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CHEZ POL 24 SEPTEMBRE

 

#Radars #Enfer #Papouilles #Éternel #Impro

Chez Pol n°1793 - Réservé aux abonnés Libé



Bonjour, nous sommes le 24 septembre
et c'est le bon jour pour foncer.

C'est le petit Becht qui monte, qui monte. Photo Xose Bouzas. Hans Lucas. AFP (2022)

FAIT MAISON Ces diplomates derrière les prétendants à l'Élysée

AU COMPTOIR Les socialistes doutent des bonnes intentions de Lecornu ; ce député MoDem assume de vouloir faire des concessions au RN ; et Becht spoile lui-même sa candidature à la présidentielle

YOUPOL Le bug de Glucksmann sur Gaza

VOST Tanguy se noie dans sa référence nazie

ON POSE ÇA LÀ Arrêtez tout, Larcher est candidat

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Macron en stéréo

L'ADDITION Jouons avec les coulisses

IT'S THE DIPLOMACY, STUPID • Les écuries de campagne s’accordent au moins là-dessus : les enjeux internationaux domineront la campagne présidentielle. Histoire de muscler leur jeu, les candidats multiplient déplacements à l'étranger, réceptions d'ambassadeurs en poste en France et consultation d’experts. Sous les radars, ils s'appuient aussi sur des diplomates en poste au Quai d’Orsay. Au RN, c’est l'énarque Ambroise de Rancourt, directeur de cabinet de Marine Le Pen, qui joue le rôle de rabatteur. S’il «ratisse large», dixit un fonctionnaire du ministère, aucun nom n’a encore fuité. Hormis l’ex-ambassadeur en Algérie Xavier Driencourt qui, du RN aux macronistes, en passant par Bruno Retailleau et Édouard Philippe, est largement consulté. À droite justement, Philippe s'appuie, lui, sur Emmanuel Lenain, son ex-conseiller diplomatique à Matignon. Ambassadeur au Brésil depuis 2023, Lenain est récemment rentré en France pour filer un coup de main à son ancien camarade de l’ENA. Son rival chez Renaissance, Gabriel Attal, est aidé de son côté par Luis Vassy, actuel directeur de Sciences Po et ancien conseiller de Catherine Colonna et de Jean-Yves Le Drian au ministère des Affaires étrangères. Ambassadrice de France au Koweït, Claire Le Flécher vient, elle, de rejoindre le mouvement de Dominique de Villepin, La France humaniste, comme l'a révélé La Lettre. Côté LFI, Jean-Luc Mélenchon écoute notamment Mohammed Bouabdallah, en poste à la Villa Albertine, aux États-Unis. Diplomate de métier, binational, il était sorti de sa réserve en 2024 pour dénoncer dans une tribune au Monde les risques d'une arrivée du RN au pouvoir. V.B.

ÉTONNANT, NON ?  • Sébastien Lecornu va-t-il survivre à sa saison 2 d'un Budget en enfer ? Pour parvenir à ne pas être censuré, le Premier ministre a écrit aux socialistes, pile poil le jour du 1er débat de leur primaire, pour tenter de les amadouer et les inciter à chercher «un compromis». Sauf que si les roses ont obtenu l'année dernière la suspension de la réforme des retraites, la copie présentée cette année par Matignon a de quoi les faire tiquer. Cheffe de file du parti à la rose sur les questions budgétaires, Estelle Mercier n'est pas dupe et dit au Parisien : «Il souffle le chaud et le froid. Hier, il annonce un budget austéritaire et particulièrement injuste et, aujourd'hui, il nous écrit pour nous inciter à entrer dans une discussion approfondie, sérieuse, transparente et publique. Sa stratégie est quelque peu étonnante. S'agit-il de faire le SAV des mesures inacceptables qu'il propose ?» Sans fermer la porte aux discussions, le boss des députés PS Boris Vallaud a estimé hier soir sur BFMTV qu'il ne «voyait pas la main tendue» dans ce Budget «récessif» et que la copie devait être «radicalement corrigée». Patronne des députés écolos, Cyrielle Chatelain pense que Lecornu préférera avoir la bienveillance de l'extrême droite plutôt que de toper avec les roses : «Très clairement, les signaux sont envoyés vers le RN de la part du gouvernement.»

Quand tu te tournes vers ton extrême droite. Photo Bastien Ohier. Hans Lucas via AFP (2026)

PRÉSENT • Si, au final, Lecornu devait renoncer au soutien du PS pour rester en poste et faire passer son Budget, il devra alors se tourner vers le RN. Le parti lepéniste a d'ailleurs, encore une fois, salué une «victoire idéologique» avec la proposition du Premier ministre d'imposer un délai de carence aux étrangers pour certaines allocations. Des petits cadeaux à Marine Le Pen et ses amis qu'assument sans honte certains membres du «bloc central». Comme le député MoDem Richard Ramos qui, s'il consent que son camp doit d'abord faire un geste vers le PS, ne trouverait donc pas anormal de faire une nouvelle fois des papouilles à l'extrême droite. «Qu'il [Lecornu] aille vers le PS, et demain peut-être donner quelques propositions au RN, peut-être sur la contribution européenne, pour faire en sorte qu’on ait un Budget», a-t-il lancé hier sur France Info. Plaisir d'offrir. 

IL FONCE TÊTE BECHTÉE • On ne va pas vous mentir, on adore cet arc narratif. Olivier Becht nous tease sa candidature à la présidentielle depuis le mois de juin. L'emblématique ministre du commerce extérieur d'Élisabeth Borne durant 1 an et demi nous a laissé l'été pour digérer l'info et il semait de gros indices depuis le début de la semaine. L'ex-patron du célèbre groupe Agir à l'Assemblée devait se déclarer officiellement cet après-midi mais finalement, il n'y tient plus et balance tout dans Paris Match : oui, Becht est candidat pour 2027. Et si sa démarche est très sérieuse, le député apparenté Renaissance sait aussi ne pas complètement se prendre au sérieux. Dans une formule Jean-Claude Dussienne, il explique à l'hebdo : «Quand on n’a aucune chance, il faut la saisir !» Sur un malentendu..

Arrêt sur image

On ne s'attendait à rien et on a été plutôt agréablement surpris par le ton du 1er débat entre les prétendants à la primaire socialiste, hier soir sur LCI. Peu d'invectives, quelques sourires et des développements calmes et posés. Mais ça, c'était avant d'aborder les sujets qui fâchent, comme le rapport à LFI - principale ligne de fracture entre les candidats - ou la situation au Proche-Orient. Ainsi, la tension est devenue palpable au moment d’aborder la question de Gaza. C’est Olivier Faure, citant le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, auteur de nombreuses mesures contre le gouvernement de Benyamin Nétanyahou en «honneur de l’Europe», qui a ouvert les hostilités : «Il faut que nous ayons la même force pour l’Ukraine et pour la Palestine.» Le Premier secrétaire du PS a trouvé là un bon moyen de s’en prendre indirectement à son principal concurrent, Raphaël Glucksmann, à qui il a reproché ses positions un peu trop tièdes sur le sujet. Ségolène Royal, principale pourvoyeuse de scuds envers le patron de Place publique, a alors emboîté le pas du patron des socialistes en lançant à l’eurodéputé : «Les mots sont importants, il faut reconnaître le génocide.» Et là, c'est le bug. Après un silence assourdissant, Glucksmann a employé, lui, les termes de la Cour pénale internationale et parlé de «crimes de guerre» et de «crime contre l’humanité». Insuffisant pour Faure, qui a enfoncé : «Quand on ne nomme pas les choses, on ajoute au malheur du monde.»

Semaine houleuse pour Tanguy

Jean-Philippe Tanguy. Photo Telmo Pinto. NurPhoto via AFP (2026)

Par E.B.

On vous a parlé mardi de ces expressions nazies qu'on n'aurait jamais cru entendre durant cette campagne présidentielle. Alors bien sûr, il ne voulait pas vraiment faire l'éloge de la philosophie nazie affichée à l'entrée du camp d'Auschwitz, mais Jean-Philippe Tanguy se retrouve quand même bien embêté avec son «oui, le travail rend libre» balancé à la légère en meeting il y a quelques jours. Le député et n°2 du groupe RN à l'Assemblée n'en finit plus de devoir se justifier depuis.

Hier matin, sur les antennes de Bolloré évidemment, il a ainsi expliqué qu'il n'avait «rien dit de mal», qu'il avait tenu un propos tout à fait banal, à droite et à l'extrême droite, sur l'émancipation par le travail... Tanguy a aussi avancé pour sa défense que Nicolas Sarkozy avait usé des mêmes mots en son temps. Chacun ses témoins de moralité.

Not GUD enough

Visiblement sur les dents avec cette histoire, l'élu de la Somme n'a pas apprécié d'être accusé, sur X, par l'ex-ministre macroniste des Affaires européennes Nathalie Loiseau, d'avoir fait un gros appel du pied aux néonazis. «Vomis-toi dessus la gudarde, je suis innocent de tes vices de jeunesse», lui a-t-il répondu avec calme et retenue. Si vous n'avez pas la réf, il s'agit d'un rappel de la présence de Loiseau, aujourd'hui dirigeante d'Horizons et soutien de Philippe, sur une liste d'un syndicat issu du GUD lors d'élections étudiantes à Sciences Po Paris en 1984. Mais l'attaque méprisante envers le groupuscule néofasciste dissous en 2024 est ~audacieuse~ de la part d'un cadre RN, quand on connaît les liens du parti lepéniste avec les gudards… Bah d'ailleurs, rappelons-les. Axel Loustau, Frédéric Chatillon, e-Politic : on parle d'amis de jeunesse de Marine Le Pen, de l'éphémère beau-père de Jordan Bardella et du prestataire électoral toujours aussi fidèle du RN. Ils pourraient se vexer…

Mais revenons-en à Tanguy. Dans la soirée sur BFMTV, l'ancien fan de Nicolas Dupont-Aignan était encore en train d'essayer de se dépatouiller avec cette citation malvenue. Il a bien sûr accusé les insoumis d'avoir déclenché une polémique infondée avec un extrait à la serpe de son discours et un «propos sorti de son contexte». Puis il a aussi confié qu'il «écrit très peu ses discours»… Alors on ne sait pas vous mais nous, quand on part en impro, c’est rarement des locutions nazies qui nous viennent spontanément. Peut-être que Tanguy préparera un peu plus ses interventions désormais.

NON C'EST NON • Deux rejets dans la même journée, ça fait beaucoup pour Philippe Brun. La Cour d'appel de Paris a rejeté à son tour hier soir la demande du député de l'Eure d'être réintégré à la primaire socialiste, confirmant la décision en 1ere instance rendue le matin même. 

3 MORE YEARS • Ça ne faisait aucun doute mais c'est officiel : Gérard Larcher est candidat. Calmez-vous, il ne brigue pas l'Élysée mais sa propre succession à la présidence du Sénat. Public Sénat révèle le courrier papier envoyé lundi par Larcher aux sénateurs LR, dans lequel il développe son projet «pour les 3 ans à venir».

AVOIR LA BOURGEOTTE • 14 ans après le discours du Bourget de Hollande, un autre discours du Bourget est possible. Ce sera celui de Jean-Luc Mélenchon lors de la grande «convention» organisée par LFI le 7 novembre, au lendemain de la publication de la mouture mise à jour du programme insoumis, L'avenir en commun.

LA CHARRUE AVANT LES BŒUFS • Selon Challenges, l'éternel vrai-faux candidat à l'Élysée, Xavier Bertrand, a pris les devants et déjà chargé le sénateur Olivier Henno de lancer la récolte des précieux 500 parrainages pour se présenter. Un sésame qu'Olivier Faure, pour l'instant simple candidat à la primaire socialiste, a déjà.

• Paris, après-midi François Bayrou doit être interrogé par la cour d'appel de Paris dans le dossier des assistants d'eurodéputés du MoDem, poursuivi pour complicité de détournement de fonds publics au préjudice du Parlement européen. Il avait été relaxé en 1ere instance.

• Télé, 20h De retour de New York City, et une semaine presque après avoir convoqué en urgence les partis à l'Élysée, Macron va répondre à une interview conjointe de TF1 et France 2. Ce sera, a noté le Parisien, sa 6e double interview en 9 ans et, surtout, la première depuis juin 2024, 3 jours avant la dissolution. La flambée des prix à la pompe et l'état de la menace russe devraient occuper l'essentiel de l'interview.

On termine avec notre jeu du jour. Quelle phrase le candidat à la primaire PS Emmanuel Maurel a-t-il prononcée en coulisses, juste avant d'entrer en plateau pour le débat d'hier soir ?

• «On va bien se marrer.»
• «On va bien se faire chier.»
• «Vous avez préparé le pop-corn ?»
• «Qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?»
• «Ce soir c'est que la 1ere mi-temps. J'ai hâte de la 3e…»
• «Je t’avoue que je préférerais être chez moi en train de mater un film !»
 

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus.


Bravo !

C'est ce que rapporte le Parisien.

 Pour retrouver les articles de Chez Pol, c'est juste ici 
 


 


Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. Eh oui, la punchline finale que Royal rêve de balancer à Le Pen en débat du 2d tour est bien : «Entre nous deux, il y en a une qui n'a pas de bracelet électronique.» Et non «Vous ne passerez pas!», ce qui aurait quand même été magique.

Sur ce, bonne journée 👋. Et à demain sur les routes de l'info.

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Chez Pol a été concoctée par 
Etienne Baldit, Sylvain Chazot et Sébastien Tronche
Avec la participation de Victor Boiteau


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