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CHEZ POL 22 SEPTEMBRE

 

Nous devant l'apparition










#Souk #Fable #Rattrapage #Lingots #Bouddha


Chez Pol n°1791 - Réservé aux abonnés Libé



Bonjour, nous sommes le 22 septembre
et c'est le bon jour pour se remettre en marche.

La petite bête politique qui monte, qui monte... Photo Sébastien Bozon. AFP (2015)

FAIT MAISON Sur le Budget, le gouvernement ne sait plus à quel soc' se vouer

AU COMPTOIR Pigasse est toujours peut-être candidat ; les objectifs très (trop ?) ambitieux de LR ; et on ne pensait vraiment pas entendre ces expressions nazies en pleine présidentielle, en France, en 2026

LE MASQUE ET LA POL Philippe et Attal se renvoient la Balladur

ON POSE ÇA LÀ Sale journée pour le RN, lâché par Matignon et Moscou

L'OEIL DE LIBÉ Le cassoulet de la paix pour Glucksmann

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Pour son anniv', Royal remonte sur scène


PAR QUEL SOC' LE BUDGET VA-T-IL ÊTRE MANGÉ ? • La très rude copie budgétaire esquissée par Sébastien Lecornu la semaine dernière sera-t-elle celle qui sera présentée officiellement en conseil des ministres le 1er octobre ? Il est permis d'en douter, l'exécutif étant conscient que cette version est trop «hardcore» pour ne pas provoquer un blocage total au Parlement. Et si l'hypothèse d'une adoption par 49.3 reste la plus probable, encore faut-il que le gouvernement ne soit pas renversé par une motion de censure. Pour cela, c'est une nouvelle fois vers les députés PS que le Premier ministre devra se tourner, éternellement en quête de leur «bienveillance». «C'est notre principal partenaire, il ne s'agit pas de négocier avec le RN», confirme une source gouvernementale au fait des «consultations» et réflexions stratégiques sur la séquence budgétaire. Sauf que l'éternel souk des batailles de congrès permanentes chez les roses, encore accentué par la primaire des sociaux-démocrates qui part déjà en règlement de comptes, rend cet interlocuteur peu lisible pour l'exécutif. «Le groupe socialiste à l'Assemblée, on ne le prend plus comme une entité homogène, reprend notre conseiller. Il y a certains députés qui censurent quoi qu'il arrive, d'autres plutôt comme François Hollande qui ne le souhaitent pas. Donc qui, chez eux, va dicter la ligne ? Raphaël Glucksmann s'il gagne la primaire alors qu'il n'est même pas au PS ? Olivier Faure qui est le chef du parti ou Boris Vallaud à la tête des députés ?» «C'est chaud», lâche cette source, pas plus avancée par les positions alambiquées des leaders roses sur une éventuelle censure, comme celle encore tenue par Vallaud sur Public Sénat ce matin. On souhaite à tout ce petit monde bien du courage. E.B.

C'est qui le patron (vraie question) ? Photo Alain Jocard. AFP (2026)

SALLE D'ATTENTE • Il ne lâche rien. Et reste dans la très chargée catégorie des «je n'exclus rien» pour la présidentielle. Recalé de la primaire socialiste, Matthieu Pigasse n'a «pas tourné la page» d'une éventuelle candidature élyséenne et «ne renonce pas à la bataille politique», assure-t-il sur France Inter. Mais il ne veut pas pour autant affirmer qu'il sera bien sur la ligne de départ car il semble trop tôt pour faire un choix même si son choix semble bien avancé : «On est à 8 mois de l'élection, il va se passer plein de choses. Je ne ferme aucune porte. [...] Il est trop tôt pour se prononcer.» Celui qui veut prioritairement lutter «contre l'extrême droite» et «œuvrer pour l'union de la gauche» veut d'abord se faire entendre sur les débats budgétaires, jugeant «assassine» la copie présentée par Lecornu. Un vrai truc de candidat, quoi.

Je veux ou je veux pas ? Si je veux pas, tant pis. Photo Jean-Christophe Verhaegen. AFP (2026)

PUY ON EST DE FOUS... • Puisqu'on parle de Pigasse, le patron de Combat Media est sur tous les fronts. C'est son groupe qui assurera la communication de «Populaire», initiative dévoilée hier par le département de Seine-Saint-Denis et son président socialiste, Stéphane Troussel. Ce dernier a présenté cette série de spectacles historiques, gratuits et en plein air, assumant d'ouvrir «un nouveau front dans la bataille culturelle» face à l'extrême droite. Une sorte de contre-Puy du Fou. «Nous refusons les récits réactionnaires qui fantasment une France d'identité unique, blanche et catholique. Cette France relève d'ailleurs moins de l'histoire que de la fable politique», a déclaré Troussel. Pour le moment, 3 spectacles sont prévus au printemps et à l'été 2027 : le premier se tiendra sur le parvis de la basilique de Saint-Denis et évoquera l'exhumation des dépouilles des monarques par des révolutionnaires tandis que le deuxième se tiendra dans le stade Bauer de Saint-Ouen, antre du Red Star, pour raconter «une histoire populaire du sport».

LE CHOIX DES MOTS • En politique et encore plus en campagne, chaque mot compte et doit être bien pesé. Certains sont peut-être un peu légers en la matière. Comme Gabriel Attal qui, bien que se droitisant, ne peut quand même pas être taxé de nazisme et vient pourtant de publier un tract sur lequel on peut lire : «L'école. Mon combat.» Pour ceux qui n'ont pas la ref' ou n'ont pas fait allemand à l'école, «Mon combat» se traduit dans la langue de Goethe par… Mein Kampf. Le titre du livre-programme d'un certain Adolf Hitler. Sûrement une maladresse. Peut-on en dire autant de Jean-Philippe Tanguy ? Un très court extrait vidéo d'un discours du président délégué du groupe RN à l'Assemblée circule sur les réseaux. On l'y entend dire : «Oui, le travail rend libre.» Une fois de plus, séance de rattrapage pour ceux qui n'ont pas l'origine de cette phrase : en allemand, Arbeit macht frei est le slogan affiché au fronton de l'entrée du camp d'extermination d'Auschwitz. «Soit il ne sait pas d’où vient cette phrase et c’est inquiétant. Soit il le sait et ça l’est encore plus !», a réagi le député LFI Antoine Léaument.

Nous devant l'apparition de références nazies en pleine campagne présidentielle.

RECONQUISTA • Le groupe LR à l'Assemblée avait miraculeusement survécu aux législatives de 2024, ne perdant qu'une poignée de sièges malgré l'implosion du parti avec le départ d'Éric Ciotti vers les rives du RN et des scores faméliques. Et Bruno Retailleau est pour l'instant promis à un résultat à la présidentielle à peine meilleur que celui de Valérie Pécresse en 2022 - 4,8%, on le rappelle. Un manque de dynamique qui n'empêche pas le parti de droite d'avoir de grandes ambitions. Le Figaro raconte ainsi que LR prépare activement les prochaines législatives, qui auront vraisemblablement lieu l'an prochain. Avec l'idée de présenter ses candidats partout et sans alliance, en tout cas pas avec Horizons et son boss Édouard Philippe, concurrent de Retailleau. Optimiste, le président de la commission d'investiture du parti, Roger Karoutchi, affiche des objectifs élevés : «On veut prendre des sièges à Horizons, à Renaissance et au RN. Nous sommes dans une stratégie de reconquête. C'est un cap tranquille et serein. Personne ne peut nous reprocher de vouloir être forts.» Reste à savoir si quand on veut, on peut.

Un partout, Balladur au centre

C'est toi qui as dit ça ? Photo Daniel Perron. Hans Lucas via AFP (2026)

Par V.B.

Tendre l'autre joue : c'est la stratégie retenue ces derniers temps chez Horizons face aux rasades de vacheries envoyées par Attal. Philippe l'a encore redit à ses troupes le 15 septembre, lors du séminaire de rentrée des parlementaires Horizons : «Vous ne devez être qu’amour.» «Édouard a une image de candidat sérieux. Il veut être président de la République, sous-titre une députée du groupe. S’il n’est pas capable de montrer qu’il a des nerfs…»

Ses nerfs se sont pourtant tendus après la polémique autour d'«Édouard le flemmard», sur laquelle Attal n'a pas hésité à souffler. «Moi, je considère que la France n’a plus une minute à perdre», a balancé le candidat Renaissance. «Inacceptable», peste-t-on chez Horizons. Attal en a pourtant remis une couche hier en cognant les candidats qui semblent «gérer une avance sondagière en se disant : ''Finalement, plus la campagne démarre tardivement, plus je peux gérer une avance que j'ai aujourd'hui.''» 

Ça va flinguer, chérie

Si Philippe feint d'être un bouddha en public, il lâche ses coups en privé. Le maire du Havre goûte peu à la petite musique instillée par Attal et ses soutiens sur un remake de 1995 : Chirac l'outsider face à Balladur le chouchou des sondages, le mangeur de pomme tâtant le cul des vaches versus le techno coincé... Dans Le Crépuscule des princes, livre des journalistes Jérémy Marot et Pauline Théveniaud, qui paraît demain, Philippe tient des propos acides contre son rival, qui s'estimait au printemps meilleur en campagne que lui : «Sur quoi on s'appuie pour dire ça ? Sur des raisonnements électoraux ? Quand il a été Premier ministre, il a fait campagne pour les européennes. On a vu les résultats [14,6%]. Quand j'ai été Premier ministre, j'ai fait campagne pour les européennes. Pour un bien meilleur résultat [22,42%]. Moi, j'ai gagné une cantonale au Havre. Une législative contre une vague rose. J'ai gagné 3 municipales au Havre. Il a gagné quelles campagnes ? 3 campagnes législatives, dans les Hauts-de-Seine, avec l'étiquette macroniste, à Issy-les-Moulineaux... Sans déconner. Balladur, c'était un type qui était élu parisien, qui n'avait jamais été élu local. Ça ressemble beaucoup à Gabriel...»

Quant à la déclaration de candidature d'Attal en mai, depuis une place de village dans l'Aveyron, Philippe n'en pense pas moins : «Ça me fait penser à ces films qui, dans les années 80-90, étaient réalisés par des types qui étaient d'abord des réalisateurs de clips. Ils étaient formellement très bons. Mais en fait on se faisait un peu chier en les regardant. Et il y a de ça dans cette annonce.» L'amour vache, en somme. Notre députée Horizons citée plus haut prévient : «Il faut zigouiller personne… pour l’instant. À un moment donné, on va se réveiller. Après l’amour, on ne va pas fumer une cigarette, on va flinguer.»

SUSPENSE • «J'y crois encore.» Suspendu du PS et de sa primaire, Philippe Brun persiste à vouloir participer à la compétition. Le député de l'Eure a annoncé, sur RTL, que sera examiné ce matin un «référé» déposé pour réintégrer le parti et le processus. Son objectif : pouvoir participer, dès demain soir, au premier débat de la primaire, sur LCI.

IL MONTE À L'ASSO • C'est notre feuilleton de la semaine : Olivier Becht continue de poser des petits cailloux sur le chemin de sa très attendue candidature présidentielle. Avant son annonce, qui doit intervenir jeudi, le député du Haut-Rhin a vu son parti, Ensemble pour les générations et les territoires, se doter officiellement d'une asso de financement, préalable à toute participation à une élection «sur le territoire national».

MORT-NÉ • Lecornu voulait trouver le moyen de pousser les banques à accepter de financer les campagnes de tous les candidats à la présidentielle qui en auraient besoin - ce qui est surtout le cas de Marine Le Pen. Mais «le dispositif envisagé par le gouvernement [...] ne verra pas le jour», assure Politico ce matin.

RETOUR DE FLAMME • Le RN est devenu un «parti européen ordinaire». C’est l’avis de l’ex-président russe Dmitri Medvedev (devenu un sniper du Kremlin sur X) qui n’a pas apprécié la prise de position de son ancien allié français à l’encontre de la Russie dans le dossier ukrainien. Il qualifie même le parti lepéniste de «russophobe» et soutien des «nazis de Kyiv».

Texte et photo Idriss Bigou-Gilles. Libération 

En ce samedi ensoleillé de fin septembre, je couvre les Rencontres de la gauche à Bram, dans l’Aude. Il est 13h quand le discours de Carole Delga, présidente PS de la région Occitanie, se termine. C’est l’heure de manger. Tout le monde se dirige vers le grand barnum blanc. Je suis Glucksmann, qui serre des mains à tout le monde tel Chirac. Sauf que ce ne sont pas des pommes que l’on va manger, mais un véritable cassoulet, le plat local. Autour de la table avec les autres journalistes, nous sommes amassés et on attend la présidente de la région qui se fait désirer. L’attachée de presse du candidat à la primaire nous demande de laisser de la place pour que les gens puissent s’asseoir, mais ce n’est pas du goût d’un autre photographe qui, après plusieurs sommations, s’énerve : «Vous vous prenez pour qui ?» Elle lui redemande à nouveau gentiment de laisser de la place et le prévient : «Je vais appeler la sécurité !» Le favori des sondages en rajoute en ironisant auprès des journalistes : «Est-ce qu’on va manger ce cassoulet tranquille ?» Delga arrive enfin, Glucksmann prend donc les choses en main et serre avec elle les fameux lingots à Jérôme Guedj, qui lui dit avec un grand sourire : «La gauche, c’est la solidarité !» Les assiettes sont remplies, le calme revient tout doucement, on peut enfin manger les 2 tonnes de cassoulet servies aujourd’hui aux 2 000 convives.

• Paris, 17h L'exécutif se déploie pour tenter de calmer la grogne sociale sur les carburants. Lors d'une conférence de presse à Bercy, les ministres Maud Bregeon (porte-parole et Énergie), Roland Lescure (Économie), David Amiel (Comptes publics), Stéphanie Rist (Santé), Catherine Chabaud (Mer) et Serge Papin (PME) présenteront chacun les dispositifs relevant de leur périmètre.

• New York, 19h30 Après avoir vu Donald Trump cette nuit, Emmanuel Macron va prononcer ce soir son discours devant l'AG de l'Onu dans la foulée d'une réunion initiée avec le Royaume-Uni sur Israël et la Palestine.

• Et aussi L'AMF organise sa conf' de presse de rentrée ; Lecornu rencontre la Coordination rurale, un syndicat proche de l'extrême droite dont le président voulait «faire la peau aux écolos» ; et, pour son anniversaire (73 ans), Ségolène Royal fait sa toute première réunion publique de campagne pour la primaire à Alfortville.

On termine avec notre jeu du jour. Complétez cette phrase du désormais ex-ministre de la Ruralité, Michel Fournier, de retour dans ses chères Vosges et méditant devant un troupeau de vaches : «Je serais resté si le gouvernement …»

• «était plus sympa.»
• «me l’avait demandé.»
• «était devenu de gauche.»
• «s'était installé dans les Vosges.»
• «intéressait encore les Français.»
• «pensait plus aux campagnes qu’à la campagne.»

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus.


Absolument.

C'est bien ce que l'inénarrable Michel Fournier a dit à l'AFP.

 Pour retrouver les articles de Chez Pol, c'est juste ici 
 
 


Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. En effet, Philippe a bien qualifié Attal d'«immature». Et non de «prétentieux». Mais bon...

Sur ce, bonne journée 👋. Et à demain sur les routes de l'info.

 

Chez Pol a été concoctée par 
Etienne Baldit, Sylvain Chazot et Sébastien Tronche
Avec la participation de Victor Boiteau et de Valentin Renaudin


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