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Jane Birkin

 


Jane Birkin et Gillian Hills dans « Blow-up » de Michelangelo Antonioni (1966).

Jane Birkin et Gillian Hills dans « Blow-up » de Michelangelo Antonioni (1966). Bridge Films

Dans l'œil de Libé

Jane Birkin et Serge Gainsbourg : couple érotique, mythique, iconique

«Je t’aime moi non plus», «Melody Nelson»... Le couple franco-britannique marque durablement la culture et le style des années 1970. Retour en images sur cette divine idylle.
par Service Photo
publié le 16 juillet 2023 à 17h28



Images d’actualité, du quotidien, d’art ou grands noms de l’histoire de la photographie… Retrouvez dans la rubrique «En images» du site de Libération les choix du service photo du journal, qui privilégie les écritures singulières, innovantes ou étonnantes. Et parce que c’est depuis toujours une préoccupation de Libération, découvrez également nos pages Images dans l’édition du week-end.


Le style Jane Birkin, un chic unique

De ses débuts en micro-robes et pattes d’eph aux silhouettes androgynes en larges chemises et jeans, l’artiste a marqué la mode de son élégance et sa nonchalance. Elle est morte ce 16 juillet à l’âge de 76 ans.

par Marie Ottavi


«Qu’est-ce que c’est que ce boudin anglais ?» Serge Gainsbourg se moque en évoquant sa rencontre avec la future femme de sa vie, en marge du tournage de Slogan en 1968. Son impression à elle est dénuée d’ironie. Elle est au contraire d’une sincérité presque naïve : «La première fois que je l’ai rencontré, c’est pas son visage, mais sa façon d’être, je l’ai trouvé… horrible. Il n’avait pas de courtoisie ou de gentillesse.» Bouche ourlée, cheveux longs, frange éternelle, regard bleu piscine, corps filiforme, seins microscopiques, la beauté de Jane Birkin se trouve comme surlignée par la gueule de Gainsbourg.

Fausse ingénue

Leur couple tient sur un contraste. Pendant les douze années que dure leur histoire, leurs styles à l’un comme à l’autre semblent se révéler dans le sillon de leur duo. Sa beauté n’a rien de vénéneuse, Jane promène son allure longiligne avec une nonchalance déconcertante. Ce physique de brindille, qui s’accorde à merveille avec celui de Twiggy, mannequin anglaise star du Swinging London à la maigreur jusqu’ici jamais vue, rompt avec les formes de la star du moment, que Serge a d’ailleurs tant aimé, Brigitte Bardot. Jane Birkin passe la fin des années 60 en mini-jupe Courrèges, robe crochet (comme pour son mariage avec John Barry en 1965) et caban bleu marine de Saint Laurent rive gauche, en jean tout juste retenu par un foulard en guise de ceinture, tee-shirt blanc et panier en osier. Elle porte comme personne – Françoise Hardy mise à part – les robes métalliques et ajourées de Paco Rabanne, puis arbore des pattes d’eph d‘ampleur tout au long des années 70. L’anti-«BB» peut susurrer les paroles à triple sens de Je t’aime moi non plus, minauder avec Gainsbourg au micro et jouir sans vergogne, elle n’est jamais vulgaire.

Quand elle devient Melody Nelson en 1971, elle pose sur la pochette du disque pour Tony Frank en perruque, jean rapiécé et la poitrine nue, serrant une poupée dans ses bras pour cacher les premiers signes de sa grossesse. Elle joue à la perfection la femme enfant et la fausse ingénue. La mode adore son élégance naturelle qui ne donne jamais l’impression qu’elle en fait trop. Elle est plutôt l’inverse : avec moins, elle fait mieux. Jane Birkin joue encore une autre carte androgyne lorsqu’elle reprend le chemin de la scène en 1987 avec une silhouette aux antipodes du surfait qui va aussi imprimer les esprits : un simple jean associé à une chemise masculine.

Un it-bag à son nom

Jane B. pouvait se targuer, ce qu’elle ne fit jamais, d’avoir donné son nom à un sac légendaire, produit par la maison de luxe Hermès qui en fit son autre it-bag avec le «Kelly», hommage à l’actrice Grace Kelly. On dit qu’en 1981, Jean-Louis Dumas, grand patron de la maison, et la chanteuse voyagent côte à côte dans le même avion. Elle se plaint de ne pas avoir trouvé le sac idéal pour transporter son fatras de jeune maman. Ils se mettent à dessiner ce qui deviendra après quelques séances de travail supplémentaires le «Birkin», l’un des sacs les plus onéreux de l’histoire de la maroquinerie. En 2015, elle avait demandé que l’on débaptise le modèle pour protester contre les mauvais traitements infligés à des crocodiles dans une ferme d’élevage du Texas à laquelle Hermès faisait appel. La marque avait alors renforcé ses contrôles et continuait de verser des royalties à l’artiste pour qu’elle lui permette d’utiliser son nom, somme que Jane Birkin reversait à des associations caritatives. Le comble du chic.

Jane à la Philharmonie : “Oh ! Pardon tu dormais”

Morgane Production

C’était en 2021, sur la scène de la Philharmonie de Paris : Jane Birkin, avec l’aide bienveillante d’Étienne Daho, chantait les chansons de son album écrit d’après sa pièce puis son film. Des textes issus de son journal intime qui égrènent des images de sa vie. La muse devient autrice, chanteuse mûre et sincère.

 À 22h45 sur France 2. Concert enregistré à la Philharmonie de Paris (France, 2022). 90 mn. Inédit.


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