Par E.B.
On vous a parlé mardi de ces expressions nazies qu'on n'aurait jamais cru entendre durant cette campagne présidentielle. Alors bien sûr, il ne voulait pas vraiment faire l'éloge de la philosophie nazie affichée à l'entrée du camp d'Auschwitz, mais Jean-Philippe Tanguy se retrouve quand même bien embêté avec son «oui, le travail rend libre» balancé à la légère en meeting il y a quelques jours. Le député et n°2 du groupe RN à l'Assemblée n'en finit plus de devoir se justifier depuis.
Hier matin, sur les antennes de Bolloré évidemment, il a ainsi expliqué qu'il n'avait «rien dit de mal», qu'il avait tenu un propos tout à fait banal, à droite et à l'extrême droite, sur l'émancipation par le travail... Tanguy a aussi avancé pour sa défense que Nicolas Sarkozy avait usé des mêmes mots en son temps. Chacun ses témoins de moralité.
Not GUD enough
Visiblement sur les dents avec cette histoire, l'élu de la Somme n'a pas apprécié d'être accusé, sur X, par l'ex-ministre macroniste des Affaires européennes Nathalie Loiseau, d'avoir fait un gros appel du pied aux néonazis. «Vomis-toi dessus la gudarde, je suis innocent de tes vices de jeunesse», lui a-t-il répondu avec calme et retenue. Si vous n'avez pas la réf, il s'agit d'un rappel de la présence de Loiseau, aujourd'hui dirigeante d'Horizons et soutien de Philippe, sur une liste d'un syndicat issu du GUD lors d'élections étudiantes à Sciences Po Paris en 1984. Mais l'attaque méprisante envers le groupuscule néofasciste dissous en 2024 est ~audacieuse~ de la part d'un cadre RN, quand on connaît les liens du parti lepéniste avec les gudards… Bah d'ailleurs, rappelons-les. Axel Loustau, Frédéric Chatillon, e-Politic : on parle d'amis de jeunesse de Marine Le Pen, de l'éphémère beau-père de Jordan Bardella et du prestataire électoral toujours aussi fidèle du RN. Ils pourraient se vexer…
Mais revenons-en à Tanguy. Dans la soirée sur BFMTV, l'ancien fan de Nicolas Dupont-Aignan était encore en train d'essayer de se dépatouiller avec cette citation malvenue. Il a bien sûr accusé les insoumis d'avoir déclenché une polémique infondée avec un extrait à la serpe de son discours et un «propos sorti de son contexte». Puis il a aussi confié qu'il «écrit très peu ses discours»… Alors on ne sait pas vous mais nous, quand on part en impro, c’est rarement des locutions nazies qui nous viennent spontanément. Peut-être que Tanguy préparera un peu plus ses interventions désormais.
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