Après douze jours de compétition, le jury du 78e festival, présidé par Juliette Binoche, a décerné ses prix. Si la palme d’or est méritée, le résultat laisse quelques regrets.
Le suspense était à son comble. Toute la ville était en émoi. Quand l’électricité reviendrait-elle ? Une panne générale paralysait Cannes. On se serait cru dans le début d’un film apocalyptique. Heureusement, le courant fut rétabli pour la cérémonie. Le palmarès ne se déroula donc pas à la lueur des bougies, en une sorte d’hommage à Barry Lyndon. Cela aurait eu de l’allure.
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Après onze jours de compétition, le jury du Festival de Cannes présidé par l'actrice Juliette Binoche, a dévoilé ce samedi le palmarès tant attendu. Voici les lauréats de cette 78e édition.
Palme d'or
«Un simple accident» de Jafar Panahi
Festival de Cannes 2025 : la palme d’or pour Un simple accident de Jafar Panahi
Avant Un simple accident, le film franco-iranien Le Goût de la cerise, réalisé par Abbas Kiarostami, avait remporté la Palme d’or, à Cannes, en 1997 (ex æquo avec L’Anguille, de Shohei Imamura).
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«Un simple accident» de Jafar Panahi
Dans son nouveau film tourné à sa sortie de prison, l’Iranien, figure éminente de la dissidence, raconte la relation entre une victime et son bourreau, lors d’une virée en van. Un règlement de comptes sans détour avec le régime.
Grand prix
«Valeur sentimentale», de Joachim Trier
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Stellan Skarsgard, «Valeur sentimentale» de Joachim Trier
Le film virtuose du réalisateur norvégien sur le retour d’un cinéaste absent dans la vie de ses filles adultes, est son plus formidable long métrage à ce jour. Stellan Skarsgard est magistral dans le rôle d’un vieux cinéaste misanthrope dont la carrière sur le déclin pourrait bien être relancée avec un nouveau projet autobiographique, refusé par sa propre fille actrice mais accepté par une star hollywoodienne.
Prix d'interprétation féminine
Nadia Melliti pour «La Petite Dernière» d'Hafsia Herzi.
«La Petite Dernière» d’Hafsia Herzi
Adaptation du roman éponyme de Fatima Daas, le lumineux film de la comédienne et réalisatrice porté par la révélation Nadia Melliti, bouleverse en suivant l’émancipation d’une jeune musulmane lesbienne. Un long métrage composé de scènes dessinées au petit pinceau, avec l’exactitude du cinéma qui romance mais ne triche pas, où s’inscrit toujours la profondeur du vécu.
Prix de la mise en scène
Kleber Mendonça Filho, pour «L'Agent secret»
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L’Agent secret, deux fois récompensé...
Prix du jury
«Sirât», d'Oliver Laxe
«Sound of falling», de Mascha Schilinski
«Sirat» d’Oliver Laxe
Le cinéaste espagnol plonge un père et son jeune fils au cœur d’une free party au beau milieu des sables, dans un périple tripant à la recherche de sa fille disparue. Un film placé en début de Festival et dont on ne s’est toujours pas remis.
le difficilement supportable Sirat, d’Oliver Laxe, fatigante rave party au fin fond du Maroc qui fonce à tombeau ouvert dans le vide.
Prix du Meilleur scénario
Jean-Pierre et Luc Dardenne pour «Jeunes mères»...pourquoi décerner le prix du scénario aux frères Dardenne, déjà deux fois palmés, pour un film, Jeunes mères, où celui-ci brille par son absence ? Au moins, cela permit au fantasque John C. Reilly de chanter La Vie en rose. Il s’excusa auprès du public d’avoir proposé une version en anglais.
Les Dardenne repartent avec le prix du scénario... pour un film qui n’en a pas...
Prix d'interprétation masculine
Wagner Moura pour «L'Agent secret» de Kleber Mendonça Filho
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le prix de la mise en scène au Brésilien Kleber Mendonça Filho pour L’Agent secret, qui suit à la trace un réfugié plus ou moins espion durant la dictature des années 1970. Il n’était sans doute pas indispensable, alors, de donner le prix d’interprétation masculine à son interprète Wagner Moura. Cela fait beaucoup, non ?
Prix spécial
«Resurrection», de Bi Gan
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«Résurrection» de Bi Gan
Monstre sous opium, femme-vampire… Le cinéaste chinois raconte l’errance d’un homme à travers un siècle de songes, dans une société où plus personne ne sait rêver. Une fiction construite comme une série de feedbacks mentaux où un signe se perpétue en boucle comme une rémanence hypnotique, autant de souvenirs de la maison des morts… Renversant.
Caméra d'or
«The President's Cake», d'Hasan Hadi
La caméra d’or est allée avec justesse à The President’s Cake, première œuvre de l’Irakien Hasan Hadi, montrant avec efficacité et malice l’étendue de la peur qui régnait sous le régime de Saddam Hussein (chaque année, de jeunes enfants étaient obligés de lui préparer un gâteau pour son anniversaire).
Palme d'or du court-métrage
«I'm Glad You're Dead Now», de Tawfeek Barhom.


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