| | PROPHÈTE • Il y a un an, le mouvement Bloquons tout promettait un retour en fanfare des gilets jaunes. Finalement peu suivi, il s'était éteint aussi vite qu'il avait surgi sur les réseaux sociaux. Rebelote cette année, avec la multiplication des appels à la mobilisation contre la vie chère, soutenus par les partis de gauche. Interrogé sur le sujet hier lors du Playbook Live Politico, Jean-Luc Mélenchon a d'abord tenu à préciser que LFI n'était pas le commanditaire des gilets jaunes ni des mouvements sociaux en cours. «Vous avez vu des gilets jaunes il y a 3 ans, alors vous pensez que c'est comme les champignons, on met du soleil et de la pluie et y'a des gilets jaunes», a lancé, dans une métaphore aussi inattendue que végétale, le quadruple candidat à la présidentielle. Avant de prévenir, alors que le prix du litre d'essence pourrait bientôt frôler les 3€, contre 2€ au moment de la grogne sociale de 2018-2019 : «Il y a un pays en état d'exaspération, les gilets jaunes c'est presque gentil à côté de ce qui vous attend.» | | Bientôt, le retour des gilets gentils ? Photo Benjamin Vodant. Hans Lucas. AFP (2026) | INQUISITION • Entendra-t-on, sur notre droite, les autoproclamés défenseurs de la liberté d'expression s'indigner de cette histoire dans une mairie LR, repérée par l'Humanité ? À Villeneuve-Saint-Georges, l'édile et porte-parole de Bruno Retailleau Kristell Niasme a pris lundi un arrêté interdisant de distribuer des tracts pendant 1 an (sauf autorisation... de la mairie) dans les zones les plus fréquentées de la ville. Soit durant la présidentielle et au-delà. Dans sa décision, supprimée en ligne comme le précise le Parisien, Niasme estimait très sérieusement que le tractage pouvait «entraîner des attroupements, des entraves à la circulation des piétons, des risques pour la sécurité des usagers de la voie publique, et notamment une accumulation de déchets». Et ce sur fond de tension autour du blocage d'un lycée. Une «atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale», s'est indigné le PCF local, saisissant la justice. La maire, qui avait déjà supprimé la moitié des panneaux d’affichage public en 2025, promet au Parisien une réécriture de l'arrêté, maintenant une interdiction mais «limitée aux écoles et dans le temps, d’ici à la fin de l’année». Ah bah ça va alors ! | TU NE MENTIRAS POINT • Reparlons ce matin du maire de Carcassonne, le pauvre Christophe Barthès qui n'était pas au courant des agissements racistes de l'un de ses policiers municipaux. Du moins, c'est qu'il a répété en conférence de presse début septembre, rejetant la responsabilité sur l'ancienne municipalité. Tout le RN avait embrayé dans cette défense, arguant que quand César R. faisait sa virée en tenant des propos racistes, le RN n'était pas encore aux manettes. Sauf que ce joli conte ignore les faits. Selon l'Indépendant et Mediapart, Barthès a été informé au moins 2 fois, dans le mois qui a suivi son élection, des agissements du policier municipal. Son directeur de cabinet et son adjointe chargée des ressources humaines ont également été tenus au courant de ces alertes. Dans l'une d'elles, un policier prévient la municipalité de «faits graves» découverts dans les enregistrements issus de caméras-piétons. Dans un autre, un policier informe sa direction qu'il ne souhaite plus travailler avec César R. Et qu'a fait Barthès ? Rien. Nada. Nichts. Il faudra attendre les révélations de Midi Libre pour que les protagonistes de cette affaire soient suspendus. | | Christophe Barthès. Photo Valentine Chapuis. AFP (2026) | EXCOMMUNIÉ • Du côté d'Elne, dans les Pyrénées-Orientales, la majorité RN menée par Steve Fortel créé un gouffre d'incompréhension… Le fameux gouffre de Elne. Les lepénistes ont en effet décidé de débaptiser le cinéma local, qui depuis plus de 20 ans porte le nom du réalisateur français René Vautier. Mais pourquoi diable ce parti-qui-a-changé décide-t-il d'effacer le nom de cet artiste, ancien résistant, décoré de la croix de guerre en 1945 ? Pas parce qu'il fut communiste quand même ? Ou parce qu'il était farouchement anti-colonisaliste ? Bingo ! Le maire souhaite en effet «ne pas politiser la culture». Une excellente vanne, car oui, comme tout le monde le sait, l'art est évidemment apolitique. «Avec tout le respect que j'ai pour le travail cinématographique de René Vautier, c'est un homme marqué politiquement», a ajouté Fortel en conseil municipal, rapporte notamment Ici. Le vrai souci pour l'extrême droite est que Vautier a, en son temps, défendu le FLN, mouvement politique et militaire pour l’indépendance de l’Algérie. «Si demain je dois retirer d’autres noms de rues ou d’endroits de gens qui ont soutenu le FLN, je le ferais», a ainsi admis le maire, tout fier du nouveau nom du ciné local, «la Bobine illibérienne». | AIMEZ-VOUS LES UNS LES AUTRES • Éric Lombard, a jugé, hier sur BFM Business, «impératif» de faire adopter le Budget 2027. Et pour cela, l'ex-ministre de l'Économie de François Bayrou demande tout bonnement «aux partis de mettre entre parenthèses la campagne des présidentielles [sic]». Pas sûr qu'il soit entendu ni écouté par les Le Pen, Philippe, Attal & cie. | |
|
Commentaires
Enregistrer un commentaire