| L'ENVERS DU DÉCOR • Unis mais pas trop. Une nouvelle fois, les 5 candidats à la primaire socialiste se sont écharpés hier soir sur leurs quelques désaccords. On savait que Gaza - «génocide» ou pas «génocide» ? - ou le rapport à LFI - Mélenchon, plus jamais ou ne jamais dire jamais ? - constituaient les principaux points de frictions entre ces ambitieux. Mais en débat sur France 2, un nouvel éléphant s'est invité dans la pièce déjà bien remplie de pachydermes roses : la question des salaires et la proposition du boss de Place publique de rapprocher le net du brut en baissant la CSG, le tout financé par la taxation des héritages de plus de 2 millions €. En plateau, c'est la moue générale de la part d'Olivier Faure, Ségolène Royal ou Emmanuel Maurel. Et c'est à ce moment-là que les coulisses se sont un peu animées. Présent en force, le camp du Premier secrétaire du PS a commencé à défendre son champion en pointant l'isolement de Glucksmann sur ce sujet. C'est alors que les partisans du mieux placé dans les sondages ont retrouvé la salle de presse de la Maison de la radio qu'ils avaient désertée depuis le début des hostilités. «C'est panique à bord ! Ils sont tous sortis de la loge», cinglait-on dans le camp Faure, regardant leurs rivaux un peu de travers. Juste à côté se formait un conciliabule pour l'équipe des soutiens de Glucksmann qui tentait, ensuite, de faire le SAV de leur proposition. «Ce n'est pas une cotisation sociale. C'est de la gauche chimiquement pure», essayait de nous vendre en aparté un lieutenant glucksmanien, affirmant que «c'est page 109 du projet du PS» et que c'était «dans le contre-Budget socialiste l'année dernière». L'occasion, au passage, de contre-attaquer sur la proposition jugée «insuffisante» de Faure d'une «grande conférence salariale». Ça joue. S.T. | | Un contre tous et tous contre un. Photo Hervé Leclair. Hans Lucas via AFP (2026) | ZAPÉCOLOGIE • Il y avait aussi, hier soir, un grand absent au débat de la primaire socialiste. Non, on ne parle pas de Philippe Brun, empêché de concourir après des accusations de violences contre une ex-collab, mais de l'écologie. Le sujet était porté disparu du programme de la soirée après avoir déjà été éludé lors du 1er débat, au grand dam de plusieurs écuries. «Nous, on voulait, mais France TV a mis l'immigration et pas l'environnement, ce n'est pas digne du service public», fustigeait-on avant la joute dans le camp Faure. Finalement, d'immigration, ils n'ont point parlé, le débat s'éternisant sur les mobilisations lycéennes ou le point Jordan Bardella. «Ce n'est pas nous, c'est France TV», jurait-on aussi dans le camp Glucksmann. La direction de France TV nous explique avoir voulu coller à l'actu en rajoutant au dernier moment une séquence d'intro sur le mouvement lycéen. On assure aussi avoir voulu laisser vivre le débat sur les salaires alors que l'écologie était censée être abordée dans une autre partie, finalement zappée. On souligne également que la santé ou les retraites n'ont pas non plus été abordées. Enfin, on rejette un peu la faute sur… les candidats qui ont «été trop longs et ont débordé» sur certains sujets, comme Gaza ou l'économie, et qui pouvaient aussi «prendre l'initiative pour montrer quels thèmes ils voulaient mettre sur la table». Mais peut-être que les questions environnementales, après un été marqué par d'effrayantes canicules et des feux de forêts dévastateurs, seront enfin abordées dimanche soir, lors du dernier débat sur BFMTV, en partenariat avec Libé. S.T. | TOUT BEIGNE • Comme il est dur, pour les macronistes historiques décidés de guerre lasse à voter pour Édouard Philippe l’an prochain, de rester fermes sur leur résolution. «Il n’est pas obligé de nous mettre une beigne tous les 2 jours», se lamentait l’un d’eux jeudi matin après la dernière amabilité du maire du Havre sur le Président, comme on vous l'a raconté. «Il y a une vieille règle que je m'appliquais quand j'étais Premier ministre : lorsqu'on représente la France et qu'on est à l'étranger, on ne commente pas la vie politique intérieure», a tancé Philippe sur TF1 à propos de la réponse d’Emmanuel Macron, pendant sa visite d’État en Espagne, aux propos antisémites de Bardella révélés par Mediapart [on en reparle juste en dessous ⬇️]. «Il ne peut pas s’en empêcher. Il a déjà demandé la démission du Président l’an dernier. C’est bon, on a compris qu’il avait franchi le Rubicon», grogne le macroniste précité. La sortie de l’ex de Matignon n’a pas du tout plu à l’Élysée non plus, où l’on garde quelques réserves d’ironie… et de souvenirs. «Je pense qu’il critiquait [le Premier ministre] Philippe qui à Hanoï s’exprimait sur les gilets jaunes en 2018», réplique un proche du Président. J.-B.D. | | Déso pas déso. Photo Bastien Ohier. Hans Lucas via AFP (2026) | REPLAY • Avant même que Mediapart ne balance les preuves des écrits antisémites de Bardella, on était en plateau pour Chez Pol l'émission. Le numéro d'hier était consacré aux déboires du président du RN, rattrapé par son passé soralien et cette époque où, après avoir poussé les portes du FN de Jean-Marie Le Pen, il diffusait les pires clichés antisémites en toute décontraction. Des années à se faire passer pour le défenseur des juifs balancées aux ordures, c'est ballot. Et puis l'un de vos serviteurs est venu calmer tout le monde avec ses déceptions de la semaine… L'Infiltré qui remise au placard son info sur la taupe au RN, l'enterrement du cordon sanitaire au Sénat et le niveau dramatique de certains élus en histoire. Bon (re) visionnage. Chez Pol. |
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