| | LES PAROLES SANS LES ACTES • Il existe donc, à l'Assemblée, une majorité favorable à un départ à la retraite à 62 ans. Hier, les députés ont en effet adopté un amendement écolo au budget de la Sécu, porté par Sandrine Rousseau, visant à permettre aux salariés ayant cotisé pendant 42 ans de partir à taux plein dès 62 ans, sans attendre l'âge légal de départ à la retraite. Mais cette mesure est encore loin d'entrer en vigueur : l'adoption du budget de la Sécu paraissant hautement improbable. Et le détail du scrutin est par ailleurs révélateur : le RN a voté une nouvelle fois main dans la main avec LR et la macronie contre cet amendement, qui est passé par 45 voix pour et 36 contre. Un vote lepéniste également en contradiction totale avec ce que disait Marine Le Pen le 15 octobre en présentant son vaste plan d'économies. La candidate d'extrême droite à la présidentielle assurait souhaiter «maintenir un âge légal entre 60 et 62 ans» avec 40 ou 42 annuités de cotisations selon l'âge d'entrée sur le marché du travail. Mais peut-être que les députés RN n'étaient pas au courant de la ligne de leur championne. | | Quand tu ne te souviens plus trop de ce que tu défends sur les retraites. Photo Lionel Bonaventure. AFP (2026) | PETIT ARTISAN • De plus en plus d'écolos sortent du bois avant le vote des militants pour savoir quelle stratégie présidentielle choisir entre un ralliement à Glucksmann, un maintien de la candidature Tondelier ou un soutien à Mélenchon. Il y avait déjà Yannick Jadot, qui a rejoint la campagne Glucksmann et a été suspendu du parti dirigé par Tondelier. Et désormais, il y a le député Benoît Biteau, qui a participé, hier à Rochefort, à un meeting de LFI avec ses collègues insoumis de l'Assemblée Antoine Léaument et Mathilde Panot. Dans sa prise de parole, le député vert a rappelé avoir été élu au Palais Bourbon «parce que toutes les forces de gauche étaient là pour porter un projet de gauche face au risque du RN». Et face à la menace «avérée» d'une victoire de l'extrême droite en 2027, Biteau a donc choisi Mélenchon. «Nous devons reproduire ce qu’on avait réussi aux dernières législatives : cette union de la gauche. [...] C’est la raison pour laquelle je suis là. [...] Je me reconnais dans le projet politique, pour ces présidentielles (sic), porté par les insoumis. C’est celui qui est le plus proche de l’écologie que je défends.» Et l'agriculteur, ancien eurodéputé élu sur la liste Jadot, de promettre : «Je serai là, avec toute l’énergie qui est la mienne, pour essayer d’être un des artisans de cette alternance.» | ORDRE ET PAS PROGRÈS • Une fois encore, Dominique de Villepin est l'un des rares, à droite, à tenir un discours de raison. Hier soir sur BFMTV, l'ancien Premier ministre a dit les termes et déploré la bien pratique «logique du bouc émissaire» qui prévaut au sommet de l'État. Pour le candidat putatif à l'Élysée, alors que l'exécutif pointe du doigt la responsabilité de LFI dans les pillages qui ont eu lieu le 17 octobre, «cette logique va enflammer le pays et mettre le feu à la République». «Il y a eu des manquements, il y a des fautes qui ont été commises, il y a des responsabilités qui doivent être fixées» quant aux événements du 17 octobre, a insisté l'ancien fidèle de Jacques Chirac, aux responsabilités lors des émeutes de 2005. Et d'estimer que «Macron tombe dans le piège, comme Lecornu» qui consiste, «en pointant du doigt vers Mélenchon», à nourrir «le parti de l'ordre de Le Pen». Et Villepin, qui dénonce également l'amalgame fallacieux entre l'ultragauche et le mouvement mélenchoniste, de conclure : «On voudrait que Le Pen arrive au 2d tour avec 60 % des voix, et même 70 %, et pourquoi pas 80 % comme Chirac, on ne ferait pas mieux.» Mais cela supposerait un sens politique, ce qui n'est pas acquis chez certains macronistes. | | Crise d'angoisse ? Respirez à fond. Photo Alain Jocard. AFP (2026) | ENRAGÉE • On a tendance à l'oublier mais l'extrême droite n'est pas seulement raciste et antisémite. Elle est aussi homophobe. Le magazine Complément d'enquête l'a rappelé hier à l'occasion d'un numéro consacré à Sarah Knafo. L'élue Reconquête était confrontée au message de son conseiller Samuel Lafont qui, en 2012, en plein débat sur le mariage pour tous, se demandait : «Est-ce que je peux me marier avec mon chien ?» Ou comment comparer les personnes homosexuelles à des canidés. Pas de quoi émouvoir Knafo, qui refuse de condamner ces propos et loue cette «excellente personne» qu'est Lafont. «Vous pouvez aller regarder ses combats, poursuit-elle. En ce moment, son combat c'est un livre qu'il rédige sur la proportionnelle, je ne l'entends pas tenir ce genre de propos à mes côtés.» Tout va bien alors. | |
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