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CHEZ POL 2 OCTOBRE





 It Wasn't Me


#Pachyderme #Beigne #Ippon #Douche #Esquif

Chez Pol n°1799 - Réservé aux abonnés Libé



Bonjour, nous sommes le 2 octobre
et c'est le bon jour pour chercher la sortie de crise.

Le fond de l'air est comment M. Geffray ? Photo Nicolas Messyasz. Hans Lucas (2026)

FAIT MAISON Pourquoi l'écologie a été zappée du débat de la primaire PS ; Philippe désespère ses potentiels soutiens macronistes

AU COMPTOIR La défense trumpiste du camp Bardella, Royal se voit en Jaurès des temps modernes et Maurel met un ippon discursif à Glucksmann 

VOST Les socialistes ne savent pas où ils vont mais ils y vont

YOUPOL Retailleau révèle qu'il fait barrage à Le Pen en fait

L'OEIL DE LIBÉ Bagayoko fait bouclier

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Attal et Bertrand à l'Ehpad

L'ADDITION Jouons avec le livre de Lisnard

L'ENVERS DU DÉCOR • Unis mais pas trop. Une nouvelle fois, les 5 candidats à la primaire socialiste se sont écharpés hier soir sur leurs quelques désaccords. On savait que Gaza - «génocide» ou pas «génocide» ? - ou le rapport à LFI - Mélenchon, plus jamais ou ne jamais dire jamais ? - constituaient les principaux points de frictions entre ces ambitieux. Mais en débat sur France 2, un nouvel éléphant s'est invité dans la pièce déjà bien remplie de pachydermes roses : la question des salaires et la proposition du boss de Place publique de rapprocher le net du brut en baissant la CSG, le tout financé par la taxation des héritages de plus de 2 millions €. En plateau, c'est la moue générale de la part d'Olivier Faure, Ségolène Royal ou Emmanuel Maurel. Et c'est à ce moment-là que les coulisses se sont un peu animées. Présent en force, le camp du Premier secrétaire du PS a commencé à défendre son champion en pointant l'isolement de Glucksmann sur ce sujet. C'est alors que les partisans du mieux placé dans les sondages ont retrouvé la salle de presse de la Maison de la radio qu'ils avaient désertée depuis le début des hostilités. «C'est panique à bord ! Ils sont tous sortis de la loge», cinglait-on dans le camp Faure, regardant leurs rivaux un peu de travers. Juste à côté se formait un conciliabule pour l'équipe des soutiens de Glucksmann qui tentait, ensuite, de faire le SAV de leur proposition. «Ce n'est pas une cotisation sociale. C'est de la gauche chimiquement pure», essayait de nous vendre en aparté un lieutenant glucksmanien, affirmant que «c'est page 109 du projet du PS» et que c'était «dans le contre-Budget socialiste l'année dernière». L'occasion, au passage, de contre-attaquer sur la proposition jugée «insuffisante» de Faure d'une «grande conférence salariale». Ça joue. S.T.

Un contre tous et tous contre un. Photo Hervé Leclair. Hans Lucas via AFP (2026)

ZAPÉCOLOGIE • Il y avait aussi, hier soir, un grand absent au débat de la primaire socialiste. Non, on ne parle pas de Philippe Brun, empêché de concourir après des accusations de violences contre une ex-collab, mais de l'écologie. Le sujet était porté disparu du programme de la soirée après avoir déjà été éludé lors du 1er débat, au grand dam de plusieurs écuries. «Nous, on voulait, mais France TV a mis l'immigration et pas l'environnement, ce n'est pas digne du service public», fustigeait-on avant la joute dans le camp Faure. Finalement, d'immigration, ils n'ont point parlé, le débat s'éternisant sur les mobilisations lycéennes ou le point Jordan Bardella. «Ce n'est pas nous, c'est France TV», jurait-on aussi dans le camp Glucksmann. La direction de France TV nous explique avoir voulu coller à l'actu en rajoutant au dernier moment une séquence d'intro sur le mouvement lycéen. On assure aussi avoir voulu laisser vivre le débat sur les salaires alors que l'écologie était censée être abordée dans une autre partie, finalement zappée. On souligne également que la santé ou les retraites n'ont pas non plus été abordées. Enfin, on rejette un peu la faute sur… les candidats qui ont «été trop longs et ont débordé» sur certains sujets, comme Gaza ou l'économie, et qui pouvaient aussi «prendre l'initiative pour montrer quels thèmes ils voulaient mettre sur la table». Mais peut-être que les questions environnementales, après un été marqué par d'effrayantes canicules et des feux de forêts dévastateurs, seront enfin abordées dimanche soir, lors du dernier débat sur BFMTV, en partenariat avec Libé. S.T.

TOUT BEIGNE • Comme il est dur, pour les macronistes historiques décidés de guerre lasse à voter pour Édouard Philippe l’an prochain, de rester fermes sur leur résolution. «Il n’est pas obligé de nous mettre une beigne tous les 2 jours», se lamentait l’un d’eux jeudi matin après la dernière amabilité du maire du Havre sur le Président, comme on vous l'a raconté. «Il y a une vieille règle que je m'appliquais quand j'étais Premier ministre : lorsqu'on représente la France et qu'on est à l'étranger, on ne commente pas la vie politique intérieure», a tancé Philippe sur TF1 à propos de la réponse d’Emmanuel Macron, pendant sa visite d’État en Espagne, aux propos antisémites de Bardella révélés par Mediapart [on en reparle juste en dessous ⬇️]. «Il ne peut pas s’en empêcher. Il a déjà demandé la démission du Président l’an dernier. C’est bon, on a compris qu’il avait franchi le Rubicon», grogne le macroniste précité. La sortie de l’ex de Matignon n’a pas du tout plu à l’Élysée non plus, où l’on garde quelques réserves d’ironie… et de souvenirs. «Je pense qu’il critiquait [le Premier ministre] Philippe qui à Hanoï s’exprimait sur les gilets jaunes en 2018», réplique un proche du Président. J.-B.D.

Déso pas déso. Photo Bastien Ohier. Hans Lucas via AFP (2026)

REPLAY • Avant même que Mediapart ne balance les preuves des écrits antisémites de Bardella, on était en plateau pour Chez Pol l'émission. Le numéro d'hier était consacré aux déboires du président du RN, rattrapé par son passé soralien et cette époque où, après avoir poussé les portes du FN de Jean-Marie Le Pen, il diffusait les pires clichés antisémites en toute décontraction. Des années à se faire passer pour le défenseur des juifs balancées aux ordures, c'est ballot. Et puis l'un de vos serviteurs est venu calmer tout le monde avec ses déceptions de la semaine… L'Infiltré qui remise au placard son info sur la taupe au RN, l'enterrement du cordon sanitaire au Sénat et le niveau dramatique de certains élus en histoire. Bon (re) visionnage. Chez Pol.

UNE DÉFENSE QUI NE TRUMPE PERSONNE • Vous connaissez forcément le tube de Shaggy, It Wasn't Me, où un homme, surpris en train de tromper sa compagne, se voit conseiller par un ami de tout nier en bloc et de répéter que ce n'était pas lui (wasn't me), même si la partenaire flouée a tout vu, là sur le canapé, là sous la douche, et a tout filmé. Cette méthode éprouvée est parfois utilisée en politique, particulièrement depuis Donald Trump, le président américain ayant théorisé le fait qu'il ne fallait jamais avouer ses fautes malgré les évidences. Et cette tactique a fait des petits, notamment au RN. Hier, en fin d'après-midi, Mediapart a balancé les preuves qui accablent Bardella. Le site d’investigation affirme avoir pu authentifier, via la maison mère de Facebook, Meta, et un huissier, les messages antisémites datant de 2013 à 2015 attribués au président du RN. «L’extraction de la conversation permet de la dater, d’attester du fait que cette conversation n’a pas été modifiée a posteriori, et de confirmer que l’interlocuteur de la conversation est référencé par Meta / Facebook sous le nom Bardella. L’analyse de son contenu permettant de vérifier qu’il s’agit bien du véritable Bardella», assure Mediapart.

CONSPIRATION • Compliqué, dès lors, de nier l'évidence ? Pas du tout. Peu après la publication, Bardella a dénoncé des «montages grossiers, d’obscures captures d’écran manipulables, reprenant des propos ignobles [qu'il n'a] évidemment jamais tenus». Tout cela est contredit factuellement par Meta mais Bardella n'en démord pas. Certaines de ses ouailles ont été plus loin et ont expliqué à tort qu'on ne pouvait pas savoir avec certitude que ces propos avaient été tenus par Bardella. Une défense osée reprise notamment par le trésorier du RN qui a souligné l'existence de nombreux comptes «Jordan Bardella» sur Meta / Facebook. Osée car cette théorie suppose qu'un faux Jordan a diffusé des éléments biographiques que seul le vrai pouvait connaître à cette époque. Du Shaggy tout craché.  

Jordan Bardella. Photo Benjamin de Diesbach. Hans Lucas via AFP (2026)

UNE PAIX ROYAL • Au risque de réveiller les fantômes de sa mise en doute des crimes de guerre russes en Ukraine, Royal martèle qu'il faut «maintenir le dialogue» entre Kyiv et Moscou, dans une démarche pacifiste et pour mettre fin au conflit. Elle l'a encore répété hier soir, s'attirant les critiques de ses concurrents à la primaire, Glucksmann objectant que «la paix, ce n'est pas céder aux tyrans» et d'autres que Poutine ne veut justement pas dialoguer ni «s'arrêter». «C'est tabou, parce que dès que vous parlez de paix, vous êtes immédiatement insulté», s'est défendue la finaliste de 2007 sur France Info après le débat. Puis Royal a dressé un parallèle historique : «Ça a existé à toutes les époques. Ceux qui parlaient de paix étaient traités de défaitistes, d'antipatriotes voire assassinés comme Jean Jaurès. Si on avait écouté Jaurès, y'aurait pas eu la guerre de 14, donc y'aurait pas eu la montée du nazisme, donc y'aurait pas eu la Shoah [et] la Seconde Guerre mondiale...» Et notre Jaurès moderne de conclure modestement : «Bien sûr, il faut des voix comme la mienne.»

HURLER AVEC LES LOSERS • La rhétorique, c'est bien sûr l'art d'imposer ses propres arguments, mais aussi celui d'annihiler ceux de l'adversaire. Et pour cela, la maîtrise du judo verbal peut s'avérer décisive. Maurel l'a démontré hier soir en mettant un joli petit ippon discursif à Glucksmann. Alors que ce dernier et Guedj réclamaient à nouveau le rejet de toute alliance avec LFI aux législatives, le petit poucet de l'élection a rétorqué : «Raphaël dit : ''Je suis le seul ici à croire qu'on peut gagner." […] Mais si nous gagnons la présidentielle, la question de monsieur Mélenchon se pose pas trop. Et [aux] législatives, c'est nous qui fixons le cap, c'est nous qui décidons. Donc en fait, c'est un peu une attitude de loser que de considérer qu'il faut encore parler de Mélenchon aux législatives alors qu'on n'a même pas franchi le 1er tour de la présidentielle.» «Ah non, tu retournes l'argument», constate Glucksmann, pris au dépourvu, avant de tenter de retomber sur ses pattes (et non sur ses 2 épaules) : «Pour gagner, il faut se débarrasser de ce boulet.»

Une primaire à l'aveugle

Vous êtes... le maillon faible. Photo Julien de Rosa. AFP (2026)

Par S.T.

À la barre de leur frêle esquif - un pédalo, ironiserait Mélenchon -, les socialistes naviguent à vue. Le brouillard reste en effet épais sur le rapport de force du 1er tour de leur primaire, faute de sondage spécifique sur la compétition. Au point que certains partisans de Glucksmann se sont mis à rêver d'une victoire de leur champion dès le 1er tour. Et ils le font savoir. «C'est con de dire ça», flingue un proche de Faure. Car si Glucksmann ne l'emporte pas d'emblée, il y aura «un effet déceptif, démobilisateur». «C'est impossible à prédire», temporise-t-on dans le camp du patron du PS, outsider n°1 qui n'a pas franchement le vent en poupe.

«Je ne dirai pas ce que je pense mais une élection n'est jamais gagnée d'avance», tortille un cadre de la campagne Glucksmann plutôt très optimiste, et pour qui le leader de Place publique «doit gagner en étant très haut pour créer une dynamique». «C'est difficile de gagner dès le 1er tour. Si on y arrive, ce sera un exploit», ajoute un élu pro-Glucksmann qui espère que son candidat fera «99%» chez les adhérents de Place publique. Le parti a d'ailleurs fait savoir, dans la foulée de ce 2e débat, que plus de 800 nouveaux militants les avaient rejoints le jour même, portant les effectifs de l'embarcation à près de 20 000. Ce qui ferait déjà un petit et confortable matelas de 20% assuré si le nombre de votants atteint finalement le cap des 100 000. Davantage si le corps électoral est plus restreint.

«On veut compter ou juste regarder ?»

Du côté du PS aussi, on montre les muscles sans pour autant avoir de certitudes quant à la préférence des nouveaux arrivants dans la roseraie. 4000 nouvelles cartes auraient été enregistrées hier. Sans parler des sympathisants qui se sont inscrits directement sur le site de la primaire : «3 209 personnes», sur la plateforme neutre «Choisir 2027», selon Patrick Mennucci, grand ordonnateur de la régate.

Mais en l'absence d'enquête d'opinion sur la primaire, le camp Glucksmann préférait mettre en avant le sondage qui a testé chacun des candidats à la primaire dans un 1er tour de présidentielle. L'eurodéputé culmine en tête avec 11% quand ses rivaux ne dépassent pas la barre des 3%. «C'est un argument fort, veut-on croire dans la team Glucksmann. Ça dit : on veut compter ou juste regarder ? Et ça démontre qu'il a déjà rencontré les Français avec ses deux campagnes nationales des européennes.» Échec et (trois) mat ?

La technique du non-retrait

Asseyez-vous sur un siège bien stable, agrippez fermement les accoudoirs, ajoutez une ceinture si vous le pouvez ou un coussin au sol si malgré tout ça vous tombez de votre chaise comme nous, hier, quand on a fait la découverte suivante : Bruno Retailleau fait barrage à Marine Le Pen. Sur Public Sénat, le patron du parti qui ne pratique plus le front républicain, et qui ne se différencie plus du RN que sur l'économie (et encore…), a ainsi expliqué que sa candidature à la présidentielle était un obstacle sur la route de la leader d'extrême droite. Et que c'est pour cela qu'il se refuse à se retirer au profit de Philippe, malgré une campagne qui s'embourbe et des sondages faméliques. Pour justifier l'existence de son projet entre ceux de ses concurrents de droite et celui de la prétendante d'extrême droite, Retailleau a ainsi assuré : «Si je me retirais aujourd'hui, ça serait du pain bénit pour madame Le Pen. […] Si je retirais ma candidature aujourd'hui, elle ne profiterait pas au bloc central, évidemment.» Un aveu de plus de la très grande porosité entre l'électorat LR et le RN. Le même argument avait d'ailleurs été avancé par certains candidats et responsables de droite au moment des dernières législatives et municipales, pour justifier un maintien en triangulaire face au RN et à la gauche, même en position très défavorable. Et cela a parfois, il est vrai, évité la victoire de l'extrême droite. Mais surtout démontré que son réservoir naturel se trouve dans la droite «républicaine».

Photo et texte par Stéphane Lagoutte. MYOP pour Libération

Nous sommes lundi matin devant le lycée Paul-Éluard à Saint-Denis. Bally Bagayoko est arrivé peu de temps avant à la surprise des lycéens, entraînant des liesses de joie. Le maire LFI vient de faire un discours de soutien aux revendications des lycéens, légitimes selon lui. Au moment où j’ai pris cette photo, la police a envoyé quelques lacrymogènes et procède à une interpellation derrière les jeunes et le maire. Je sens dans mon dos les lycéens qui hésitent certainement à venir au secours de leur camarade. Cette image, c’est le premier moment où Bagayoko endosse le rôle de tampon avec la police. Il y met tout son corps, c’est ce qui me surprend. Plus tard, il ne cessera de s’interposer entre les forces de l'ordre et les lycéens afin que l’action se déroule sans heurts ni violences.

• France, toute la journée Pendant que les députés poursuivent dans l'hémicycle l'examen de la proposition de loi «intégrale» contre les violences sexistes et sexuelles, d'autres sont en campagne. Faure présente son nouveau livre à la Fondation Jean-Jaurès ; Glucksmann est avec Jadot à l'usine Renault de Cléon ; et Attal et Bertrand sont les premiers invités de À l'Ehpad !, une nouvelle émission diffusée sur YouTube en collab' avec Ouest France et Public Sénat, où ils sont interrogés par les résidents d'une maison de retraite.

• Et aussi ce week-end Samedi, en bon voisin, Macron se rend à Sarrebruck pour participer à la célébration de la fête nationale allemande, aux côtés du chancelier Friedrich Merz ; François Hollande participe à la fête de la Rose de la fédé PS de Corrèze ; le PCF appelle à un rassemblement contre le racisme et l'antisémitisme à Nice ; Attal tient un «meeting régionalisé» à Lyon ; et les partis de gauche seront présents à la Marche des fiertés, à Paris, initialement prévue en juin mais reportée à cause de la canicule. Et dimanche soir, dernier des 3 débats télé de la primaire socialiste avant le 1er tour.

On termine avec notre jeu du jour. Quel est le titre du livre à paraître de David Lisnard ?

• Kamoulox
• L'univers, le curé, l'IA et nous
• Les robots, le pape, l'IA et nous
• La liberté, la sécurité, l'IA et nous
• Les taxes, les impôts, l'IA et nous
• Les réseaux sociaux, le monde, l'IA et nous

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus.


Eh bien oui.

Eh bien oui.

Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. Eh oui, la particularité des jeans du candidat à la primaire PS-Place Publique Emmanuel Maurel est qu'ils sont fabriqués en Lozère. Et non, la marque n'appartient pas à Mick Jagger.

Sur ce, bonne journée et excellent week-end 👋. Et à lundi sur les routes de l'info.

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Chez Pol a été concoctée par 
Etienne Baldit, Sylvain Chazot et Sébastien Tronche
Avec la participation de Jean-Baptiste Daoulas et Stéphane Lagoutte


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