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CHEZ POL 23 SEPTEMBRE

 

L'image que les socialistes espèrent éviter

François Hollande être comme ⬆️

#Récréation #Papillon #Moquette #Magie #Comique


Chez Pol n°1792 - Réservé aux abonnés Libé



Bonjour, nous sommes le 23 septembre
et c'est le bon jour pour être débouté.

Philippe Brun. Photo Simon Wohlfahrt. AFP (2026)

AU COMPTOIR Il n'y aura bien que 5 candidats à la primaire socialiste et certains aimeraient que la «chamaillerie» cesse ; le camp Hollande espionne Royal pas discrètement du tout ; et enfin un cadre légal pour les VSS dans les partis politiques

LE CHIFFRE 17 343

POL À REBOURS J - 207 : il y a 15 ans, le Sénat devenait pas «normal»

LE MOT «Mystique»

ON POSE ÇA LÀ Lecornu trolle le PS

YOUPOL Fou rire non sollicité à l'Assemblée

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Macron termine sa tournée américaine

L'ADDITION Jouons avec les punchlines

MARRON • Ils ne seront bien que 5 (Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel) sur le plateau de LCI ce soir pour la première confrontation télé de la primaire PS/Place publique. Car Philippe Brun, qui a demandé en référé à la justice sa réintégration au processus ainsi qu'au parti à la rose, a été débouté. Le député de l'Eure avait été suspendu du PS et de la compétition, accusé par une ex-collaboratrice de «violences». Ce qu'il dément fermement et publiquement depuis. Mais ses dénégations n'ont visiblement pas convaincu la justice de revenir sur la décision du Bureau national du PS de l'écarter du jeu.

ÇA SE DISPUTE • Faure contre Brun, Glucksmann contre Royal, Maurel contre… personne. La primaire socialiste a commencé par un échange de tirs croisés du plus mauvais effet. Aussi, certains prient pour que les 3 joutes cathodiques au programme avant le 1er tour ne tournent pas autour des attaques personnelles mais autour des projets et du fond. «On a une chamaillerie de cour de récréation qui n'est pas à la hauteur de l'enjeu», a dénoncé à l'AFP le député de l'Essonne Jérôme Guedj, en plaidant pour un «débat de dispute apaisée». Pour l'heure, on est plus proche de la dispute que de l'apaisement. Mais c'est aussi la prestation du favori du scrutin, Glucksmann, qui sera scrutée ce soir sur LCI. Boris Vallaud, patron des députés PS et supporter de l'eurodéputé, tente de rassurer son camp, affirmant que son champion «a haussé son niveau de préparation». Reste à hausser également son niveau de jeu, une fois le match lancé.

L'image que les socialistes espèrent éviter.

EFFET PAPILLON • L’espionnage de meetings de l’adversaire est un grand classique de toute campagne électorale. Le tout premier de l’aventure de Royal dans la primaire sociale-démocrate n’y a pas échappé, hier soir à Alfortville, chez son directeur de campagne Luc Carvounas. Le Parisien y a ainsi repéré Rémy Goubert, président des Jeunes avec François Hollande, en train de «papillone[r] au milieu des badauds» et souriant : «Je suis venu observer.» La primaire, nid d'espions.

François Hollande être comme ⬆️

CADRE • Les députés ont approuvé hier la création d'une procédure pour encadrer les signalements pour violences sexistes et sexuelles (VSS) dans les partis et les syndicats, dans le cadre de l'examen en commission spéciale de la «loi intégrale» pour lutter contre ce phénomène. Son adoption intervient après que plusieurs affaires de VSS ont éclaboussé différents partis et syndicats, avec encore tout récemment le cas Brun. Les députés avaient auparavant approuvé un article du texte renforçant la protection des salariés et des agents publics victimes ou témoins de VSS, et encadrant le traitement de leurs signalements par l'employeur.

L'une des grandes inconnues de la primaire socialiste reste la taille de son corps électoral. Combien de votants potentiels, sachant que le scrutin est ouvert aux adhérents du PS, de Place publique et de la Gauche républicaine et socialiste (GRS) ou à ceux qui s'acquitteraient directement de 15€ ? 

Résultat, chaque camp s'active à «faire des cartes», comme on dit dans le jargon, c'est-à-dire recruter le plus possible de nouveaux partisans. Et selon les fichiers consultés par l'Opinion, Glucksmann et Place publique seraient plutôt bons à ce petit jeu, en passe de carrément doubler leur nombre d'encartés. En partant certes de pas très haut, ce qui aide. Il y a un mois, le petit parti de l'eurodéputé comptait 9491 adhérents. Aujourd’hui, ce nombre a grimpé à 17 343. Avec l'ambition affichée d'atteindre, in fine, les 20 000 membres. De son côté, la GRS de Maurel revendique environ 2000 cartes. Quant au PS, lors de son congrès de 2025, il comptait près de 40 000 militants. Des chiffres qui pourraient encore évoluer à la hausse avec la tenue des 3 débats télé.

J - 207 : il y a 15 ans, le Sénat devenait pas «normal»

La gauche qui gagnait. Photo Thomas Samson. AFP (2011)

Par E.B.

Si vous n'aviez pas enregistré l'info, sachez-le : il y a une élection dimanche. Alors posez cette carte d'électeur tout de suite, vous n'êtes pas invité à voter - sauf si vous êtes conseiller régional, départemental ou municipal - pour ce scrutin si emballant que sont les sénatoriales. Et à 207 jours de la présidentielle, cela nous rappelle l'un des plus fameux précédents de renouvellement de la chambre haute survenu à distance égale de l'élection reine : le jour où le palais du Luxembourg a passé les armes à gauche, il y a 15 ans tout pile, pour la première fois depuis 1958. La dernière à ce jour.

Le 25 septembre 2011, l'histoire de la Ve République s'écrit dans une forme de logique mais aussi de stupeur générale : la gauche a gagné tous les scrutins intermédiaires du quinquennat Sarkozy, il est donc mathématique de la voir progresser au Sénat ; mais le renversement de majorité n'était pas acquis et sa concrétisation au fil de la journée ébranle la vénérable salle des Conférences et sa moquette rouge, dont les murs sont repoussés par une foule jamais vue en ces lieux. Sur le plateau de Public Sénat, qui a mis les petits plats dans les grands pour ce «festival de Cannes» maison, on tente de garder son flegme sénatorial. Mais les appels à la «prudence» quant aux résultats définitifs s'effacent à mesure que la victoire de la gauche se confirme, laissant même entrevoir la possibilité inouïe de chiper la présidence de la chambre à Gérard Larcher. Jean-Pierre Bel s'installera bien au Plateau quelques jours plus tard.

Secousse parlementaire et réplique présidentielle

À l'époque déjà, le PS est en pleine primaire. Les deux favoris depuis l'arrestation de DSK, Martine Aubry et François Hollande, se radinent pour participer à la fête et récolter les lauriers. 3 semaines plus tard, Hollande commencera à capitaliser sur la dynamique massive issue de sa désignation par près de 3 millions de votants. Le patron des roses, Harlem Désir, triomphe aussi. Même Jack Lang est là, avec son sourire de 1981 pour saluer «le moment historique en train de s'accomplir sous nos yeux». Le buffet tombe à court d'amuse-gueules et de cacahuètes, signe que la croyance en l'exploit n'était pas totale. Les sénateurs de droite, trop divisés pendant la campagne et dans une déroute qui préfigure le crépuscule du sarkozysme, désertent les lieux où ils régnaient en maîtres depuis plus de 50 ans. Pas un seul élu d'extrême droite n'est à signaler, ni dans les urnes ni à la télé. Tous le pressentent : 7 mois plus tard, cette secousse tellurique parlementaire aura une réplique présidentielle encore plus forte avec le retour de la gauche à l'Élysée.

Autant dire que l'ambiance ne sera pas franchement la même dimanche. Il ne sera nullement question de voir la gauche triompher (la droite et le centre devraient reculer mais conserver leur majo et Larcher sa présidence reconquise en 2014), mais peut-être d'assister à la création historique d'un groupe RN au Sénat. Ce soir, le premier des 3 débats de la primaire des sociaux-démocrates ne devrait pas provoquer le même engouement qu'il y a 15 ans. Mi-octobre, à peine 50 à 100 000 électeurs sont attendus par ses organisateurs. Et il faut au PS une bonne dose d'imagination pour se projeter avec optimisme sur la présidentielle.

Elle dit être de droite «chiraquienne» et aurait pu s'engager pour François Baroin si seulement... Mais c'est (logiquement ?) avec Gabriel Attal que Céline Géraud s'est embarquée. L'ex-judokate (championne d’Europe et vice-championne du monde) et journaliste passée de Stade 2 à Europe 1 et au JDD de Bolloré est devenue, début septembre, responsable de la com' du candidat Renaissance. Géraud raconte au Point sa rencontre avec l'ex-Premier ministre, qu'elle avait «croisé en plateau» à Europe 1 où elle faisait des interviews politiques. «Elle a apprécié [son] bail furtif à l’Éducation nationale, marqué par ses discours sur l’autorité et l’interdiction de l’abaya», précise l'hebdo. Et puis elle «rencontre un jour Maxime Cordier, l’un des plus proches conseillers d’Attal, et lui dit qu’elle a envie d’être utile, de s’engager». Un rendez-vous est donc calé avec le patron du parti macroniste. L'ancienne championne est déjà convaincue et «prête à partir au combat pour [lui]», comme elle le confie alors au candidat. Pour ne rien gâcher, une forme de magie opère en direct. Géraud relate : «Au judo, à haut niveau, quand tu serres la main de ton adversaire, tu sens tout de suite s’il est au-dessus ou en dessous, s’il est fébrile ou sûr de lui. Quand j’ai serré la main d'Attal, j’ai senti une énergie et une volonté puissante de vouloir changer les choses. Ça peut sembler un peu mystique quand je le dis, mais c’est l’un des atouts de mon sport.» Qui a dit que la politique ne pouvait plus faire rêver ?

DUPLOMBÉ • Le sénateur LR Laurent Duplomb est visé par une enquête préliminaire pour «détournement de fonds publics», révèle Médiacités. Sa collab’ aurait été chargée de pousser des élus de Haute-Loire à adhérer à LR pour soutenir Laurent Wauquiez face à Bruno Retailleau pour la présidence du parti l’an dernier.

SAVE THE DATE • Pour ceux que les débats budgétaires émoustillent : l'Assemblée devrait commencer le 13 octobre l'examen du Budget, qui doit être présenté en Conseil des ministres le 1er, jour de début de la courte session ordinaire, qui doit s'achever fin février, en raison de la présidentielle.

TIMING • Est-ce pour animer encore plus le débat des socialistes ce soir ? Sébastien Lecornu a choisi d'écrire aujourd'hui aux députés PS pour leur proposer de se rencontrer pour toper sur le Budget. Et de le faire savoir à la presse. «Le compromis de 2026 a été possible parce que chacun a accepté de faire un pas. Je suis prêt à poursuivre cette démarche avec vous, avec la même franchise et la même volonté d'aboutir», écrit-il à ces partenaires insaisissables.

AU REVOIR • Comme annoncé par l'intéressé lui-même, il y a 5 jours, avant le verdict officiel : Michel Fournier n'est plus ministre délégué à la Ruralité, apprend-on au Journal officiel ce matin. Le maire de Voivres dans les Vosges sera resté en poste un tout petit peu moins d'un an.

Fou rire non sollicité

On tient ici à remercier sincèrement la députée socialiste Colette Capdevielle pour cette séquence aussi comique qu’inattendue, surtout vu le contexte. En commission spéciale à l’Assemblée hier, où était examinée la loi intégrale sur les violences sexistes et sexuelles, l’élue des Pyrénées-Atlantiques s’est d'abord très sérieusement interrogée sur la nécessité de «sanctionner des mêmes peines» l'envoi «par la poste» et par voie numérique de «contenus à caractère sexuel à une personne sans son consentement». En clair, des photos intimes non sollicitées. «Parce que moi je suis d'une autre génération, on était plus romantique, on mettait dans une enveloppe avec un timbre», a poursuivi Capdevielle en réprimant un sourire puis cédant à l'hilarité générale qu'elle venait de provoquer. «Non mais j'envoie des photos mais pas les mêmes, a-t-elle ensuite précisé, alimentant le fou rire collectif. Moi je suis d'une génération, on envoyait des jolies photos, des paysages... On parle de romantisme.» Tentant de revenir au sérieux et à un amendement limitant les sanctions à un envoi «intentionnel» de contenus sexuels, la députée n'a fait que réalimenter les rires dans la salle (et le sien) par son argumentaire : «Puisqu'il peut y avoir des étourdis - c'est un amendement de fin de soirée - qui envoient inopinément et de manière pas du tout volontaire, mais comme ils ont beaucoup d'images dans leur téléphone, je crois que c'est comme ça que ça se passe, qui peuvent se tromper... Et on va pas pénaliser quand même une erreur d'envoi. Moi je suis la première à qui c'est arrivé, de se tromper de destinataire.»

• New York, 14h30 3e et dernier jour du déplacement de Macron à l'AG des Nations unies. Pour finir cette virée, le Président doit échanger avec des économistes internationaux sur la situation économique et financière mondiale. Vaste sujet. De son côté, à Paris, Lecornu reçoit la Confédération paysanne après avoir vu la Coordination rurale hier.

• Et aussi Avant que les candidats à l'investiture socialiste ne s'affrontent répondent aux questions de Français sur le plateau de LCI pour le 1er «débat» de leur primaire (20h40), Mélenchon tient opportunément une conférence de presse pour faire le point sur sa campagne (11h) et Attal en fait de même sur l'énergie et la dette. Histoire de ne pas se faire oublier.

On termine avec notre jeu du jour. Royal a déjà prévu la punchline finale qu’elle balancerait à Marine Le Pen en débat si, par un incroyable concours de circonstances, elle se retrouvait au 2d tour face à elle. Mais quelle est donc cette formule choc ?

• «Vous ne passerez pas !» 
• «Madame Le Pen, vous me faites de la peine.»
• «Vous mentez et espérez que ça passera Kremlin...»
• «Liberté, égalité, fraternité. Je répète : FRA-TER-NI-TÉ !»
• «Nous ne sommes plus, ou pas encore, dans les années 30.»
• «Entre nous deux, il y en a une qui n'a pas de bracelet électronique.»
 

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus.


C'est gagné !

C'est ce que Royal a révélé à l'Obs tout en leur demandant de garder le secret. Raté.


Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. En effet, L'ex-ministre Michel Fournier a bien dit : «Je serais resté si le gouvernement s'était installé dans les Vosges.» Et non : «Je serais resté si le gouvernement était plus sympa.»

Sur ce, bonne journée 👋. Et à demain sur les routes de l'info.

 

Chez Pol a été concoctée par 
Etienne Baldit, Sylvain Chazot et Sébastien Tronche


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