| LA QUERELLE DES ANCIENS ET DES MODERNES • Raphaël Glucksmann ? Un «stagiaire» qui n'a jamais dirigé «ne serait-ce qu’une collectivité locale ou une structure étatique» et qui préparerait une alliance «avec le centre et la droite». 3 jours avant le 1er débat de la primaire PS/Place publique, Ségolène Royal a sorti l'artillerie lourde dans Libé contre le favori du scrutin. «Au moment où la France traverse des crises, où l'extrême droite est aux portes du pouvoir, Mme Royal décide que je suis sa première cible. Très bien. C'est pas du tout au niveau», a répliqué Glucksmann, ce matin sur France Info. Et l'intéressé de poursuivre tout en ironie : «Elle a raison de souligner que je ne suis pas, moi, en politique depuis 45 ans, que je n'ai pas quémandé des postes depuis 45 ans, que je n'ai pas quémandé de postes auprès d'Emmanuel Macron.» Un angle d'attaque également utilisé par les lieutenants du leader de Place publique, qui ont rappelé le CV et les accointances macronistes de Royal depuis 2017, entre vote pour LREM contre Delphine Batho aux législatives 2017, son poste d'ambassadrice des pôles de Macron ou encore son offre de service pour entrer au gouvernement Barnier. Et Glucksmann de conclure : «Royal, dans une sorte de tour de piste, ne gagnera pas cette primaire. Ce type d'attaques avilit l'ensemble de la classe politique.» | | Si elle pense m'embêter, elle se met le doigt dans l'œil. Photo Ed Jones. AFP (2026) | ILS LUI DEMANDENT DE S'ARRÊTER • Mais il n'y a pas que le camp Glucksmann qui a manifesté son irritation face aux saillies de l'ex-finaliste de la présidentielle 2007. Patrick Mennucci, président de la commission d'organisation de la primaire, s'est aussi fendu d'un communiqué pour rappeler Royal à l'ordre et qu'elle avait «signé une charte qui lui impose un comportement éthique et lui interdit les attaques personnelles». Mennucci lui reproche d'avoir attaqué son rival avec «des moqueries inadmissibles sur sa personne». Et d'insister : «Nous demandons fermement à Royal de revenir à une attitude respectueuse à l'égard du processus démocratique de la primaire ainsi qu'à tous de se conformer à un esprit de camaraderie.» Même dans le camp Faure, pourtant pas le dernier à taper sur Glucksmann, on a trouvé la sortie de Royal un peu too much. Ainsi Luc Broussy a-t-il déploré les «outrances contre-productives» de Royal et ses déclarations «navrantes et dangereuses». Y'a pas à dire : le groupe vit bien. | PAS LE FOLL LA GUÊPE • Quand un tenant de l'aile droite du PS a quelque chose à dire, il le fait souvent au très droitier hebdo le Point. Et ça n'a pas manqué avec Stéphane Le Foll. L'ex-ministre de l'Agriculture et proche de François Hollande y a annoncé son soutien - ô surprise - à Glucksmann pour la primaire. Pourtant, le maire du Mans n'a pas toujours été un grand fan du leader de Place publique. Loin de là. En 2019, quand Olivier Faure et le PS désignaient Glucksmann comme leur tête de liste aux européennes, Le Foll avait tout simplement quitté le bureau national du PS pour protester contre ce choix et dénoncer l'effacement de son parti. «Le PS se met derrière Place publique, mais pourquoi ? Sur quelle base politique ? On ne sait pas», fustigeait-il dans l'Obs. Et de qualifier alors à l'AFP le choix de Glucksmann de «mauvaise plaisanterie» et son petit parti de «mouvement inconnu de tous» qui «n'a ni ligne, ni portée, ni consistance». | | Je retourne ma veste, et alors ? Photo Pascal Lachenaud. AFP (2016) | MOSCOUPE BUDGÉTAIRE • Faut-il arrêter d'aider l'Ukraine face à l'agression russe ? C'est l'avis de Louis Aliot, vice-président du RN, même si Jordan Bardella et Marine Le Pen ont publié samedi un communiqué inhabituellement sévère vis-à-vis de Poutine. Et l'idée, comme beaucoup d'autres venues de l'extrême droite, fait aussi son chemin à LR. Sur BFMTV samedi, le vice-président du parti de droite Julien Aubert, membre de la task force initiale autour Bruno Retailleau pour 2027, a ainsi considéré qu'il ne fallait «pas couper le robinet [l'expression d'Aliot, ndlr] mais le réduire, sans doute». Et ce au nom d'un impératif financier domestique : «Parce que nous avons aujourd'hui des problèmes budgétaires, la question du soutien à l'Ukraine doit être mise sur la table. […] Il est évident que nous ne pourrons pas justifier le maintien d'une aide à un pays étranger alors que les Français se serrent la ceinture.» Le très conservateur ex-député estime que «la Russie s'attaque à nous parce que nous faisons partie des soutiens à l'Ukraine»... tout en jugeant «normale» la position de la France, en tant qu'«alliée» de Kiyv et «membre du conseil de sécurité de l'ONU». | NON-CROYANT • Retailleau a beau espérer et demander le ralliement rapide de David Lisnard à sa candidature, cela n'emballe vraiment pas l'hyper libéral maire de Cannes. Tenant de «l'union des droites» à laquelle Retailleau s'oppose, le patron de l'Association des maires de France (AMF) rejette ainsi sèchement l'idée dans la Tribune dimanche : «Dans le spectre politique, Retailleau est proche de moi, bien sûr, mais je n'y crois pas. Sinon, je serais derrière lui ! Je propose autre chose.» La semaine dernière, Lisnard aurait maintenu son idée de primaire incluant Reconquête alors que Retailleau évoquait la nécessité de «trouver une solution» pour que leurs candidatures ne se cannibalisent pas. Mais Lisnard, déjà candidat à sa succession à l'AMF, ne cache pas vraiment qu'il n'est candidat que temporairement et finira bien par arrêter les frais de campagne. «Je peux pousser jusqu'en janvier ou février», a-t-il expliqué en privé cette semaine, toujours selon l'hebdo. Après quoi il lui faudra bien soutenir quelqu'un. Et comme il «ne croit pas» à la réussite du patron de LR, se tournera-t-il encore plus à droite ? | | David Lisnard. Photo Carine Schmitt. Hans Lucas via AFP (2026) | REPOS BIEN MÉRITÉ • Ça devrait faire du bien au PS vu le déroulé des dernières années, et encore plus après ce début officiel et chaotique de campagne pour la primaire : François Hollande aurait l'intention de se faire un peu plus discret dans un futur proche. Pas candidat mais omniprésent, l'ex-Président voudrait maintenant lever le pied, selon un membre de son équipe dans le Parisien dimanche : «On va arrêter les séquences médiatiques pour ne pas lasser. Il a quand même fait une très grande séquence politique depuis le mois d'avril. C'est colossal de mobilisation, de présence, de débats, de livres. Maintenant, il va laisser tranquillement se dérouler le débat du PS.» On jurerait entendre un immense «aaaaaaaaaah» de soulagement venu des QG de tous les candidats à la primaire. | |
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