Et maintenant... Trump insulte l'Europe
Donald Trump poursuit ses menaces contre l’Europe. Après le Canada et le Mexique, le président américain a annoncé que les produits européens feront également l’objet "prochainement" de 25 % de droits de douane. Selon l’ancien animateur de téléréalité, volontiers provocateur, l’Union Européenne a "été conçue pour entuber les États-Unis". Bruxelles a vite réagi promettant de répliquer "fermement" et "immédiatement". "Les États-Unis aujourd'hui ne sont plus nos alliés", a affirmé la députée européenne Valérie Hayer, présidente de Renew Europe et secrétaire générale déléguée de Renaissance. "Ils ne sont pas nos adversaires, j'espère qu'ils ne le deviendront pas", a-t-elle ajouté avant d’appeler "à réagir" et à "sortir de notre dépendance notamment vis-à-vis des États-Unis".
Alors les États-Unis sont-ils toujours nos alliés ? Nous défendront-ils demain ? L’Amérique est-elle devenue un adversaire ? Ces questions hantent les dirigeants européens depuis que Donald Trump a annoncé vouloir entamer des négociations sur la guerre en Ukraine avec Moscou, et seulement Moscou. Elles se posent avec plus d’urgence encore depuis que les États-Unis ont voté une résolution sur l’Ukraine au côté de la Russie et de ses alliés comme la Corée du nord, contre les pays de l’Union européenne. Le président américain épouse désormais la rhétorique du Kremlin sur l’origine du conflit, et sur l’illégitimité du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, quand J. D. Vance et Elon Musk apportent leur soutien à l’extrême droite européenne.
Lors de la grande conférence internationale consacrée aux questions de sécurité, à Munich, le vice-président des États-Unis était venu déclarer son soutien au parti d’extrême droite allemand AfD, en pleine campagne des élections législatives allemandes, et a attaqué avec véhémence les démocraties libérales de l’UE, affirmant – sans hésiter à recourir à moult exagérations et fake news – que le vrai danger pour l’Europe ne vient pas de la Russie, mais bien de l’intérieur, sécrété par des ennemis qui poussent les Européens à "oublier leurs valeurs démocratiques communes avec les États-Unis". De son côté, le patron de X, Tesla et SpaceX a multiplié pendant la campagne les appels à voter pour le parti d'Alice Weidel, à base de messages sur son réseau social, de tribunes dans la presse et de déclarations polémiques. Dans ses interventions, le conseiller spécial du président américain Donald Trump, n’a pas hésité à utiliser l'insulte et la désinformation pour soutenir l’AfD. Finalement, le principal parti d'extrême droite outre-Rhin a réalisé une percée historique lors des élections fédérales anticipées, recueillant 20,8 % des suffrages, dans un pays où la libération des paroles et des actes relevant du néonazisme inquiète. Les équipes de #cdanslair sont allées à la rencontre d’un professeur harcelé et agressé, pour avoir tenté de dénoncer les agissements – documentés – de certains de ses élèves.
En France, également, l’inquiétude est là après plusieurs agressions en quelques jours. Ainsi le 22 février dernier Anton Burel, élu de la commune de Cintré, à l’ouest de Rennes, a été passé à tabac à la sortie d’un bar de sa ville. Il s’était interposé face à cinq hommes qui entonnaient des chants racistes et faisaient un salut nazi. Quelques jours plus tôt à Paris, six militants d’extrême droite ont été mis en examen après l’attaque contre une conférence antifasciste dans le Xème arrondissement. Une vingtaine d’individus, cagoulés et armés de tessons de bouteille, criant "Paris est nazi" avaient roué de coups deux personnes dont un membre de la CGT qui avait également reçu des coups de couteau. À Angers, trois hommes ont été interpellés ces derniers jours. Ils sont soupçonnés d’avoir tabassé, fin janvier, quatre étudiants. Ceux-ci ont été frappés après avoir refusé d’effectuer des saluts nazis.
Parallèlement aux États-Unis, Donald Trump a partagé sur Truth Social, son réseau attitré, une vidéo, générée par IA, qui semble mettre en images le plan présenté début février par le président américain qui passerait par une prise de contrôle par les États-Unis de la bande de Gaza, dévastée par plus de 15 mois de guerre entre Israël et le Hamas, et par le déplacement de ses 2,4 millions d’habitants. Statue du président américain en or, Elon Musk dégustant du humus, Donald Trump et Benyamin Netanyahou, en maillot de bains, allongés sur un transat à la plage, un cocktail à la main, profitant de Gaza Beach, devant la Trump tower Gaza… Les images qui ne s’accompagnent d’aucun commentaire ont fait le tour du monde. Si des internautes se sont interrogés sur un possible piratage des comptes du président américain, la vidéo n’a fait l’objet jusqu’ici d’aucun démenti.
Nous en parlerons ce soir dans #cdanslair à partir de 17h45 sur France 5. Posez-nous dès maintenant toutes vos questions sur Twitter avec le hashtag #cdanslair ou sur notre site : http://bit.ly/EmissionCdanslair
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