REPORTAGE Les militaires recensent toujours les quelque 2 000 habitants du village de Breil-sur-Roya. Il n’y a plus d’électricité, ni d’eau potable, et les connexions téléphoniques ne sont pas encore rétablies. Dans le tumulte de l’eau boueuse, on voit seulement leurs combinaisons écarlates qui avancent avec précaution, au milieu d’un torrent qui charrie des pierres et des arbres arrachés. Cela se sent, tous ceux qui les regardent, là-haut, depuis la berge dévastée ou des fenêtres des maisons encore entières, ont peur pour eux. Le premier s’est carré aussi solidement que possible dans le lit du fleuve, eau à mi-cuisse. Le second avance, accroché à lui. Le troisième progresse à son tour, puis un quatrième, formant une chaîne humaine, fragile et rouge dans l’eau brune. Le matin, alors que le temps était encore clément, ces jeunes sapeurs-pompiers et leurs camarades de la protection civile spécialisés dans le sauvetage aquatique ont traversé le fleuve pour aller cherc...