| | FOUS DONC TON GILET PARE-BALLES • «Jordan l'a dit, nous avons, lui et moi, enfilé nos costards en Kevlar, parce que là, c'est du lourd qui tombe», a balancé Le Pen hier, après les révélations de Mediapart sur les écrits antisémites de Jordan Bardella. Mais la candidate d'extrême droite à la présidentielle ne veut pas être la seule, avec le patron du RN, à revêtir ce matériau ultra-résistant. Et de proférer une menace à peine voilée contre le site d'infos : «Maintenant, c'est à Mediapart, je crois, qu'il va falloir dire d'enfiler son costard en Kevlar parce qu'il y aura évidemment une réponse à la manière dont ils se comportent.» En réaction, la députée écolo Léa Balage El Mariky a annoncé saisir «immédiatement le procureur de la République au travers de l’article 40 pour ces propos qui ressemblent à des menaces de mort», puisque «le Kevlar, c'est la matière des gilets pare-balles». Pour Raphaël Glucksmann, interrogé par BFMTV, «dès que le plan com' vacille», la vérité sur «l'ADN» et «la violence» du RN ressort. | | J'ai entendu que le Kevlar était résistant... Photo François Guillot. AFP (2018) | TAUPE GUN PANIQUE • L'extrême droite devait lancer hier son nouvel hebdo, L'Infiltré, avec une promesse : révéler les coulisses de la gauche politico-médiatique et mener à coups de scoop une guerre informationnelle contre ses adversaires. Pour son premier numéro hier soir, à 20h, le magazine devait même balancer le nom de la «taupe» du RN qui parle à Libé. Ah ça, on allait voir ce qu'on allait voir. Et 20h est venu, et puis rien. L'Infiltré a fait le coup de la panne. Après les révélations de Mediapart sur Bardella, le mag a en effet décidé de ne pas publier l'identité de la «taupe». «Nous refusons que nos propres révélations viennent nourrir ce feuilleton médiatique d'extrême gauche ou soient détournées pour servir son offensive, explique sans rire Jules Laurans, du service "Enquêtes" de L'Infiltré, dans un communiqué. [...] Nous ne pouvons pas encore garantir que notre information sera entendue pour ce qu'elle révèle, plutôt que récupérée et manipulée au service d'un récit militant, qui de surcroît est attaqué en diffamation.» Le fait que le redchef Jules Torres soit un proche de Victor Chabert, le directeur du service presse du RN, n'a évidemment aucun rapport. De mémoire de Chez Pol, on n'avait pas vu aussi gros ratage depuis Éric Maxim Choupo-Moting face à Strasbourg en 2019 - les fans du PSG auront la ref'. | TOUCHE PAS À MA PORTE • Yannick Jadot peut pousser un ouf de soulagement, lui qui ne voulait à aucun prix siéger aux côtés d'un élu insoumis. Gabriel Amard, néo-sénateur LFI et gendre de Jean-Luc Mélenchon, ne posera finalement pas ses valises au groupe écologiste, qui l'a recalé faute de «consensus» interne. En revanche, le groupe désormais présidé par Mélanie Vogel a accepté d'accueillir Marc Péré, qui s'est imposé à la tête d'une liste soutenue par LFI, Les Écoloɓgistes et Génération.s, mais qui devrait se rattacher financièrement au mouvement mélenchoniste. «Ceux qui pensent qu'ils vont imposer à Péré un choix de manière unilatérale se mettent un bras dans l'œil, a réagi Amard auprès de l'AFP. Les insoumis, de toutes parts, ne comprendraient pas pourquoi les Écologistes prétendent faire le tri entre nous. Nous allons donc, ensemble, discuter de ce que nous faisons.» Péré, de son côté, n'a pas donné suite aux sollicitations de l'agence. Reste que le sénateur pourrait finalement trouver refuge du côté du groupe communiste. «La porte n'est ni ouverte ni fermée. Ce sont des discussions collectives à avoir», a tempéré sa présidente Cécile Cukierman auprès de l'AFP, assurant avoir pour «priorité la manière de combattre l'extrême droite», qui va constituer un groupe au Palais du Luxembourg pour la première fois de son histoire. | | Baron vert. Photo Alex MArtin. AFP (2026) | UN ARRÊTÉ CLINIQUE • «L’absurdité est volontaire mais l’inquiétude est réelle.» C'est ainsi que le maire divers gauche de Marmande (Lot-et-Garonne), Joël Hocquelet, a justifié son improbable arrêté, pris lundi, interdisant «d’être malade sur le territoire de la commune». Une provocation destinée à alerter sur les risques qui pèsent sur l'hôpital local et sur la désertification médicale. «Cet arrêté est fait pour interpeller», reconnaît l'édile auprès du Républicain Lot-et-Garonne. Car Hocquelet craint que les services médicaux ne soient, pour tout ou partie, recentrés sur Agen. «Si on continue à perdre des services, il faudra prendre la route pour être soigné», déplore-t-il. Il n'est cependant pas le premier maire à avoir cette idée pour tirer la sonnette d'alarme sur les déserts médicaux. En 2019 déjà, le maire de Sainte-Geneviève-des-Bois, André Jean, avait signé un tel arrêté. Mais 7 ans plus tard, le problème de fond est toujours là. | |
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