| | SUR COMMANDE • Personne n'attendait grand-chose de l'allocution d'Emmanuel Macron hier soir mais tout le monde a quand même été déçu. Aucune surprise, venant de l'extrême droite ou de la gauche. Mais ils n'ont pas été les seuls à fustiger avec virulence l'intervention sans annonce du Président après les événements du week-end. Le premier Premier ministre de Macron et prétendant à sa succession, Édouard Philippe, n'a vraiment pas été tendre avec celui qui l'avait nommé. Aussi aurait-il «préféré» que Macron prenne «des décisions et des initiatives permettant le retour à l'ordre et le rétablissement de l'autorité de l'État, la sanction des pilleurs et des casseurs ainsi qu'une méthode détaillée pour rétablir la discussion avec les lycéens et les organisations syndicales», a-t-il réagi sur X. Avant de porter le coup de grâce : «Notre pays a besoin d’être commandé.» Sous-entendu donc : il ne l'est pas, ou plus. On notera également que peu d'élus macronistes ont pris la parole publiquement depuis hier soir pour faire le SAV du patron, comme ils en avaient l'habitude, tels des playmobils, depuis presque 10 ans. Ça sent vraiment la fin de règne. | | Quand tu regrettes le temps béni de la monarchie. Photo Benoit Tessier. AFP (2026) | AU TABLEAU • Macron n'a pas fait beaucoup d'annonces hier mais il a demandé à Lecornu de convoquer à Matignon les partis cette semaine pour faire un petit point sur la situation. Ce qui, de prime abord, n'a pas franchement plu à Marine Tondelier. «Au lieu d’entamer un début de commencement de mea culpa, Macron nous convoque à Matignon comme des enfants au tableau à l’école pour "obtenir des positions claires et publiques"», a répondu la patronne des écolos et candidate à la présidentielle, avant d'ajouter : «Pas la peine d’organiser toute cette mise en scène, les Écologistes sont très clairs : nous condamnons toutes les violences. Bref, si nous allons à Matignon, ce sera pour travailler à des solutions aux crises sociales, environnementales et démocratiques. Pas pour un conseil de discipline.» | FICHÉS POUR FICHÉS • À droite, beaucoup, à l'instar de Bruno Retailleau, ont plaidé pour que Macron déclenche l'état d'urgence ou instaure des couvre-feux. Gabriel Attal est de ceux-là. Le patron de Renaissance, qui reconnaît que l'exécutif «a failli», estime que tous «les moyens qui peuvent être utilisés» doivent l'être pour rétablir l'ordre. «S'il faut pour ça décréter l'état d'urgence, il faut le faire», affirme-t-il sur RTL, espérant qu'il y aura «très vite des exemples». Attal souhaite ainsi que «les Français voient, 48h après les événements, qu'on va chercher des personnes chez elles parce qu'elles ont été identifiées». Pour lutter contre «un sentiment d'impunité». Et il plaide pour cela le développement de «la reconnaissance faciale et l'intelligence artificielle». «C'est une question civilisationnelle», assène-t-il. Du genre Black Mirror ? | | Gabrial Attaque. Photo Carine Schmitt. Hans Lucas via AFP (2026) | ALORS QUE REVOILÀ LA SOUS-PRÉFÈTE • Il n'y a pas que la préfecture des Bouches-du-Rhône qui semble vivre dans un monde parallèle [Voir Le mot ⬇️]. Il y a aussi l'Après, la petite boutique des ex-mélenchonistes purgés de LFI. Face à la «colère sociale profonde et légitime» et «les forces de l'ordre dépassées par les conséquences de leurs propres actions», Clémentine Autain, Alexis Corbière & cie estiment, dans un communiqué publié hier, que «le gouvernement doit céder ou partir». Et pour eux, c'est plutôt partir car ils demandent aussi et surtout à Macron de… «nommer un Premier ministre issu du Nouveau front populaire». Alors, 1. On peut leur rappeler l'état de mort cérébrale du NFP, écartelé entre un PS anti-LFI et des mélenchonistes qui ne veulent plus entendre parler des socialistes ; et 2. pourquoi Macron céderait-il aujourd'hui à cette revendication issue des législatives 2024 à laquelle il n'a jamais donné la moindre suite ? Mais l'espoir fait vivre. | EN QUÊTE DE RÉPONSES • Les écolos veulent par ailleurs, à l'Assemblée, la création d'une commission d'enquête «sur la journée du 17 octobre, les circonstances ayant amené aux violences et dégradations, et les défaillances de l’État dans l’anticipation, la conception et la conduite du dispositif de maintien de l’ordre lors de cette journée». Notant que «les premiers éléments rendus publics font apparaître de graves défaillances», les députés verts ont ainsi écrit à Yaël Braun-Pivet pour que le Parlement réponde à certaines questions : «Quelles étaient les consignes données pour assurer le maintien de l’ordre ? Comment l’État, qui avait anticipé ces violences, selon les dires mêmes du ministre de l’Intérieur et du Premier ministre, a-t-il pu se montrer à ce point débordé ?» Ils demandent une réunion «dans les meilleurs délais» de la conférence des présidents. Prévue mardi, cette réunion sera aussi saisie par Braun-Pivet qui, elle aussi, veut une commission d'enquête qui «aura vocation à faire toute la lumière sur les scènes de chaos et de pillages et sur leurs responsables, à apporter des réponses aux élus, aux commerçants et à toutes les victimes des violences d’hier, mais aussi aux citoyens qui s’interrogent sur l’ampleur des débordements et la réponse qui leur a été apportée». | |
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