avait déjà fait savoir qu'elle ne se jugeait pas concernée par les consignes de Sébastien Lecornu, réitérées la semaine dernière, à savoir que les ministres «qui souhaitent participer activement à une campagne [présidentielle] devront partir» du gouvernement. Puisqu'elle n'a «pas de rôle opérationnel» auprès d'Édouard Philippe qu'elle soutient, la porte-parole du gouvernement considère ne pas devoir démissionner. Et c'est pareil pour Gérald Darmanin.

Hier soir, l'entourage du ministre de la Justice nous servait l'habituel couplet sur un homme «pleinement à sa tâche» 24/7, qui n'a «pas d'implication opérationnelle» dans le staff philippiste et qui veut et peut donc «rester au gouvernement». «Consignes respectées, assure encore ce proche du garde des Sceaux : il n’est pas candidat, n’est dans aucun organigramme, ne fait aucun déplacement, aucun média et aucun meeting.» En apparence, oui. Sauf que la lecture de la Tribune dimanche, le matin même, donnait à voir une implication autrement plus concrète de Darmanin auprès du maire du Havre.

«Pilier central de la campagne»

L'hebdo racontait ainsi que le 8 septembre, l'ex-ministre de l'Intérieur ne s'est pas contenté d'assister sagement et discrètement, comme une centaine d'élus et quelques ministres, au premier «comité de campagne» de son vieux pote de droite. Il y a aussi pris la parole en majesté juste après le patron d'Horizons et Jean-Pierre Raffarin, notamment pour mettre un gros taquet à Gabriel Attal en périphérie d'un propos à teneur stratégique : «En ce moment, les Français cherchent l'adulte dans la pièce. [...] Il faut laisser les noyés s'agiter. Je fais référence à ceux qui vont au bistrot [vous l'avez, ndlr].» Nos confrères ajoutent : «Ce jour-là, une évidence politique apparaît aux yeux de tous : Darmanin sera le pilier central de la campagne de Philippe.» Le Tourquennois serait aussi régulièrement fourré au QG de campagne de l'ex-Premier ministre, notamment fin août pour «finaliser les arbitrages sur les propositions économiques» du Havrais, ou la semaine dernière pour préparer le passage de son champion dans le grand come-back de L'heure de Vérité sur France 2 - émission prévue jeudi de très longue date mais finalement repoussée sine die [on en reparle tout de suite ⬇️].

Ça fait beaucoup pour quelqu'un qui n'a aucun rôle, mais ça n'a pas l'air de gêner Lecornu (autre grand copain de Darmanin et Philippe), dont les menaces ne sont pas suivies d'effets et dont l'entourage n'a pas répondu à nos questions à ce sujet.

ANNULE ET REMPLACE • C'était calé : Philippe devait s'offrir son prime time de rentrée et inaugurer, jeudi, le remake de L'Heure de vérité, sur France 2. C'était sans compter Emmanuel Macron. Le Président a en effet décidé de répondre à une interview conjointe TF1/France 2 le même soir, contraignant le service public à reprogrammer à une date non précisée le retour de sa nouvelle émission politique.

BÉBECHT SHOW • Je suis un ancien PS, ex-député macroniste et ex-ministre d'Élisabeth Borne. Depuis juin, «j'envisage» d'être candidat à la présidentielle et j'ai annoncé que, jeudi, «je franchirai une étape majeure de mon engagement politique» pour «ouvrir un nouveau chapitre pour la France». Je suis… je suis ? Le bien connu Olivier Becht, qui nous livre un insoutenable teasing sur ses ambitions élyséennes.

ON FAIT MINÉ DE S'ÉTONNER • Encore une élection, encore une «brebis galeuse». L’Humanité évoque le cas du n°2 de la liste RN des Français établis à l’étranger pour les sénatoriales. Un certain Éric Miné, déjà élu RN depuis 2014 (donc pas sorti de nulle part) dont l’Huma résume le pedigree : «Passé par des réseaux néonazis et négationnistes, nostalgique des colonies et du monarchisme.» Pas de chance que ça tombe encore et toujours sur le parti lepéniste…

Candidature spontanée





• New York, après-midi Après presque 3 jours à Saint-Pierre-et-Miquelon, Macron file vers les États-Unis où se tient l'AG de l'Onu. Il s'y entretiendra, notamment, avec Donald Trump - le rendez-vous est prévu à 23h35 heure française - et le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Pendant ce temps, Lecornu s'occupe des affaires intérieures avec au programme 2 réunions au sujet des carburants.

On termine avec notre jeu du jour. Quel qualificatif Édouard Philippe accole-t-il à Gabriel Attal ?

• «Faux»
• «Puéril» 
• «Mégalo»
• «Déloyal»
• «Immature»
• «Prétentieux»

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus.


Bravo !

C'est ce que dit l'ex-Premier ministre, dans un livre de journalistes à paraître cette semaine, au sujet de son jeune et successeur à Matignon, qui s'était vanté d'être «meilleur en campagne que lui».

 Pour retrouver les articles de Chez Pol, c'est juste ici 
 
 



Et enfin, les résultats de notre jeu de vendredi. En effet, Philippe a bien dit «Mangez des pommes». Et non «Macron, démission !», même s'il l'a déjà dit et pensé.

Sur ce, bonne journée 👋. Et à demain sur les routes de l'info.

 

Chez Pol a été concoctée par 
Etienne Baldit, Sylvain Chazot et Sébastien Tronche


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