LES 400 ANS DE LA MARINE NATIONALE

 L’année 2026 sera maritime ou elle ne sera pas. La Marine nationale fête ses 400 ans d’existence, un bel âge dont peu d’institutions peuvent se revendiquer. Un tel anniversaire se célèbre sur ponts et pontons mais aussi sur les planches. C’est ce qu’a joliment décrété le Théâtre de Poche.




    En octobre 1626, 

    le cardinal de Richelieu crée une véritable Marine d'Etat sous le règne de Louis XIII, instituant une véritable flotte de guerre, au service des ambitions et de la défense des intérêts Français dans le monde. La Marine devient nationale sous la Révolution française.

Le vaillant esquif de Montparnasse ouvre ses sabords et le feu avec trois spectacles iodés. Erik Orsenna est le premier à embarquer, sa conférence « Vive la mer ! Éloge des courants », le 13 janvier. De l’Antarctique au détroit de Béring, en Méditerranée, cette « piscine des dieux » chantée par Paul Morand, ou au milieu des 365 îles de l’archipel de Bréhat, l’académicien et écrivain de marine fera voyager au long cours les spectateurs. « Toute la vie vient de la mer. Alors naviguer, c’est plonger aux sources ! », dit celui qui connaît aussi bien les charmes de la surface que les mystères des profondeurs.

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Dans ce sillage, viendront deux grands textes contant l’empoignade de l’homme avec la mer, merveilleusement adaptés pour la scène. Ce seront d’abord Les Travailleurs de la mer, de Victor Hugo, ce roman phare qui raconte le combat d’un homme avec deux forces supérieures : la mer et l’amour. Quand braver les éléments peut ouvrir la porte d’un cœur. De ce récit légendaire, mis en scène par Clémentine Niewdanski, le comédien Elya Birman tire toute la puissance hugolienne.

Une quête universelle

Texte tout aussi mythique, le Moby Dick, d’Herman Melville, sera adapté et lu par Brigitte Fossey, pour onze représentations à partir du 11 janvier. Signé d’un marin, le livre est un grand roman de mer où un homme poursuit la baleine blanche qui lui a arraché la jambe. Mais la quête obsessionnelle du Capitaine Achab est aussi universelle que maritime, une fable métaphysique, la geste de l’être humain bataillant avec sa destinée. C’est une œuvre organique dans laquelle Brigitte Fossey plonge avec passion pour en sonder la terrible profondeur.

Que l’océan déferle dans la petite impasse parisienne réjouit celle qui tient la barre du Poche. « C’est l’appel du large, des vents, des courants, de tout ce qui nous dépasse, dit Stéphanie Tesson, la mer a une formidable puissance unificatrice et nous en avons tant besoin. » Elle voit beaucoup de connivence entre les marins et gens de théâtre, des équipages qu’il faut fédérer dans de petits mondes clos. Et les formes de l’architecture navale n’ont-elles pas influencé celle des théâtres ?

Stéphanie Tesson voit 2026 comme une « grande traversée ». « Nous avons tant besoin de célébrer la mer et nous le ferons en mettant toute cette puissance maritime dans un petit théâtre », ajoute-t-elle. D’autres événements ponctueront cette année des 400 ans, notamment de grands (faux) procès de figures maritimes. D’anciens orateurs de la Conférence jugeront Surcouf, Suffren ou bien d’autres. Stéphanie Tesson promet d’autres surprises, qui feront appareiller l’âme. Elle cite les mots d’Eschyle : « Il y a la mer, et qui peut l’épuiser ? »

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