| | STRANGER THINGS • Les partis sont convoqués pour un nouveau conseil de classe à Matignon, demain, après les heurts du week-end. Et face à ce que la gauche dénonce comme une stratégie du pourrissement de la part de l'exécutif, certains veulent leur rendre la pareille. Notamment Jean-Luc Mélenchon, cible principale de la droite et de l'extrême droite, qui a indiqué hier que LFI répondra positivement à l'invitation du Premier ministre, mais que sa formation allait mettre le bololo. «On va y aller, on va te pourrir la réunion», a affirmé le candidat insoumis à la présidentielle lors d'une conférence devant des sympathisants. «Nous sommes invités à venir à une réunion très étrange», a-t-il encore ironisé, avant de faire une lecture elliptique du courrier de Lecornu, ponctuée de citations et de commentaires moqueurs. «La République tient par cette conviction commune qu'aucun désaccord, aucune colère, aucune ambition politique ne peut justifier le recours à la violence», écrit notamment le Premier ministre. «Tu vas nous faire signer un certificat ? C'est ça que tu veux ? Tu crois vraiment qu'on va le faire ? Bien sûr que non !», s'est exclamé Mélenchon qui n'a pas précisé qui serait présent pour représenter LFI.  Au RN, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont indiqué qu'ils se feraient remplacer tandis que le PS enverra son boss Olivier Faure, tout comme les écolos avec Marine Tondelier. | | Les insoumis en mode insoumis. Photo Matthieu Rondel. AFP (2026) | CANDIDAT TÉNÉBREUX • Un taquet à Raphaël Glucksmann et une candidature qu’il n’écarte toujours pas. Interrogé au sujet du vainqueur de la primaire socialiste sur le plateau de LCI hier soir, Matthieu Pigasse avait préparé son coup et sa com. «Glucksmann c'est "Bismillah, c'est les ténèbres" : c'est-à-dire, c'est un homme de droite qui essaye d'infiltrer la gauche», a cinglé le patron du groupe de médias Combat, reprenant cette expression virale attribuée par des lycéens à des policiers cherchant à infiltrer les conversations Snapchat où s’organisent les blocus. Si ce n’est pas Glucksmann, qui pourrait donc faire un bon candidat ? Pigasse semble avoir sa petite idée : lui-même. «Je pense arriver à parler à une partie de la gauche la plus à gauche tout en parlant à des gens qui peuvent être de sensibilités de centre droit, compte tenu de ce que je dis en matière économique par exemple», avance le banquier d’affaires. On dirait du «et en même temps». | PAS D'ARTIFICE • En «colère» contre Emmanuel Macron, un maire du Maine-et-Loire décroche son portrait. L’édile divers droite de la commune de Longué-Jumelles, Frédéric Mortier, a expliqué à BFMTV qu’il voulait «montrer qu’après ce week-end difficile en France, on ne pouvait pas dire ce qu’a dit le président dimanche soir à l’ensemble des Français, je crois que nous attendions tous autre chose». Ça ne vous rappelle rien ? Bally Bagayoko avait adopté la même hygiène après son élection à la tête de la mairie de Saint-Denis. Malgré la légalité du geste, le préfet du département de Seine-Saint-Denis lui avait demandé en mai d’accrocher de nouveau le portrait présidentiel, au nom de l’«usage consacré par la tradition républicaine». Le maire de Longué-Jumelles, qui fut candidat LR aux dernières législatives, aura-t-il droit au même sermon ou est-ce réservé à Bagayoko ? | |
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| | Après un week-end de violences en marge des mobilisations lycéennes et contre la vie chère, la droite n’a plus que ce texte à la bouche en guise de réponse législative : le très critiquable et très critiqué projet de loi «casseurs-payeurs», et ses mesures controversées instaurant une responsabilité civile collective pour les dommages causés lors d’attroupements. Le texte entame aujourd’hui son parcours parlementaire en commission au Sénat. «Beaucoup se payent de mots dans la campagne présidentielle. Il y a là l’occasion de faire œuvre utile avant cette élection», a lancé hier Sébastien Lecornu depuis l’Assemblée, jugeant son texte tout simplement «absolument indispensable» et se disant déterminé à le mener «à son terme» dans les prochains mois. La commission des Lois du Sénat, dominée par l’alliance de la droite et des centristes, devrait l’adopter largement, à huis clos, en fin de matinée, non sans y apporter diverses retouches. Mais les débats les plus importants se tiendront dans l’hémicycle à partir du 27 octobre. La gauche est hostile au projet qu'elle juge tantôt inapplicable, tantôt inconstitutionnel avec cette volonté de créer une responsabilité collective pour toute personne appartenant à un groupement ayant commis des dégradations, sans besoin de prouver qu'elle-même en est l'auteur. «Plus aucune manifestation ne pourra avoir lieu dans ce pays» si le texte est voté, s’est alarmé le communiste Fabien Gay sur Public Sénat. La cheffe des députés LFI, Mathilde Panot, a fustigé «une arme de répression massive contre toutes les mobilisations». «Un cadeau au RN», a pesté de son côté une source parlementaire écologiste à l'AFP. Côté PS, le patron des députés Boris Vallaud a dénoncé sur LCP «une mauvaise loi» qui «n’apportera rien». |
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| | Y avait-il un pilote à Beauvau ? La faillite du 17 octobre ? Pour le gouvernement, qui répondait hier aux députés lors de la traditionnelle séance de questions au gouvernement, c'est avant tout la faute de LFI. On l'a déjà écrit ici, cette accusation, contredite par les faits, est bien pratique car elle permet à l'équipe en place de masquer ses propres errances. Mais c'est sans compter sur Laurent Nuñez qui, lui, sait bien que quelque chose a merdé dans la chaîne de commandement gouvernemental. Et il l'exprime, notamment en remettant sa démission au Président - qui la refuse, on connaît la technique éprouvée et on rappelle ici qu'un ministre n'a pas besoin de l'autorisation du chef de l'État pour partir. «Je suis responsable de tout ce qui se passe sur le terrain», avait-il encore expliqué lundi sur France Inter. Et puis hier, nouvelle salve. Le ministre de l'Intérieur était interrogé par la députée RN Laure Lavalette sur sa capacité à maintenir l'ordre. La réponse de Nuñez fut étrange. «Samedi prochain et dans les jours qui viennent, c’est moi qui serai aux commandes, a-t-il lancé. Comptez sur ma fermeté ! Je n’ai plus à en faire la démonstration.» Une formulation qui laisse songeur, notamment sur les rangs de l'Assemblée, et qui semble démontrer la totale impréparation de la place Beauvau. «Mais qui était aux commandes samedi ? Quel aveu !», a tonné le député RN Théo Bernhardt. «Je ne sais pas si ça voulait dire qu'il n'était pas aux commandes la semaine dernière», a commenté Éric Coquerel sur BFMTV. Contacté sur le sens de cette formule, le ministère de l'Intérieur nous assure que Nuñez était bien aux commandes le 17 octobre. Et, concernant la formule, il ne répondait qu'aux députés RN qui lui avançaient qu'en mai prochain, Marine Le Pen rétablira l’ordre. «Il leur a dit que, pour l’instant, c’est lui le ministre ici et maintenant, et c’est lui qui gère la situation, nous précise-t-on. Cela ne correspond à rien d’autre. Évidemment que samedi il était aux commandes, suivant la situation !» D'ailleurs, Nuñez a déjà annoncé qu'avec lui «aux commandes», la BRI, le GIGN, le Raid et même l'armée via les troupes du programme Sentinelle, seraient mobilisés. Ça promet. |
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| | La députée Genetet vent debout contre la ministre Genetet | | Anne Genetet. Photo Stéphane de Sakutin. AFP (2026) | Par M.H. Lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée hier, la députée Renaissance Anne Genetet a fait comme d’autres collègues du bloc central : elle a mis le gouvernement sur le gril et demandé «des actes» en matière d’éducation, pour répondre à «une jeunesse qui s’inquiète légitimement pour son avenir». Sauf que l’exercice passe moins bien quand on a soi-même exercé des responsabilités et défendu hier ce que l’on attaque aujourd’hui. Genetet a ainsi été ministre de l’Éducation nationale - heureux de vous l’apprendre - au cours des quelque 3 mois de l'éphémère gouvernement Barnier. Si elle demande aujourd'hui à l’exécutif de «reconsidérer les suppressions de postes prévues au budget 2027», la même Genetet défendait il y a 2 ans… le bien-fondé des suppressions de postes. Le 12 novembre 2024, l’alors ministre se défendait au micro de BFMTV (au passage en usant de chiffres erronés) : «On a toujours tous les ans supprimé un peu des postes. Heureusement, parce que depuis 10 ans on a perdu 750 000 élèves, donc c’était logique de s’adapter.» Genetet devait justifier la broutille de 4 000 suppressions de postes d’enseignants prévues par le budget 2025. «Une saignée» et «un sabordage» que dénonçaient à l’époque la gauche et les syndicats d'enseignants. Finalement, face au tollé, sa successeure rue de Grenelle, Élisabeth Borne, a abandonné la mesure. Après 10 ans de macronisme, Genetet a concédé hier dans l’hémicycle qu’«il reste beaucoup à faire» en matière d’éducation, regrettant que «trop de professeurs» ne soient pas remplacés. C’est trop bête, avec cette lucidité, elle aurait mérité d’être ministre. |
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| | OPPORTUNISTE • Dimanche, Macron a fait son allocution pour ne rien dire puis ciao bye-bye, il est parti faire sa tournée dans le Golfe. «Je ne suis pas sûr que ça a été compris par les Français», fustige sur France 2 Philippe. Et le candidat Horizons, qui ne laisse plus rien passer à son ancien n+1, d'ajouter : «La décision du Président de quitter le territoire à ce moment-là n'était pas la plus opportune.» | ARMÉE MEXICAINE • Attal a 6 porte-parole de campagne, Retailleau 9. Philippe lui a décidé de faire entre ses deux rivaux et a annoncé hier la nomination d'une équipe de 7 porte-parole, coordonnée par Maël de Calan. Ce dernier sera entouré de l'eurodéputée Nathalie Loiseau, de l'ex-ministre Charlotte Parmentier-Lecocq, de la conseillère de Paris Julie Boillot, du député Jérémie Patrier-Leitus, du maire de Melun Kadir Mebarek et de l'eurodéputé Grégory Allione. | RECASAGE • Encore une ex-macroniste qui trouve aisément un point de chute. Dans le Bulletin Quotidien, on apprend que Patricia Mirallès, ancienne ministre déléguée aux Anciens Combattants «est nommée déléguée interministérielle à la prévention de la délinquance, de la radicalisation, de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires». | 9 À LA MAISON • On ne sait pas si Jean-Luc Warsmann s'ennuie mais il a du temps, en tout cas, pour multiplier les propositions de loi. Le député Liot en a ainsi déposé 9, rien que dans la dernière livraison du Journal officiel, sur des sujets aussi variés que sur la restauration scolaire, la rénovation du bâti ou «l'habillage temporaire des vitrines commerciales vacantes». | |
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| • Matignon, depuis 10h30 Après une nouvelle nuit de couvre-feux localisés, Lecornu reçoit les 5 syndicats représentatifs CFDT, CGT, FO, CFTC et CFE-CGC, pour évoquer avec eux la sécurisation des cortèges et les réponses aux lycéens, qui n'ont cependant pas été conviés à cette réunion. Pendant ce temps, Macron finit au Qatar sa petite virée dans le Golfe. | • Parlement, toute la journée Encore des tensions à prévoir à l'Assemblée, entre les questions au gouvernement et la poursuite de l'examen houleux du budget de la Sécu. Le Sénat, quant à lui, examine l'avenir de l'encadrement des loyers, dont l'expérimentation plébiscitée par de nombreux maires et associations est censée se terminer le 24 novembre. | | |
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Sur ce, bonne journée👋. Et à demain sur les routes de l'info. | | | | | | |
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