El Niño : de l’Amérique latine à l’Asie, comment le monde se prépareC’est un endroit perdu au beau milieu de l’océan Pacifique, “une immense zone, grande comme les deux tiers de la Chine, pourtant presque inhabitée”. Elle a été baptisée “Niño 3.4”. “Régulièrement, à intervalles de quelques années, écrit Joshua Paltrow dans The Atlantic, la température se met à augmenter. Une simple hausse d’un demi-degré sur plusieurs mois suffit à annoncer l’émergence d’un épisode El Niño.” C’est dans cette zone qu’une équipe de chercheurs ayant pris ses quartiers à Kiritimati, plus grand atoll du monde (situé dans l’archipel des Kiribati), étudie les effets du réchauffement sur les récifs coralliens. C’est de là aussi que se mesure la puissance d’un phénomène qui se produit tous les deux à sept ans et qui cette fois “semble bien parti pour être le plus puissant de ces quatre-vingts dernières années”, explique encore le magazine américain. L’été avait déjà été marqué par des incendies gigantesques – en Europe mais aussi en Amérique du Nord, en Algérie ou en Indonésie –, des typhons à répétition et des épisodes répétés de sécheresse, des inondations, sans oublier la catastrophe au Népal. Mais le pire est devant nous.  Face à ce risque d’une multiplication d’épisodes violents liés au dérèglement climatique, le monde est en état d’alerte, et plus particulièrement l’hémisphère Sud, la zone la plus directement concernée par ces bouleversements dans l’immédiat, même si les effets du “super-El Niño” (un El Niño également parfois surnommé “Godzilla”) devraient avoir à plus long terme des répercussions dans le monde entier. C’est l’objet de notre dossier cette semaine. De l’Amérique du Sud à l’Asie en passant par l’Afrique, partout, face à la menace climatique qui vient, on tente de s’organiser. Comment affronter sur la durée des inondations à répétition, des vagues de chaleur et de sécheresse interminables ? Peut-on réellement se préparer face à des phénomènes si puissants ? Déjà, rappelle The Atlantic, “l’armée américaine [a programmé] le déploiement d’un navire-hôpital au large du Pérou en février, prêt à venir en aide aux victimes des crues annoncées”. Ailleurs, en Asie, on cherche à s’adapter tant bien que mal. Concrètement, la Chine, qui redoute des pluies excessives, cherche à consolider ses systèmes de drainage en surface, sous la terre et en profondeur, explique le quotidien Beijing Ribao. En urgence, déplore un chercheur interrogé par le Hindustan Times, l’Inde a constitué des stocks de blé et interdit l’exportation de riz et d’oignons. L’Indonésie s’est lancée dans l’ensemencement des nuages pour déclencher la pluie, selon le magazine Tempo. Le Vietnam, lui, s’inquiète de la salinité des eaux et les agriculteurs modifient leurs calendriers de semis. En Afrique, où l’on redoute une crise humanitaire majeure, les pays tentent d’anticiper eux aussi les dégâts matériels et les inévitables déplacements de population à venir. Le Kenya a cartographié les zones à risque pour mieux orienter les interventions d’urgence, quand le Rwanda renforce ses systèmes d’alerte et tente de sensibiliser la population ; le Zimbabwe stocke des céréales et, dans la Corne de l’Afrique, on espère des partenaires humanitaires pour limiter la casse. La liste est sans fin. Ce que redoutent le plus les pays du Sud, c’est une crise alimentaire aux conséquences destructrices. Pour l’éviter, le Brésil a prévu la “constitution de stocks publics de denrées alimentaires”, en particulier de riz et de maïs, afin de parer au risque de pertes de récoltes, explique O Globo. Mais cela suffira-t-il ? C’est l’interrogation qui traverse tout ce dossier. Risque humanitaire, pénuries, crise économique… S’il est encore difficile de prévoir toutes les conséquences d’El Niño dans les prochains mois, il est évident qu’il aura des répercussions politiques et géopolitiques importantes. Le monde devrait en sortir bouleversé, comme l’écrit encore The Atlantic : “Ce n’est pas parce qu’El Niño est un phénomène cyclique bien connu que la planète sera toujours la même après cet épisode.” À lire également dans ce numéro En s’emparant de Bab El-Mandeb, les houthistes offrent un autre détroit à l’Iran Alliés du régime iranien, les houthistes ont annoncé, le 11 septembre, s’être emparés du détroit de Bab El-Mandeb, goulet stratégique à l’entrée de la mer Rouge. Ils offrent ainsi un levier supplémentaire à l’Iran face aux États-Unis, tout en menaçant les exportations pétrolières de l’Arabie saoudite, analyse The Economist.  Au Maroc, dix ans après le Hirak du Rif, la dignité et la justice sociale toujours au cœur des revendications En octobre 2016 éclatait dans la région nord du Maroc un mouvement de contestation sociale et politique. Dix ans plus tard, alors que des élections législatives auront lieu le 23 septembre, le site marocain indépendant Enass est revenu sur place, à Al-Hoceima. Les revendications nées d’une redistribution inégale des richesses y restent tenaces, illustrées récemment par l’assaut de l’enclave espagnole de Ceuta par de jeunes Marocains candidats à l’exil.  À Marseille, les mineurs non accompagnés ne bénéficient que d’une assistance low cost Délais non respectés, discriminations, illégalité… Pour les mineurs non accompagnés, l’arrivée en France est difficile, a constaté à Marseille le site d’investigation Inkyfada. Ce média tunisien observe des conditions d’accueil et d’hébergement détériorées, notamment depuis la loi immigration de 2018.  L’île Bougainville se prépare à devenir un nouveau pays Rattachée à la Papouasie-Nouvelle-Guinée, l’île Bougainville a voté massivement en faveur de l’indépendance en 2019. Depuis une sanglante guerre civile dans les années 1990, beaucoup en rêvent. Mais d’autres craignent que le petit territoire n’en ait pas les moyens. Quelques semaines avant son possible entérinement par les autorités papouasiennes, qui en ferait le 194ᵉ État reconnu par l’ONU, des journalistes du média public australien ABC se sont rendus sur place.  En Andalousie, les secrets et les mystères d’Al-Andalus Durant huit cents ans, sur la péninsule Ibérique, les musulmans ont régné sur un vaste territoire appelé “Al-Andalus”. De cette époque, achevée avec la reconquête de Grenade par les catholiques, il ne resterait plus rien que quelques monuments. Mais est-ce vrai ? En Andalousie, les gestes du quotidien et les mémoires familiales racontent une autre histoire, écrit dans New Lines Magazine la journaliste franco-algérienne Chahrazade Douah. Claire Carrard Dans ce numéro | Opinion Bachar El-Assad mérite une peine sans égaleAl-Jumhuriya [Istanbul] |
 | Reportage Pour échapper à l’apocalypse, les ultra-riches ont un plan : un ranch en ArgentineFinancial Times |
 | Reportage Au Danemark, la météorite Agpalilik prépare son grand retour au GroenlandPolitiken |
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