Par V.B.
Tendre l'autre joue : c'est la stratégie retenue ces derniers temps chez Horizons face aux rasades de vacheries envoyées par Attal. Philippe l'a encore redit à ses troupes le 15 septembre, lors du séminaire de rentrée des parlementaires Horizons : «Vous ne devez être qu’amour.» «Édouard a une image de candidat sérieux. Il veut être président de la République, sous-titre une députée du groupe. S’il n’est pas capable de montrer qu’il a des nerfs…»
Ses nerfs se sont pourtant tendus après la polémique autour d'«Édouard le flemmard», sur laquelle Attal n'a pas hésité à souffler. «Moi, je considère que la France n’a plus une minute à perdre», a balancé le candidat Renaissance. «Inacceptable», peste-t-on chez Horizons. Attal en a pourtant remis une couche hier en cognant les candidats qui semblent «gérer une avance sondagière en se disant : ''Finalement, plus la campagne démarre tardivement, plus je peux gérer une avance que j'ai aujourd'hui.''»
Ça va flinguer, chérie
Si Philippe feint d'être un bouddha en public, il lâche ses coups en privé. Le maire du Havre goûte peu à la petite musique instillée par Attal et ses soutiens sur un remake de 1995 : Chirac l'outsider face à Balladur le chouchou des sondages, le mangeur de pomme tâtant le cul des vaches versus le techno coincé... Dans Le Crépuscule des princes, livre des journalistes Jérémy Marot et Pauline Théveniaud, qui paraît demain, Philippe tient des propos acides contre son rival, qui s'estimait au printemps meilleur en campagne que lui : «Sur quoi on s'appuie pour dire ça ? Sur des raisonnements électoraux ? Quand il a été Premier ministre, il a fait campagne pour les européennes. On a vu les résultats [14,6%]. Quand j'ai été Premier ministre, j'ai fait campagne pour les européennes. Pour un bien meilleur résultat [22,42%]. Moi, j'ai gagné une cantonale au Havre. Une législative contre une vague rose. J'ai gagné 3 municipales au Havre. Il a gagné quelles campagnes ? 3 campagnes législatives, dans les Hauts-de-Seine, avec l'étiquette macroniste, à Issy-les-Moulineaux... Sans déconner. Balladur, c'était un type qui était élu parisien, qui n'avait jamais été élu local. Ça ressemble beaucoup à Gabriel...»
Quant à la déclaration de candidature d'Attal en mai, depuis une place de village dans l'Aveyron, Philippe n'en pense pas moins : «Ça me fait penser à ces films qui, dans les années 80-90, étaient réalisés par des types qui étaient d'abord des réalisateurs de clips. Ils étaient formellement très bons. Mais en fait on se faisait un peu chier en les regardant. Et il y a de ça dans cette annonce.» L'amour vache, en somme. Notre députée Horizons citée plus haut prévient : «Il faut zigouiller personne… pour l’instant. À un moment donné, on va se réveiller. Après l’amour, on ne va pas fumer une cigarette, on va flinguer.»
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