Accéder au contenu principal

CHEZ POL 22 OCTOBRE

 



#Mollets #Psyché #Bronze #Calculette #Pichenette

Chez Pol n°1813 - Réservé aux abonnés Libé



Bonjour, nous sommes le 22 octobre
et c'est le bon jour pour être à l'écoute.

Calmes et sereins. Photo Ludovic Marin. AFP (2026)

FAIT MAISON Pourquoi Philippe snobe le grand débat de LCI ; on a essayé de comprendre Cazeneuve ; et revoilà l'idée d'une primaire de la droite

AU COMPTOIR Le RN se fait encore avoir à l'Assemblée ; chez les verts, on craint le syndrome Taubira pour Tondelier ; et désolé mais «jamais» Macron ne démissionnera 

YOUPOL Un sénateur LR veut qu'on «abatte» les casseurs

PASSION ARCHIVES Comment de Gaulle mettait la pression sur ses ministres pendant mai 68

LE CHIFFRE 2,3

BO BO BONUS Jul feat. Roussel

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Réunionite aiguë pour le couple exécutif

L'ADDITION Jouons avec Cambadélis

LA PUISSANCE DU PORT DU HAVRE • Notez-le bien sur vos agendas : le 16 novembre, LCI organise avec les Restos du cœur un «grand débat» entre plusieurs prétendants à l'Élysée autour de cette question plutôt simple : «Quelle société pour demain ?» Gabriel Attal, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Bruno Retailleau et Raphaël Glucksmann sont annoncés. Mais pas Édouard Philippe ni Marine Tondelier, pourtant eux-aussi candidats déclarés. «La campagne présidentielle sur TF1 et LCI, ça se passe donc sans les écologistes… Pour parler de "demain" c’est un choix éditorial qui interroge énormément», s'est émue sur X la boss des écolos. De son côté, l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron ne peut être présent pour cause de… conseil municipal du Havre, qu'il préside. Ce conseil revêt une certaine importance pour la ville puisque sera discuté le Budget de la ville, nous précise un des proches de l'édile. «Philippe a proposé d'être représenté au débat car, évidemment, il est comme nous tous attachés aux Restos du cœur, avance son porte-parole Jérémie Patrier-Leitus. Mais LCI ne souhaite pas qu'il y ait des représentants.» Du côté de la chaîne info, on assure ne pas être au courant d'une telle demande. Celle-ci serait tout de même incongrue puisqu'il s'agit d'un débat entre candidats à la présidentielle, pas entre représentants de partis. Et l'on souffle cette question : pourquoi Philippe ne se fait-il pas représenter au conseil municipal du Havre ? «Peut-être que si les chaînes demandaient d’abord aux candidats les dates possibles et celles qui ne le sont pas, ça aiderait, s'énerve un proche du maire normand. Il y a un sujet de méthode : si les chaînes imaginent que, pendant 6 mois, elles vont décider des dates et qu’elles auront tous les candidats, c’est assez peu probable en réalité.» En attendant, le débat se fera sans Philippe. Sy. C. 

Quand tu réalises que tu n'as pas le don d'ubiquité. Photo Dimitar Dilkoff. AFP (2026)

LE RETOUR DU RETOUR DE LA PRIMAIRE • Ils étaient déjà 3 à se tirer dans les pattes pour s'imposer comme LE candidat de la droite à la présidentielle. Avec David Lisnard qui vient mordre les mollets de Retailleau dans les sondages, ils sont désormais 4, avec Attal et Philippe. De quoi relancer l'idée d'une primaire pour éviter un massacre à la tronçonneuse dès le 1er tour du scrutin élyséen. Hier, Robert Ménard a bien tenté de jouer les médiateurs en réunissant autour d'un poisson le patron de LR et celui de Nouvelle Energie. Et s'il veut croire que les deux hommes «ne finiront pas à deux face aux Français», le maire de Béziers rapporte au Figaro que Retailleau est «de plus en plus ouvert» à l'hypothèse d'une primaire. «Il n'a jamais été fermé, mais il pense que ça n'a pas de sens sans Philippe», nous dit-on dans l'entourage de l'ancien ministre de l'Intérieur. Et l'idée d'une compète pour départager tout ce petit monde reprend de la vigueur à mesure que le prétendant d'Horizons stagne, voire recule, dans les sondages. «La baisse de leadership de Philippe la rend en effet plus envisageable», confirme-t-on chez Retailleau. Sauf que chez Philippe, on refuse toujours de céder à cette tentation d'une idylle qui passerait par un scrutin entre meilleurs ennemis. Selon Ménard, Retailleau et Lisnard ont évoqué le sujet et un seul point d'achoppement s'est fait jour. «Il reste désormais à définir le calendrier et les règles : sur la méthode, il y a des divergences, consent celui qui a été élu en 2020 avec le soutien du RN. Retailleau milite pour une charte des valeurs et un soutien au gagnant quand Lisnard évoque la possibilité pour les perdants de ne pas gêner le gagnant, à défaut de le soutenir…» S.T.

VOST • Ça bouchonne sur la file de droite mais ça coince aussi sur la file social-démocrate, entre Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve et François Hollande. Si ce dernier a esquivé l'idée d'un ralliement au vainqueur de la primaire socialiste, Cazeneuve répond un peu différemment. Interrogé par le Figaro, il plaide toujours pour sa «coalition des engagés» mais assure qu'il «souhaite naturellement aider» Glucksmann. Est-ce à dire qu'il le rejoint et renonce à son propre destin ? Pas si vite. Un fin connaisseur de la psyché cazeneuvienne nous fait le sous-titre. «Si Glucksmann doit dévisser, ce ne sera pas la faute de Cazeneuve, contrairement à Hollande», balance notre interlocuteur, qui poursuit : «Si Glucksmann doit dévisser, la volonté de coalition large rappelée par Cazeneuve reprendra des couleurs.» Et donc sa candidature élyséenne aussi. Et notre source d'ajouter : «L’aider, ce n’est pas le rallier, comme l’indique la fin de l’interview.» Dans la fin de sa réponse, l'ancien Premier ministre de Hollande précise qu'il fera «tout pour que la famille sociale-démocrate gagne la présidentielle», jugeant qu'on «ne peut pas souhaiter le rassemblement de tous les Français et de toutes les composantes du champ républicain en spéculant sur la faiblesse de sa propre famille politique.» Sympa pour son ancien patron. S.T.

PARS VITE ET REVIENS TARD • Macron ? Démissionner ? «Jamais !» C’est en tout cas ce que le Président a répondu à un de ses derniers fidèles, Jean-Baptiste Moreau. L’ancien député LREM de la Creuse raconte ce matin au micro de RMC avoir suggéré à son Grand Manitou de démissionner après le 17 octobre. «Il m’a dit "jamais, ce n'est pas le moment de reculer"», affirme Moreau, qui ressent le besoin de rajouter qu’il sera «le dernier macroniste sur cette Terre». Une fidélité à toute épreuve donc, mais un appel à la démission quand même. «C’est absolument pas contre lui. C’est justement pour lui et pour le pays si je lui ai dit ça dimanche, avant son allocution», jure le macroniste historique, frisant le crime de lèse-majesté. Et Moreau de s’empresser de préciser : «Mais c’est un arrache-coeur s’il démissionne et c’est une catastrophe pour le pays». À la fois pour et contre Macron : pas de doute, c’est bien un macroniste.

Et là ils ont demandé au roi de démissionner hahaha. Photo Chris Jackson. Getty Images via AFP (2024)

24 ANS PLUS TARD • Les Écologistes sont de moins en moins convaincus par eux-mêmes. Leur patronne à l’Assemblée, Cyrielle Chatelain, redoute même un scénario à la Christiane Taubira pour Marine Tondelier, pour l’instant candidate du parti à la présidentielle de 2027. «Si on empêche la gauche d’être au 2d tour, ça nous sera reproché, anticipe Chatelain, citée par le Nouvel Obs. Souvenez-vous de ce que Taubira a pris après le 21 avril 2002», lorsque Jean-Marie Le Pen a ravi le 2d tour à Lionel Jospin pour 0,68%. On se rappelle que Taubira a rassemblé 2,32% des voix. Et Chatelain n’a pas l’air d’imaginer son parti beaucoup plus haut : «On n’est plus dans un moment pour témoigner. Qu’est-ce qui est le plus utile pour le combat écolo ? C’est la question que l’on doit se poser.» Ça tombe bien, les adhérents écolos doivent justement trancher en décembre. Défendre la candidature de Tondelier ou celle portée par un autre parti de gauche ? On a déjà un indice sur la réponse de Chatelain.

GRAND REMPLACÉ • On connaît le casting des responsables de la commission d'enquête de l'Assemblée chargée de se pencher sur les violences en marge des manifestations des 17 et 18 octobre. La commission s'est ainsi dotée, hier, de 3 rapporteurs qui auront la charge de piloter les travaux et les auditions : Agnès Firmin Le Bodo (Horizons), Roger Vicot (PS) et Pouria Amirshahi (écolos), désignés dans une élection à 3 tours et à bulletin secret. Le président macroniste de ladite commission, Vincent Caure, avait pourtant suggéré mardi un trio de rapporteurs comprenant un membre de chaque grand courant politique de l'Assemblée (gauche, bloc central, extrême droite), pour respecter le pluralisme de la chambre basse. Mais dans la dernière manche, c'est Amirshahi qui a reçu plus de voix que le candidat du RN, Michaël Taverne (28 voix contre 23 selon des sources parlementaires). «Contrairement à la parole donnée en conférence des présidents, la gauche a manœuvré pour empêcher le RN d'avoir un rapporteur sur les 3 prévus», a dénoncé dans la foulée sur X Marine Le Pen, présidente du groupe RN. Critiquant «un entre-soi gauchiste dont l'objectif sera encore d'accabler la police», la candidate d'extrême droite à la présidentielle a jugé la commission «discréditée avant même d'avoir débuté ses travaux». On notera que pour elle, Horizons fait partie des gauchistes... «Nous ne participerons pas à cette mascarade», a-t-elle ajouté, promettant donc le boycott de cette instance par son parti.

ET SINON ••• Samedi, en marge du congrès du RN à Orléans, plusieurs personnalités de gauche sont attendues à la manif contre «le racisme, le fascisme et l’impérialisme» : le patron du PS Olivier Faure, le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko ou encore la patronne de la CGT Sophie Binet.

Abattez-les tous

Une grande partie de la droite dite républicaine est en roue libre depuis ce week-end. C'est à se demander si le parti présidé par Retailleau n'attendait qu'une petite pichenette pour définitivement basculer dans l'extrême. L'intervention du sénateur LR Pascal Coste hier à la chambre haute ne va pas changer cette impression. L'élu de Corrèze est revenu sur le «chaos» du 17 et sur les suites à y donner, appelant de ses vœux à la «fermeté». Comme il l'avait fait la veille à l'Assemblée, Laurent Nuñez a promis de la fermeté. Oulala, vous allez voir ce que vous allez voir avec lui «aux commandes» [voir le Chez Pol d'hier]. Pas convaincu, Coste a repris la parole en guise de conclusion et celle-ci laisse poindre toutes les tentations délétères auxquelles succombe LR. «Monsieur le ministre, vous seriez bien avisé de vous inspirer de cette déclaration du général de Gaulle, a repris le sénateur. Comment voulez-vous dialoguer avec des enragés qui veulent tout foutre en l'air ? À la fin des fins, l'État a une prérogative, celle d'abattre ceux qui veulent l'abattre.» Cette citation a en effet été attribuée au président de Gaulle dans le tome III de C'était de Gaulle, par son ancien ministre Alain Peyrefitte mais Coste en omet tout le contexte. Et on vous en parle en détail ci-dessous.

Comment de Gaulle mettait la pression sur ses ministres pendant mai 68

Ne vous inquiétez pas, c'est la police française. Photo AFP (1968)

Nous sommes alors au cœur des événements de mai 1968, «une affaire mineure qui doit être réglée par la fermeté», selon de Gaulle. Une réunion se tient dans le salon doré de l'Élysée entre le Président et les ministres Christian Fouchet (Intérieur), Louis Joxe (Justice) et Alain Peyrefitte (Éducation nationale). De Gaulle veut que le gouvernement se montre «résolu». Et il lance à Fouchet : «N'oubliez pas qu'un ministre de l'Intérieur doit savoir, s'il le faut, donner l'ordre de tirer.»

Les trois ministres écarquillent les yeux. Joxe coupe : «Nous n'en sommes pas là !» Et Fouchet indique qu'il existe d'autres moyens «intermédiaires» avant de tirer sur la foule, comme les canons à eau, les matraques, etc. Et de Gaulle balance alors sa réplique reprise par Coste hier au Sénat : «Eh bien, ne lésinez pas sur ces moyens-là. Mais sachez qu'à la fin des fins, l'État a une prérogative, celle d'abattre ceux qui veulent l'abattre.» Mais la citation n'est pas terminée. De Gaulle poursuit : «Vous faites les sommations, vous tirez en l'air, une fois, deux fois et, si ça ne suffit pas, vous tirez dans les jambes.» C'est donc de cela que veut s'inspirer le sénateur Coste, d'un Président perdu face à des événements qu'il ne comprend pas et demandant à son ministre de tirer sur la foule si nécessaire ?

L'ouvrage rapporte cependant la suite de la scène. Joxe, Fouchet et Peyrefitte quittent le salon et s'isolent. Joxe chuchote. «Naturellement, il ne pense pas un mot de ce qu'il a dit, commente le ministre de la Justice à propos de son n+2. Je le connais comme si je l'avais fait. Il a voulu nous couler du bronze dans la colonne vertébrale. Mais il sait bien que si l'on tirait, ce serait le meilleur moyen de déchaîner l'opinion contre nous et de flanquer le régime à terre. Seulement, il veut faire pression sur nous, pour que nous employions vigoureusement tous les moyens intermédiaires, de façon à ne pas utiliser le dernier moyen.» Une précision de taille, ratée par Coste. À moins que le sénateur ne cherche, comme l'avait prédit Joxe, à «flanquer le régime à terre».

Vous étiez, comme nous, tremblants d’inquiétude. Après le palais de l’Élysée, Macron trouvera-t-il des locaux à sa mesure ? Heureusement, nous voilà rassurés : le Président n’a pas été oublié dans le Budget 2027. D’après Politico, le projet de loi de finances réserve ainsi une «provision de 2,3 millions €» à l’installation de Macron dans des bureaux meublés et équipés. Ce n’est pas un privilège jupitérien : le loyer, les charges et les frais généraux des locaux prévus pour les anciens Présidents sont pris en charge par l’État. Nos confrères ajoutent que le montant financera un bail de 6 ans pour ces locaux et leur sécurisation. On a interrogé notre calculette : on arrive à la rondelette somme de 383 333 € par an. De quoi lui permettre de sereinement s’installer lorsque son mandat aura pris fin. À titre de comparaison, en 2023, les seules dépenses immobilières de Nicolas Sarkozy et François Hollande ont coûté respectivement 194 000 et 165 000 €. Dernière raison de se tranquilliser pour Macron : la prolongation de l’encadrement des loyers a été votée hier par le Sénat. Ouf, sauvé !

C'est pas le Capital (nan), c'est Roussel bébé

Espérons pour Fabien Roussel qu’il sera plus visible pendant la campagne. Même en le sachant, la présence en arrière-plan de son affiche pendant littéralement une seconde du clip de Jul n’est pas fastoche à repérer.

• Paris, 10h De retour du Golfe, Macron va encore prendre la parole : ce sera après la convocation d'un «conseil de sécurité» avec le renseignement et les ministres concernés, à 10h, pour «un compte rendu détaillé de ce qui s'est passé» le 17 octobre. Il préside ensuite le conseil des ministres. Ensuite, c'est Lecornu qui prend le relais des consultations. À 14h30, le Premier ministre réunit à Matignon les chefs de parti - à noter que Faure et les socialistes iront avec Glucksmann -, de groupe parlementaire, les présidents de l'Assemblée et du Sénat ainsi que les présidents des commissions des Lois. Puis, à 17h, Lecornu enchaîne avec un rendez-vous avec les maires (de gauche) de Paris, Lyon et Marseille.

• Et aussi À 12h, le Parlement européen décerne jeudi son prix Sakharov 2026, récompense honorant le combat pour la démocratie et la liberté de pensée ; le maire d'Orléans fait un point avant les mobilisations prévues ce week-end en marge du congrès du RN ; LFI organise un meeting à Rochefort avec les députés Panot et Léaument ; et Philippe est à Charleville-Mézières tandis que Retailleau, à l'invitation du syndicat Alliance, rencontre une compagnie d'intervention de la police.

On termine avec notre jeu du jour. Quel est le titre du dernier livre de Jean-Christophe Cambadélis ?

• Les jours sans fin
• Les jours heureux
• Les jours précieux
• Les jours sombres
• Les jours sans nuit
• Les jours les plus longs

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus.

Bravo !



Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. Eh oui, BFMTV a bien interrogé  un commerçant lyonnais excédé par les violences du 17 octobre sans préciser qu'il s'agissait d'un ex-membre de la campagne municipale d'Aulas. Et non pas un ancien joueur de l'ASSE, ce qui aurait rendu tout le monde vert à Lyon.

Sur ce, bonne journée👋. Et à demain sur les routes de l'info.

⠀
⠀

Chez Pol a été concoctée par 
Etienne Baldit, Sylvain Chazot et Sébastien Tronche
Avec la participation de Mathis Hardouin


Commentaires

Articles les plus consultés